‹ Le théosophismeChapitre 72 sur 163 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

tx. En réalité, il s'agit encore ici, comme pour la réincarnation, d'une impossibilité métaphysique, laquelle ne saurait souffrir la moindre exception.

ont adopté une attitude beaucoup moins intransigeante que celle de M*"* Blavatsky, et qui, de même que certains occultistes, en sont arrivés à admettre que des « esprits » se manifestent réellement, et assez fréquemment, dans les séances spirites ; il est vrai qu'ils ajoutent que ces « esprits » sont des « élémentaires », c'est-à-dire des êtres humains de l'ordre le plus inférieur, et avec lesquels il est plutôt dangereux d'entrer en relations : nous doutons fort que des concessions de ce genre soient susceptibles de concilier à leurs auteurs les faveurs des purs spirites, qui ne se résoudront jamais à les regarder comme de vrais « croyants ». Du reste, en pratique, les chefs du théosophisme n'ont jamais cessé de déconseiller les expériences spirites, et ils se sont appliqués souvent à en faire ressortir les dangers. Al™^ Blavatsky, oubliant ou feignant d'oublier ce qu'elle avait été à ses débuts, écrivait vers la fin de sa vie : « C'est parce que je crois à ces phénomènes... que mon être tout entier est pris d'un profond dégoût pour eux... Gela ne réussit qu'à ouvrir la porte à un essaim de « fantômes », bons, mauvais ou indifférents, dont le médium devient l'esclave pour le reste de sa vie. Je proteste donc, non pas contre le mysticisme spirituel, mais contre cette médiumnité qui vous met en rapport avec tous les lutins qui peuvent vous atteindre ; l'un est une chose sainte, qui élève et ennoblit ; l'autre est un phénomène du genre de ceux qui, il y a deux siècles, ont causé la perte de tant de sorciers et de sorcières... Je dis que tous ces rapports avec les morts sont, consciemment ou inconsciemment, de la nécromancie, par conséquent une pratique fort dangereuse... La sagesse collective de tous les siècles passés a protesté hautement contre les pratiques de ce genre. Je dis enfin^ ce que je n'ai pas cessé de répéter en paroles et par écrit depuis quinze ans, que, tandis que quelques-uns des soi-disant « esprits » ne savent pas ce qu'ils disent et ne font que reproduire, à la façon de perroquets, ce qu'ils trouvent dans le cerveau du médium ou d'autres personnes, il y eu a d'autres qui sont

très dangereux et ne peuvent que conduire vers le mal. » Gomme preuve du premier cas, elle cite le fait des « communications » réincarnationnistes en France, anti-réincarnationnistes en Angleterre et en Amérique ; quant au second, elle affirme que « les meilleurs, les plus puissants médiums, ont tous soufiFert dans leur corps et dans leur âme », et elle en donne des exemples : les uns étaient épileptiques, les autres sont morts de folie furieuse ; et « voici enfin les sœurs Fox, les plus anciens médiums, les fondatrices du spiritisme moderne ; après plus de quarante ans de rapports avec les « Anges », elles sont devenues, grâce à ces derniers, des folles incurables, qui déclarent à présent, dans leurs conférences publiques, que l'œuvre et la philosophie de leur vie entière n'ont été qu un mensonge ! Je vous demande quel estle genre d'esprits qui leur inspirent uneconduite pareille » ^ . La conclusion que semble appeler cette dernière phrase fait pourtant défaut, parce que M"^^ Blavalsky fait profession de ne pas croire au démon ; il n'en est pas moins vrai qu'il y a là des choses très justes, mais dont quelques-unes pourraient bien se retourner contre celle qui les a écrites : ses propres « phénomènes », si on en admet la réalité, différaient-ils tant que cela de ceux qu'elle assimile purement et simplement à la sorcellerie P II semble aussi qu'elle se place elle-même devant ce dilemme : ou elle ne fut qu'un faux médium à l'époque de ses « clubs à miracles », ou elle fut une malade ; ne va-t-elle pas jusqu'à dire que l'épilepsie est « le premier et le plus sûr symptôme de la véritable médiumnité » ? En tout cas, nous pensons également qu'un médium est toujours un être plus ou moins anormal et déséquilibré (ce qui rend compte de certains faits de fraude inconsciente) ; c'est en somme ce que Sinnett, de son côté, a exprimé en ces termes : a Un médium est un malade dont les principes ne sont pas étroitement unis ; ces principes peuvent, par conséquent, céder à l'attraction d'êtres flottant dans

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