QLATRIÈME ANNÉE DE LA 202^ OLYMPIADE
Dil-lloilième du règne de Tibère.
Mort de notre Sauveur, k l'Age de .'î3 ans.
11 est inulile de dire que maigre l'émotiOQ générale, ni les Jeuof du Cirque^ ni les Jeux militaires, ne sont pas une seule fois suspendus, le nom du prince régnant le donne
suffisamment à penser.
Le premier de ces deux Empereurs, qui récompense souvent ies Comédiens distingués, abolit la peine du fouet instituée par les Ediles et les Préteurs pour punir les mauvais.
(V) 1'^"^ dates de ( ctle époque étaioiit lelluiiiciit menées dans notre première édition, qu'elles auraient suffi pour nous en faire interrompre le cours, taat il y a uécessitd de bien établir ce point de départ. — Il est ici relaté d*après les sources les plus savamment étudiées, et, par conséqueiit, les plus authentiques.
Dlgltlzed by Goo^^Ic
Lfi THÊATRË-FRANGAIS.
Enfîn, le coin de ce qu'on pourrait appeler le voile dramatique se soulève. — Des Jongleurs, des Histrions se montrent, sans autre but que de divertir le bas peuple.
Par un Edit de cette année, Ciiarlemagne les chasse pour causa a d*indéceûces. »
Il s'établit ensuite nneCenm'ei elle vient de loin I ) chargée de prévenir généralement les actes et les discours empreints « d'impudeur ou d'irréligion. »
Chez nous, en Italie, en Espagne, partout, de nobles efforts s'attacliciit à la poursuite de l'œuvre si brillamment commencée, et cependaut, toujours dans l'enfance.
€ette époque d'ignorance et de proluDalioris irréfléchies amène la Fête des fous^ que l'on célèbre dans les églises. — • L*Évéque de Paris, Eudes de Sully, s'élève inutilement contre ce scandale.
Philippe-Auguste protège et maltraite alternaiivement ics Trouvères, les Troubadours et de nouveaux Jongleurs*
Saini Louis laisse venir les Pélerint dtjérn$atm, et Onil par Içs supprimer.
Ces Pèlerins, de retour à Fari^, represeiileul le Mystère ' intitulé la Passion de Notre-Seigrmr Jésus'Christ,
Da riches Bourgeois ouvrent volontairement entre eux une souscription pour élever un ihé&tre exploité par les
membres de cette pieuse Compagaie.
Constructiou de l'Uétel de Bourgogne, rue MauconseîL Charles VI autorise, par Privilège, les Confrères de la Pamm à représenter des Mystères dans Tenceinte de THô*
pital dtj la 1 1 mite, mais se uicmcnt les dimanches et fêles.
Ces gens, associés au Prince des sots, directeur d'une troupe nommée les Enfants de sans souci, vont n THèlei de Flandres, démoli ensuile par ordre de François 1*^, et s'établissent h VHôhl de Bourgogne, avec un Privilège que le l^irlcment confirme.
Les Clercs de la Bazoehe jouent, d'abord des Morahlés^ puis, des immoralités qui les font supprimer.
14 LE THÊATR£-FRANÇâ1S.
Malgré les etibrb constants de Eudes de SuUy» TEvèque cité plus haut, la Féu des faut subsiste encore. La Faculté de Théologie interdit les Bazoehiens.
Jodelle Tient au monde à Paris. il deviendra le plus fécond faiseur de Tragédies de son temps. — Le Tbéfttrelui
devin la division des pièces par scènes et par actes, — Époque si singulière qu'on y verra l'auteur en personne remplir le r^le de la reine CHopàtre dans sa pièce de ce nom.
Le Parlement rétablit la Censure dramatique ^ en dessuétude.
Robert Garnier, né à la Ferté-Bernard, dans le Maine^^ se traîne surabondamment sur les pas de Jodelle.
L'Hôtel de Bourgogne est détinittvement acquis par les Doyens, Maîtres et Gouverneurs de la Confrérie de la Passion de Noire-Seigneur Jésus- Christ .
Mort de Jodelle, h Tàge de Ai ans.
LË THÉÂTRE-FRANÇAIS.
Décès de RoLterl damier.
C'est à rHôlel de Bourgogne que se font connaître les HouffbDS nommés Turlupin, Gaotler-Garguille, Gros Guil -
iaume, Bruscambillc, Guillol-doiju. etc. , geus grossiers, assurémeni ; mais, eux aussi, les premiers balayeurs de ia voie.
Il n*y a dans la salle que très-peu de loges et un Parterre debout. — Cependant, la cour de Louis XIII ne dédaigne pas de s'y rendre. — On y indique ses places eu y niellant, dans toute leur simplicité, des chaises.
