‹ Le tirage des épreuves en photographieChapitre 39 sur 63 · COEFFICIENTS DE RAPPORT · texte numérisé non relu

COEFFICIENTS DE RAPPORT

Noir vert.

Bistre verdâtre.

Sépia foncée.

Ton photographique.

Sépia rouge.

Sanguine chaude.

Sanguine orangée.

Ainsi^ par exemple, si, aujourd’hui, pour le négatif employé le temps unité (ton noir verdâtre) est de quinze secondes au lieu de deux secondes, on aura le ton sanguine orangée avec une durée d’exposition de : 15 X 20 = 300 secondes = 5 minutes.

295. — Pour ceux qui ne peuvent, par leurs occupations quotidiennes, se livrer aux travaux photographiques pendant le jour, il leur est loisible, néanmoins, de faire usage du papier Pan en remplaçant l’exposition à la lumière du jour, par une exposition à la lumière du magnésium.

Pour ce qui est de l’emploi du magnésium comme mode d’insolation du papier Pan — et de tout papier en général — il faut commencer par s’entendre nettement sur la dose. Le magnésium que j’emploie est en ruban de 3 millimètres de large et d’une épaisseur telle que 15 centimètres de ce ruban pèsent O^^IO. Ceci posé, on saura donc toujours, pour une longueur déterminée de ruban, le poids employé, et c’est ce poids qui devra être tenu en considération toutes les fois qu’on fera usage d’un ruban d’une largeur autre.

Pour un négatif clair, brillant, transparent dans les noirs, un négatif que je regarde comme type, il faut 10 centimètres de ruban, soit 0^^066 pour obtenir le ton noir vert, en exposant le châssis-presse à une distance de 60 centimètres du point d’incandescence du magnésium et en développant dans le bain normal au Panchro B (voir n® 300). Ce temps de pose déterminé, on peut, en tenant compte : 1® du coefficient de rapport des tons; 2° de l’action de la lumière inversement proportionnelle au carré des distances, on peut, dis-je, établir une échelle dont les degrés correspondront au ton que l’on désire obtenir. Avec la gamme de tons

âi4 LE TIRAGE DËS ÉPREUVES EN PHOTOGRAPHIE.

envisagée pour la lumière diurne, on aura ainsi [toujours en brûlant invariablement la même quantité de magnésium^ soit 10 centimètres ou 0^’’,066) le tableau suivant :

Pour le ton noir vert exposer le châssis à 60 cm.

bistre verdâtre exposer le châssis à.

sépia foncée —

ton photographique —

sépia rouge —

sanguine chaude —

sanguine orangée —

Comme tous les négatifs sont loin d’être les mêmes, si l’on veut faire usage d’une façon continue du papier Pan^ en gardant strictement cette échelle, ce qui est d’une excellente commodité pratique en tout temps, aussi bien qu’en hiver, il suffit d’étalonner une fois pour toutes chaque négatif, c’est-à-dire de faire brûler la quantité de magnésium nécessaire et suffisante pour qu’il donne l’image noir-vert^ avec une exposition à 60 centimètres du point d’incandescence.

On marquera cette quantité sur l’enveloppe renfermant le négatif, et, vu la constance de la source lumineuse, on pourra, n’importe quand, tirer de ce négatif une épreuve au ton que l’on voudra, avec certitude et en évitant tous les tâtonnements.

296. — M. Montpillard, se demandant si l’emploi du bec Auër ne fournirait point de bons résultats, a tenté une série d’expériences à ce sujet. J’avoue que je ne les ai point encore contrôlées. Je n’hésite nullement à les indiquer, M. Montpillard étant de ceux que l’on peut croire sur parole.

L’expérience a été tentée en exposant le châssis-presse à 20 centimètres de la source' de lumière.

Voici les résultats qui ont été obtenus avec un négatif d’intensité normale :

1 pose 1 minute Ton noir-bistre.

2 — 3 minutes — sépia foncée.

3 — 5 — — sienne brûlée.

4 — 6 — — sanguine foncée.

Aucun verre douci n’était interposé entre le négatif et la lumière.

LES PAPIERS AU CHLORO-BROMURE

Les positifs 3 et 4 furent développés dans un bain de même composition que celui ayant servi à développer les positifs \ et 2, mais étendu de son volume d’eau.

Comme on peut le voir par ces résultats, si l’emploi du bec Auër présente peut-être l’inconvénient de nécessiter des poses un peu longues, surtout si nous désirons obtenir des tons chauds, par contre il présente le grand avantage de donner une grande latitude dans l’évaluation exacte du temps de pose. Comme avec le magnésium en combustion on peut, en raison de la constance de sa lumière, lorsque nous avons obtenu avec un négatif donné une épreuve dont le ton nous plaît, exécuter avec le même négatif d’autres épreuves de ton semblable.

Je préfère cependant la lumière magnésique, son spectre se rapproche plus de celui de la lumière diurne et nous avons vu, à propos de l’agrandissement (226), qu’elle est la meilleure.

