‹ Le tirage des épreuves en photographieChapitre 32 sur 63 · ICTUDE DES EFFETS DE NEIGE · texte numérisé non relu

ICTUDE DES EFFETS DE NEIGE

Le train qui vient (Phototype de l’auteur).

DÉVELOPPEMENT ET FIXAGE.

constitué normalement, sans eau, soit 5 centimètres cubes de F et 2 centimètres cubes de A (exact 1,7), et dans un antre godet nous mettons 10 centimètres cubes d’eau et II à III gouttes d’une solution de bromure de potassium au 1/10% ou bien simplement une solution très forte d’eau sucrée : un sirop simple. Un troisième godet contiendra de l’eau pure.

A chacun de ces godets, nous affecterons plusieurs pinceaux en petit gris, de grosseurs différentes. Un linge fin et propre sera à notre portée pour les essuyer, et aussi le robinet d’eau, ou à son défaut un broc bien rempli.

Ces préparatifs faits, voici comme nous procéderons, à la lumière jaune autant que possible, pour y voir mieux.

D’autant que nous ferons bien d’avoir, sous les yeux, une épreuve positive quelconque de l’image que nous avons à développer, afin d’être mieux guidés dans notre travail.

Notre feuille de papier, dûment impressionnée, est mise dans une cuvette de faïence à fond plan, contenant de l’eau claire. Au bout de deux à trois minutes, lorsqu’elle est bien ramollie on rejette l’eau, et l’on verse dessus et d’un seul coup le contenu du verre gradué. On balance la cuvette. L’image paraît. Quand elle est à 'peu près dessinée dans toutes ses parties, on verse le développateur dans le verre gradué, et l’on remplit vivement la cuvette d’eau. Si l’on dispose d’un robinet, on le fait jaillir sur l’image. Ce qu’il importe, c’est de la bien débarrasser de développateur.

Toujours gardant l’épreuve au fond de la cuvette, on l’égoutte bien, et l’on place la cuvette en plan incliné, l’appuyant sur un corps dur quelconque. S’inspirant alors de l’épreuve que l’on a devant soi, on touche avec un pinceau, trempé dans le godet au développateur complet, toutes les parties qu’on désire plus accentuées que dans le négatif et avec un pinceau trempé dans le godet au bromure ou à l’eau sucrée, toutes celles que l’on voudraitmoins accentuées. Après chaque touche^ le 'pinceau sera soigneusement lavé et essmjé.

Si, par hasard, on voyait le liquide mis par le pinceau s’étaler trop, on pourrait additionner le contenu des godets de quelques centimètres cubes de glycérine. Elle arrêterait, dans une bonne mesure, la diffusion du liquide.

Quand les touches sont faites, sans lai^er ï épreuve^ onpro-

jette dessus, à nouveau, le contenu du verre gradué. Le développement général continue. Si Ton voit que l’on n’a pas agi suffisamment sur telle ou telle partie, on verse le développateur dans le verre gradué, on lave à fond, et on manie les pinceaux. Cette manœuvre peut être menée très longtemps. L’épreuve étant bien débarrassée de développateur on n’a pas à redouter le jaunissement des blancs. Au reste, il est en tous points préférable d’agir par petites actions successives, que d’agir brutalement et en une fois.

Quand l’épreuve est achevée, on la lave et on la fixe.

254. — Il arrive le plus souvent que l’image présente des tonalités différentes, plus accentuées généralement encore avec l’emploi du bromure qu’avec celui d’un sirop de sucre. Dans ce cas, il devient nécessaire d’unifier les tons. Pour y atteindre, on fait blanchir l’image, une fois qu’elle a été fixée, lavée et séchée, dans une solution de bichlorure de mercure :

Eau distillée 100 cm^.

Bichlorure de mercure 3 gr.

Sel de cuisine 6 gr.

