LA GIOCONDA DE GABRIELE D AKNUNZIO
sait enfin que celle-ci a une clé et qu'elle y vient chaque jour en maîtresse. Enfin il y a la statue... le Sphinx...
SILVIA SETTALA
Vous lavez vue ?
LORE.NZO G A D (I 1 . après avoir un peu hésite.
Oui, je l'ai vue.
SILVIA SETTALA
Ce fut lui qui vous la montra?
LORE.XZO G A D I) I
Oui, un jour d'octobre dernier. Il venait de la finir.
Un silence.
SILVIA SETTALA. avec la voix qui tremble et qui lui manque.
Elle est merveilleuse; n'est-ce pas? Dites.
LOREN'ZO GADDI Oui,*elle est très belle.
SILVIA SETTALA
Pour l'éternité !
Toute cette première partie où Silvia nous est représentée comme le modèle des épouses souffrant intérieurement de doutes, de craintes, d'angoisses inexprimables au sujet de ce mari qui peut lui échapper encore aussitôt après la convalescence, est rendu par M"1C Duse d'une façon idéale.
Un ami de Lucio, Cosimo Dalbo, revient d'Egypte. Il s'informe du malade. Que n'a-t-il pu, jadis, persuader Lucio de l'accompagner sur les bords du Nil? Mais il était absorbé alors par son travail. Pâle, défait, les yeux agrandis par la souffrance, tel nous apparaît le sculpteur. Il interroge son ami sur son voyage ; celui-ci lui fait de chaudes peintures du désert, du fleuve majestueux, des barques aux grandes voiles latines, des tons surprenants de la lumière que l'on voit là-bas. Lucio veut savoir aussi comment est le Sphinx; mais ce nom seul lui rappelle sa statue, et ce souvenir lui donne la fièvre et lui brûle le sang.
La fin de ce premier acte est bien belle.
Cosimo Dalbo, avant de prendre congé des deux époux reconciliés, leur offre un scarabée rapporté de là-bas et qui passe pour un talisman, et Silvia lui donne une rose, pour sa mère, en échange de l'amulette. Lucio et Silvia sont restés seuls. Ici, nous ne savons plus ce que nous devons plus admirer du talent de la Duse ou de Zacconi.
Ils parlent d'abord de leur petite fille, que l'on entend rire, dans le jardin ; Silvia l'engage à venir passer le printemps à Bocca d'Arno, au bord de la mer, au milieu des pins. Ce serait une vie nouvelle ! Et devant tant de douceur,
si i ne du pr< mil i ai te de la Gioconda.
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