297. — En principe, on peut constituer un bain de développement, pour le Papier Pan^ avec un certain nombre des révélateurs connus, à condition que le bain ne soit pas trop énergique^ car plus il est énergique, plus la venue de l’image est rapide, donc difficilement contrôlable, et, ce qui est plus grave, on court les risques de compromettre la pureté des blancs, en leur communiquant un aspect poivré. L’énergie ne doit pas être diminuée par addition de bromure, mais simplement par addition d’eau. Les quantités de bromure employées doivent rester seulement nécessaires et suffisantes pour assurer la clarté et la pureté des blancs et non la diminution de l’énergie du bain.

J’ai fait dans ce sens de nombreux essais. Cependant si la plupart des révélateurs donnent, ils ne donnent pas également bien, en ce qui est surtout de la délicatesse des demiteintes et de là finesse du grain de l’argent déposé constituant l’image.

Les deux révélateurs qui m’ont donné le mieux sont l’hydroquinone et le glycin.

J’ai essayé aussi quelques développateurs commerciaux, car il faut tenir compte de la classe si nombreuse des amateurs qui se refusent complètement, faute de temps, faute d’installation ou par paresse, à préparer eux-mêmes leurs

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produits. Il en est un qui m’a fourni des résultats absolument merveilleux, au double point de vue que je viens d’indiquer, c’est le Panchro B,

298. — Pour le bain à Y hydroquinone on préparera la solution suivante :

/ Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm3.

l Sulfite de sodium anhydre 62s**, 5

A ? Hydroquinone 15 gr.

j Bromure de potassium

( Carbonate de sodium cristallisé 250 gr.

Cette solution, pour Tusage, et suivant ce qu’on veut obtenir, peut être diluée de cinq à dix fois son volume d’eau.

On peut faire une solution beaucoup plus forte en hydroquinone et en bromure, beaucoup plus faible en sulfite et en carbonate, mais restant toujours à diluer dans les mêmes proportions. Voici sa formule :

!Eau distillée chaude ayant bouilli 1 000 cm^.

Sulfite de sodium anhydre 25 gr.

Hydroquinone 25 gr.

Bromure de potassium 10 gr.

Carbonate de sodium cristallisé 150 gr.

Au demeurant, les deux formules se valent. Il semblerait, toutefois, que pour les petites épreuves, la préférence doive être donnée à la première, réservant la seconde pour les très grandes épreuves, parce qu’elle accentue peut-être l’image plus vigoureusement.

On a aussi préconisé la première formule, ci-dessus indiquée, en remplaçant le sulfite de sodium par 75 grammes d’acétate de sodium cristallisé. Je n’ai pas essayé cette formule, mais étant donné ce que nous verrons dans le troisième livre de cet ouvrage, pour le développement des papiers au gélatino-chlorure d’argent, je la crois parfaitement utilisable.

299. — Pour le bain au glycin on préparera la solution suivante :

(Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm^.

Sulfite de sodium anhydre 5 gr.

Carbonate de potassium 7g''’, 5

Carbonate de sodium cristallisé 15g«’,5

Bromure de potassium 1 gr.

Glycin 3 gr.

LES PAPIERS AU CHLORO-BROMÜRE

Ce bain est à employer tel que pour les expositions courtes, et à diluer de un à deux ou quatre fois son volume d’eau pour les expositions moyennes ou longues.

300. — Pour le bain au Panchro on préparera la solution suivante :

/ Eau distillée 1 000 cm^.

\ Panchro B 50 —

^ ) Solution de bromure de potassium à

En employant ce bain pur, ou en lui ajoutant des quantités d’eau plus ou moins grandes, on a un développateur d’une élasticité remarquable. Je lui dois mes plus belles épreuves.

301. — On développe, je le répète, à la lumière du gaz, du pétrole ou de la bougie, sa?îs interposition de verre coloré.

Il est loisible de projeter directement le développateur sur le papier exposé et placé au fond d^’une cuvette de porcelaine bien plane., mais il est d’une bien meilleure pratique, à mon. avis, de faire préalablement détendre le papier dans l’eau pendant quelques secondes.

Donc, versez de l’eau dans la cuvette, immergez-y le papier, côté émulsionné en dessus, jusqu’à ce qu’il se présente plan, videz la cuvette, en laissant le papier s’aplatir au fond, et projetez vivement et d’un seul coup le développateur.

L’image apparaît en un ton brun rougeâtre, pour les expositions moyennes et courtes, en un ton jaunâtre pour les expositions longues, et monte ensuite à sa tonalité finale.

Suivant les cas : longueur d’exposition et dilution du bain, la durée totale du développement varie entre deux minutes et six minutes.

302. — Du reste, voici, toujours comme référence, dans les conditions de négatif, de jour, d^heure et de mois le tableau que j’ai indiqué plus haut (294), et les résultats que l’on peut obtenir en employant, pour toutes les images, le même bain au Panchro B formule D ci-dessus, tenu à la température de 18° C :

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