DURÉE
du
développe
ment.
Noir-vert.
2 secondes.
Bain D au Panchro B.
5 min. 1/2
Bistre verdâtre.
Le même venant de servir.
Sépia foncée.
Id.
Ton photographique.
Id. dilué d’un égal
volume d’eau.
Sépia rouge.
Id.
Sanguine chaude.
Id. avec seconde addition d’eau égale à la l^e.
Sanguine orangée.
Id.
On voit donc, d’après ce tableau, que plus la pose est longue et plus le bain est dilué, plus l’image tire sur les tons sanguine pour arriver finalement au rouge orangé. Je tiens cependant à vous mettre en garde, contre les excès en ce sens, lesquels vous mèneraient à de très mauvais résultats alors que vous les cherchiez meilleurs. Je vous conseille donc pour l’obtention des beaux tons rouges de ne pas trop exagérer la pose, mais d’exagérer plutôt la dilution du bain, quitte à retarder de quelques minutes, voire d’un quart d’heure, l’achèvement du développement.
303. — Ainsi, par exemple, on obtiendra un ton sanguine en n’exposant que pour le ton n® 3 et en développant dans un bain de Panchro B additionné de trois ou quatre fois son volume d’eau. La durée du développement est seulement très sensiblement augmentée. Il est d’une bonne pratique alors de recouvrir la cuvette, pour empêcher la lumière de la lampe d’influencer le papier. L’image prend de la sorte plus de relief qu’avec une exposition prolongée et un bain plus fort.
Il ne faut pas perdre de vue qu’ici, comme dans le dessin, les tons rouges tendent, par leur nature même, à diminuer la profondeur des ombres, donc le sentiment de relief de l’image. L’exagération dans l’exposition diminuerait encore ce relief en enfonçant pour ainsi dire l’image dans la pâte du papier.
Si l’on a exposé, par avance, un très grand nombre d’épreuves, il est possible d^en immerger en même temps jusqu’à six ou dix dans le bain de développement, celui-ci
LES PAPIERS AU CHLORO-BROMURE
étant assez abondant pour que les épreuves, n’adhérant pas les unes aux autres, puissent être facilement manipulées, une à une, et suffisamment dilué pour que l’on puisse, tout à son aise, contrôler la venue de chaque image.
On peut encore, je le répète, multiplier les tons types du tableau par des variations dans l’exposition et dans la dilution du bain. Toujours est-il, d’après le tableau ci-dessus, que j’ai eu sept tons différents dans le même bain servant successivement pour les sept épreuves. Ce n’est vraiment ni dispendieux ni compliqué.
304. — M. Montpillard, qui dans ses expériences avec le bec Auër a dù maintes fois se heurter à de la sous-exposition, estime que si, par suite d’une erreur dans l’évaluation du temps de pose, les demi-leintes de l’image n’apparaissent pas, malgré un séjour prolongé dans le développateur, il suffit d’ajouter à celui-ci quelques gouttes du bain suivant pour obtenir, en peu de temps, une image complète :
Eau distillée 50 cms
Métol lg^5
Sulfite de sodium anhydre 7gr,5
Carbonate de potassium 7®i“,5
Compléter avec de l’eau jusqu’à 100 cm.
Être très prudent dans l’emploi de ce bain, dont l’action accélératrice est très énergique.
Dans 100 centimètres cubes de bain à l’hydroquinone amené au degré de dilution voulu pour révéler les images sur le papier Pan, II à X gouttes, grand maximum, de bain de métol suffisent pour obtenir le résultat cherché.
Dans ces conditions, il ne faut pas, bien entendu, tenter d’obtenir des tons chauds ; puisque nous avons péché par sous-exposition, nous ne pouvons espérer que du noir ou du bistre foncé.
305. — Le développement achevé, on rince l’épreuve et onia plonge dans un bain d’hyposulfite de sodium acide, où elle séjourne pendant dix minutes environ pour se fixer. Puis onia lave, comme une épreuve ordinaire, et on la met à sécher.
Les fabricants du Papier Pan indiquent, comme bain de
fixage acide, le suivant:
Eau 1 000 cm3.
Ilyposulfite de sodium 100 gr.
Alun ordinaire. 10 gr.
Ceux qui me lisent d’ordinaire savent combien médiocrement j’aime ce mélange d’alun et d’hyposulfite amenant toujours, peu ou prou, des sulfurations. Aussi préféré-je, pour ma part, et ce me semble bien pour la meilleure conservation des épreuves, faire l’opération en deux fois. A ceux qui veulent me suivre voici le procédé :
Fixage dans une solution d’iiyposulfite de sodium à 10 p. 100, augmentée de 2 à 3 grammes de bisulfite de sodium (ou 2 centimètres cubes de bisulfite de sodium liquide du commerce).
Lavage de quelques instants, pour enlever la plus grande partie de l’hyposulfite.
