AVANT-PROPOS
Le théologien dont il est question dans cet ouvrage, vivait sous le règne de Henri-le-Grand.
Il fut appelé à la cour, et il y eut un emploi des plus honorables. Le roi fit état de sa personne et de ses conseils, et se plut à ses entretiens ; il lui fit même la grâce , lorsqu'il le connut parfaitement , de l'honorer de sa confiance intime , et de lui témoigner des bontés trèssingulières , et qui furent enfin trop glorieuses pour n'être pas insupportables à la jalousie.
Ceux qui se sentirent offensés de son bonheur, conspirèrent inutilement à le détruire par leurs médisances. 11 conserva dans la cour , au milieu des mensonges et des trahisons , la réputation qu'il y avait apportée d'être un des plus sages et des plus savants hommes de son siècle.
Comme Sa Majesté désirait que son mérite fut particulièrement connu des grands du royaume , îorsqu'ellevoyaitdes princes et d'autres personnes d'esprit et de qualité autour de sa table ou dans sa cliambre , elle l'ensafieait à les entretenir en lui proposant des questions sur la morale et sur la théologie, ou bien quelques difficultés curieuses sur d'autres sujets propres à le faire écouter par des courtisans avec plus d'attention et plus de plaisir.
Il s'enoraoreait souvent lui-même à ces sortes a entretiens , lorsqu'il se rencontrait en des compagnies où il ne pouvait pas se taire sans trahir la religion , et où sa conscience l'obligeait à soutenir les vérités de l'Évangile contre les blasphèmes des libertins, et contre les subtilités de ces philosophes qui entreinonnent de détruire