I. Le Théosophe, le'mars
LE THÉOSOPBISUB. ,-
cela le plus sérieusement du monde (le mot « bourgeois » est même en français dans son texte ) ^ ; mais ces choses sont probablement de celles qu'on juge préférable de passer sous silence quand on s'adresse à un auditoire ouvrier. Quoi qu'il en soit, sur ce terrain éminemment « démocratique », le théosophisme se trouve en concurrence, et dans des conditionsplutôt désavantageuses, avec le spiritisme, quiest mieux à la portée des esprits incultes (tandis que le théosophisme est plutôt fait pour séduire ceux qui possèdent une demiculture), et dont la propagande non moins acharnée fait, en certaines régions surtout, de nombreuses victimes dans le monde ouvrier. Ainsi, il existe (ou du moins il existait avant la guerre, quia dû y apporter quelque perturbation) une secte spirite dénommée « Fraternisme », dont le centre était à Douai, et qui avait recruté des milliers d'adhérents parmi les mineurs du iSord de la France ; une autre secte spirite assez analogue existait en Belgique sous le nom de « Sincérisme », et elle avait pour chef un Maçon de haut grade, le chevalier Le Clément de Saint-Marcq. Sans quitter les mêmes régions, nous trouvons encore un autre exemple très frappant dans le cas de 1' « Antoinisme », cette pseudo-religion qui prit en Belgique un développement si extraordinaire, et qui possède même un temple à Paris depuis igiS : son fondateur, qu'on appelait le « Père Antoine », mort en 19 12, était lui-même un ancien ouvrier mineur à peu près illettré ; c'était un « guérisseur » comme on en rencontre beaucoup parmi les spirites etlesmagnétiseurs, et ses «enseignements », que ses disciples regardent comme un nouvel Evangile, ne contiennent qu'une sorte de morale protestante mêlée de spiritisme, et qui est de la plus lamentable banalité. Ces « enseignements », qui sont parfois rédigés en un jargon presque incompréhensible, et où 1' « intelligence » est sans cesse dénoncée comme le plus grand des maux, sont tout à fait comparables à certaines « communications » spi-