ASPECT D UNE EPREUVE AU PLATINE APRES DÉVELOPPEMENT
(Phototype de l’auteur).
345. La visibilité de l’image insolée doit être plus nette sur le papier à froid que sur le papier à chaud. — 346. Effet du développement. — 347. La vigueur de l’image est dépendante de l’insolation. — 348. Emploi du papier à froid. — 349. De la lumière à employer pour développer. — 350. Méthode opératoire du développement par immersion. — 351. Influence de la température du bain. — 352. Développement auxiliaire. — 353. Développement au pinceau. — 354. Fixage. — 355. Moyen de reconnaître si le fixage est complet. — 356. Fixage simultané d’un grand nombre d’épreuyes. — 357. Lavage final. — 358. Variantes apportées dans le mode de développement. — 359. Conduite du développement pour une insolation incorrecte. — 360. Gomment on développe une image provenant d’un négatif mou. — 361. Emploi d’un phosphate dans le bain développateur. — 362. Emploi d’un acétate. — 363. Renforcement de l’image. — 364. Variation de couleur par effet de température. — 365. Obtention du ton sépia. — 366. Virage au cachou. — 367. Virage en tons divers. — 368, Emploi du ferrocyanure d’uranium pour le virage. — 369. Développement du papier à chaud. — 370. Restauration des épreuves jaunies par le temps.
345. — Nous avons vu quelle devait être approximalivement la visibilité d’une image tirée sur papier au platine. Sans vouloir y revenir, j’appellerai l’attention du lecteur
' sur cette visibilité. Elle doit être relativement plus nette I pour le papier se développant à froid que pour le papier se développant à chaud.
346. — Il est d’une bonne pratique de ne jamais conserver dans un carton une épreuve imprimée sur papier au
I platine et de procéder à son développement aussitôt après son insolation. L’image apparaît immédiatement dans toute son intensité et dans toute sa valeur. Elle ne saurait être plus ou moins développée tant l’effet est rapide. Elle l’est, i de fait, entièrement et à fond dès que le bain la touche.
I Qu’elle soit, dans celui-ci, une minute ou un quart d’heure,
1 elle ne se modifiera, visiblement point.
347. — La preuve de ce que j’avance est facile à cons- Itater. Prenez une épreuve insolée, projetez dessus, à l’envo-
lée, quelques gouttes du bain de développement. Là où ces gouttes adhéreront au papier l’image se développera. Attendez le temps qu’il vous plaira et plongez l’épreuve entière dans le bain développateur. L’image apparaîtra complète et il vous sera impossible de trouver une différence entre les parties touchées par les gouttes projetées et le restant de l’image.
Donc, la valeur d’une image tirée sur papier au platine dépend exclusivement, en principe, de la valeur de l’impression même et non de la durée du développement. Celui-ci, en réalité, ne développe pas. 11 se contente de faire virer au noir l’image réellement imprimée, mais dont notre vue n’a pu saisir toutes les parties, celles-ci se confondant à peu près, par leur tonalité, avec le fond jaune du papier au platine. Je viens cependant d’écrire, en 'principe^ ce qui laisse sous-entendre quelque réticence. Nous verrons, en effet, au cours de l’étude du développement qu’on peut retarder assez sensiblement l’action du développateur, pour avoir le temps d’arrêter, dans une certaine mesure, /e virage au noir de l’image avant qu’elle ait atteint son maximum d’intensité et de valeur.
348. — Je crois avoir dit que je préférais personnellement le papier au platine se développant à froid, sa commodité d’emploi étant beaucoup plus grande. Aussi est-ce ce genre de papier que je vous engage à choisir et, quoiqu’il soit le plus jeune en date, est-ce par l’élude de son mode opératoire de développement que nous allons commencer.
349. — Le développement des papiers au platine peut se faire à la lumière blanche, du moment qu’elle est sutfisamment atténuée pour ne pas impressionner le papier pendant les manipulations consistant à le retirer du châssis-presse et à le plonger dans le bain développateur. Il va de soi, dès lors, que toute lumière artificielle,' sans interposition d’écran coloré, reste utilisable.