On lave abondamment après blanchiment et l’on plonge dans une solution à 7 p. 100 de sulfite de sodium anhydre que l’on peut, ou non acidifier avec quelques gouttes d’acide acétique. L’image réapparaît en un beau noir violacé. On lave et l’on sèche. Est-elle aussi stable? Je n’en voudrais point jurer. Cependant le sulfure de mercure noir, qui entre dans sa composition, est très stable, et du moment que l’hyposulfite du fixage a été éliminé à fond et que l’épreuve ne subit pas l’humidité, je ne vois pas de raison d’altération. J’ai, depuis cinq ans, dans la grande lumière de mon atelier, des épreuves traitées ainsi. Elles n’ont pas subi la plus petite modification, ainsi que le révèlent les témoins gardés sous le cadre.

Il en irait tout autrement, et cela notez-le, si le noircissement de l’image blanchie s’effectuait avec une solution ammoniacale. L’image peut durer assez longtemps ou disparaître rapidement. On ne sait jamais. J’en ai vu qui, au grand jour de l’atelier, duraient quelques mois à peine.

Il va de soi que si les papiers au gélatino-bromure

DEVELOPPEMENT ET FIXAGE.

d’argent rapides permettent l’intervention de l’artiste dans le développement, les papiers au gélatino-bromure lents le permettent également. L’artiste aura même, en ce cas, beaucoup plus de sécurité dans son travail, puisqu’il opère sans interposition de verres colorés devant sa lumière. Le procédé est exactement le même que dans le travail précédent. Je conseille d’user plutôt toujours d’un sirop de sucre que de bromure de potassium. Quoi qu’on fasse, le bromure fait tendre les noirs au verdâtre.

255. — Lorsque les épreuves au gélatino-bromure sont développées on les rince pour les débarrasser de l’excès de développateur et on les plonge dans un bain d’hyposulfite de sodium à 15 ou 20 p. 100 additionné de bisulfite de sodium. Comme on ne peut suivre la débromuration, en dehors du déjaunissement, très rapide d’ailleurs, de la couche, il est bon de laisser les épreuves séjourner une dizaine de minutes au moins dans le fixage. Pour ma part, j’emploie toujours deux bains de fixage successifs, comme pour les plaques et pour les mêmes raisons (1). En laissant l’épreuve dix minutes dans chaque bain, je suis absolument certain d’une parfaite débromuration. On lave et l’on sèche.

256. — Avec les papiers au gélatino-bromure il se produit quelquefois des ampoules soit dans le premier lavage, soit dans le fixage, soit dans le second lavage. Cela provient, le plus souvent, de la très grande différence de densité de ces divers bains. Il sera donc d’une bonne pratique que le premier lavage s’effectue dans de l’eau salée. Quant au second lavage, l’épreuve sortant de l’hyposulfite sera plongée également dans une cuvette d’eau salée, que l’on mettra sous un robinet. On laissera couler l’eau doucement de façon que l’eau pure se substitue lentement à l’eau salée. Avec ces précautions on pourra le plus souvent éviter les ampoules; cependant quand elles existent on prend, pour les faire disparaître, une aiguille très fine et l’on perce le papier au centre de l’ampoule par l’envers de l’image. L’ampoule se dégonfle aussitôt, mais si l’on a fait usage d’un papier mat, il arrive qu’au séchage l’ampoule, quoique raplatie, présente sur la couche une surface brillante.

(q Voir mon ouvrage : Le Développement en Photographie.

L’épreuve n’en est cependant pas irrémédiablement perdue, car on peut, dans ce cas, amener le dépoli de la partie brillante au ton mat de Tépreuve, soit en la frottant doucement avec de la poudre d’os de seiche très fine, soit ce qui me semble bien préférable, en mettant l’épreuve à sécher sur verre dépoli comme nous le verrons dans le chapitre suivant. Au cas où les bulles se formeraient dans le bain de développement, on peut éviter cet insuccès soit en sucrant le bain, soit en l’additionnant d’alcool à 40° dans les proportions de 10 à 20 centimètres cubes pour 100 centimètres cubes de bain.

257. — Un bain d’iiyposulfite acide, éclaircissant, se composera de :

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