Ce nom s'écrit Dbow} on transcrit quelquefois OuK
La capitale du Tsang est Chi-ga-tse ou Digarfchi * (4,952 mètres) près du Tsang-ho, sur la rive droite à Textrémité de la vallée du Painom qui est assez large, mais enfermée dans des montagnes escarpées. La population est de neuf mille âmes. Sur la pointe d'un des rochers sl^élève la forteresse avec une garnison de cinq cents hommes ; un peu au sudouest, sur la hauteur, mais dans Une position abritée, Tachiloumpo, résidence du second pontife tibétain. Quatre routes se croisent à Digartchi : Tune se dirige vers le Népal et le Bengale au sud, uiie autre vers le Ladak et le Tibet occidental à Fouest, une troisième vers Lhassa et le Tibet oriental à Test, la quatrième vers le plateau du Tibet et la Mongolie au nord.
Les autres localités remarquables sont Djangla-tché avec un fort et un monastère, au-dessus du Confluent du Raka; le fleuve y devient navigable. Pluii à l'ouest est Tadoum, où il y a un monastère; au siid du fleuve, Dingri-Meidan (ou Tengri-Meidan) où se livra une bataille en 1792, et Sa-skya, célèbre par son monastère.
, La province de Ou a pour capitale Lha-sa {ferre des bons génies), première ville du Tibet et siège du gouvernement central, sur le Ki, affluent de
i, La véritable orthographe et la prononciation de ce nom «ne sont pas bien connues.
gauche du Tsang-bo, à 40 kilomètres de la jonction des deux cours d'eau, dans une plaine longue de 19 kilomètres, large de 41 (3565 mètres). On y cultive l'orge, le blé, les pois, la moutarde et divers légumes, radis, carottes, pommes de terre, haricots, etc. Les vaches, les yaks, les moutons, les poneys, les ânes et les cochons; les poules, les pigeons et les canards y sont en très grand nombre. Deux espèces d'arbres importés (le tchang-ma et le dja-var) se trouvent dans les jardins; les hauteurs environnantes sont dénudées et ne présentent qu'une plante épineuse appelée sia. La ville n'a guère que 4 kilomètres de tour. Au centre est un grand temple entouré de bazars tenus par des indigènes et des étrangers. Car les com^merçants népalais, boutaniens, cachemiriens et chinois y constituent une part assez importante de la population totale estimée à quinze mille âmes, dont neuf mille hommes et six mille femmes. La principale industrie est letissage et la teinture delà laine ; on y fabrique aussi des bâtons à odeur et des écuelles en bois. Dans le centre, les rues sont laides et animées ; les faubourgs sont sales et mal bâtîs. Les maisons sont grandes, mais peu confortables. La multitude des chiens errants est un des fléaux de cette capitale. Elle a une garnison composée de mille Chinois et cinq cents Tibétains armés de fusils à pierre, avec quelques pièces de canon*
â4 LE TIBET
Il y a, aux environs de Lha-sa, de nombreux et riches monastères très peuplés; le premier de tous par le rang, sinon par le nombre de ses habitants, est le Potala, résidence du premier pontife tibétain, le Dalaï Lama, situé sur une hauteur à quinze ou vingt minutes à l'ouest de la ville.
Parmi les autres localités de la province, nous citerons, sur la rive droite du Tsang-bo, Tchotang, à 64 kilomètres de la capitale, aussi grande que Digartchi ; sur la rive gauche Savé, où l'on garde le trésor tibétain, à 56 kilomètres de Lha-sa; plus loin encore vers le nord et à une plus grande distance du fleuve, Guyamda, ville peuplée et commerçante dont les environs fournissent la meilleure rhubarbe. La localité la plus orientale est Chobando, à deux journées de marche de la frontière du Tibet^oriental, avec une garnison de vingt-cinq hommes et deux lamaseries dont Tune possède une imprimerie.
Tibet oriental. Khams, — Le Tibet oriental porte le nom de Khams et est situé à Test de la vallée du Tsang-bo; il est traversé, du nord au sud, par les fleuves de l'Indo-Ghine et de la Chine, et confine à ces deux pays. L'influence chinoise s'y fait sentir à mesure qu'on avance vers l'est, comme l'influence indienne se fait sentir dans le Tibet occidental.
La capitale du Khams est Tsiamdo (ou Tcham-
tou) entre les deux cours d'eau qui se réunissent pour former le Mé-kong, ^l près de leur jonction. Elle est située à deux cent cinquante lieues de Lha-sa; il faut trente-six Jours pour franchir la distance. Les montagnes environnantes sont élevées, là plaine est peu fertile. La ville est grande et vaste ; mais beaucoup de maisons sont en ruines et de terrains inoccupés. Lapopulation nombreuse présente Taspect de la misère. La magnificence du riche monastère établi sur une éminence à l'ouest contraste avec Pétat de déchéance de la ville, gardée par une garnison de trois cents hommes.