La Police ordonne de commencer le spectacle à deux
heures précices, et de finir avant quatre lieures et demie.
L'affluencc du public engage les acteurs à se séparer en deux troupes. L*une reste dans sa localilé, el Tautre Y^aà la rue de la Poterie londer le Théâtre du Marais.
Scudéry, uc au Havre, ouvre» par ses ouvrages» la carrière aux auteurs de l'ère nouvelle*
Mairet, né à Besançon, le suit.
LETHËÂTft&FRANÇÀlS:
Arrive du Kyer» né à Paris.
Pierre Corneille vient de nailre.
La Tragédie conçoit de nouvelles espérances.
Rotrou« né à Dreux, se fait peu attendre.
Hardy, né à Paris, s*empare de i élément tragique. Scarron, le poète burlesque, natt à Paris.
{P<mr fordre des ekiff'rês) Jodelet fait partie de la troupe du Théâtre du UwrQù.
Hauteroche, né à Paris.
Latoiitaine, né à Cliàteau-Thierry.
LE TUliATRE-FllANÇAIS. il
Enfin, né à Paris, et pour la plus grande gloire de la France, Molière paraît.
La véritable comédie est trouvée.
L'Etourdi prend la tête du cortège, et vingt-quatre chefs-d'œuvre sont promis à rélerucile admaation des peuples.
Thomas Corneille, né à Rouen, cumme son frère.
Début de Bellcrose, dans les Premiers rôles tragiques ei comiques. — L'admission en est la suite.
Décès de Hardy.
Par ordre de la Reine, Jodelet est reçu dans la troupe do l'Hôtel de Bourgogne.
LB THÉATRE-FRANÇàlS.
Molière est âgé de 13 ans. —11 est encore apprenti tapissier chez son père, qui le destine à lui succéder dans Texer-
cice de sa profession.
Début de Montfleury (Zaciiarie-Jacob) dans les Prmws rôles,
Uoursault, né à Mussy-l'Evèque, eu ' •urgogue.
Kacine, né à la i'erté-Milou, dans le Valois.
IGil.
DÉCLARATION DE LOCIS XUl,
« En cas que les Comédiens règlent tellement les
9 actions du Théâtre qu'elles soient de tout exemptes d'im- » puretés, Nous voulons que leur exercice qui peut inno- » cemment divertir nos peuples de diverses occupations
» uiauvaisus, ne puisse leur être iiiii>ulé a blâme ni préju- » dmer à leur réputation dans le commerce public* »
LE THËATftË FRANÇAIS. ^ 19
Puquelin, qui, âgé de vingt ans, joint déjà à de fortes éludes faites chez les Jésuites, la coâQaissaQce du Droit, de la Théologie et de la Philosophie, est reçu avocat, et suit^ pendant cinq ou six mois, le Barreau de Paris.
Année chère au Théâtre Le Menteur rimmortali.^e.
Bellerose prend le parti de la retraite.
Floridor déhule dans les Premiers rôles tragiqnes et comiques.-^ H est admis à rHôlel de Bourgogne.
Le théâtre se lait, a cause de la mort du Roi.
Pour saisir Poquelin dans ses premiers rapports avec l'administralion Théâtrale» traversons seulement le Jeu de paume de la Croix-Blmehe^ où de jeunes amateurs jouent sous sa direction désintéressée, et sans qu'il écrive encore.
Par suite de ses fréqueiuaiions, il fait la connaissance <i*une femme Béjart {Madeleine), comédienne de province, qui cherche des protecteui*s pour établir un théâtre dans la Capitale.
Il s*en éprend au point de se vouer à la carrière du thé*-
^0 LË THÉATAË-FRANÇAIS.
être, en qualité d'acteur, et se donne, pour la première
fois, le nom de Molière^ sans s'expliquer sur ce choix en aucune circonstance.
hauteur de Vmeetlas est en prison pour dettes. — Le
Théâtre- Français lui aciièlc cette belle tragédie moyennant vingt pisloles destinées à rendre la liberté au poète. — Après le grand succès de la piè^ie, les Comédiens votent un présent à l'auteur.
Dîrectciir de spectacle à Nantes. Molière réunit h sa troupe, celle d'un sieur Dufresne, contraint à celte fusion par les succès de son rival.
Décès de Rotrou.
mi
La troupe victorieuse se trouve ainsi composée :
Molière.-^ Debrie.— Duparc. — Béjart, — De Vausselle. — Tristan-l'Hermite (le frère du poète).— TEguisé,— Chasleauneuf.— FEstang et mesdemoiselles Hervé.— Béjart. — Debrie.—* Ma§delon.<-r Menou et Yausselle.
