OBSERVATION LXVI
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En mars 1925, rhume avec légère toux sans expectoration, se prolongeant jusqu’au mois de juin 1925 où le malade fait un épisode infectieux qualifié de grippe, qui le force à s'arrêter de travailler.
A ce moment.il commence à tousser et à cracher; expectoration peu abondante, jamais d’hémoptysie.
La température s'élève à 390-400 pendant 10 jours, puis descend à 380. Le malade se repose alors pendant 3 mois, mais, à son retour. la fièvre et Ia toux persistent. s
I entre à l'hôpital le 12 décembre 1925.
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À son entrée, on trouve un malade pâle, assez amaigri, mais dont la température ne dépasse pas 380. |
Les examens de crachats faits avant son entrée sont restés négatifs. Le 15 décembre, un examen est positif.
Signes physiques. — Submatité en arrière, à droite avec rudesse respiratoire.
Après la toux, on perçoit quelques bulleux fins.
Mêmes signes en avant et à droite.
A gauche, en avant et en arrière, légère submatité avec quelques râles fins et secs, perceptibles après la toux.
Cliché. — Semis de taches discrètement réparties sur la presque totalité du champ pulmonaire gauche, l’extrême base exceptée. Légère densification interlobaire gauche.
A droite,diminution de la transparence du lobe supérieur. Caverne située au-dessous de la clavicule, contre la paroi externe du thorax et. mesurant 4 à 5 centimètres de diamètre.
Période d'observation. — Pendant les trois semaines qui précèdent le début du traitement, la température oscille régulièrement entre 37° et 38°, n'atteignant que rarement cette température. Le poids et l’état général sont sans modifications.
Période de traitement.—Le 4 janvier 1926, 1'e injection de crisalbine de 0 gr. 50; le 11 janvier: 0, gr. 75, le 18 janvier, 1 gr.
Comme le malade maigrit et qu'on trouve,le 23 janvier, des traces d’albumine dans ses urines, les 4€ et 5° injections sont réduites à 0 gr. 75. Le 9 février, il existe encore des traces d’albumine dans les urines.
Pendant toute cette période, les injections n'avaient été suivies d'aucune réaction fébrile.
Les examens des crachats avaient montré, le 8 janvier, des bacilles tuberculeux. Mais, depuis ce moment,5 examens, dont 2 par homogénéisation, les 16, 21, 28 janvier, 3, 9 février, avaient été négatifs.
Période des accidents. Le 14 février, 12 jours après la 5€ injection (dose totale reçue 3 gr. 75),apparition d'une éruption généralisée débutant par les membres inférieurs et se développant de bas en haut.
Son aspect est polymorphe, avec des zones de taches purpuriques, des zones scarlatiniformes, des zones morbilliformes. Cette éruption est très prurigineuse. Enanthème buccal très prononcé, diffus el douloureux. Adénopathies sus-épitrochléennes, axillaires, inguinales.
En même temps se produit une poussée thermique qui se maintient
à 39° pendant 15 jours.
Un examen de crachats, le 20 février, est positif.
Le 28 février, l’éruption commence à desquamer, par larges plaques surtout aux extrêmités.
Le 5 mars, l'érythème est à peu près disparu mais il se développe une pyodermite multiple surtout marquée dans la région cervicale. Les 10 et 12 mars, on ouvre deux abcès : l’un péri-laryngé, l’autre de la gouttière ischio-trochantérienne droite.
Dans les urines, il n’y a plus d’albumine, La fièvre se maintient élevée pendant les mois de mars et d’avril tout en baissant progres-
.sivement et elle atteint la normale seulement en mai.
Pendant toute cette période, la pvodermite évolue en donnant des abeès cutanés multiples.
Deux examens de crachats sont trouvés positifs.
En même temps, l’état général du malade déclinait progressivement et quand on peut le peser de nouveau le 11 mai 1926, on trouve qu'il a perdu 12 kgs. sur son poids d'entrée (19 kgs. au lieu de 61 kgs.). Depuis le mois de mai jusqu'en septembre, à sa sortie, l'amélioration avété constante et progressive. La tempréature est restée normale, le poids a augmenté progressivement (66 kgs. en septembre — 17 kgs. en 5 mois). mais les examens de crachats sont toujours restés positifs depuis.
A sa sortie, le 16 septembre 1926, les signes d’auscultation étaient moins nets qu'à son entrée : disparition des bruits adventices à gauche et diminution à droite.
Pas de modification nette de l'image radiologique.
En résumé, chez un malade de 23 ans, atteint de tuberculose ulcérofibreuse bilatérale évoluant depuis 5 mois, apyrétique à son entrée, un traitement constitué par 5 injections de 0 gr. 75 de crisalbine a amené un état inquiétant avec érythème et prodermite généralisée, et poussée fébrile ayant duré 2 mois.
Le malade a finalement guéri de ces accidents, mais tandis qu'avant le traitement les examens de crachats étaient restés négatifs pendant un mois, ils sont devenus constamiment positifs depuis.
Pour être complet, nous citerons, sans les publier, neuf observalions inutilisables :
Dans deux cas, le malade est décédé au cours du traitement, alors que celui-ci était peu avancé, d’une affection intercurrente (phlegmon de l’amygdale et péricardite avec épanchement).
Dans trois cas, chez des malades fébriles,les doses injectées ont été très faibles (0 gr. 05, ou 0 gr. 10) et les malades sont décédés avant que la dose totale de sel injecté ait atteint un gramme.
Dans les quatre derniers cas, il s’agissait de malades apyrétiques sortis sur leur demande pour des raisons diverses,après un traitement de courte durée, n'ayant en rien modifié leur état.
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