350. — Deux ou trois cuvettes suffisent pour l’opération. On 1 es prendra à fond plan et de préférence en faïence ou en porcelaine.
L’une contiendra le développateur, qui n’est autre qu’une solution aqueuse d’oxalate neutre de potassium. Son tilre importe assez peu, en somme. Comme l’oxalate est un pro-
fluit peu coûteux et que la solution peut servir quasi indéfiniment, on emploie généralement cette solution à saturation. La solubilité de l’oxalate de potassium étant do 33 p. 100, à la température normale, on fera bouillir de l’eau pendant quelques instants, puis prenant un litre de cette eau bouillante on y ajoutera 400 grammes environ d’oxalate neutre de potassium. Tout sera dissous. On filtrera sur ouate hydrophile aussitôt après la dissolution. Par refroidissement l’excédent d’oxalate cristallisera au fond du flacon. De celte façon, quelles que soient les variations de température, dans le laboratoire, la solution se trouvera toujours saturée, les cristaux en excédent fournissant la saturation correspondant à une élévation de température.
Pour l’usage, cette solution sera étendue de son volume d’eau, soit 100 centimètres cubes de solution et 100 centimètres cubes d’eau. Bien que le procédé soit dit à froide le bain développateur doit être à une température de 20 à 30° G. En été, c’est chose facile. En hiver, il suffira d’employer de l’eau chaude pour faire la dilution. Combien de belles épreuves ai-je eues en ne tiédissant pas le bain! Mais, en somme, c’est cependant plus sûr de tiédir, si besoin.
L’autre cuvette, ou les autres cuvettes, contiendra une solution très diluée d’acide chlorhydrique (15 centimètres cubes d’acide chlorhydrique pour 1000 centimètres cubes d’eau).
Ce matériel, fort simple, installé, vous glissez rapidement l’épreuve, face en dessous, dans le bain développateur. Rapidement, ne veut pas dire brusquement. Si vous agissiez, en effet, avec brusquerie, vous amèneriez fatalement des bulles d’air à la surface du papier, et aussi l’image en contact avec le fond de la cuvette, d’où des parties qui ne se développeraien t pas en même temps que les autres( voir 352 ). Comme je l’ai dit, l’image apparaît immédiatement. En quelques secondes (cinq à dix), elle est complète.
351. — Avec une solution, tout à fait froide, cette durée de développement est augmentée du double et même davantage. Ceci serait un mérite puisqu’il deviendrait loisible, dans une très courte mesure, il est vrai, mais dans une mesure cependant, d’arrêter le développement avant son action complète, si l’on jugeait que l’insolation a été trop poussée. Par
malheur, si le bain froid a cet avantage et si, comme je l’ai constaté, il peut donner des images parfaites, il fait courir les risques d’obtenir quelquefois des épreuves granulées. Pourquoi? Je l’ignore. Mais le fait se voit.
352. — Au cas où, malgré le soin apporté au glissement de bépreuve dans le développement, il se serait produit des bulles d’air ou des contacts ayant produit des taches, on redéveloppe à nouveau, face en dessus, alors, et en balançant légèrement pour faire bien rouler le liquide sur toute la surface de l’épreuve. Il n’y aurait donc pas, en réalité, à se préoccuper des bulles d’air ni des contacts, puisque l’enlèvement des taches qu’ils forment est si facile. Nous devons cependant garder cette préoccupation. Il m’est, en effet, arrivé très rarement mais cependant quelquefois, pour des causes inconnues, que l’image, une fois sèche, les taches invisibles au développement se montraient alors.
353. — Cette propriété particulière de l’image au platine, de se développer à une intensité absolument dépendante de la durée de l’insolation, sans monter en valeur alors que cette intensité est acquise, permet un autre genre de développement. Il consiste à tremper un large pinceau, ou une touffe de coton, dans la liqueur développatrice et d’en badigeonner, simplement en tous sens et à plusieurs reprises, la surface de l’épreuve. Toutefois, ce mode deprocéder ne peut être employé avec efficacité que dans le cas où nous avons la certitude absolue que l’épreuve a été correctement insolée. Le pourquoi en est simple. Il devient à peu près impossible, en agissant ainsi, d’arrêter là venue de l’image avant sa complète intensité donc de remédier à un excès de pose par un arrêt brusque de l’action du développateur.