Plus Àcile à s*attendrir qu'à se soumettre aux lois de la
iidéiité) le cœur de celui qui sera, un jour, le plus insiiiuant
Lfi TU£àTM-FAàNÇA1S. \i
de nos moralistes, se partage entre deux des actrices que nous venons de nommer, sans cepeiidani nuire aux droits antérieurs dé la demoiselle Madeleine.
QulnauU demande, le ptemiery pour rélributîon de ses ouvrages (à TOpéra), le Nemiêm de !a recette,— L*exempie va se gagner, et le Théâtre-Français le suivra.
Monseigneur de Gondi fait réparer le For-l'Mvéque, situé vers le milieu de la rue Saint-Germain-rAuxerrois.
Lafosse, Baron,
£t Dufiresny,
Nés tous les trois à Paris* .
À Lyon, comme à Nantes, la troupe de Molière éclipse celle d*utt sieur Monsinget et forée exKâ>re celui-ci à une réunion qui foit, de cette Compagnie, la plusremarquablei
de toutes celles (au nombre de douze) qui courent les Pro- - ^ vinces.
BfouARIIIOlILAUlNI.
Cyrano Bergerac, donne son I^édafUjoué^ oh se trouve le premier essai dramatigue des paysans qui s'expriment selon Texacte vérité de leur langage.— Il fait imprimer sa pièce
dans le cours de la même année.
Un exemplaire de cette longue comédie tombe entre les mains de Molière, absent de la capitale^ et qui, par des accolades, indique les deux scènes dont son esprit est iirappé.
%l LK ïti£àïK£-FRANgMS.
— Il en consigne les souvenir en écrivant sur les marges : « CECI EST A MOI. w (voir à 1671).
Regard, né à Paris.
Montpellier, Avignon, Pézénas, etc., jouissent des agréments répandus sur leur chemin par Molière el ses acteur^.
DécèsdeDu Ryer.
Campistroa, ué a Toulouse.
Bfolière est à Rouen, quand il reçoit de Blazarin, le Car^ dînai-Ministre, la permission de venir montrer sa troupe au Roi.
Il revient à Paris, et occupe, par permission de Louis ^ XIV, la Salle des Gardes, au Louvre; ensuite, celle dti Petit Bùurbon^ où le projet est d*élever la colonnade de Perrault.
Sa troupe y donne des représentations concurremment avec celle des Italiens, et joue les mardis, jeudis et samedis.
L'Entreprise prend pour tilro : V Illustre théâtre
Aussitôt installé, Molière fait représenter le croquis qull a composé et donné en Province, sous le nom du Doeteur amoureux.— il en refuse la reproduction à Fimprimeur.
Ici commence, grâce à l'idée de Molière, la mesure qui va être adoptée, celle qui consiste à donner une pièce en un ou trois actes, avec une grande.
TiiEATHK-FRàNgAIS
€ompo$iti(m de ta troupe.
Molière.— Du Parc— L'Epy / ai'iie.— L'Epy ouJodelet.— Da Croisy» geatilhomme de Beauce.-» De la Grange. — Les deux frères Béjart.— De Brie.— Hubert.* Dufresoe. — Lalhorillière père.— Châleau-Neuf. — Et de Mesdemoiselles Béjarl mère. — Armauile Béjard. — De lirie — Dufresne.— Du Parc— Du Croisy.— De la Grange. — Hervé» sœur de la Béjart.
L'intérêt de Molière, dans cette Société, est de quatre parts: une d'acteur, deux à litre d*auteur, et uoe pour la
Béjart.
Mademoiselle Désœillels débute dans les Frcmetê rôles tragiques, à THètel de Bourgogne.
Le prix des^ places au Parterre est élevé de dix sous, h quinze, par suite du grand succès des Préciemes ridieulei,
Molière y remplit le rôle de Mascarille avec un iuuii<juc, dont il se délaii après quelques représentations.
Mort de M^îinaîné. — On fait relâche pendant huit jours. . Dufresne se retire.
La Grange compte parmi les Sociétaires. — 11 a joué les
Jeunes premiers dans les deux genres, et il renonce à la tragédie.
Mort de lodelet, après cinquante ans de théâtre.
Et de Scarron.
Du Parc hérite de l emploi de Jodeiel.
24 LE TriËATKE FlUNgAlS.
Le Théâtre va au Palais-Royal, dans la salle bâtie par le Cardinal de Richelieu, et situCe cour des Fontaines, ou
rue Sainl-llouorc, — Il s'appelle Théâtre de Monsieur.
C'est lui qui joue la première tragédie offerte sous la forme de Spectacle gralis^etn donnant le 6ïi/i{;ori,*de Thomas Corneille, pour célébrer la paix avec TËspagne.
Le nom de Sganarelle,un peu tiré deritalien, est employé pour la première lois au théâtre, . et dans le Cocu imaginairê,
Origine de la Camédie-BaUet, introduite dans les Fâ-
cheux.
