‹ Le th©©Øtre en ItalieChapitre 2 sur 46 · COMPAGNIE TINA DI LORENZO-FLAVIO A.NDO · texte numérisé non relu

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cipaux personnages des tragédies d'Alfîéri, dont une petite inscription placée tout au Las de la toile, au-dessous de chaque victime, nous rappelle les noms. Que n'a-t-on plutôt désigné cet ensemble sous la dénomination beaucoup plus vraisemblable de Musée des horreurs ?

Revenons à la Compagnie Tina di Lorenzo- Flavio Ando dont le répertoire, je suis bien forcé d'en convenir, est fort peu italien. Je relève le plus fréquemment sur les affiches les noms de la Dame aux Camélias. Advienne Lecouvreur, Denise, Dora, Amants, le Feu au couvent, Bataille de dames, le Remplaçant, la Sœur aînée. Niobé (traduit de l'anglais), Guerre entemps de paix traduit de l'allemand), Froufrou, etc.. avec Mn,e Tina di Lorenzo comme protagoniste dans presque toutes les pièces, bien entendu.

Pour faire connaissance avec la troupe je choisis un premier soir où l'on avait affiché Guerre en temps de pair, pièce traduite de l'allemand et qui, en Italie même, passe pour une vieille reprise. C'est la même pièce qui, traduite en espagnol, il y a quelques années, fit recette à la Comedia de Madrid sous le titre de M Hilares y paisanos (militaires et civils). Mais il en est de cette pièce de G. Moser et F. Schonthan, comme de beaucoup d'autres ouvrages allemands ou autres, qui sont connus partout, en France excepté.

Ce qui m'avait engagé à aller voir cette pièce, c'est que la soirée était annoncée au bénéfice de Libero Pilotto, un comédien fort consciencieux, qui tenait le rôle du riche propriétaire obligé de loger des officiers pendant les grandes manœuvres. Ce brave bourgeois, qui a chez lui sa nièce Ilka, une jolie Hongroise élevée à l'américaine, s'épouvante à l'idée de cette invasion d'épaulettes. Disons de suite que les adaptateurs italiens ont pris le parti très raisonnable de faire passer l'action en Italie et de ne présenter aux yeux du public que des uniformes italiens, qui sont, comme on sait, fort réussis, et de couleurs beaucoup plus vives que les uniformes allemands.

Voici donc le châtelain qui, à force d'intriguer auprès du maire, parvient à recevoir l'assurance qu'il aura à loger le général ; encore le souhaitet-il cacochyme et rhumatisant. Or il se trouve que ce général est un solide gaillard, très bon vivant, empressé auprès des dames, et qu'il traîne à sa suite un brillant état-major composé d'officiers jeunes et séduisants. Raconter maintenant tous les flirts dont cette maison est le théâtre pendant les trois jours de séjour, et cela du haut en bas de l'échelle hiérarchique, cela serait beaucoup trop long; et puis, quoiqu'on dise je suppose que la pièce est archi-

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connue ; enfin ce n'est pas du théâtre italien. Les cinq actes sont amusants, s'écoutent sans efforts ; la mère en permettra l'audition à sa fille, et Mmc Tina di Lorenzo peut s'y faire apprécier dans le rôle de la jeune fille hongroise excentrique. aux côtés de Pilotto, un bon financier-grime, et de V. Talli, un amusant sous-lieutenant.

Le lendemain, 6 octobre, je ne manquai pas d'assister au même théâtre à la première de la Fine d'un idéale {la Fin d'un idéal), de M. A. Butti, comédie en trois actes que les journaux nous annonçaient avec grand fracas depuis quinze jours.

Constatez que je dis à dessein une première, car vous vous rappelez qne l'unité théâtrale n'existant pas en Italie, nous avons expliqué plus haut comment une œuvre dramatique pouvait aussi bien voir pour la première fois le feu de la rampe à Turin. Milan. Venise, Florence, Rome, etc. Et cependant, bien que la pièce de ce soir n'ait jamais été jouée nulle part, l'affiche porte en toutes lettres le nom de l'auteur, et l'on se contente d'annoncer « commedia nuovissima », très nouvelle. Une petite bande collée en travers de l'affiche nous prévient seulement que la comédie a été « mise en scène par l'auteur ».

M. E. A. Butti est connu. en Italie pour ses

paradoxes risqués. UUtopie, comédie donnée il y a trois ans, fut violemment discutée. Aussi le public, fort bien composé, est-il venu ce soir en foule. Son A. I. et R. la princesse Lœtitia, occupe l'avant-scène de droite au rez-de-chaussée.

Mais d'abord, n'en déplaise à M. E. A. Butti. est-ce là une histoire bien nouvelle ? Prenez Monsieur Alphonse, supprimez le rôle de Mmo Guichard qui illumine toute la pièce, faites d'Alphonse un traître de mélodrame avec une figure d'échappé de bagne, et vous aurez le canevas de la pièce de ce soir.

Valeria, jeune fille d'un caractère très indépendant, élevée sans beaucoup de préjugés, a été demandée en mariage, à Bologne, trois ans auparavant, par un brave homme d'ingénieur, Adriano Lovelli. Au lever du rideau, nous sommes à Côme, sur le lac. Valeria vit là, chez son mari, avec sa sœur Ippolita, et deux ou trois parasites. Tout nous fait comprendre, dès les premières scènes, que Valeria est une nature bizarre, indomptable. L'ingénieur, très absorbé dans ses calculs, adore sa femme et ne veut la contrarier en rien.

Une vieille dame anglaise, Annie Simpson, rôle épisodique, vient dans cette maison avec des façons de quakeresse. Elle est chargée d'une

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