354. — Sitôt rimage venue, elle est plongée dans la seconde cuvette contenant l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique, suivant le taux que j’ai indiqué. C’est son mode de fixage.
Dès qu’elle est en contact avec cette solution, l’épreuve perd graduellement le ton jaune-serin qui forme le fond de l’image. Celle ci s’éclaircit donc et ses blancs apparaissent. Pour que le résultat soit plus complet, l’eau étant acidulée à un très faible titre — qu’il est bon de ne pas élever pour conserver à la pâte du papier toute sa consistance — on
réitère l’opération une seconde et même une troisième fois, soit en renouvelant le bain fixateur, soit en passant l’épreuve dans une seconde et même une troisième cuvette contenant l’acide chlorhydrique dilué. Soumise ainsi à l’action de trois bains successifs, pendant une durée d’environ cinq minutes dans chaque bain, l’imag-e se montre parfaitement pure et prête pour le lavage final.
355. — Au demeurant, on possède un point de repère pour reconnaître si le fixage est complet. En employant de l’acide chlorhydrique pur, par conséquent parfaitement incolore, la solution se présente, par cela même incolore, aussi. Or, Eépreuve, en se dépouillant, teinte légèrement la solution en jaune. Si au bout de cinq minutes d’immersion de l’image dans la troisième cuvette, la solution fixatrice ne présente aucune trace de coloration, on peut être assuré que le fixage est parfaitement achevé.
356. — Dans le cas où l’on aurait beaucoup d’épreuves à traiter, on peut diluer de deux à quatre fois son volume d’eau la solution de la première cuvette fixatrice, et y laisser séjourner les épreuves que l’on développe successivement. Ce ne sera alors qu’au moment où toutes les épreuves à traiter seront dans ce bain qu’on procédera au passage dans le second et dans le troisième bain.
357. — Quant au lavage tinal, il n’a pour but que d’enlever au papier toute trace d’acide provenant des bains de fixage. Il n^a donc pas besoin d’être très prolongé. On peut même le raccourcir encore en employant, comme première eau de lavage, un bain légèrement alcalin. Ce n’est point d’un intérêt primordial, attendu qu’après il faudra laver tout autant pour faire disparaître le chlorure formé. Au bout d’un quart d’heure, en changeant l’eau de la cuvette trois à cinq fois on peut estimer le lavage suffisant. Ne le seraitil pas que très peu de temps après le séchage, on verrait les blancs de l’image prendre une teinte légèrement jaune.
358. — Tel est le procédé dans toute sa pureté primitive. Nous allons en voir quelques variantes intéressantes.
Notons, tout d’abord, qu’en ajoutant au bain de développement des colloïdes comme la gélatine, la gomme adragante, l’amidon ou même certains corps comme le sucre candi, dans des proportions diverses, l’on modifie la tonalité
de l’épreuve qui peut alors passer du noir au brun chaud et au sépia.
D’autre part, projetez sur votre photocopie, non encore développée, des gouttelettes de glycérine et plongez-la après dans le développateur. Un phénomène curieux se passera. L’image n’apparaîtra que lentement sur tous les points touchés par la glycérine, pour se compléter, à la longue, définitivement sans laisser de traces. Cette remarquable action de la glycérine semblait faite pour nous ouvrir tout un horizon. Dans des mains habiles, appartenant à un praticien intelligent et de goût, la glycérine permet donc d’arrêter le développement avant que l’image soit venue à fond, par conséquent de sauver une épreuve surexposée, si la glycérine est ajoutée comme retardateur au bain de développement, ou bien elle permet de retarder la venue, à fond, de certaines parties de l’image, si l’on a badigeonné préalablement ces parties avec de la glycérine, avant de mettre l’épreuve dans le développateur. Par ce dernier moyen, on peut ainsi localiser l’action du bain. C’est un point très intéressant à retenir. Nous verrons, tout à l’heure, comment il peut conduire à l’obtention de la véritable épreuve d’art. Ce sera même le premier moyen sérieux que nous aurons rencontré depuis le commencement du présent volume.
