LE MILIEU
Résumé historique ©t démographique
Draguignan, ancienne bourgade exclusivement agricole. — Sa transformation aux xiii® et XVIe siècles par son érection EN CHEF-LIEU DE VIGUERIE d’aBORD, DE SÉNÉCHAUSSÉE ENSUITE. — La VILLE DEVIENT MI-PARTi E AGRICOLE ET JUDI¬ CIAIRE. — Fluctuations de sa population. — Décadence
ET RELÈVEMENT AUX XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES.
Draguignan, actuellement chef-lieu de département, que nous avons choisi comme sujet d'étude, est, aussi loin qu’on remonte son passé médiéval, un castrum ou lieu fortifié compris dans la catégorie privilégiée des terres du domaine comtal, c’est-àdire qu’il relève directement du souverain du pays, le comte de Provence. Inférieur aux civitates au point de vue du prestige de l’ancienneté et du rang dans la hiérarchie, il leur est supérieur par les conditions d’indépendance de ses habitants. Le comte l’avait-il toujours possédé sans partage, ou bien, étant le principal seigneur, n’aurait-il pas éteint et réuni peu à peu à la sienne les juridictions d’un certain nombre de seigneuries partielles? A l’appui de cette dernière hypothèse on pourrait invo-
quer l’existence encore dans le premier tiers du XIVe siècle de coseigneuries participant au produit des amendes judiciaires, vestige, semble-t-il, d’un ancien droit de juridiction (1). Mais, dès les premières années du XIIIe tout au moins, le souverain seul y exerce la justice de même que le pouvoir politique, militaire et administratif, l’une par son juge, l’autre par son viguier et capitaine. Enfin, sauf certaines tenures emphytéotiques, toutes les possessions y jouissent du privilège très envié du franc-alleu (2). Draguignan est donc et restera jusqu’à la fin de l’ancien régime dans une situation favorisée par rapport aux localités en puissance de seigneur, même aux cités épiscopales. C’est une ville royale, autrement dit, une ville libre.
D’autres causes économiques et historiques contribuèrent à son modeste développement ; nous indiquerons les principales : la salubrité de son climat agréablement tempéré, les productions de son sol, la fertilité relative d’une portion de sa vallée et surtout de ses coteaux de toute ancienneté boisés d’oliviers; enfin les avantages de sa position intermédiaire entre la haute et la basse Provence et de sa situation topographique au centre d’une région des plus variées, largement baignée par la mer et qui forme en quelque sorte le noyau territorial du département du Var.
Ce fut d’abord et durant de longs siècles une minuscule*bour-
(1) « En 1332, on voit à Draguignan des coseigneurs percevant deux parts des condamnations sur leurs hommes... » (Camille Arnaud, Hist. de la vig. de Forcalquier, I, 122).
(2) Le franc-alleu “ est un héritage exempt de tous droits seigneuriaux et qui ne reconnoît aucun seigneur ” (Ferrière, Dictionnaire de droit et de pratique).
gade, resserrée sur le petit plateau d’un ancien et très probable oppidum ligure, au carrefour de deux voies de communication secondaires mais non sans trafic, de Fréjus à Riez et d’Aix à Grasse avec bifurcation commune sur Castellane. N’avait-il pas été YAnteis des itinéraires romains ? (1). Après l’expulsion des Sarrasins (fin Xe siècle), il dut bénéficier de l’insécurité de la côte et servir de refuge aux populations maritimes pour longtemps terrorisées et sous la menace permanente de nouvelles incursions. Mais il n’avait pas cessé d’être une agglomération exclusivement agricole lorsqu’un premier évènement, considérable par ses conséquences, quoique peu remarqué jusqu’ici, changea tout-à-coup le cours de ses destinées et en élargit sensiblement l’horizon.
En 1203, le comte de Provence y transféra, de Fréjus, trop excentrique, miné par la fièvre paludéenne et sans cesse exposé à un coup de main des infidèles, le siège des pouvoirs publics dont l’antique cité était restée en possession (2). Elevé au rang de chef-lieu de viguerie et de la plus grande viguerie de Provence, Draguignan devint le centre officiel de la région, centre juridique surtout où accouraient journellement les nombreux justiciables de sa cour jugeant en première instance et en appel.
