‹ Le Thiosulfate d'Or et de Sodium par voie intrapleuraleChapitre 20 sur 29 · AD · texte numérisé non relu

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cul-de-sac gauche. On continue le pneumothorax en faisant une insufflation toutes les trois semaines.

Cependant les lésions droites continuent d'évoluer ; l'état général devient mauvais.

Actuellement (15 mai), iln’y a toujours plus de liquide à

gauche mais on trouve de très grosses lésions à droite.

En résumé, chez un malade présentant une tuberculose pulmonaire bilatérale évolutive, un pneumothorax thérapeutique gauche se complique d’un épanchement purulent. Cet épanchement devient rapidement considérable et se reproduit presque aussitôt après la ponction. Des injections intrapleurales d'huile cholestérinée irradiée ne donnent aucun résultat ; on y ajoute alors du thiosulfate d’or et de sodium. Dès la première injection on assiste à une sédation des signes fonctionnels et généraux, et une deuxième ponction ne ramène plus que 600 cc. de pus au lieu de 1 1. 500. Enfin, après la secondeinjection, l’'épanchement s’est complètement tari.

Il semble donc bien que les injections intrapleuraies de thiosulfate aient eu ici une action vraiment favorable sur l’évolution de ce pyopneumothorax. Par contre elles n’ont aucunement entravé le développement des lésions pulmonaires du côté opposé, et ce sont celles-ci qui maintenant conditionnent le pronostic.

OBsERvATION X

(Malade du Dr Léon-Kindberg.)

M. B..., âgé de 34 ans, présente à son entrée dans le service du professeur Lemierre, le 14 août 1928, une tuberculose ulcéro-caséeuse du lobe supérieur droit, s’accompagnant d’une atteinte sérieuse de l’état général, La température se maintient autour de 39 ; l’expectoration, abondante, contient de nombreux bacilles.

Le 21 août, on institue un pneumothorax effectif, mais partiel, le lobe inférieur restant fixé par des adhérences. L'évolution en est favorable mais en octobre apparait, avec reprise de la température et altération de l’état général, un léger épanchement pleural, suspendu à la partie moyenne de l’hémithorax droit.

Le 28 octobre, on retire 200 cc. d'un liquide séro-fibrineux contenant quelques bacilles de Koch. On le remplace par 300 cc. d'air.

Le 5o décembre, ponction de 150 ce., liquide louche (B. K. +). Insufflation : 200 cc.

Le 22 février,on enlève 25 cc. environ d’un liquide hémorragique auquel on substitue 5o cc. d'air et cinq centigrammes de thiosulfate d’or et de sodium. Les injections intrapleurales sont poursuivies à raison de o gr. 05 chaque semaine et ne provoquent aucune réaction.

Le 2 avril : on obtient 150 cc. d’un pus fluide dans lequel on trouve encore des B. K.

Actuellement (15 mai), l’épanchement persiste. L'état général est assez bon, la température régulière. Nous conti-

nuons les injections de thiosulfate.

M. Couallier 4

__ fin résumé, au cours d’un pneumothorax thérapeutique partiel apparaît un léger épanchement 1 pleural suspendu à la partie moyenne de l’hémitho- | rax droit. D'abord séro-fibrineux, il devient puruon lent et ne semble guère influencé par des injections

intrapleurales de thiosulfate.

OBsERvATION XI

(Malade du P7 Villaret et R. Even.)

Le Mine H..., âgée de 27 ans, entre à l'Hôtel-Dieu au début de février 1928, pour une tubercuiose pulmonaire unilatérale gauche à forme ulcéro-caséeuse.

Un pneumothorax thérapeutique est commencé le s 13 février. |

En juin 1928, apparaît ua épauchement séro-fibrineux ,74040 remoutant à la pointe de l’omoplate. Cependant l’état géné- ; ral est bon, il n’y a pas de fièvre. Le poumon est bien com- n primé sauf à la partie toute supérieure où une forte adhé- $ rence empêche l’accollement des parois d’une caverne de la | 25 grandeur ;d’une pièce de cinq francs. Rien à droite. La malade sort de l'hôpital le rt août 1928.

Elle y revient le 25 septembre, amaigrie, fébrile (38°-390) a ; Le poumon estencore assez comprimé sauf la caverne du lobe supérieur. L’épanchement remonte maintenant à l'épine 4 à de l'omoplate et la ponction le montre purulent à formule ; lymphocytaire. On retire 800 cc. de liquide qu’on remplace par 50o ce. d'azote, »0 cc. d'huile cholestérinée irradiée et

o gr. 10 de thiosulfate d’or et de sodium.

Le 7 octobre, l’'épanchement arrive encore à la pointe de l’'omoplate; on fait une nouvelleinjection de 10 centigrammes de thiosulfate.

Le 16 octobre, l’état général est très amélioré, la température est à 3795,38°. L'épanchement n’est plus qu’à 3 centimètres au-dessous de la pointe de l’omoplate :on le ponction (350 cc.) et le remplace par une quantité égale d’azote ; on injecte ensuite 20 cc. d'huile cholestérinée et o gr. 20 de thiosulfate.

Deux nouvelles injections intrapleurales de 20 centigrammes de thiosulfate sont pratiquées à 5 jours d'intervalle.