La salle du Pe/^ï-^ot^r^on disparait pour faire place à la Colonnade du Louvre.
Dancourt, né àFontainebteau.
A ses représentations qui ont lieu les mardis, vendredis et Dimanches, THètel de Bourgogne, toujours rival du théâtre dirigé par Molière, ajoute les jeudis. — Ses affiches
sont de couleur rouge.
Molière épouse A rmande-Grésinde-Claire-Elisabeth Béjarl^ fille de Madeleine, qui fait toujours partie de sa troupe.
Depuis huit ans, il fait représenter k son théâtre, les ou-
vrages de nombre d'auteurs, dgat il eacourage les travaux par ses conseils et son exemple.
En qualité deValet^de-cliambredu roi, il suit Tarmée qui se rassemble en Lorraine.
TARTUFFE est commencé.
Malgré la grande pensée dramatique quiTobsède, Molière foit r00i«/^re,dansrespace de buit jours, cinq canevas informes nés de ses courses à travers les Provinces, en attendant que son génie puisse tirer meilleur parti de ces bagatelles : Ln Jalousie de Barbouillé^ le Docteur pédant ^ îa Jalousie du Gros-René^ Georgibus dans Id sac^ et le Fagoteux.
Un grand collectionneur d'autograpbes, M. defiombarde, se flatte d^avoir en sa possession le manuscrit d'une esquisse intitulée le Maître d'école^ composée par Molière et que sa troupe a représentée pendant ses pérégrinations provinciales.
Du reste, l'auteur n'a livré à l'impression ni cette boutade, ni les l\rm Doreurs rwam ni le Médecin voiani dont
un manuscrit existe, ainsi qu'un autre de la Jalousie de Barbouillé, dans la bibliothèque de quelques riches eu nuux.
Le nombre des ^arls d'acteurs ne s'élève qu'à quatorze. Il y en a une de une Unre dix sous, pour Us Captictiur. Le feiu de chacun des artistes est de âiat smu. ^ Le retour de Molière est fété par le théâtre.
Le premier né de Molière.
Le roi danse un Pas d'Egyptien dans le Mariage forcé.
Molière est père pour la première fois.
Louis XIV, par délég^ation et la duehesse d'Ortéaus en
personne, tiennent ce garçon sur les fonis de baptême.
' Les trois premiers actes de Tartuffe sont joués à Versailles; quelques jours après, ôhez Monsieur, à VîUers-Coile-
reis, et six mois plus tard, au Raincy, chez le Prince de Condé.
La troupe s*afffige d'une brouille entre le Directeur et sa femme» de quoi souffre qu.elque peu le théâtre. Molière adopte, de fait, le jeune Baron, orphelin.
Quoique fort occupé de tous les côtés, il irouvc le temps de vaquer à la reprise de trois esquisses, fruits de ses premières tentatives sur les théâtres qu'il a dirigés loin de la Capitale : le Grand benêt de fils^ Gros-René petit enfanty et la Casaque. — Il ne veut pas qu'on les imprime.
Ce qui porte, avecceque nous avons vu précédemment, à douze^ le nombre de ces ébauches intéressantes précisément parce qu'elles n'annonçaient pas l'admirable poète dramatique, le grand moraliste de qui nous tenons déjà siie ouvrages du plus brillant augure... Et l'ar/wj/e tout entier approche.
Molière dine à la table du roi.
iMort de du Parc, dit Oros-llené, - On fait un jour de Relâche.
Les frais journaliers s'élèvent à 61 Hwes^ onze sous.
Sur la liste des Pensions royales, mille livres, sont attribuées , « à l'auteur de l'£cole des femmes , pour lui donner « moyen de continuer son application aux belles lettres..... — Chapelain reçoit /m> mille libres ,
L£ TUÉÀÏRE-FKàNÇàIS. %1
N'était sa miraculeuse supéi ioi ilé, on reprocherai i a Molière de donner un peu trop souvent la préférence h ses ouvrages dans la composition du répertoire. — Du 46 avril de i'anaée dernière, aux premiers jours de celle-ci, sur cent représentations, soixante-trois de ses pièces ont formé, à elles seules, le spectacle, et les autres auteurs n'ont été admis que trente fois à leur pan de rétribution dans les receltes. — Loin de s'amoiiidrir, cette disposition tend, au contraire, à se fortifier considérablemeut. — Il n'y a génie qui tienne, il fàut que tout le monde vive.
Très-long £dit royal, qui régie uiinutieusemenl toules les Bl&ires pardcalières de la Comédie.