(1) Plus probablement, à notre humble avis, que S'-Hermentaire, à cause de l’absence d’eau potable sur ce point et de la difficulté de le relier directement au pont dit des Romains, à travers une plaine trop facilement submergée, où d’ailleurs ne subsiste pas le moindre vestige de voie antique.
(2) Alphonse II; cf. chan. Albanès, Gallia novissima, 347 ; clian. Espitalier, Les Evêques de Fréjus du XII L siècle...; arch. dép., E. 2; arch. dép. des B.-du-Rhône, B. 1500. Voir Notes et pièces justificatives, IV.
Il en résulta plus de mouvement en sa petite enceinte et d’activité dans ses industries. En outre, la colonie fréjusienne, assez importante numériquement, on va le voir, pour former deux groupes sociaux, infusa en ses veines populaires du sang nouveau et moins plébéien. Bien plus que l’ordre des milites, fort peu nombreux ou ne résidant pas, cette catégorie de fonctionnaires — on disait d’officiers royaux — d’hommes de loi et d’affaires, très agissants de caractère et plus influents que jamais par la supériorité du savoir et l’utilité des services, constitua, avec les favorisés de la fortune, le premier embryon de son aristocratie.
Le jurisperitus ou le causidicus, c’est-à-dire le jurisconsulte et l’avocat plaidant, alors distincts, fourniront notamment à la communauté l’un de ses deux syndics annuels. On prendra l’autre parmi les marchands, les artisans ou les laboureurs. Un homme de loi encore sera, en qualité d’assesseur, la lumière juridique des assemblées municipales.
A défaut de documents statistiques, qu’il est inutile de demander à la moins paperassière des époques, quelques délibérations communales, provoquées par des questions d’impôts, indiquent, d’une façon plus ou moins précise, la composition de la population.
En 1378 on la divise en sept catégories : 1° avocats ; 2° notaires et procureurs ; 3° marchands ; 4° pupilles ou héritiers indivis encore mineurs, “ lier éditâtes ” ; 5° bouchers; 6° artisans; 7° journaliers, “ logaterii ” (1).
En 1407, les catégories sont différentes, quoique égales en nombre. Mais, la représentation de chacune d’elles varie
(1) Arch. clcs., BB. 4, f" 168 v°. Voir Notes et pièces justificatives, V.
selon son importance. C’est plus conforme à l’équité et à l’esprit démocratique. Deux membres aux notaires, autant aux cordonniers (fabriquant en même temps le cuir) (1), aux marchands, aux laboureurs, aux bouchers, aux tisseurs et tisserands (2) et quatre aux paysans, “ fossoribus, alias brasseriis ”, placés en première ligne {‘S).
Ceux-ci représentent donc en nombre le double de la profession la plus répandue. Si l’on y ajoute les laboureurs, on voit que la classe agricole, qui ne compte pas moins de six délégués en tout sur seize, constitue les 3/8 de la population.
C’est par elle et grâce sinon à la bonne exploitation, du moins à la valeur des produits du sol que la ville atteint au XVe siècle un degré de prospérité exceptionnel. L’affouageinent de 1471, ou estimation de la fortune territoriale, la classe 1 1 unités 1/2 au dessus d’Hyères, 20 au-dessus de Fréjus, 36 au-dessus de Toulon, etc... et de pair avec Grasse, la riche cité (4). Vers la fin du siècle, on constate qu’elle a beaucoup augmenté en habibitants et en revenus et qu’elle augmente tous les jours (5).
Le second évènement, en quelque sorte corollaire du précédent et d’une influence plus décisive sur son avenir, fut l’établissement en 1535, par le roi François Ier, de la première et non de la moins grande des cinq sénéchaussées érigées en Provence. Celui-ci nous éleva d’un degré dans la hiérarchie
()) Voir Notes et pièces justificatives, VI.
(2) Voir ibicl. id. Vil.
(3) Arch. c"s, BB. 5, f° 86.
(i) Voir Le jeu dans l’ancienne Provence, communication à la Société d’Etudcs, t. XXI, p. XXX.
