‹ Le Thrombus du Vagin chez les Femmes enceintesChapitre 17 sur 25 · PAT RE · texte numérisé non relu

PAT RE

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D’après les observations que nous avons pu réunir, nous croyons pouvoir conclure que le pronostic de l’hématome vaginal pendant la grossesse est bénin. En effet, il n’y a qu'un seul cas mortel, c’est celui de Causabon, et encore l'issue fatale paraît plutôt due à l’intervention intempestive de la sage-femme, qu’à l'épanchement primitif du sang.

Je crois qu'il faut encore accorder une bénignité spéciale à la variété que M. Budin a le premier décrite en France:

au thrombus pédiculé qui se forme dans les restes de la cloison séparant les canaux de Muller. En effet, ceux-ci n’attei-

gnent jamais un très gros volume, probablement à cause du tissu fibreux assez serré dans lequel l’épanchement se fait, comme le démontre l'examen microscopique, déjà cité, de Grosser. Comme la cause de la mort est presque toujours l’hémorragie, naturellement il n’y à que les gros épanchements qui peuvent donner de l'inquiétude. Le pronostic doit être plus réservé pour un thrombus, dont le sac est déchiré, car alors rien ne s'oppose plus à l’écoulement de sang si on

n’y porte pas remède.

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Cette déchirure du sac est surtout dangereuse si elle est primitive, car alors le sang de la poche n’a pas encore eu le temps de se coaguler pour former tampon sur le ou les vaisseaux ouverts; mais même quand l’ouverture du sac est secondaire au détachement d’une escharre, l’hémorragie

peut avoir lieu.

Un autre danger est l’infection de la poche et de son contenu. La mortification de la paroi est déja un élément prédisposant, et il suffit que le vagin ne soit pas complètement aseptique ou que le doigt de l’accoucheur y apporte

quelques germes pour faire suppurer le thrombus, ce qui,

comme toute autre affection génitale, surtout pendant l’état puerpéral, à une gravité exceptionnelle.

Il y a lieu aussi de s’occuper du pronostic de l’accouchement.

Quand la tumeur se développe pendant le septième ou au commencement du huitième mois de la grossesse, il y a toutes les probabilités qu’elle soit guerie avant l’accouchement. Quand elle n’apparaît qu’à la fin du huitième ou bien pendant le neuvième mois, il faut se rendre compte si, par son volume, sa situation, elle peut être un obstacle à l'accouchement. Le pronostic de l’accouchement ne paraît nullement assombri ; chaque fois que la grossesse est arrivée à terme, l'accouchement s’est fait normalement et facilement.

Dans lobservation de Loviot, le thrombus, qui n’était pas encore complètement résorbé, n’a nullement gêné un accouchement gémellaire. Mais il y a une réserve à faire au point de vue de la continuation de la grossesse.

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