‹ Le théosophismeChapitre 75 sur 163 · L'Occultisme dans la Nature, pp. SgC-ZioS · texte numérisé non relu

L'Occultisme dans la Nature, pp. SgC-ZioS

LE TIII.OSOI'IUSME ET hV. SITIUTISMK lOO

pour s'allier avec les spirites, peut-être devrions-nous dire plutôt pour accaparer le mouvement spirite à leur profit. Nous voulons parler dun discours qui fut prononcé par M'"^ Besant, le 7 avril 1898, à une réunion de Vu Alliance Spirilualiste » de Londres, dont Stainton Moses avait été jadis président; ici, nous anticipons donc un peu sur la suite des événements, afin de n'avoir pas à revenir sur le sujet qui nous occupe présentement. Ce discours, qui contraste étrangement avec tout ce que nous avons vu jusqu'ici, nous apparaît comme un véritable chef-d'œuvre de mauvaise foi : M™^ Besant, tout en reconnaissant qu'il y avait eu des « malentendus » et que « des paroles irréfléchies avaient été prononcées des deux côtés », proclamait que, u dans les nombreux exemplaires de la revue qu'elle édite avec M. Mead, on ne trouvera pas une parole âpre contre le mouvement spiritualiste » ; c'est possible, mais ce quelle n'avait pas écrit dans cette revue, elle l'avait dit ailleurs. En effet, le 20 avril 1890, au « Hall of Science» de Londres, elle avait déclaré textuellement que « la médiumnité est dangereuse et conduit à l'immoralité, à l'insanité et au vice », ce qui s'accordait parfaitement avec l'opinion de tous les autres chefs du théosophisme. Mais citons quelques-uns des passages les plus intéressants du discours de 1898 : « Je commencerai par parler de la question des forces qui guident nos deux mouvements spiritaalisteet théosophique. Je considère ces deux mouvements comme une partie de la même tentative faite pour pousser le monde à lutter contre le matérialisme et à diriger la pensée humaine vers une direction spirituelle. C'est pourquoi je les regarde comme provenant, tous les deux, de ceux qui travaillent pour l'élévation morale et pour le progrès de l'humanité. Nous croyons, en somme, que ces deux mouvements procèdent d'hommes très développés, vivant sur le plan physique, mais ayant le pouvoir de passer à volonté dans le monde invisible, et étant, par là, en communication avec les désincarnés... Nous ne donnons point, comme vous le faites, une importance excessive à ce fait que ceux

qui agissent daus ce mouvement ne vivent plus dans des corps physiques ; cette question nous est indifférente. Nous ne nous occupons pas de savoir, quand nous recevons des communications, si elles nous viennent d'âmes présentement incarnées ou désincarnées... Selon nous, le mouvement spiritualisteaété provoqué par une Loge d'Adeptes, pour employer le terme habituel, ou d occultistes d'une haute élévation, d'hommes vivant dans un corps, mais dont les âmes se sont développées bien au delà du présent stage de l'évolution humaine... Ils adoptèrent un système de manifestations exceptionnelles, se servant des âmes des morts et les associant à leurs efforts de manière adonner au monde la pleine assurance que la mort ne termine pas la vie de l'homme et que l'homme n'est point changé par le passage de la vie à la mort, sauf par la perte de son corps physique. » Il est curieux de voir M'"^ Besant reprendre ici (à cela près qu'elle y fait intervenir les « âmes des morts ») la thèse de la H. B. of L. sur l'origine du spiritisme, et plus curieux encore qu'elle ait pensé la faire accepter par des spirites ; mais poursuivons. « Nous croyons, pour notre part, que le mouvement théosophique actuel doit son impulsion à une Loge de grands occultistes,... et que cette seconde impulsion a été rendue nécessaire par le fait même que l'attention des partisans du premier mouvement était trop complètement attirée par un nombre énorme de phénomènes d'un caractère trivial. Et nous ajoutons que, lorsqu'on projeta la fondation de la Société Théosophique, il était entendu qu'elle devait travailler de concert avec la Société spirite ^ . Les spirites commencèrent à se détacher de M™^ Blavatsky lorsqu'elle s'éleva contre l'abus des phénomènes. Elle assurait qu'il n'était point nécessaire de croire que les âmes des morts fussent les seuls agents de toute manifestation spi-

I. Il convient de faire remarquer que les spirites n'ont jamais formé une « Société », mais qu'ils ont toujours eu une multitude de groupements indépeadaats les uns des autres.

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