(5) Voir Notes et pièces justificatives, VIII.
judiciaire et nous plaça désormais, avec les autres chefs-lieux, au second rang immédiatement au-dessous d’Aix, la capitale parlementaire et provinciale, dotée d’un siège général. Il fut suivi d’un accroissement notable d’habitants, doublement intéressant par la quantité et la qualité des personnes. En ouvrant aux vocations et aux aptitudes des carrières nouvelles, en même temps qu’à l’emploi de l’épargne un débouché par la mise en vente des offices, la création de la juridiction du sénéchal orienta vers un but plus élevé l’ambition des familles aisées à Draguignan et dans la région. La direction et l’influence passèrent aux hommes de robe, et l’ancienne bourgeoisie de petits propriétaires dut céder le pas à une élite, autrement instruite et considérée, de magistrats et de légistes. Le caractère, les mœurs, la physionomie de la ville en furent changés. Par le mélange de sa population, le chef-lieu de la sénéchaussée devint un centre mixte, mi-partie agricole et judiciaire, avec tendance de l’élément judiciaire à prédominer. Les avocats de Draguignan, disait-on ironiquement dans le ressort pour railler notre suprématie jalousée et parfois gênante ! “ Trop de gens d’écritoire ”, nous décochait, à son tour, dans un accès de mauvaise humeur, un prélat du XVIIIe siècle, caustique et ennuyé (1). Et nous pouvions nous reconnaître dans l’une et l’autre de ces boutades.
Le personnel des officiers de justice fut presque insignifiant au début, le gouvernement, alors très économe, l’ayant réduit au strict nécessaire : un lieutenant ou deux d’abord et deux gens du Roi, plus tard quatre conseillers en plus (2).
(1) Du Bellay, évêque de Fréjus, cf. Les rues do Draguignan, journal Le Var, 19 janvier 1902.
(2) Invent. som. des arch. dèp.. Séries A-B., /., Introduction, XXI.
Mais autour de ce petit noyau ce fut une légion d’avocats, de procureurs, de greffiers, de praticiens, de basochiens, de clercs. Rien que pour les procureurs, il n’avait pas été créé moins de 28 offices. En même temps affluaient les gens de métier, bouchers, boulangers, rôtisseurs, pâtissiers, couturiers, charcutiers, cordonniers, chapeliers, bordeurs, merciers, passementiers, gantiers, libraires et tous les ouvriers du bâtiment — car le bâtiment alla bientôt bon train. Le castrum du moyen-âge, qui, dès la fin du XVe siècle, avait déjà brisé son étroite ceinture de remparts, s’agrandit de faubourgs aérés (Observance et Grand’rue) ; on bâtit des logements moins étriqués, plus en rapport avec les besoins et les exigences des nouveaux habitants. Un gentilhomme du voisinage, Antoine de Villeneuve, baron des Arcs, racontait en 1568 qu'il s’était “ toujours esbay ” d’avoir vu la ville “ grandement augmentée de gens et de maysons despuis l’an [mil] cinq cent trente-cinq. . .” (1).
Les pertes énormes, invraisemblables, causées par la grande peste de 1522 qui, au dire d’un contemporain sérieux, n’y aurait pas moissonné moins de 4.000 victimes “ ad minus ”(2), avaient été peu à peu largement réparées. Mais, hélas ! en 1587, une nouvelle et non moins meurtrière invasion du terrible fléau, due aux néfastes conseils d’un empirique, pratiqua dans ses rangs des coupes sombres qui nous appauvrirent pour longtemps. Le chiffre des baptêmes, de 335 en 1586, tombe en 1587 à 162, pour remonter un moment, en 1588, à 378 et se traîner ensuite
(1) Procès-verbal d’enquête sur l’établissement de la dernière
enceinte, 15G8 (Arch. c'es, AA. I, f“ 129 v°).
fi) Arch. dép1 * *'5, E, Etienne Ratêlis, nre, 1519 1522, 0*293 v°.