Immersion, pendant cinq à dix minutes, dans un bain d’alun acidifié composé comme suit et préalablement bien filtré:
Eau 1 000 cm3.
Alun ordinaire 50 gr.
Acide acétique cristallisable 30 cm.
Lavage final et séchage.
D’autre part, il ne faut pas perdre de vue que le ton vrai de l’image ne se juge qu’après séchage. Le ton obtenu au développement se modifie généralement dans le fixage et prend des tonalités désagréables. On ne doit pas s’en inquiéter outre mesure. Après lavage et séchage, la tonalité revient généralement à ce qu’elle était après le développement : à peine plus foncée avec le papier brillant, un peu plus foncée avec le papier mat.
Avec ce procédé, les blancs sont remarquablement purs et les tons obtenus gardent une très grande franchise.
306. — Bien qu’il soit très facile de contrôler exactement la venue de l’image, pendant le développement, attendu que l’on travaille à une lumière non colorée, il peut se faire cependant qu’en tenant mal compte de la remontée d’intensité au séchage, on pousse un peu trop loin le développement, ou bien encore qu’avec le bain à son maximum d’énergie, agissant trop longtemps sur une épreuve insuffisamment exposée, on arrive à faire très légèrement voiler les blancs. Accidents rares, dans un bon travail, mais accidents possibles, puisque voulant les avoir je les ai eus.
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On remédie à ces accidents (pleinement dans le cas du voile et dans une assez large mesure dans le cas de l’image trop poussée) en employant l’aiïaiblisseur au peroxyde de cérium.
L’opération se fait après le lavage final ou lorsque les épreuves sont sèches. Dans ce dernier état cependant, il faudrait les ramollir en les plongeant préalablement une minute dans l’eau. L’image est alors immergée dans le bain composé de:
Eau 100 cm
Solution de peroxyde de cérium Lumière 10 —
La dose de peroxyde de cérium peut être portée jusqu’à 50 centimètres cubes. Il est toujours préférable d’être patient et d’agir avec le bain faible indiqué.
Quand l’effet cherché est obtenu, on lave à nouveau quelques instants et l’on met à sécher.
Le persulfate d^’ammonium dans le cas d’images heurtées ne m’a donné aucun résultat sérieux.
307. — Lorsque, après le développement, un ton ne plaît pas et qu’on lui préfère l’un des tons dits photographiques, on lave très abondamment l’épreuve, et au lieu de l'immerger dans le bain de fixage^ on la plonge dans un des bains de virage-fixage connus ou existant dans le commerce.
Si le lavage, avant l’immersion dans le virage -fixage, n’était pas très abondant^ on épuiserait extrêmement vite le virage-fixage par l’introduction d’une plus ou moins grande quantité de révélateur dans sa composition.
Le virage est généralement assez long. On le laisse se faire tout seul et sans s’en préoccuper si l’on agit sur une seule épreuve. Le ton final dépend un peu du ton originel.
Par exemple, avec une épreuve de ton originel correspondant au n° 6 du tableau ci-dessus, on aura, avec le virage-fixage, genre Lumière, un ton final pourpre photographique, tandis qu’avec une épreuve dont le ton originel correspond aun° 2, on obtiendrait, par le même bain^ un très beau noir chaud.
Si les épreuves, une fois fixées dans le bain de fixage simple indiqué, présentent une tonalité qui déplaise, on peut, malgré cela encore, modifier leur ton par un virage à
For. Dans ce cas, il est préférable d’employer un bain de virage simple comme ceux que l’on emploie pour les papiers albuminés. Il sera nécessaire^ cependant, pour une marche rapide de l’opération, que ce virage soit à base de sulfocyanate d' ammonium.
Bien que ce ne soit pas de première nécessité de fixer à nouveau après ce virage, j’estime cependant qu’il est préférable de le faire.
C’est en somme ce second mode de virage qu’on doit employer. La raison en est simple. Le ton réel d’une épreuve au papier n’est nettement bon qiC après virage et séchage. On doit donc attendre qu’elle soit complètement achevée pour se rendre compte de sa vraie valeur et savoir si l’on doit, oui ou non, lui faire subir le virage.
Quant aux formules de virage, M. Montpillard a expérimenté les suivantes, qui lui ont donné les résultats ci-dessous :
Sulfocyanate
d’or.
r Solution de sulfocyanate d’ammonium
( Solution de chlorure d’or à 1 p. 1000.
Parties égales et étendu de son volume d’eau.
Dans ce bain, les épreuves virent très rapidement vers le ton bleu-noir ardoisé ;
2® Eau distillée 100 cm.
Borax 4 gr.
Solution de chlorure d’or à 1 p. 100 10 gr.
Le virage s’effectue assez lentement, les noirs sont vigoureux et le ton tend moins vers le bleu.
