‹ Le tirage des épreuves en photographieChapitre 42 sur 63 · IMAGES SEMI-VISIBLES DÉVELOPPABLES · texte numérisé non relu

IMAGES SEMI-VISIBLES DÉVELOPPABLES

312. Supériorité du papier au platine. — 313. Richesse du procédé. — 314. Préjugé erroné. — 315. Le seul point délicat des manipulations. — 316. Recours à l’étranger, — ■ 317. Fabrication du papier au platine. — 318. Le choix du papier, — 319. Nécessité du réencollage. — 320. Encollage à la gélatine. — 321. Encollage à l’arrow-root. — 322. De la façon d’encoller. — 323, Séchage de l’encollage. — 324. Du double encollage. — 325. Solution sensibilisatrice. — 326. Modification de la liqueur sensibilisatrice suivant le négatif employé. — 327 . Conservation des éléments de sensibilisation. — 328. Étendage de la liqueur sensibilisatrice. — 329. Séchage de la feuille sensibilisée. — 330. Conservation du papier au platine. — 331, Les deux types de papier au platine. — 332. Sensibilité de ce papier.

312. — Lôs papiers dits au platine, qui forment le principal groupe de ceux à images semi-visibles développables, va commencer la série fort intéressante des couches sensibles laissant une certaine latitude de contrôle personnel aux artistes. D’aucuns même prétendent que ce contrôle se montre largement suffisant, quand il s’agit d’une œuvre ayant la photographie pour origine et qu’il faudrait s’en tenir là, vu la très grande aptitude de la matière employée à fournir une gamme très étendue de demi-teintes. J’avoue que ce n’est point mon avis. Certes, on ne peut nier l’étendue et la délicatesse de la gamme des demi-teintes dans la platinotypie. Mais en traitant bien les autres proi cédés, que nous étudierons dans le livre suivant, on peut I obtenir, au moins à très peu près, une gamme aussi étendue

et l’on récupère une latitude de contrôle considérablement plus large. Toujours est-il que le papier au platine se montre, en tous points, préférable à tous les papiers aux sels d'argent, dès que nous nous dégageons de la photographie anecdotique et documentaire, pour faire tendre tous no? efforts du côté tableau, sinon du côté d’art pur. Non seu lement, elle se montre, dans l’espèce, préférabte pour tout artiste, mais encore pour tout esprit cultivé, qui met toujours le sens artistique bien au-dessus de la perfection professionnelle.

313. — Au demeurant, la platinotypie, beauté de l’œuvre produite à part, peut encore rester un procédé purement photographique.

Et quel procédé !

Le plus riche des procédés que nous ayons étudiés jusqu’à ce moment, à cause de son aptitude à rendre les plus forts contrastes de lumière et d’ombre, en même temps que les plus exquises délicatesses des demi-teintes, servant d’intermédiaire entre le blanc et le noir.

Le plus rapide et le plus direct de ces mêmes procédés, déjà étudiés, par la facilité et la simplicité de ses manipulations.

314. — A l’étranger, on emploie beaucoup la platinotypie. En France moins. Non pas seulement à cause de notre esprit routinier, devenu proverbial, mais aussi à cause de cette maladie très française: le préjugé. Ceux qui ont employé la platinotypie au début, n’ayant pas su s’y prendre, ont, pour couvrir leur inhabileté, crié bien haut à la difficulté du procédé, et à l’éphémère conservation du papier. Aujourd’hui nous gardons jalousement encore le préjugé né de ce cri. L’on ne fait pas de platinotypie sous prétexte que cela est très difficile et qu’on ne peut avoir de bon papier. Quelle erreur! Avec les petits appareils, qui ont mis enfin l’agrandissement dans la pratique courante, on s’est familiarisé, un peu par force, avec le papier au gélatinobromure d’argent. Eh bien! croyez-en ma journalière expérience, il est beaucoup plus difücile et plus compliqué d’avoir une épreuve réellement bonne avec le gélatino-bromure d’argent, qu’avec le papier au platine. Il est vrai que les amateurs se contentent le plus souvent d’une épreuve au gélati-

no-bromure bien loin d’être réellement bonne ! Malgré cela si loin qu’elle soit de cette bonté, elle exige des manipulations essentiellement plus minutieuses que la platinotypie.