à 276, 251, 164, etc. (1). S’il fallait en croire les récits de la tradition, souvent grossis jusqu’à l’hyperbole lorsqu’ils ne sont pas fantaisistes, certaines industries locales ne se seraient jamais relevées de cette dépopulation considérable. La ville “ estoit infiniment plus peuplée vers le milieu du XVIe siècle, écrivait un anonyme sous Louis XV ou Louis XVI, le commerce y fleurissait, et une vieille femme me disoit, il y a longtemps, que son grand-père lui avoit dit qu’il y avoit cinq-cents cardeurs fabriquant les étoffes, des faiseurs de peignes de buis (pinchiniers). Depuis lors la ville ne fut jamais peuplée comme étoit. . . Il est sûr, par des mémoires que j’ai vu, qu’il devoit y avoir de 8 à 9.000 âmes ” (2).
Si le chiffre de 500 cardeurs est plus que suspect, que faut-il penser de celui des habitants ? Il est sensiblement inférieur, nous le reconnaissons, à certains autres d’une exagération trop manifeste ou même légèrement ridicule, ce qui serait plutôt pour lui donner quelque crédit. Draguignan est une ville de 12.000 âmes, avançait-on, en effet, au conseil communal en 1661. Moins de 15 ans après, ces 12.000 âmes avaient presque doublé, et en 1672-1676, la paroisse aurait compté 20.000 âmes (3).
Les illusions de l’amour-propre local et l’imagination d’un avocat, renchérissant encore pour les besoins de sa cause, avaient seules fait les frais de ces façons de statistique au jugé.
Les tables de la mortalité, déjà invoquées, vont nous fournir, dès la fin du XVIe siècle, une base d’évaluation plus solide.
(1) Cf. les actes paroissiaux, GG. 1-28 (arch. clts).
(2) Note trouvée dans les papiers du chan. Audibert. (Archives de la famille Gavot-Muraire).
(3) R. Poulie, Hist. de l’église par., 298.
Le XVIIe y ajoutera le témoignage de documents officiels désintéressés, dignes dès lors de quelque confiance.
De 1570 à 1587, la moyenne annuelle des naissances s’élève, sauf erreur, à 337, 5. Ce chiffre, multiplié par le coefficient 26 qu’ont adopté quelques démographes, donnerait exactement 8.775 habitants (1).
En 1640, la population est portée dans un document administratif à 9.000 âmes en nombre rond, avec une moyenne de 313.46 naissances seulement (2).
Enfin en 1670, lorsque cette moyenne est descendue à 280.28, la population atteint 9.737 habitants, chiffre dont la précision ferait supposer un dénombrement par tête (3).
Cette coïncidence de l’augmentation du nombre des habitanls avec la diminution progressive des naissances semble ne pouvoir s'expliquer que par une prolongation sensible de la durée de la vie, due à une amélioration dans les conditions matérielles et surtout à l’absence d’épidémies.
La population dracénoise, sous l’ancien régime, ne paraît jamais avoir été plus forte qu’au milieu du XVIIe siècle, et le
(1) Notamment Esmieu, Not. hist. de la ville des Mècs, p. 179; de France, lecture au congrès des sociétés savantes 1885. (Bulletin histor. du Comité, 1885, n° 2, p. 115).
(2) Arch. dép1 2 3 *'5, C. 110.
Eu 1640, l’évèque Camelin communie à Draguignan plus de 7.000 personnes (Semaine religieuse du diocèse de Fréjus, avril 1882, n° 17).
En ajoutant le quart pour les enfants âgés de moins de 12 ans, soit 1730, on a 8750, chiffre minimum.
(3) Mémoire instructif de la communauté de Draguignan, imprimé
in-4° de 4 p. sans lieu ni date (1721 ?). (Arch. c'es, CC. 50).
Au sujet de la fluctuation de la population “ M. Laugier (subdélégué général), y est-il dit, a recueilli les preuves de ce qu’on allègue”.
chiffre de 9.737, s’il est exact, exprimerait le maximum atteint. Ce maximum est encore élevé, comparé à celui des autres centres et en tenant compte des atteintes graves qu’avaient portées à la prospérité locale, les amputations successives opérées dans le ressort primitif de la Sénéchaussée par la création des sièges d’Hyères (1544), Carcès (1571), Grasse (1574), Brignoles (1575- 1578) et Castellane (1639-1640).