Je retiendrai beaucoup moins l’adjonction de la glycérine au bain développateur. Certes elle permet de sauver une épreuve surexposée. Mais tous ceux qui ont étudié le procédé ont pu remarquer, comme moi, que cette action retardatrice, si séduisante, avait quelquefois cet effet fâcheux de diminuer l’étendue de la gamme des demi-teintes. Or, je le répète, le procédé au platine possède une gamme de demiteintes merveilleusement étendue, surtout dans les tonalités extralégères, allant du gris pâle au blanc. Je ne vois aucun procédé photographique qui puisse, en cela, lui être comparé. Quand on songe à cette qualité de premier ordre, et à la facilité d’emploi du papier au platine, on demeure confondu en constatant que les amateurs songent si peu à s’en servir. Tous les amateurs, quel que soit le genre de photographie qu’ils préfèrent, ne devraient jamais faire emploi que du papier au platine comme papier courant. Je l’avoue, en toute sincérité, malgré les foudres que vont me lancer
les fabricants de papiers à image directement visible. La glycérine donc, dans le développateur, diminue l’étendue de la gamme des teintes, soit par diminution ou suppression totale des fines délicatesses des hautes lumières, soit par harmonisation des tons foncés, soit, le plus souvent, par la combinaison de ces deux effets. Une conclusion s’impose : rechercher à insoler au point juste plutôt que d’avoir recours à l’adjonction de la glycérine dans le bain de développement.
359. — Je préfère, au cas ou l’on craint de ne pas avoir insolé juste, faire usage d’une méthode préconisée par M. Chêneau. C’est une méthode qu’on pourrait dénommer rationnelle, si le mot n’était pas un peu prétentieux. Elle permet, en effet, de conduire, pour ainsi dire, le développement et d’arriver à l’obtention d’une bonne image dans les cas où la durée de l’exposition n’a pas été correcte.
Comme réserve on prépare les trois solutions suivantes :
A. Solution saturée d'oxalate neutre de potassium;
B. Solution saturée d’acide oxalique ;
G. Solution saturée de formiate de soude.
La solution A sera saturée à 33 p. 100; la solution B à 8 p. 100 et la solution C à 30 p. 100.
Si le papier au platine a reçu une exposition correcte vous constituerez un développateur normal en prenant :
Eau distillée 60 cm^.
Solution A 60 —
La durée de l’insolation a-t-elle été insuffisante ?
Vous ajouterez au bain normal ci-dessus quelques gouttes de la solution A et vous continuerez l’addition jusqu’à ce que l’image se montre. Si l’insuffisance n’a pas été trop loin de la suffisance, vous obtiendrez votre image.
L’exposition, au contraire, a-t-elle été outrepassée?
Vous ajouterez au bain quelques gouttes de la solution B. Cette solution agissant comme un modérateur énergique empêchera l’intensité de venir trop vite et avant que les détails des demi-teintes soient complètement montés.
On voit donc, en réalité, qu’on peut jouer de la solution A
et de la solution B comme on joue, dans le développement d’un phototype négatif de la solution d’alcalin et de la solution de bromure de potassium.
Quant à la solution G, elle reste toujours en même proportion dans le bain développateur, mais il est nécessaire qu’elle y soit. Elle intervient dans le développement par une sorte de mise en train de la réaction de Eoxalate neutre de potassium sur les sels sensibles du papier et pour égaliser Faction du noircissement de l’image.
Donc ce procédé permet, en somme et dans certaines latitudes, de contrôler la venue de l’image.
360. — Il est très intéressant encore, lorsque l’on veut tirer des épreuves avec des phototypes négatifs un peu mous, d’avoir en main un moyen susceptible d’augmenter les contrastes. M. Paul de Janko en a préconisé un très simple.
