‹ Le tirage des épreuves en photographieChapitre 33 sur 63 · I. Eau 500 cm · texte numérisé non relu

I. Eau 500 cm

Hyposulfîte de sodium 100 gr.

IL Eau 500 cm^.

Sulfite de sodium anhydre 30 gr.

Acide acétique cristallisable 40 cm^.

On versera II dans I. Ne pas faire l’inverse, il se produirait immédiatement un précipité.

258. — Quand, par une mauvaise interprétation du temps de pose, ou une mauvaise conduite du développement, l’image au gélatino-bromure se présente voilée ou trop dense, il est assez difficile de la sauver. Il est à remarquer, en effet, que les affaiblisseurs utilisables pour les plaques ne le sont pas pour les papiers.

L’eau iodée et même le peroxyde de cérium susceptibles, peuvent être utilisés dans ce but; mais ne donnent pas des résultats entièrement satisfaisants. Le procédé suivant, qui nous vient de M. Paul de Jankô, est encore le plus efficace. Il consiste à faire emploi de la thiocarbamide, ou sulfo-urée, corps représentant de l’urée dont l’oxygène est remplacé par du soufre et qui cristallise en prismes rhomboïdaux. Ce corps, inaltérable à l’air, dissout parfaitement bien les sels d’argent, d’or et de platine.

Pour employer ce produit à la réduction des images sur papiers au gélatino-bromure d’argent, vous composez le bain suivant :

Solution d’alun de potassium à 10 p. 100 100 cm^.

Thiocarbamide 4 gr.

Acide acétique cristallisable 2 cm^.

DÉVELOPPEMENT ET FIXAGE.

L’image à réduire est plongée dans ce bain et lavée immédiatement, à très grande eau, lorsque l’on juge la réduction suffisante. Ce n’est pas encore absolument le rêve.

259. — Tout en se prêtant mal à un affaiblissement général des épreuves sur papier, les affaiblisseurs peuvent être utilisés avantageusement pour la suppression de telle ou telle partie de l’image. C’est, .en somme, un moyen radical de soustraction que nous possédons. Il faut le garder et le cultiver jalousement pour la marche vers l’œuvre d’art.

L’épreuve, de laquelle on veut enlever une partie, est dûment ramollie dans l’eau, posée face en dessus sur une lame de verre, où on la laisse se ressuyer. Pendant ce temps on prépare, avec la moitié ou le quart de l’eau ordinairement exigé, un affaiblisseur au persulfate d’ammonium, ou au permanganate de pobassium, ou à l’hyposulfite de sorlium et au ferricyanure de potassium, comme il a été dit dans mon ouvrage : Le Développement en Photographie. On empiète ensuite la solution préférée avec un sirop de sucre. Le sirop n’est là que pour empêcher le liquide de couler et de se diffuser trop dans la couche. On peut à la rigueur le remplacer par une substance analogue. A l’aide d’un pinceau on imbibe la partie à enlever, on laisse agir un instant, on lave et l’on recommence, alternant ainsi ces deux opérations jusqu’à soustraction complète.

Quand la partie à soustraire montre de grandes oppositions, il est d’une meilleure pratique, m’a-t-il semblé, de faire usage du persulfate.

Les actions légères et répétées sont préférables à une action continue, parce qu’elles nécessitent de nombreux lavages. Ils empêchent le jaunissement de la couche qui a toujours lieu par exemple, avec l’affaiblisseur à l’hyposulfite.

Si cet accident arrive, on peut y remédier en plongeant l’épreuve dans une solution à 4 p. 100 de sulfite de sodium anhydre.

Pour ce qui est du jaunissement particulier provenant de l’emploi de l’affaiblisseur au permanganate, on emploiera, pour le détruire, une solution composée de :

Eau 1000 cm3

Sulfite de sodium anhydre 75 gr.

Acide oxalique » 30 gr.

En conclusion de mes divers essais dans cet ordre d’idée, je serais assez disposé à vous engager à étudier plus particulièrement l’affaiblissement au permanganate pour la soustraction d’une partie de l’image, aussi bien que pour l’affaiblissement général de l’épreuve

VARIATIONS DE L’ÉPREUVE AU BROMURE

260. Du changement de couleur de l’image. — 261. Variation de couleur par le fait du développement seul. — 262. Variation de couleur par développement et blanchiment préalable de l’image. — 263. Substitution d’un sel aureux au révélateur. — 264. Autre méthode de virage indirect à l'or. — 265. Virage indirect au platine. — 266. Effet du persulfate d’am monium. — 267. Virage direct à l’or. — 268. Virage au sulfite de sodium.

— 269. Les ferrocyanures métalliques. — 270. Les ferrocyanures d’uranium. — 271. Effet des carbonates alcalins. — 272. Effet des solutions de ferricyanures. ~ 273. Considérations sur l’emploi d’un sulfocyanate alcalin. — 274. Du sel d’uranium à employer. — 275. Concentration des solutions. — 276. Virage aux sels d’uranium. — 277. Mode opératoire.