315. — Le seul point délicat des manipulations en platinotypie est l’insolation du papier. Habituer son œil à saisir le moment où l’image semi-visible l’est en suffisance pour constituer une image complète. Mais cela est beaucoup moins difficile que d’estimer le temps de pose exact à donner à une impression sur gélatino-bromure, puisque l’on se guide sur une image peu visible, il est vrai, mais suffisamment visible, cependant, pour qu’on en suive la venue. C’est pourquoi j’estime que la platinotypie devrait être très étudiée, très répandue, jusqu’au point même de détrôner complètement les papiers à images directement visibles. Ce ne serait pas un mal pour le charme de nos yeux et l’éducation du goût général !

316. — De ce fait que la platinotypie demeure relativement assez ignorée en France, il résulte que nous n’avons pas chez nous, à proprement parler, de fabriques de papiers au platine. Chardon, autrefois avait tenté d’en créer. Je ne crois pas que l’on ait continué. Pour ma part, je ne connais guère de fabrication que celle en Angleterre de M. Willis, l’inventeur du procédé, qui a fondé la Platinotype Compagny, et celle en x\llemagne du D"* Jacoby. Ce sont au moins — si mes connaissances sont en défaut, ce qui pourrait être parfaitement — les deux meilleures marques de papiers au platine. Ceux que l’on vend chez nous, ou ailleurs, sous des marques diverses, proviennent le plus souvent de ces deux maisons.

317. — Au reste, il n’importe. Ce qu’il faut retenir de ceci c’est qu’il existe des papiers au platine et que nous pouvons, en somme, facilement nous en procurer. C’est, au demeurant, ce qu’on aura de mieux à faire. La préparation de ce papier étant un peu délicate. Néanmoins je ne me déroberai pas à vous l’indiquer. Certains, combien rares, aiment à tout faire par eux-mêmes. D’autres se trouvent, par les nécessités de la vie, trop éloignés des centres d’approvisionnement. Toutefois, il est bon de se procurer à l’avance les solutions nécessaires et que l’on dénomme « solutions normales pour le papier au platine », et que

l’on trouve dans quelques maisons de produits chimiques.

318. — Vous choisissez le papier jugé hon par vous à la reproduction de votre œuvre. Il suffit de le prendre encollé et d’éviter qu’il soit plus ou moins coloré à l’outremer. Beaucoup de papiers, dits hlancs, sont très légèrement azurés. Ceux qui le sont avec l’outremer jauniraient dans le bain d’acide chlorhydrique dont on fait usage dans le fixage. Mieux les vaudrait teintés au smalt ou au cobalt. Ces couleurs n’ont pas le défaut de l’outremer. Mieux vaut encore qu’ils ne soient pas teintés du tout.

319. — Si bien encollés qufils soient, il est toujours préférable de les réencoller à nouveau. L’image est plus fine, plus brillante, ne s’enfonçant pas dans la pâte. L’éclat de l’image, quel que soit le procédé de tirage, reste toujours en raison directe de l’encollage. Pour le papier au platine, deux modes d’encollage sont employés de préférence à tous autres. Ce sont: l’encollage à la gélatine et l’encollage à l’arrow-root. Il n’est pas indifférent d’employer l’un ou l’autre. Les résultats diffèrent suivant l’encollage choisi. Avec la gélatine, l’image prend un ton noir bleuâtre ; avec l’arrow-root un ton noir brunâtre plus ou moins sépiacé.

320. — L’encollage à la gélatine se prépare en faisant dissoudre à chaud:

Eau 800 cm3.

Gélatine blanche 10 gr.

Alun pulvérisé 3 gr.

Alcool 200 cm3.

On fait, d’une part, dissoudre la gélatine dans 600 centimètres cubes d’eau, puis, d’autre part, l’alun dans 200 centimètres cubes d’eau, on mélange les deux solutions et on leur additionne définitivement l’alcool.

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