Au sud-est, se trouve Djaya avec une garnison dcrvingt-cinq hommes et une importante lamaserie. A Test du fleuve Bleu, Ba-thang (plaine des vaches), dans une plaine ravissante qui donne deux récoltes par an et d'où Ton retire du cuivre et du mercure. La ville, qui a une garnison de trois cents hommes et plusieurs couvents, est iJeuplée et prospère. Au nord-est, et bien plus loin du fleuve, Li-thang (plaine de cuivre) est moins heureusement située et moins riche ; la garnison y est de cent hommes. Le dernier village à Test de Lithang est Ta-tsien-lou, à soixante lieues de cette ville. Là finit le pays tibétain ; mais nous avons déjà dit que toute la région à l'est du Kin-tcha (lé fleuve Bleu) a été soustraite aux autorités tibétaines et soumise directement aux autorités chinoises.
Aussi Félément chinois Ta-t-il fortement envahi.
La route de Lha-sa aux provinces chinoises de Sse-tchuen etde Yun-nan traverse le Khams. Cette route bifurque à Tsiam-do ; une branche se dirige vers le Sse-tchuen, l'autre vers le Yun-nan. La première est de beaucoup la plus suivie ; elle est souvent parcourue par des fonctionnaires et des courriers, indépendamment des caravanes marchandes. Aussi le gouvernement chinois y a-t-il fait établir, de place en place, des relais et des magasins de vivres. Mais la route est dangereuse ; il faut constamment traverser des montagnes couvertes de neige, franchir des précipices sur des ponts de bois souvent branlants et d'une solidité douteuse, côtoyer des abîmes où les animaux et les hommes roulent quelquefois malgré la sûreté du pas des mulets, des ânes et des yaks qui portent les voyageurs et les bagages.
Amdo. — La partie nord du Tibet oriental, qui forme l'extrémité nord-est de tout le pays, porte le nom particulier de Amdo (Khams-mdo) c'est la que se trouve le célèbre monastère de Koun-boum, peuplé de quatre mille moines, où vit le souvenir de Tsong-ka-pa. On y conserve un arbre né, selon la légende, de la chevelure du réformateur, lorsr qu'on la lui coupa à l'âge de sept ans, pour faire de lui un moine. On prétend que chaque feuille de cet arbre porte l'image d'une lettre tibétaine.
Hue assure avoir constaté la réalité du fait. On dit que le nom de Koun-boum (qui signifierait ce cent mille images ») vient précisément de cette prétendue curiosité ; mais on interprète aussi ce nom d'une autre manière.
Contrées limitrophes. Boutan, Népal^ Sikkim.
— Nous avons dit que les régions extrêmes du Tibet ont été réunies celles de TOuest à Flnde, celles de TEst à la Chine. Nous ne parlerons pas de la frontière du Nord parce qu'elle est trop indécise ; mais nous devons dire quelques mots de la frontière méridionale. Entre cette frontière et l'Inde, il y a comme un bourrelet de populations plus ou moins indépendantes, et plus ou moins apparentées avec les Tibétains qui leur donnent en général la qualification de Mon,
Du 78" au 91* de longitude orientale, cette frontière est occupée par les trois États himâlayens de Boutan à l'est, Népal à l'ouest, et Sikkim, enserré entre les deux, du 88® au 89°. A l'est du Boutan, il n'y a que des peuplades sauvages et indomptées. A l'ouest du Népal jusqu'au cachemire, la frontière anglo-indienne est formée par les provinces de Kamaon, Garhwal, Lahoul, Spiti, devenues parties intégrantes de l'empire britannique, mais généralement tibétaines de race et de langue.
Des trois États cités plus haut^ le Boutan, dont
Pounakha est la capitale en hiver et Tassissoudon en été, est celui qui a la plus grande analogie avec le Tibet, par son nom, sa race, sa langue : c'est presque un appendice du Tibet. On y trouve le Tchamalhari qui s'élève à une hauteur de 7,297 mètres. C'est dans le Népal que se voit la plus grande sommité de THimàlaya, le Gaurisankara (8,840 mètres) * ; le Dhavalaguiri n'a que 8,176 mètres. La capitale du pays est Kathmandou (1,330 mètres). Plusieurs races sont en présence au Népal : la plus nombreuse parmi les indigènes est celle des Nevars qui ne sont pas des Tibétains, mais ont plus d'affinité avec eux que les Gorkhas de race hindoue, devenus maîtres du pays par conquête vers le milieu du xviii* siècle. C'est au Népal que se sont conservés, au moins en partie, les originaux indiens dont les livres religieux du Tibet ne sont que la traduction. Quant au Sikkim, la principale race de ce petit pays, appelée Leptcha, n'est pas tibétaine ; du moins, elle a une langue et une écriture à elle, le rong. L'influence du Tibet y est néanmoins très grande, et la ville de Dardjiling (2,184 mètres), située dans la portion du pays que les Anglais ont réunie à leur empire, porte un nom tibétain.
1. CoDDU aussi sous le nom de mont Everest. C'est la plus haute cime du globe.