Peu satisfait de la représoritiition, au iliéàire de Molière', de son Alexandre, le premier de ses ouvrages, Racine le porte à rHôtei<le Bourgogne.— La froideur qui en résulte, de chaque côté, (lait craindre une longue mésintelligence entre ces deux écrivains.
Après la simple lecture de cette pièce. Corneille avait conseillé à Hacine de ne pas se livrer à la tragédie. — 11 faut , convenir que révénement vient de lui donner raison.
Les époux dirigeants se réconcilient en plein thé&tre.
Un second enfant leur survient, une fille qui reçoit le nom de Bsprit MadeUme.
Le Théâtre, qui a pour titre : La Troupe dtt Moiy se reconnaît tout à fait au service de Sa Majesté*
IB TBfiàTRS-FRANÇAlS.
Le repos dô Molière etles iutérêts de r£atreprise se trouvant, de nouTeau compromis par la discorde entre époux, ceux-ci se séparent, sinon amîcalementt du moins par con-
seûlement mutuel.
Un sieur Moher^ tout à la fois danseur, chorégraphe^ musicien et poète, s'est fiiit, depuis une quinzaine d'années, une réputation qui Ta conduit à exercer ses talents
à la Cour. — Sou nom, diversement orthographié, a servi de thème à des suppositions de simple connaissance et même dlntimité entre cet homme et Molière qui aurait sciemment encouru Thomonymie.— Rien de tout cela n'oifre assez d'intérêt, ou même de vraisemblance pour qu'on s'en occupe autrement que par la constatation de roubli dans lequel tombent les œuvres de ce maître de balietR, aussitôt que Molière s'avise d'en produire quelques unes du même genre.
Pendant deux moiseonséculifs,/eift>(77}f/irop& attire la Cour et la Ville, et obtient vingt Teprésentations, sans avoir» par conséquent, besoin d*aucune autre pièce pour l'y aider.
Grand bruit dans les coulisses! .La Béjart vient de donner un soufflet à Baron, qui n'a que treize ans*
Molière reçoit une gratification de mille livres, datée di| jour de la première représentation du Misantkrape.
Diyiiizeo by
LE THÉiTRfi-FRANÇÀlS. 19
Institution de r Académie des Seiencee.
Balletii de Cour.
Ils se conposeiU d'Entrées, do Vers et de Récits, Les premières sont de simples pauiomimes, dont les spectateurs suiventl*acliou sur un argument imprimé. Les Fer# offrent une série de madrigaux h la louange des
acteurs présents sur la scùiie.
£t les Bécits sont formés de tirades parlées et de couplets chantés par ceux des personnages qui ne dansent pas. — Gela rappelle le Chœur des anciens. — La principale intention des Récits est d'expliquer clairement le sujet que les Entrées n'oui exposé que par gestes.
 la suite de graves difficultés, Molière obtient que la
Maison du rot n'entrera plus à son spectacle sans payer.
Le roi lui donne une Pension de sept mille livres.
A rînstigation de Racine, la du Parc le quitte pour aller à THétei de Bourgogne.
Les obstacles apportés à la reprcsetiuUon de Tartuffe répandent de vives inquiétudes parmi les Comédiens.
Après de nombreuses démarches, appuyées de Placet»
30 lë tuEatuë-fràncais.
et d'écrits sur écrits, Tartu/fe àniva à la représenlauuiii mais avec d'importantes coupures et sous le seul titre de l'Imposteur^ personnage qu'on appelé Panulpbe.
Malgré tant d'obstacles, il réussit encore beaucoup.
Le Premier président de Lamoignon Tinterdit aussitôt, au nom du Parlement* — On fait arracher les affiches» et des Agents de rAutorité s*opposent à rentrée des acteurs au théâtre.
La Grange et LatlioriHière vont remettre au roi, qui lait le siège de Lille, un Placet rédigé par Molière, et tendant li ce que la défense soit immédiatement levée.
Le Théâtre lait Beldche pendant leur absence.
Les Envoyés reviennent à Paris sans avoir obtenu de changement dans la situation. Le roi se réserve d'aviser.
Décès de Scudéry.
Et de Montfleury père. — 11 était né en Bourgogne.
Molière tombe gravement malade. ^ Son état est de nature à causer les plus sérieuses alarmes. — li reste quatre
mois absent de la scène.
Louis XIV ne le voit plus, et ne s'en occupe pas assez.
La fille de Molière, (qui sera seule sui^ivante de trois enfants), épouse le sieur Rachcl Montalant, Ecuyer.
LE ÎUÉATUt:-FUAM.AiS.
La reotrée^de Molière est vivement t'élée par le public.
Racine veut un fleuron de plus à sa couronne» et nous
lègue les Plaideurs.
Où reprend enfin Tartuffe^ sous ce titre, avec rétablissement de bon nombre de passages qu*on avait supprimât,
et du Croisy portant un costume tout-à-faiisiiiuiUcaUi.
