Les caractéristiques du Papier Pan sont
L’avantage incontestable de se laisser manipuler comme les papiers au gélatino-bromure lents sans verre rouge^ ni iaune^ à la simple lumière artificielle faible, telle que la lumière du gaz, du pétrole ou de la bougie ;
2® De se tirer le plus simplement du monde à la lumière diffuse du jour, même à celle du magnésium, et nous permettant, en quelques secondes à' d’obtenir, à notre gré, une série de tons extraordinairement variés ;
3° D’atteindre à ces tons par simple développement effectué dans les meilleures conditions possibles de visibilité et de commodité, puisqu’il peut se faire à l’une des lumières artificielles ci-dessus indiquées et toujours sans interposition de verre rouge ni jaune ;
4® D’être certain, quelle que soit l’exposition et du moment qu’on ne veut pas un ton plutôt qu’un autre, d’avoir toujours une excellente image d’un bon négatif ;
5^" De varier encore, par un virage à l’or, les tons multiples déjà obtenus par développement;
6° De fournir des images dont la durée de conservation s’offre théoriquement égale à la durée des images obtenues sur les papiers au gélatino-bromure d’argent ;
7° Devenir à nous sous deux espèces: brillant ou mat. Chaque espèce se traitant exactement de la même façon et procurant, par sa nature même, tel ou tel cachet à l’image finale. L’espèce brillante, pouvant, en plus, recevoir l’émail-
Soleil se couchant dans la pluie, au lac de ïhoune (Phototype de rauleur>
LES PAPIERS AU CHLORO-BROMURE
lage que l’on communique aux papiers, genre aristotypique, par simple application contre nne glace ou une tôle laquée, préalablement encaustiquée.
292. — Le Papier Pan se met en châssis, à la pleine lumière du gaz, du pétrole ou de la bougie et de la même façon qu’un papier à noircissement direct. Rien de plus simple pour ceux qui ont un laboratoire obscur permanent. Pour ceux qui n’en ont pas, il suffit de fermer les persiennes et de laisser tomber les rideaux d’une pièce quelconque, sans plus, pour s’en créer un instantanément.
293. — Pour exposer à la lumière du jour, voici comment j’ai procédé avec le plus complet succès.
Sur le châssis-presse et au clos du phototype négatif, vous placez un verre dépoli, pour mJeux régulariser la lumière, puis vous appliquez le tout contre la vitre d’une fenêtre à l’ombre, c’est-à-dire, en somme, qui n’est pas frappée directement par les rayons du soleil.
La durée d’exposition offre une marge considérable, du moment qu’on ne vise pas à une tonalité particulière de l’image finale.
Comme référence, je dirai qu’à la fin d’octobre, par ciel clair ensoleillé, sous un négatif de force moyenne, donnant une belle image vigoureuse avec le papier au citrate d’argent Lumière, la durée d’exposition entre dix et onze heures du matin peut varier de deux secondes à quarante secondes, et fournir ainsi, avec le même développement, toute la série complète des tons typiques que peut procurer le Papier Pan par simple développement, c’est-à-dire noir-vert, l)run olivâtre, bistre foncé, bistre clair, sépia chaude, sépia naturelle, rouge-sanguine, rouge-orangé, jaune-orangé. La succession de ces tons correspond à la succession des expositions.
Il va de soi, qu’avec des négatifs d’une densité supérieure à celle du négatif pris comme type, ces durées d’exposition devront être augmentées en raison de cette densité, dans des , proportions plus ou moins grandes, et qu’il m’est impossible de définir au préalable. Cependant, de quelque densité que soit le négatif, ces durées ne dépasseront jamais quelques minutes. Ce qui, même, dans les cas extrêmes, fournit une impression rapide.
Inversement, si le négatif est faible, la durée d’exposition sera moindre. Toutefois, comme en la diminuant on arrive à ne plus pouvoir la calculer exactement, je conseille, dans ce cas, de conserver les durées que j’indique comme type, mais alors, au lieu d’appliquer le cliâssis-presse contre la vitre de la fenêtre, on l’éloignera de cette fenêtre d’une quantité plus ou moins grande, en se rappelant que l’intensité de l’action lumineuse demeure en raison inverse du carré de la distance séparant le châssis de la fenêtre.
Dans ces conditions, des négatifs extrafaibles, absolument impropres à donner une bonne image avec un papier à image apparente directe, pourront, néanmoins, fournir d’assez bonnes épreuves avec le Papier P«?2par une pose extracourte et un bain de développement neuf à son maximum d’énergie. Mieux vaut, cependant, de très bons négatifs.
Donc, abstraction faite des modifications possibles dans le développement, dont nous parlerons tout à l’heure, plus l’exposition est courte, plus lestons tirent vers le noir-vert, et plus elle est longue, plus ils tirent vers le rouge-orangé.
J’ai cru remarquer, toutefois, qu’une exposition par trop courte, si elle est encore suffisante pour permettre l’obtention d’une image complète, nous ramène vers les tons bistre et sépia. Mais ces tons sontbeaucoup moins beaux et moins pleins que ceux obtenus par une exposition plus longue.
294. — J’ ai dressé un tableau, que l’on trouvera plus loin (302), donnant des relations très sûres pour obtenir les différents tons, mais il ne faut pas perdre de vue que ce sont seulement des relations.
Dans ce tableau V unité de départ est deux secondes ; mais cette unité peut être profondément modifiée^ suivant l’intensité du négatif, l’heure, le jour et le mois durant lesquels on opère. Par conséquent lorsqu’on désire obtenir, avec certitude, l’un des tons, ou tous les tons du tableau, il devient dès lors nécessaire de déterminer le temps unité pour le négatif employé, c’est-à-dire le temps nécessaire et suffisant pour obtenir le ton noir-vert. On n’aura plus qu’à multiplier ce temps par le rapport correspondant au ton voulu, si l’on opère dans la même journée, par même jour et à la même heure.
Ces rapports sont :
LES PAPIERS AU CHLORO-BROMURÉ
NUMÉROS d’ordre.