Rainaud-Baudon
Pour une race de paysans, voici une race de vrais et bien incontestables paysans, non plus travaillant leur bien, mais réduits à louer leurs œuvres le matin sur la place publique, des travailleurs ou vignerons, disent les textes, dès lors de la dernière condition sociale.
Jean Rainaud-Baudon fut-il favorisé de quelque avantage, ou était-ce simplement un de ces laborieux acharnés comme nous en avons encore connus, faisant double journée et gagnant double salaire ? Toujours est-il que nous le voyons en très peu de temps s’arrondir au cadastre de quatre ou cinq pièces (1).
(1) Arch. c"1, CC. 39, f” 551 v* et 558.
Comment de cette souche de vignerons — soit dit sans jeu de mots — put sortir, sous Louis XV, un bourgeois de Paris, car tel est le titre que prend César dans les actes publics, nous donnant au surplus son adresse : dans l’enclos de S^Germain des Prés ? Le secret de sa destinée nous échappe complètement. Ce fut sans doute un homme avisé, dur à la peine, ayant su exploiter dans la capitale quelque veine heureuse, dans tous les cas y ayant pleinement et rapidement réussi, en dépit ou peut-être à cause de ses origines et de sa dure préparation aux luttes de l’existence. Si nous l’avons exactement identifié, en 1779 il aurait eu à peine 34 ans.
Le dracénois déraciné aliéna en 1776 sa maison patrimoniale de la rue des “ Peyroliers ” et, à partir de ce moment, nous perdons complètement sa trace.