L'ouvrage obtient 44 représentations consécutives*
« Monsieur Molière confesse avoir reçu comptant, tant t pour lui que pour sa troupe, la somme de 144 livres à lui
« ordonnancée pour lanourrîlure pendanldeux jours qu'ils a ont été a Saint (lOi inain-en Layo, par ordre de Sa Ma- » jesté, pour y représenter Ica comédies de l'Avare et du « Tartuffe au Ghàteau-Neuf, à raison de6 livres clmciin par « jour, au nombre de douze acteurs et actrices. « Dont quittance, fait et passé à Paris, en rélude; l'an ' <669, le 7 (l'août. « J. B. P. Molière. »
La Champmeslé débute dans les rôles tragiques» au Théâtre du Marais.
Le père de Molière meurt vingt jours après la reprise des représentations de TarUi/fe.
Louis XIV arrivant de la chasse, et entouré de quelquesuns de ses Préférés qui assistent au Déboîté, demande à Des*
préaux quel est, à son avis, le plus grand écrivain de l'époque, bans acception de genres. — « Sire, n en doutez pas,
3S LE THÉATRB'FRÂNÇAIS.
répond avec assurance le Satirique, c'est Molière, » — . « Molière ! » s'écrie le roi en se renversant sur son fauteuil. — Boileau insiste, et le Prince, après un instant d'atUludô méditative, laisse voir, en deux mots. Theureux effet de ropinion dont il vient d'être soudainement éclairé : « C'est possible, »
Depuis trois ans, le Théâtre a reçu du roi 3,^4 livres Gratifications extraordinaires. .
Ribou, le liijraiie, vend Tartuffe imprimé, à un écu l'exemplaire, prix considérable relativement à celui des ouvrages composés par d'autres écrivains dramatiques. — Celte vente se fait au profit de l'auteur.
Les Comédiens reconnaissants votent une Double part d*auteur à cliacune des représentations de Tartuffe.
Lesage, né h Sarzeau, presqu'île, en Bretagne.
Retraite dcBéjart cadet^ auquel on alloue, pour la première fois, une Pension en qualité de Comédien, exemple qui, vraisemblablement, se perpétuera. — Cette mesure est
signée . J. B. Poquelin de Molière ; Claire Grésinde Béjart^ sa femme ; Madeleine Béjart ; £dme Villequin, sieur de Brie ; Catherine Leclerc^ sa femme ; Geneviève Béjart de Villanàrun ; Charles Varlet de la Grange ; i^hiliberl Gassau^ vtcomte IHêcraisy; Français Lenoir de la Tharilliêre et André Hubert,
Le fils d'un acteur nommé Baron, qui a joué les Bois et les Paysans^ débute dans les Premiers rôles.
Ll. i liliATHE-FKANgMS. ^ 33
. Décès de la TboriUière père.
Les époux GhampiDesIé s'eogagent dans la Troupe du Mai.
Décès de Mademoiselle DesœiUets.
La Beauval est engagée pour l'emploi Comique.
Après l'avoir peu goûtée, le Roi permet qu'on la reçoive.
Quoiqu'il n*y ait que deux mois que Raeioe a dit» dans
Britannicus ; « il excelle »
A venir prodiguer sa voix sur un théâtre, " A réciter des cliaots qu'il veut qu'on idolâtre,
Louis XIV danse deux fois, en Neptune et en Apollon, dans les Amants magnifiques^ au tbéâire de Saiot-Germainen-Laye.
&A MAIW Mm U SAC.
La représentation des Powbmei 4e Scapin réalise le projet de Molière, qui (17 ans après celle du Pédûntjoué) procure rimmorlalité au double emprunt qu'il méditaii. — II reproduit, â sa mami're, deux scènes do Cyrano, devenues la onzième du second acte, et la troisième du dernier acte de ses Fourberies^ celle de la Mauditt galère^ et celle de
rindiscrèteeonfldence de Zerblnette à Cféronte.'
En Carnaval, et pour Tinauguration de la salle des Machines^ dans le château des Tuileries, où le grand Mécani-
cien Viganani vient de préparer des merveilles, Molière donne Ft^éké, ei y joue le rôle de Zéphire.
Damïes Femnm savantes, le nom de Trissotin se produit dès ia première représentation, et c'est uniquement le vieil AeadémicieQf Aumônier du roi« Charles Cctm^ auteur du madrigal et du sonnet réeités au troisième acte, que Molière a en vue dansée personnage. Il en convient. —Toute autre version serait erronée.
Ordonnance royale qui défend à d'autres tbéfttres que TAcadémie de musique (L'Opéra) d'employer il la fols plus de six Chanteurs ei douze Violons.
