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dans d'autres rôles. Niôbé n'a et ne peut avoir qu'une altitude : ce n'est pas tout à fait suffisant.
Un certain P. G. Tovagliari nous a paru plein de rondeur et de naturel dans le rôle de l'agent d'assurances.
Depuis que ces notes furent écrites, les correspondances de Barcelone nous ont appris que Mme T. Mariani y remportait de très vifs succès.
Le 11 janvier, la Compagnie Tina di Lorenzo- Flavio Andô, dont- les représentations à Gènes tiraient à leur fin, annonça à grand bruit un drame nouveau en deux actes, de l'un de ses comédiens, Libero Pilotto, qui a généralement la spécialité d'écrire des pièces en dialecte vénitien. Ce drame, écrit en italien, intitulé / Figli d'Ercole, les fils d'Hercule, avait vu tout récemment le feu de la rampe à Milan où il avait été fort discuté. Nous allons tâcher de rendre compte de cette première (à Gènes) à laquelle nous avons assisté au Théâtre Paganini.
La duchesse Anna Piedimonte-Ercolani et le duc Gennaro son mari, marqués tous deux par le stigmate d'une dégénérescence physique, ont mis au monde deux enfants : Francesco et Fabiana qui portent dans le monde des signes bien évidents de cette décadence. Le jeune duc est bossu de naissance, et la jeune duchesse atteinte d'une affection cardiaque qui ne pardonne pas. Francesco, lui, accepte cyniquement son infîr-
Libero Pilotto.
Photographie Pio Ridolfî, Bologne.
LA MARIANI-ZAMPIÉRI 165
mité, et trouve encore le moyen de s'en moquer. L'infortunée Fabiana, au contraire, se plaint amèrement de son sort, et en souffre. Elle aime éperdument le marquis Antonio Altavilla. son cousin, un robuste capitaine de cavalerie, et cependant elle sait que le mal inguérissable dont elle souffre l'empêchera de devenir jamais l'épouse aimée.
Le capitaine Altavilla est une àrae généreuse. Il ne veut pas que la malheureuse enfant disparaisse de ce monde sans qu'un rayon de bonheur ait illuminé cette triste existence, et fort courageusement, fortnoblement, demande à la duchesse Anna Ercolani la main de sa fille.
Fabiana, ivre de joie, se jette dans les bras d' Altavilla ; mais cette joie n'est qu'un éclair fugitif, car une paralysie cardiaque la foudroie quelques instants après entre les bras de sa famille au désespoir.
Tel est, dans ses lignes principales, le drame de Libero Pilotto que le public rappela cinq fois à l'avant-scène. L'action en est serrée, rapide, inattendue, dramatique. Mais cette coupe en deux actes est si dangereuse ! Reste à savoir si la pièce aurait gagné en développements ? Je ne le crois pas.
Évidemment, comme on le fit remarquer dans la presse italienne, le thème est ibsénien. Ces
deux jeunes êtres, victimes d'une hérédité pathologique et condamnés dès leur naissance font penser aux héros d'Ibsen et de Zola. Mais il faut rendre cette justice au bon comédien qui s'appelle Pilotto qu'il a su traiter cette question d'une façon toute personnelle, et que le beau caractère d'Altavilla est une trouvaille.
MraePaladini-Andô,danslerôledela Duchesse, Flavio-Andô dans celui d'Altavilla, Pilotto dans le rôle un peu effacé du père, et MUe Emma Gramatica dans celui de la jeune fille, complètent un ensemble parfait et digne de toutes louanges sans restriction.
Cette troupe de haute comédie est décidément l'une des meilleures de toute l'Italie ; plus on la connaît, plus on est à même de l'apprécier, et elle vaut d'autant plus, peut-être, que personne ne s'y élève à une hauteur extraordinaire, que chacun y est bien à sa place, que personne n'y éclipse son voisin, et que la troupe ne se composant en grande partie que d'excellents comédiens, on y obtient des ensembles de tous points parfaits.
Mais où l'on peut juger la valeur d'une Compagnie tout à l'aise, c'est dans le répertoire classique, cette « pierre de touche ». Le 13 janvier, l'on afficha la Locandiera (comédie en 3 actes) de Goldoni. pour le bénéfice de Libero Pilotto,
Mme Tina di Lorcnzo, rôle de la Locandiera. Photographie Sciullo,Gùues.