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L' « AMIGO DE TUTI .DEM. CARLO BERTOLAZZI LE THÉÂTRE PIÉMONTAIS

Tentatives modernes du Théâtre Vénitien. — h'Honorable Campodarsego de L. Pilotto. — UAmigo de Tuti de Carlo Bcrtolazzi. — Un auteur milanais qui écrit en dialecte vénitien. — Les dialectes et les types populaires. — Goldoni. Gallina, Labiche. — Compte rendu de la pièce. — Fidèle reproduction d'un café de petite ville. — Sior Alessandro. — Morale amére. — Critique milanaise. — Excellente interprétation : F. Benini. À. Mazzetti, M8 Benini Sambo. A. Dondini Benini, L. Zanon Paladini. — Le Théâtre Piémontais. — Une mystification.

Ne pouvant éternellement jouer de l'ancien répertoire, F. Benini fait appel aux auteurs modernes pour redorer un peu le blason de son théâtre Vénitien. J'ai assisté à quelques-unes de ces tentatives, mais beaucoup ne dépassent pas une bonne moyenne, y compris X Honorable Campodarsego . comédie- vaudeville de Libero Pilotto, où Ion voit un député nouvellement élu quitter un intérieur mesquin et provincial pour venir mener la grande vie à Rome en attendant qu'il y soit relancé par sa famille. Ce sont des choses que l'on connaît par cœur avant de les

avoir vues. Quand enfin un auteur qui jusqu'à présent n'avait pas écrit en dialecte vénitien se hasarda à se présenter au public avec YAmigo de Tuti(YA?ni de tout le monde). Cette fois, comme le vieillard qui assistait à la première représentation des Précieuses ridicules, nous pourrions nous lever sur notre banquette et crier à l'auteur : Bravo ! bravo ! Voilà de la bonne comédie !

Benini nous arrivait de Turin avec la pièce nouvelle et l'on ne se gênait guère pour dire dans les journaux que Y Ami de tout le monde y avait remporté un très vif succès. Pour quiconque connaît Milan, cela voulait dire en toutes lettres : « Attention ! Méfiez-vous ! Il ne s'agit pas d'accepter ici, comme ces Turinais, tout ce que Ton veut nous faire avaler ! » Il n'en fallait pas davantage pour que le Théâtre de la Gommenda refusât du monde au guichet. Le cas se compliquait de ce que le jeune auteur avait précédemment écrit avec succès des pièces en dialecte milanais.

Je sais qu'un pur Français qui lira ces lignes, passablement agacé par la répétition de ces mots : dialectes piémontais, milanais, vénitien, sans parler des autres, finira par fermer le livre en disant :

— Enfin, où veut en venir l'auteur avec ses

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