Baron touche, pour la première fols. Part eniiirê.
Cette Part est d'environ 3,500 livres pour chaque Soeiétmre*
Les lielâchessoni IVcfjueiUs, lant h roccasion des grandes fêtes que pour des motifs particuliers a chacun des ae * teurs.
L'Académie française offire à Molière une place sur ses àanc9 (car il n*y a point là de fauteuils) s^il veut seulement cesser d'êti*e comédien. — Le Directeur de théâtre moiive son refus sur le tort que causerait sa retraite à tant de gens qu'il fait vivre.
Louis XIV succède, de son autorité privée, au Chancelier Séguier, défunt^ dans le litre de Pretecfeur d€ rAcadémiw
LË THËATfi£*FRANÇAlS. 35
française, que le Cardinal de Hiehelieu a porlé le premier.
— Le Tliéàire témoigne sa joie de cet évéoemeiit.
Floridor se relire. — It était tié dans la Brie en I<t08.
Guérin d'Estriché débute dans les Manteaux et Confidents^ à la troupe Marais.
Molière à un troisième enfant, Pierre- Jean-Bapiisie-Àrmand^ qui décède vingt-cinq Jours après.
Mort de Fioridor.
Guérin d*Estriché est Sociétaire.
A la quatrième représentation du Malade imaginaire^ l'auteur jouant le rôle principal , éprouve une crise de sang des plus violentes. — Cependant la pièce s'achève. — 11 est k peu près dix lieures du soir
Molière meurt.
Il vient de jouer ic rôle d'Argan dans le Malade imaytnaire^ malgré la vive irrilaliou de poitrine qui l'enlève et les conseils de ses amis qu'il n'a pas voulu écouter par intérêt pour ceux de ses camarades qu'un Melâcke aurait fait soafffir.
On défend d'accorder la sépulture chrétienne à ses restes.
— Le Roi ordouàie à moitié de no pas la leur refuser. — Deux prêtres les accompagnent au cimetière Saint-Josepli.
âC . LK TU£AÏRË-FiiANÇÂlS.
Les scellés sont apposés sur la porte du Cabinet qu1l occupait au théâtre pour les affaires de sa Direction. La salle reste fermée pendant six jours.
Molière a ^rempii des rôles de différents emplois dans vingt-quatre de ses pièces^ et joué souvent dans celles de ses confrères* même des personnages tragiques.
LaLliûi illière lui succède immédialcmenl dans le susdit rôle d'Argan, où le Juro n'est pas reçu sans une proionde émotion.
Le Roi ne témoigne pas Tenvie de ;voir le Malade imaginaire, dont le dénoûment est si remarquable, et les Courtisans lui é[ larguent volontiers le speciaclo d'un homme qui peut mourir.
Baron quitte, pour aller à Vnélel de Bourgogne, -
Le Théâtre va à la rue Mazarine. — Tfmiire Guénégaud.
Il y débute dans une belle salle, qui lui appartient, par téodamie^ tragédie de roademoisetle Bernard.
Une Ordonnance de Louis XIV fonde et assure la pérennité du Premier théâtre on France. —( Kotr «à/'atifie^e 1^).
La Champmeslé s éloigne.
La troupe de THotel de Bourgogne sollicite et obtient une Ordonnance royale faisant défense de s'attrouper aux
abords du ihéàlrc, de s'y rcudi c avec des armes, et d'exciler du tumulte, soit au-dedans,soil au dehors, de la vie*
LE TIlKATKE-FRAiNÇAlS. 37
Le Tkéàtre du Marqû est et demeure supprimé.
LalhorilUère va à i*li6lel de Bourgogne.
L'Ambassadeur de France à.Constantinople donne une lèle pendant laquelle on représente deux fois le Dépit amcureux et le Cocu imaffinaire; puis, l'École des inaris. — Ces comédies obtiennent un succès immense qui se propage, poiîr ainsi dire, dans toute l*Ëurope.
Baron remplace Floridor à l'Hôtel de Bourgogne.
La Beauval et son mari s'y engagent.
Ce dernier succède à Tactcur Hubert, ciiargc, jusque-là, des personnages travestis en femmes.
Crébiiion, né à Dijon.
Mon de Debrie. .
Guéria d'Estriclié époui^e la veuve de Molière.
Thomas Corneille prétend n*avo!r mis en vers ie Festin de Fiêm, de Molière, qu^à la sollicitation de gens ayant tout
pouvoir sur lui. Mais voici qui prouve quelque autre chose.
« Je soussignée confesse avoir reçu de la troupe, en deux payements, la somme de deux mille deux cents livres, tant pour moi que pour M. Corneille, de laquelle somme je suis
38 LE TilÉATRE-FRANÇAlS.
créancière avec la d'>te troupe, et dentelle esi demeurée d'accord, pour L'AGflAT de la pièce du FeHin de Pierre^ qui m'appartenait, etque/at fait mettre en vers par le dit sieur
Corueille.
