‹ Le Thiosulfate d'Or et de Sodium par voie intrapleuraleChapitre 18 sur 29 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Malade du D' Léon-Kindberg).

Chez une jeune femme de 30 ans, un pneumothorax thérapeutique droit était abandonné depuis longtemps, quand on voit apparaître du même côté un épanchement purulent s’accompagnant d’élévation de température et d’altération de l’état général.

Trois ponctions ne donnent aucun résultat : le

= Ai

liquide, riche en B. K., se reproduit rapidement. On fait huit injections intrapleurales de 0 gr. 10 de thiosulfate d’or et de sodium : presque aussitôt on constate une diminution très marquée du liquide

ainsi qu une rétraction et une sclérose pulmonaires

nettes.

OBsERvATION VI (Malade du Dr Léon-Kindberg).

Mlle H..., âgée de 22 ans, est admise dans le service du

professeur Lemierre, le 26 octobre 1927. Il s’agit d’une tuberculose ulcéro-caséeuse ayant envahi l’ensemble du poumon droit, mais prédominant au sommet. Aucune lésion pulmonaire gauche n’est décelée par les examens clinique et radiologique.

Les signes généraux ne sont pas très marqués. On note cependant de l’amaigrissement, de l'anorexie, des sueurs nocturnes, une légère fièvre vespérale. Un examen de crachats montre la présence de bacilles de Koch.

Un pneumothorax artificiel droit est institué le 1er novembre, il se poursuit dans de bonnes conditions. La malade rentre chez elle Le 26 janvier 1998 et revient se faire insuffler toutes les semaines.

Le 31 août 1928, nouveau séjour de deux semaines à l'hôpital: la température se maintient autour de 38°, la toux est plus fréquente, l’asthénie marquée, pas de signes sthétacoustiques. Un nouvel examen de crachats montre la pré-

sence de B. K. La malade quitte le service, encore fé-

brile.

He ser

Brusquement, le 19 novembre, elle est prise de frissons, de céphalée et de vomissements. Elle se plaint d'une violente douleur thoracique plus intense à droite,et de courbature généralisée. La température oscille entre 39° et 4o°, la dyspnée est vive. !

C’est dans cet état que la malade revient dans la salle Louis le 6 novembre. On constate alors la présence d'un épanchement purulent occupant la moitié inférieure de l’hémithorax droit.

Le 18 novembre, on retire 300 cc. d’un liquide épais, riche en bacilles. On le remplace par 100 cc. d'air.

Le 16 décembre, nouvelle ponction de boo cc., on fait ensuite une injection intrapleurale de 10 centigrammes de thiosulfate d’or et de sodium. A la suite de cette injection, la température qui était à 39° tombe à 3706, mais remonte peu après et se remet à osciller entre 380 et 39°.

Les injections sont poursuivies chaque semaine à la dose de o gr. 10.

Le 30 décembre, ponction de 700 ce. Etat stationnaire.

Le rer février, on n'obtient que 250 ce. de pus, on n'y trouve plus de B. K. A partir de ce moment, la température redevient normale et la malade quitte le service.

Le 25 février, dernière ponction de 250 ce. (pas de B. K..). Les injections intrapleurales de thiosulfate ont toujours été

très bien supportées sauf une seule fois où la température

‘est montée le soir même à 40° pour revenir dès le lendemain

à 3902. Nous n'avons injecté les deux fois suivantes que cinq centigrammes, ensuite nous avons repris la dose de dix centigrammes sans aucune autre réaction fébrile,

Actuellement, il persiste à la base droite une petite poche

Ai.

purulente paraissant se résorber. L'état général est très satisfaisant et les derniers examens de crachats sont devenus

négatifs même après homogénéisation,

En résumé, il s’agissait là encore d’un épanchement purulent survenant au cours d’un pneumothorax thérapeutique. On commence les injections intrapleurales de thiosulfate :l’épanchement persiste puis finit peu à peu par se tarir, n'ayant duré en somme que quatre mois. Il n’y a plus maintenant qu'une petite poche de liquide diminuant de volume à chaque examen radiologique. Enfin l’état général est devenu très satisfaisant, les dernières homogénéisations se sont montrées négatives.

OBsEervATION VII

(Malade du Dr Léon-Kindberg).

Il s’agit d’une jeune femme de 28 ans, Mme N..., chez laquelle un pneumothorax thérapeutique est institué en mars 1928 pour une tuberculose ulcéro-caséeuse du poumon droit prédominant au lobe inférieur. À ce moment il existe déjà un léger épanchement pleural séro-fibrineux dans lequel on trouve quelques B. K.

La malade reste fébrile pendant plusieurs mois ; on continue les ponctions-insufflations et au début d'août l’amélioration devient très nette : l'appétit est retrouvé, le poids augmente, la température se maintient à 37°4. ;

Mais en octobre le liquide pleural devient louche, une

us Ye ponction (85o cc.) du 15 novembre le montre franchement purulent. B. K. -.

Dès lors, les ponctions se rapprochent et tous les quinze jours on retire 300 à 400 cc. de pus.

Le 2 février 1929, après avoir retiré 200 cc. de liquide, on injecte dans la plèvre 150 cc. d’air et cinq centigrammes de thiosulfate. La température monte à 4o° le lendemain de l'injection, mais redescent le soir même.

Le r1 février, injection de o gr.o25 de thiosulfate, on n observe aucune réaction. On reprend alors la dose de o gr.o5 chaque semaine, sans incident.

Cependant des signes d'infiltration parenchymateuse commencent à apparaître à gauche. Le 13 mars, on institue un deuxième pneumothorax, tout en poursuivant les injections de thiosulfate à droite.

Deux ponctions (le 4 avril et le 5 maï) ramènent encore 300 et 350 ce. d’un pus très fluide.

A ce jour (15 mai), il persiste une légère nappe de liquide paraissant avoir peu de tendance à augmenter. Il semble qu'il se soit développé à droite un processus de sclérose qui va permettre de poursuivre activement le second pneumo-

thorax.

En résumé, au cours d’un pneumothorax thérapeutique, un épanchement séro-fibrineux devient purulent et nécessite des ponctions rapprochées. Après plusieurs injections intrapleurales de thiosulfate, on voit les ponctions s’espacer, le liquide devenir plus fluide, tandis que dans le poumon se développe un processus de sclérose qui va permettre

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