L.V MAISON DE GOLDONM
lointaine espérance ! — alors j'écrirai mon histoire détaillée, et je dirai la vérité, tonte la vérité, rien que la vérité ; mais pour à présent — acqua in //orra — et en avant ! »
— Sur trente-deux millions d'habitants qui
Ermete Novelli rentrant à Venise, chargé de bibel (TirO de l'album Yambo.)
peuplent l'Italie, disait un jour son (ils. qui est un aimable fantaisiste, vingt millions ont échangé quelques mots avec papa, et sur ces vingt millions, au moins sept — ou huit — peut-être ne uf — mettons dix! — l'ont affligé... de manuscrits.
Aussi n'y a-t-il qu'un seul endroit, et encore ! — où Ermete Novelli puisse jouir une ou deux fois par an d'une tranquillité relative. C'est dans sa jolie maison de Venise dont il a su faire un musée. Elle est située sur un canal, non loin de Saint-Marc, et tout y respire une paix solennelle. Dans cette retraite, Novelli ne lit rien, n'écrit rien. Il y reçoit ses amis, affectueusement. Il considère avec amour ses bibelots. Il court dans le jardin, il descend à la cuisine, il remonte sur le toit, il va voir ses plantes, s'impatiente si elles ne poussent pas assez vite. Puis il va taquiner le piano, faire pleurer l'harmonium, causer avec ses perroquets, repasser en revue ses antiquités, voir son puits du xvie siècle, et ne veut rien savoir du reste du monde. Tableaux anciens et modernes, statues, bustes, éventails, miroirs, meubles artistiques, boutons de strass, ornements de sauvages, minéraux, médailles, croix et plats d'or, rapportés de ses incessants voyages, sont là jetés à profusion, comme en désordre, et pourtant disposés avec une science profonde.
Là, vraiment, pendant quelques jours, Ermete Novelli est heureux, en attendant que, Juif errant de l'art, il reprenne ses courses vagabondes à travers le monde.
Nous ne laisserons pas Novelli — pour qui l'on pourrait nous accuser à' emballement —
La partenza