Rapide et effrayante fut la décadence. En 1690, on ne comptait plus que 1340 chefs de famille, c’est-à-dire de 6.700 à 8.040 habitants, selon que l’on multiplie par 5 ou 6, nombre moyen de têtes par famille; 150 maisons avaient été abattues et un grand nombre de boutiques restaient fermées.
La dépopulation augmenta surtout aux dernières années du XVIIe siècle et au commencement du XVIIIe (1696-1721). 218 familles émigrèrent, ce qui réduisit les habitants au minimum invraisemblable de 3.500 (1).
Les municipalités de l’époque, intéressées peut-être à noircir le tableau, y voient un effet de l’exagération de l’impôt, dont le taux excessif avait cessé d’être en rapport avec le revenu réel de la terre. Il en résulta l’abandon de la portion la plus ingrate du territoire, sans que, pour cela, les meilleurs fonds fussent mieux tenus.
“ Le terroir, disaient les commissaires délégués aux opérations du réaffouagement en 1698, est très beau, la plaine. . . très
(1) Cf. Mémoire instructif précité et verbal de 1731 ( ibid ).
7 ans après, en 1728, on accusait 1.208 chefs de famille, ce qui, à 4 ou 5 membres par famille seulement, donnerait de 4.824 à 6.010 (Ibid. id).
Une si prompte et si forte augmentation est peu probable et rend très suspect le chiffre de 3.500
fertile et presque toute arrosable (??) et les collines sont agrégées, la plupart, de beaux oliviers et arbres fruitiers. Mais le tout est très mal cultivé et mal entretenu, et une partie du terroir abandonnée et inculte (1).
La désastreuse mortalité des oliviers tués par le froid de 1709, s’ajoutant aux ravages de l’invasion savoisienne, porta le dernier coup à la fortune publique, en tarissant pour de longues années la principale source du revenu territorial. La totalité des biens, estimée en 1691, 960.000 1., en 1703, 950.846 1., tomba en 1710 à 768.555 1. (2).
La situation ne s’améliora que lorsque, grâce à d'actives et très pressantes démarches, à l’inlassable dévouement de ses administrateurs constamment sur la route d’Aix, la ville eut obtenu de la Province d’être imposée sur une base plus en harmonie avec la diminution considérable de son revenu réel. La réforme fiscale, réalisée en 1746, ne tarda pas à porter ses fruits (3). Malgré une seconde et encore plus ruineuse invasion (1746-1747), en 1765 on n’est pas médiocrement surpris de voir la population, régulièrement recensée pour la première fois en vertu d’une mesure générale, rebondir avec une merveilleuse élasticité au chiffre de 5.179 (4). Ce prompt et très remarquable relèvement témoigne d’une ère nouvelle de prospérité qui a laissé plus d’une trace dans les archives. “ Nous avons la satisfaction, proclamait en 1785 le futur premier président Muraire,
(1) Rapport des commissaires députés pour le réaffouagcment. (Arch. c1 2 3 4”, CC. 50).
(2) Ibid. id.
(3) Voir Notes et pièces justificatives, IX.
(4) Arch. c',s, II, 6.
alors maire de la cité, de voir le commerce s’accroître dans notre ville et y devenir plus actif” (1). Le progrès ne fit que s’accentuer pendant la période de paix des années extrêmes de la monarchie, au point que nous atteignions, en 1791, 6.247 habitants et, en 1793, 8.000, chiffre rond, peut-être approximatif (2). En moins de trois quarts de siècle, la population aurait plus que doublé.
Au moment de la Révolution, la ville était encore le chef-lieu d’une des plus grandes sénéchaussées de Provence et de la première viguerie après celle d’Aix, supérieure de plus 17.000 âmes aux vigueries les plus peuplées, Toulon, Apt, Tarascon pt Grasse (3).
(1) Arch. cles, B B. 49, fJ 189.
(2) Arch. dép1 2 3 *''5, L. 1149 et 1674
(3) On sait que Marseille, Arles et toute la catégorie dos terres
dites adjacentes restaient en dehors des circonscriptions des vigueries.
Voir Notes et pièces justificatives, X.