On compose le développateur comme suit :
Eau distillée 70 cm3
Solution saturée d’oxalate neutre de potassium... 40 — Solution de persulfate d’ammonium au 1/20^ 10 —
On augmente encore plus le contraste en diminuant la quantité d’eau et en augmentant celle de la solution de persulfate. Comme maximum, la quantité d’eau peut être réduite à 40 centimètres cubes et la quantité de persulfate portée à 40 centimètres cubes. En dépassant ces limites extrêmes, l’image au lieu de prendre le beau ton noir du platine, affecterait une tonalité brune peu flatteuse.
361. — Toutefois, le noir donné par l’oxalate neutre de potassium est toujours bleuté. Ce n’est pas le noir le plus favorable à beaucoup de sujets. De plus, il est toujours bon, dans un procédé, de chercher à éviter l’uniformité trop exclusive d’une seule et même tonalité. C’est pourquoi l’on a cherché à remplacer l’oxalate par d’autres réducteurs, ou à lui allier d’autres produits.
Le produit s’alliant le mieux dans l’espèce à l’oxalate de potassium est le phosphate de potassium. Un bain communément employé d’oxalate-phosphate est le suivant *
Eau distillée 1 000 cm^.
Oxalate neutre de potassium 100 gr.
Phosphate de potassium 50 gr.
Quant au problème du remplacement, on a trouvé différentes solutions. D’abord le tartrate double de potassium et de sodium, le sel de Seignette des pharmaciens. Il permet d’obtenir des tons d’un noir chaud, allant franchement même au sépia^ lorsque le papier au platine, dont on se sert, a été préalablement encollé à l’arrow-root.
La tonalité donnée par un développement, avec une simple solution de tartrate double de potassium et de sodium, peut être d’ailleurs encore accentuée vers les tonalités noir chaud par des additions d’un sel de potassium: sulfate, chlorure ou phosphate.
Vous aurez, par exemple, de superbes noirs veloutés en employant la formule :
Eau 1 000 cm3.
Tartrate double de potassium et de sodium... 150 gr.
Phosphate de potassium 30 gr.
Sulfate de potassium 4 gr.
362. — Avec une solution simple d’acétate de sodium, à saturation, vous obtiendrez un excellent développateur, ne donnant pas absolument les mêmes tonalités que Poxalate neutre de potassium ou le tartrate double de potassium et de sodium.
Notons, toutefois, que ce procédé à l’acétate de sodium a souvent le défaut d’amener la coloration jaunâtre des blancs. Cet accident provient de la formation, dans la pâte du papier, d’un acétate ferrique. Le bain ordinaire de fixage à l’acide chlorhydrique demeure impuissant à faire disparaître ce sel. Pour éviter ce jaunissement des blancs, il est bon d’acidifier la solution d’acétate de sodium par un acide organique: acide oxalique, acide citrique, etc.
A mon avis, la préférence doit être donnée à Tacide citrique.
363. — Lorsqu’une épreuve, sur papier au platine, n’a pas été suffisamment insolée pour obtenir une image d’intensité convenable, mais l’a été cependant suffisamment pour que ladite image soit parfaitement complète dans toutes ses parties, il arrive alors que l’épreuve se montre comme affadie. Si on pouvait la renforcer, elle deviendrait irréprochable. Mais peut-on renforcer une épreuve au platine? Parfaitement. Toutefois les procédés susceptibles de
renforcer l’image aux sels d’argent n’ont aucune efficacité sur les sels de fer ou de platine. C’est probablement parce que l’on a cherché à faire usage de ces procédés que l’on a toujours répondu par la négative à la question précédente.
Le renforçateur qu’il faut employer dans l’espèce a été indiqué par M. Hübl. Il est d’une simplicité remarquable comme constitution, comme mode d’emploi, comme contrôle de ses effets.
On prépare, séparément, les deux solutions suivantes :
^ j Eau distillée 100 cm^.