— 278. Quelques considérations particulières. — 279. Virage aux sels de fer. — 280. Récupération de la transparence dans les ombres. — 281. Virage aux sels de cuivre. — 282. Virage à des sels métalliques divers. — 283. Mise en valeur des épreuves. — 284. Du coloriage à l’huile. — 285. Du coloriage à l’aquarelle. — 286. Du coloriage au pastel. — 287. Matage des épreuves brillantes.

260. — L’épreuve au gélatino-bromure d’argent, exécutée dans de bonnes conditions, c’est-à-dire avec une pose très exacte et un développateur bien approprié, fournit, question de beauté du pigment à part, bien entendu, d’excellentes épreuves à tous les points de vue, avec une liberté individuelle relative. Faisant abstraction de cette liberté et ne considérant que l’épreuve en elle-même, on peut trouver qu’en tant que collections réunies dans un album, les épreuves de cette sorte peuvent paraître monotones à ceux qui les considèrent par Tuniformité de leur couleur noire, toujours un peu froide. Aussi a-t-on songé à modifier cette nuance, soit en cours de développement, soit par un virage ultérieur à l’or ou à d’autres métaux, virage direct ou indirect.

Nous allons examiner, dans ce chapitre, les diverses variations de nuances dont est susceptible l’épreuve au gélatino-bromure.

261. — M. F. Stolze en recherchant expérimentalement jusqu’à quel point la couleur de l’argent réduit pouvait être influencée par le développateur a constaté que riconogène pouvait fournir des tons excellents et d’une grande vigueur, alors que dans le cas d’une pose très exacte et d’un développement à fond l’image fournie présentait de riches tons noirs. Toutefois, les tons excellents, dont il est question, ne sont que des tons de noir chaud semblables à ceux que fournit le procédé au platine avec encollage à l’arrow-root. Du moins, pour ma part, je n’ai jamais pu obtenir autre chose. En dehors, je n’ai pu atteindre qu’à des tons bruns jaunâtres peu recommandables.

En ce qui est du changement de couleur par simple développement, le D"* Miethe estime préférable, avant L'exposition^ d’immerger quelques minutes, le papier, dans la solution suivante :

Eau 100 cm3.

Alun de potassium 20 gr.

Bichromate de potassium 10 gr.

Acide chlorhydrique 20 cm^.

On lave avec soin et l’on expose humide.

Le révélateur employé doit être l’oxalate ferreux additionné d’acide citrique.

Par l’action du bain ci-dessus, il y a eu formation de chlorure d’argent et la tonalité de l’image peut varier du rouge vif au noir.

262. — Mais la gamme se montre beaucoup plus variée dès qii’on a recours à un second développement, lequel s’effectue sur l’image primitive préalablement blanchie. Ce blanchiment s’opère par l’action du bromure de cuivre.

On fait les deux solutions suivantes :

A. Eau distillée 100 cm^.

Sulfate de cuivre 1 gr.

B. Eau distillée 100 cm3.

Bromure de potassium 1 gr.

L’image développée, fixée, lavée est plongée dans un bain constitué par le mélange de ces deux solutions, fait au moment de l’emploi. Si l’épreuve a été séchée, on la ramollit en l’immergeant, quelques instants, dans une cuvette d’eau.

VARIATIONS DE L’EPREUVE AU BROMURE

L’image blanchit graduellement et disparaît 'presque en totalité. On la retire, on la lave à grande eau, pour éliminer de la couche tout le bromure de cuivre, et on la plonge, à la lumière du jow\ dans un bain composé de : eau distillée, 500 centimètres cubes; solution C, 5 centimètres cubes; solution D, 2 centimètres cubes. Les solutions G et D sont ainsi composées :

G. Eau chaude ayant bouilli 300 cmS

Sulfite de sodium anhydre 10 gr.

Iconogène 4 gr.

D. Eau chaude ayant bouilli 300 cm^.

Carbonate de potassium 50 gr.

L’image apparaît extrêmement lentement, mais d’une façon assez égale, en passant du rouge vif par toutes les gradations du brun-rouge jusqu’au violet-noir.

Veut-on garder le ton rouge vif? Il faut alors que l’image primaire ait été exposée longuement et développée un peu fortement, de façon que les légères demi-teintes soient assez foncées, sans cependant qu’il y ait empâtement dans les grandes ombres.

Veut-on des images de ton foncé? Le développement de l’image primaire devra être arrêté au moment où les demiteintes commencent à apparaître dans les lumières.

Après le développement, les épreuves sont passées dans une légère solution de bisulfite de sodium (1 p. 100) et abondamment lavées.

Tout en reconnaissant que ce procédé peut fournir des images intéressantes, je dois à la vérité de déclarer que souvent l’image a besoin d’un léger renforcement au chlorure d’argent, et que, si le hain n’est pas assez dilué et reste à une température trop basse, il peut se former des taches rougeâtres qui ne disparaissent pas toujours au lavage.

L’affaiblissement de l’image est assez compréhensible. Sous l’action du bromure cuivrique, elle s’est trouvée composée, non plus d’argent seul, mais de bromure d’argent et de bromure cuivreux :

2Ag ■+• 2GuBr2 = 2AgBr -4- Gu^Br^.

et’ ce n’est que le bromure d’argent qui a été réduit. ,

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