Le 27 octobre, l’état est stationnaire, la température à 37°,5-380. Il existe toujours une légère expectoration. Le liquide apparaît sur une étendue de 8 centimètres ; il est toujours purulent et à formule lymphocytaire.

Le 13 novembre, on retire 150 cc. de pus, on injecte eusuite 400 cc. d'azote, 4o cc. d’huile cholestérinée et 20 centigrammes de thiosulfate.

Le 18 novembre : état stationnaire, On a encore de ia matité à la base gauché sur trois travers de doigt. Le poumon, sauf la. caverne, est hien comprimé. Rien à droite.

On ne fait plus aucun traitement iocal jusqu'au 13 février 1929. À ce moment, un décollement pleural est réalisé pour rompre l'adhérence qui empêche l’affaiblissement de la caverne.

Le 18 février, cet affaissement paraît réalisé mais incomplètement.

La malade sort de l’hôpitalle 28 février.

En résumé, un épanchement purulent important

LE BNES

vient compliquer un pneumothorax thérapeutique. Après quelques ponctions suivies de l'injection intrapleurale d'huile cholestérinée irradiée et de thiosulfate nous voyons le liquide se reproduire moins rapidement et finir par se tarir presque complètement. Par contre nous n'avons observé aucune

action sur les lésions pulmonaires.

OBsERVATION XII

(Malade du D: Léon-Kindberg.;)

Mme H..., âgée de 22 ans, entre à Bichat, salle Louis, le 8 juin 1927. ù

Admise l’année précédente dans un préventorium, à la suite d'une petite hémoptysie, elle y fit un séjour de trois mois et revint à Paris très améliorée. L'hiver se passa sans incident mais en mai 1927, la malade commence à se sentir fatiguée ; elle maigrit, tousse, et dans ses crachats on trouve des B. K. C’est alors qu’elle décide de se faire hospitaliser.

Il s’agit d’une tuberculose ulcéro-caséeuse ayant envahi la majeure partie du poumon droit mais surtout le lobe inférieur. Le poumon gauche est normal. On décide d'instituer

un pneumothorax artificiel et celui-ci est facilement réalisé

le 13 juin 1927. L'évolution se montre des plus favorables,

la malade quitte le service le 8 août et revient régulièrement

se faire insuffler.

Au début de septembre 1928, la température se met à osciller autour de 380, l’état général s’altère et on constate

la présence d’un épanchement pleural droit: deux ponctions

permettent de retirer 220 ce. d’un liquide séro-fibrineux ne contenant pas de B. K. 4

En novembre, aggravation des signes généraux, la température se maintient entre 389 et 4o°. L’épanchement atteint l'épine de l'omoplate, on le ponctionne et on obtient 400 cc. de liquide purulent (B. K. +;.

Le 11 et le 26 novembre, nouvelles ponctions de 400 .et 500 cc.

Le 7 janvier 1929, après avoir retiré 700 cc. de pus on injecte dans la plèvre dix centigrammes de thiosulfate. Cette injection est renouvelée chaque semaine sans provoquer la moindre réaction.

En février, les signes généraux s’amendent mais l’épanchement persiste.

Le 17 mars, un abcès de la paroi s'ouvre à la peau:il s'écoule 50 ce. d’un pus beaucoup plus épais que celui de la plèvre. Quelques jours après, l’orifice est complètement fermé. |

Le 6 avril, la malade doit être de nouveau hospitalisée : brusquement, elle a été prise de frissons-et a rejeté au milieu de quintes de toux environ 125 ce. de pus. Les jours suivants, l’expectoration persiste très abondante, la température reste étevée, puis, spontanément, tout rentre dans l’ordre.

Actuellement (15 mai), l'épanchement s'étend sur quatre travers de doigt. La fièvre a disparu et la malade com-

mence à reprendre du poids.

En résumé, il s’agit là encore d’un épanchement

purulent survenu au cours d’un pneumothorax thé-

rapeutique. Malgré l'injection de thiosulfate dans la plèvre, le liquide réapparait après chaque ponction et amène une fissure pleuro-bronchique qui se cica-

trise spontanément.

OBsERvATION XIII

(Malade du D: Léon-Kindberg.)

M. B... Jean, âgé de 26 ans, présente à son entrée à l’hôpital Bichat, au début d'août 1927, une infiltration tuberculeuse du lobe supérieur pulmonaire droit. Le poumon gauche est normal, cliniquement et radiologiquement. Un pneumo- . thorax artificiel est proposé au malade qui le refuse et quitte le service.

Cependant il revient quelques jours après, le 26 août, car dans la nuit il a fait une grosse hémoptysie. Le 30 août, on commence un pneumothorax qui donne bientôt d'excellents résultats. La température redevient normale, le poids augmente et le malade quitte l'hôpital le 30 novembre, revenant ensuite chaque semaine se faire insuffler. À

L'évolution se maintient favorable jusqu'en mai 1928. À cette époque survient un épanchement qui bientôt (le 2 juin) nécessite une ponction : on retire 1 litre 300 d’un liquide louche, très fluide, ne contenant pas de B. K. On le remplace par 800 ce. d'air. |

Le 2 juillet, nouvelle ponction de 1 litre, liquide louche.

Le 11 septembre, on retire 300 ce. d'un liquide franchement purulent, contenant des bacilles de Koch.

Le 2 octobre et le 9 décembre, on obtient 1200 et 1100 cc.

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