\ Formiate de sodium 10 gr.
( Eau distillée 100 cm^.
I Perchlorure de platine 2 gr.
Je vous ferai remarquer qu’il s’agit de perchlorure de 'platine.^ en équivalents PtCP, et non pas de chloroplatinite.
A l’aide de ces deux solutions, vous établissez votre bain de renforcement comme suit :
Eau distillée 100 cm^.
Solution A 5 —
Solution B 5 —
L’image, remouillée, si elle est sèche, est immergée
dans ce bain. On la voit bientôt gagner lentement en intensité. On arrête dès que cette intensité est jugée suffisante, on lave et l’on met à sécher.
364. — Quelques travailleurs se sont mis à rechercher les moyens de faire varier la coloration noire des photocopies au platine. M. Lainer s’est livré à de nombreuses expériences en ce sens. Il a remarqué que la température du bain présente une influence très marquée sur la tonalité générale des épreuves. Dans un bain de développement, à froid, composé de:
Eau distillée 1 000 cm^.
Oxalate neutre de potassium 300 gr.
Acide oxalique 10 gr.
les papiers, encollés à la gélatine, donnent des tons variant du vert au noir pur. Ceux encollés à l’arrow-root présentent presque consfamment des tons bruns. Porle-t-on le bain à une température élevée ? La tonalité de l’épreuve
se montre plus chaude. En revanche, les blancs perdent un peu de leur pureté.
Par exemple, des épreuves développées avec un bain porté à 80°G offrent des noirs bien moins francs que celles développées avec un bain marquant seulement 40°C. Une augmentation d’acide oxalique modifie peu la tonalité générale. Par contre, la dilution du bain tend aune coloration brunâtre des ombres. A la température de 50°G le bain semble donner à l’épreuve son maximum d’intensité en noir.
365. — On arrive à l’obtention de tons nettement sépia en ajoutant au bain développateur, pour chaque centaine de centimètres cubes, 15 à 30 centimètres cubes d’une solution de bicblorure de mercure à 7 p. 100. Les tons sont bien plus beaux et le bain opère d’une façon hein plus régulière lorsqu’on porte sa température à 30°G. Il faut constater, toutefois, que le ton est beaucoup plus riche si le bicblorure de mercure a été ajouté directement à la solution sensibilisatrice. M. Willis, l’inventeur du procédé au platine, a merne démontré que la coloration obtenue par addition de bicblorure de mercure au bain de développement manque d’homogénéité. Le dépôt, en effet, s’effectue également sur toute la surface de l’image. Les parties vigoureusement insolées ne reçoivent donc, par rapport aux parties qui le sont moins, qu’un dépôt insuffisant pour la grande quantité de sel ferrique réduit qu’elles contiennent.
Par conséquent, si vous désirez sensibiliser une feuille de papier donnant des tons sépia^ à défaut du papier platinotype spécialement vendu pour ce ton dans le commerce, il sera bon d’employer, par exemple, la formule suivante:
Solution de chloroplatinite de potassium 6 cm^.
Solution normale de fer 3
Solution de chlorate de fer 2 cni^.
Solution do bicblorure de mercure à 7 p. 100 1 —
M. Willis estime que, dans ce cas, il faut modifier le bain simple d’oxalate en lui ajoutant de l’acide oxalique. Soit:
Solution saturée d’oxalate neutre de potassium. 1 000 cm=^.
— d’acide oxalique au 1 /20c 400 —
Au cas oii l’on voudrait développer au pinceau, au lieu d’immerger dans une cuvette, il recommande d’ajouter au
2b4 LE TIRAGE DES ÉPREUVES EN PHOTOGRAPHIE.
développateur 600 centimètres cubes de glycérine. Je fais sur cette addition toutes les réserves que nécessitent ce que j’ai dit plus haut sur l’emploi de la glycérine.
Le D' Jacoby préconise un bain analogue, mais avec addition de phosphate et de sulfate pour les papiers lisse et à gros grain. Il fait même varier la dose d’oxalate suivant le grain du papier, on a ainsi :