3» Virage à.la 'craie, solution de chlorure d’or à. . 0,5 p. 1000
Virage lent, ton noir chaud intense.
Il est loisible encore, toujours dans le cas du fixage simple, de suivre la méthode que j’ai indiquée dans ma brochure : V Art dans les Projections et faire usage du virage Meunier-Pouthôt. Avec les tons originels 1, 2 ou 3, il fournira des noirs froids, profonds, ou des violets-prune, et des bleus violacés ou des gris bleutés, avec les autres numéros du tableau ; le bleu allant d’autant plus vers le gris que l’image originelle est plus rouge.
Pour le virage, l’observation que j’ai faite au sujet du
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papier brillant ou du papier mat est applicable. Ce dernier monte de ton au séchage, alors que le premier ne change pour ainsi dire pas.
308. — On pouvait croire que les sels d’ammonium, carbonate ou bromure, qui donnent, au point de vue des changements de teinte, de si bons résultats avec certaines plaques pour la projection, seraient d’un bon emploi avec le Papier Pan, D’après mes essais il n’en est rien. On augmente démesurément la durée du développement, sans le plus petit avantage sur la tonalité finale. Au contraire, l’image prend un aspect laiteux des plus désagréables.
Les virages au platine, jusqu’à nouveaux essais du moins, se prêtent mal aux tons en noir franc. En employant pour le développement le métol-hydroquinone, dans la proportion qu’indique M. Houdaille pour avoir le maximum du noir, on n’arrive à guère mieux qu’avec l’un des développateurs ci-dessus indiqués.
J’ai repris alors le développement à l’oxalate ferreux, préconisé pour cet usage par M. Raphaëls. On peut arriver, avec le bain au maximum, mais à la condition spéciale que le négatif soit extrêmement intense, brutal même, ou alors un négatif à teintes bistrées, comme ceux que fournit le pyrogallol et l’ammoniaque, sans addition de sulfite de sodium. D’autre part, la rapidité du développement dans l’espèce (quelques secondes) enlève tout contrôle, et compromet le plus souvent la pureté des blancs. En outre, les épreuves traitées par l’oxalate ferreux manquent un peu de profondeur dans les grandes ombres et de limpidité dans les demi-teintes, par une sorte de très légère métallisation que présente toute l’image.
Il me semble donc préférable, pour les tons noirs purs, d’obtenir, comme il a été dit, une épreuve originelle correspondant aux numéros 4 ou 2 et de la traiter par viragefixage, ou virage après fixage, en faisant le virage très à fond. Le noir obtenu dans l’espèce a un caractère de chaleur et de profondeur tout à fait heureux.
309. — En résumé, le Papier Pan se présente à nous comme le papier destiné, avec un avantage très marqué, à prendre la place des papiers à image directement visible.
Par son exposition de quelques secondes au jour, et son
développement de quelques minutes à la lumière artificielle, sans interposition de verre coloré^ il n’offre pas plus de difficulté de manipulation qu’un tirage ordinaire, suivi d’un fixage.
Avec la grande latitude permise dans l’exposition, il donne toujours une très bonne image d’un bon négatif, et dans quelques minutes, permettant ainsi de très nombreux tirages par les jours les plus sombres. De plus, en modifiant les temps de pose et la force du bain suivant les phototypes que l’on a, on peut obtenir de très belles épreuves avec des phototypes qui ne donneraient rien de bien sur tout autre papier.
Ce sont là des avantages très marqués. Ils prennent des proportions de tout premier ordre, quand on considère que l’on obtient, sans le moindre effort, une variété de tons considérable, et que les images, traitées par développement simple, présentent la durabilité quasi indéfinie des images obtenues avec les papiers au gélatino-bromure.
310. — Incidemment, je vous dirai que le mode d’opérer indiqué pour le papier est parfaitement utilisable pour les plaques diapositives à tons chauds.
Avec les plaques Ilford alpha, prises commue type, j’expose le châssis-presse à 20 centimètres de la source lumineuse qui est, dans l’espèce, un bout de ruban de magnésium. Avec un ruban dans les conditions de largeur et de poids ci-dessus indiquées, il faut de 2 à 5 centimètres de ruban, 2 correspondant à un négatif clair, 5 à un négatif dense.
On fera, pour le développement, usage du bain de Pancbro B indiqué pour le papier Pan, mais dilué de son égal volume d’eau. On aura de très beaux tons sépia dorée avec une grande transparence dans les ombres. Pour aller vers les tons rouges on procédera comme avec le papier Pan : dilution du bain, légère augmentation de pose. Cette dernière condition s’obtient par une augmentation de ruban. Si tel négatif fournit un beau ton sépia avec 2 centimètres de magnésium et le bain normal, le même négatif avec 3 centimètres de magnésium et un bain plus dilué fournira les teintes rouge-sanguine.