‹ Le théosophismeChapitre 114 sur 163 · Adyar Bulletin, octobre igiS · texte numérisé non relu

Adyar Bulletin, octobre igiS

3. Esoteric Christianity, p. i34 de l'édition anglaise. U. Ibid., p. i36.

qui caractérisent un « dieu solaire », et qui, après qu'on eut cessé de comprendre leur signification symbolique, donnèrent naissance aux dogmes du Christianisme ; ce dernier point est à peu près le seul, dans toute cette histoire, où l'on retrouve les idées de M°^^ Blavatsky.

Le « Seigneur de compassion », dont il vient d'être question, est le Bodhisattwa Maitreya ; ce nom et ce titre, rapportés à la conception du « Bouddha futur », existent bien dans le Bouddhisme authentique ; mais on peut trouver assez maladroit cet essai de fusion entre le Bouddhisme et le Christianisme, qui constitue le caractère spécial du messianisme des théosophistes. C'est encore là un exemple de la manière éminemment fantaisiste dont ceux-ci prétendent accorder les diverses traditions auxquelles ils font des emprunts ; nous en avons déjà trouvé un autre dans l'association du Manou et du Bodhisattwa. Signalons encore, au même point de vue, que, toujours d'après les théosophistes actuels, Maitreya, longtemps avant de se manifester comme le Christ, était apparu dans l'Inde sous la figure de Krishna; seulement, il faut sans doute admettre que, à cette époque, il n'était pas encore Bodhisattwa, mais un « Adepte » d'un rang un peu inférieur (ce qu'est aujourd'hui Koot lioomi, son successeur désigné), puisque Krishna est fort antérieur au moment où Gautama, le précédent Bodhisattwa, devint Bouddha. Pourtant, nous ne sommes pas bien sûr que certains théosophistes ne commettent pas un anachronisme à cet égard et ne croient pas Krishna postérieur à Bouddha ; en effet, M. Leadbeater, après avoir donné comme une règle générale l'emprunt fait par les « Grands Etres » du corps d'un disciple, ajoute : « L'unique exception qui nous est connue est la suivante : lorsqu'un nouveau Bodhisattwa assume la fonction d'Instructeur du Monde après que son prédécesseur est devenu Bouddha, il naît comme un petit enfant ordinaire au moment de sa première apparition dans le monde en qualité d'Instructeur. Notre Seigneur, le présent Bodhisattwa, fit ainsi lorsqu'il naquit comme Shrî

igS LE THÉOSOPHISME

Krishna dans les plaines dorées de l'Inde pour être aimé et honoré avec une passion de dévotion qui n'a peut-être jamais été égalée nulle part ailleurs » ^. Quoi qu'il en soit, c'est ce même Bodhisattwa Maitreya qui doit se manifester de nouveau de nos jours, dans des conditions analogues à celles que nous venons de décrire en ce qui concerne le Christ : « Le Grand Chef du déparlement de l'Instruction religieuse, dit M. Leadbeater. le Seigneur Maitreya, qui a déjà enseigné sous le nom de Krishna aux Hindous et sous celui de Christ aux Chrétiens, a déclaré que bientôt il reviendrait dans le monde pour apporter la guérison et l'aide aux nations, et pour revivifier la spiritualité que la terre a presque perdue. Une des grandes œuvres de la Société Théosophique est de faire son possible pour préparer les hommes à sa venue, de façon qu'un plus grand nombre d'entre eux puisse profiter de l'occasion unique qui leur est offerte par sa présence même parmi eux. La religion qu'il a fondée lorsqu'il vint en Judée, il y a deux mille ans, est maintenant répandue sur toute la terre, mais, lorsqu'il quitta son corps physique, les disciples réunis pour envisager la situation nouvelle n'étaient, dit-on, que cent vingt. Un seul précurseur annonça sa venue la dernière fois ; maintenant, c'est à une Société de vingt mille membres, répartis sur le monde entier, qu'est donnée cette tâclie ! Espérons que les résultats seront meilleurs cette fois que la dernière et que nous pourrons garder le Seigneur parmi nous plus de trois ans, avant que la méchanceté humaine ne l'oblige à se retirer ; puissions-nous aussi réunir autour de lui un plus grand nombre de disciples que jadis ! » -. Tel est donc le but que l'on assigne aujourd'Iiuià la Société Théosophique, que M"^ Besant déclarait, il y a déjà près de vingt ans, « avoir été choisie comme la pierre angulaire des futures religions de l'humanité,... le chaînon pur et béni entre

Ailvar Balletin, octobre 19 13.

L'Occultisme dans la Nature, p. 882

ceux d'eu haut et ceux d'en bas » ^. Maintenant, la réussite complète que l'on souhaite pour la nouvelle manifestation du Bodhisattwa doit-elle être interprétée en ce sens que, celte fois, il parviendra à l'état de Bouddha parfait ? D'après Sinnett, « le Bouddha Maitreya ne viendra qu'après la disparition complète de la cinquième race et quand rétablissement de la sixième race sur la terre datera de plusieurs centaines de mille ans » - ; mais Sinnett n'avait aucune connaissance des apparitions préalables de Maitreya comme Bodhisattwa, qui constituent une innovation dans le théosophisme. Du reste, quand on se rappelle combien a été réduit l'intervalle qui nous sépare du début de la cinquième race, il n'y aurait rien d'étonnant à ce que sa lin fût beaucoup plus proche qu'on ne l'avait dit tout d'abord ; en tout cas, on nous annonce pour bientôt la naissance du noyau de la sixième race, « sous la direction d'un Manou bien connu des théosophes », qui est le « Maître » Morya ^.

Le rôle que la Société Théosophique s'attribue ne se borne pas à annoncer la venue du « Grand Instructeur » ; il est aussi de trouver et de préparer, comme l'auraient fait jadis les Esséniens, le « disciple » de choix en qui s'incarnera, quand le moment sera arrivé, « Celui qui doit venir ». A vrai dire, l'accomplissement de cette mission n'a pas été sans quelques tâtonnements ; il y eut tout au moins une première tentative qui échoua piteusement, et qui remonte d'ailleurs à une époque ovi l'on n'était pas encore très exactement fixé sur la personnalité du futur u Porteur du flambeau de la Vérité », comme avait dit M™^ Blavatsky. C'était à Londres, où une sorte de communauté de théosophistes existait alors dans le quartier de Saint-John's Wood ; on y élevait un jeune garçon, à l'air malingre et peu intelligent, mais dont les moindres paroles étaient écoutées avec respect

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