Fknmb Guérin» vote MOLlteB. »
Mort de Béjart cadel.
Les représentations deviennent quotidiennes,
La Champmeslé débute et fuit parUe des Sociétaires,
Par ordre duRoi, la troupe de f Hôtel de Bourgogne se réunit à celle du Théâtre- Guénégaud.
Lettre de câcA^f signée Louis, et, plus bas : Golbert.
Ainsi) de trois théâtres, celui du Marais n'existant plus, il n'en reste qu'un digne de l'intérêt des lettres» et qu'on doive appeler le TfMtre-Français»
Celle nouvelle administralion garde la Champmeslé.
Baron vient s*y associer,
Guérin d'Estriché y est également admis.
Destouches, né à Tours.
Mort de Lathonilière père.
LË TtiJliATA£-FftÂNÇAlS. 39
Débul» itaDS les Comiqui^ de Haoïeroche, quia appartenu à ïBàM de Bourgogna boisson (Baymond) débute auââi daitô les Coimqucs.
im.
Llncorporatioii de ces divers Comédiens se réalise par une autre Lettre de cachet, qui iîxe leur nombre k mngt-$ept^ tant hommes que femmes.
Louis XIV institue, à sa charge, une Pension (le mille livres en laveur des Comédiens qui se retireront pour cause de vieillesse ou d'infirmités contractées durant leur service.
Le Tbéitre reçoit uoe Pensioa royale de 4^000 livras.
« 11 est sous-entendu que les Comédiens se retirent avec « Tagrément de la Cour ; car, comme il faut un ordre du
« roi pour entrer dans la troupe, il en faut un aussi pour « en sortir.
; GOLSfiaT. »
11 meurt, en cette année, une actrice du nom de la Beauchâteau [Madeleine Dubourg ) reçue en 1633, et qui, en 1674 était la Doyeme de l tiôtci de Bourgogne.
40 LE THJiàTRE-FRA«VAIS.
La TiùuiÉDiB m ALAKms.
Pierre GoraeiUe est à toute extrémité.
Racine vient apprendre au Roi que la misère de cet homme illustre «est telle que sa femme « n'a pas de quai lui
donner un bouillon. »
Louis XiV eQvoie sur-le-champ cent louis. . . .
Il est trop tard! . • •
Décès du grand Gomeilie.
Leflls de Lathoriilière débute dans la tragédie» et est reçu
par considération pour la mémoire de son père.
Début de Mademoiselle Desbrosses dans les Premiers rôles de comédie, se réservant d'arriver aux Caractères.
Hauteroche est reçu.
Mortdellontfleury fils, rauteurdM#4lr«6a/ seulement, et
^ lié à Paris en 1640.
Retraite de ttaymond Poistjon.
Dancouil, l'auteur, débute dans les Fitumders et rôles de plusieurs emplois.
Il est admis daûa la Société.
Les Comédiens français sont aulorisés, Ordonmmce royale à substituer au Prix déùaltu^ qui a dure jusqu'à ce jour avec les auteurs, le Prélèvement de leurs frais Joumafiers sur les recettes du théâtre. ( Voir à Vannée 1697. }
• Li: TUlUTKli-FRANÇAlS. 41
Mon de MaireL
Début de Paul Poisâou, lils de Ray moud.
11 est reçu.
Dancourt renonce à sa Part d'auteur pour k CheviUier à la modêy qui est à sa quarantième représentation.
Obligés de chercher un autre emplacement, les Gomédinns, après avoir trouvé quatre localités dont ils ne peuvent s'accommoder, proposent successivement au Miaislre rA(^(eldirSm,rueSaint'André-des^Arcs, Vhâtel deLussan^ rue des Petits-Ghamps« et Vhâtel é^Âuehj rue MontorgueiL
Toutes sortes d'embarras, même financiers, résultent pour eux de ces pressantes recherches, peu secondées par M. le marquis de Seignelay.
Le registre XVI, tenu jour par jour aux Arcliivesdu théâtre, cutriuience par ces mots: « Au nmnàn Dim et delà SaiiUe Vierge »
Marivaux, né à Paris.
Rebuté des ennuis dont le génie lui-même n'est pas
exempt en matière de théâtre» après Fhèdrt^ jouée il y u douze ans, Raciue a gardé eomplètement le silence. — Enfin, il consent à donner son Either^ mais rendue seulement par les Demoiselles de Saint-Cyr. — Croirait-on que cette première représentation ait pu faire naître un dialo* gue aussi iniignifiant que celui-ei de part et d*autre7