‹ Le theologien dans les conversations avec les sages et les grands du mondeChapitre 6 sur 23 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

Les lumières que j'ai reçues des personnes qui le connurent familièrement lorsqu'il fut éloigné de la cour, et qui apprirent durant leurs conversations une partie des choses arrivées dans les conférences , m'ont beaucoup aidé à ne pas m'égarer en des endroits où il y avait de l'obscurité.

Ce que je puis dire de mon travail, c'est que mes forces n'ont pas égalé mon zèle ni mes peines , mais que mes peines n'ont pas elles-mêmes répondu aux obligations que j'avais et que j'aurai toujours à la mémoire de ce cher bienfaiteur. Je n'eus le bonheur de lui parler et de l'approcher qu'environ deux ans avant qu'il mourût. Il ne laissa pas en ce peu de temps d'avoir le loisir et la bonté de me faire des grâces que j'aurais tort d'oublier avant et après ma mort.

Quelques considérations ne m'ayant pas pcimis de lui donner son propre nom , je lui ai donné celui d'Eugène. Ceux qui ont lu l'histoire de sa vie ne douteront pas que je ne l'aie fait pour me conformer aux sentiments du roi son maître. Au moins , si nous voulons renfermer dans un seul mot la louange ordinaire que Sa IMajesté lui donnait , d'être l'homme le mieux né et du plus aimable naturel qu'elle eût jamais vu , nous n'en trouverons point de plus propre que ce mot d'Eugène, qui signifie en trois syllabes les mêmes choses que ce grand prince voulait exprimer par quatre paroles. Il semble qu'il porta ce nom dès le berceau; et ce fut très-sagement que le panégyriste qui fit l'éloge de ce théologien après sa mort, remarqua qu'il avait toujours paru sur son front un air qui attirait les yeux des autres, et qui était comme la couronne de l'empire que son Ame avait sur les cœurs par la modestie de son visnge et par la tranquillité de son esprit.

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