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III. Pour papier torchon

Eau 1 000 cm3.

Oxalate neutre de potassium 340 gr.

Nota: A chacun de ces bains, il faut ajouter 100 centimètres cubes d’une solution d’acide oxalique saturée à froid.

L’épreuve sépia ainsi obtenue sera fixée plutôt dans une solution faible d’acide oxalique que dans une solution faible d’acide chlorhydrique. Notez, dans ce cas, que l’acide oxalique a des tendances à faire baisser le ton de l’épreuve au séchage, tandis qu’au contraire, l’acide chlorhydrique a des tendances à le faire monter.

En dehors du changement de teinte par développement, ou sensibilisation du papier, on a cherché à obtenir ce changement par des virages.

366. — M. J. Packham a tout d’abord préconisé le virage au cachou. Très communément employé dans l’industrie pour la teinture en brun des matières textiles, le cachou est facile à se procurer. Extrait de différentes parties de plusieurs espèces de plantes et notamment de V acacia catechu.^ il se compose de tannin, d’un principe extractif amer, et d^’une substance, sorte de mucilage, qu’on a longtemps regardé comme une tare. A l’état pur, il est fragile, compact, sa

cassure se présente brillante, d’une couleur approchant celle de la châtaigne, et il est très soluble dans Peau.

Ce produit semble montrer une très grande affinité pour le dépôt métallique de platine. En considération de cette affinité très grande, l’image platinique ne doit pas présenter la moindre trace de voile. Si léger fùt-il, le cachou agirait sur lui. Les blancs prendraient alors une coloration très nette.

Faits à remarquer: 1° Les anciennes épreuves virent beaucoup mieux que les épreuves récentes; 2“ radjonction au développement de substances organiques telles que la glycose, le sucre ou le miel, augmente d’une façon sensible le pouvoir absorbant du platine.

Il semble donc d’une bonne pratique, quand on veut virer une épreuve au cachou, de la développer tout d’abord dans un développaleur contenant l’une de ces substances. Soit un bain semblable ou analogue au suivant :

Eau 1400 cm3.

Oxalate neutre de potassium 70 gr.

Sucre de canne 3gr,5

' Faire bouillir le tout ensemble pendant une dizaine de minutes. Laisser reposer et refroidir jusqu’à 30°G. A ce moment immerger l’épreuve insolée pour la développer.

Quant à la solution de cachou, elle sera faite avec 7 grammes de cachou finement pulvérisé, additionnés à d’autres matières colorantes, suivant notre goût ou nos besoins, qu’on mélangera à 140 centimètres cubes d’eau. Ce mélange devra bouillir pendant trois à quatre minutes. Après refroidissement complet on y ajoutera 30 centimètres cubes d’alcool à 40°. Dans des flacons bien bouchés, celte solution se conserve très longtemps.

Veut-on virer une platinotypie? On prendra 60 centimètres cubes d’eau à la température de 35°C et l’on y ajoutera 15 à 20 centimètres cubes de la solution de cachou. Cette mixture sera versée sur l'épreuve, et on l’y gardera jusqu’à l’obtention de la teinte voulue. Quelques minutes suffisent en général.

On peut effectuer ce virage à froid. Cela est plus commode que de tenir, même pendant quelques minutes seulement,

la solution virante à la même température à moins de maintenir la cuvette sur une brique chaude. Seulement, dans ce cas, la durée d’action se trouve considérablement augmentée. Elle peut facilement atteindre une heure.

Si le virage rougissait par trop, il serait bon de lui ajouter un peu d’oxalate neutre de potassium.

367. — M. A. -P. Smith préconise, pour virer les papiers au platine, une autre méthode, remarquable par la très grande échelle de tons qu’elle fournit. Pour l’employer, on lait tout d’abord, en flacons séparés, les quatre solutions suivantes :

A. Eau 500 cm^. ,

Oxalate neutre de potassium 100 gr.

B. Eau 250 cm^.

Chlorure de cuivre Ssi'jS

G. Eau 500 cm^.

Chlorure de mercure 28 gr,

D. Eau 100 cm3.

Acétate de plomb » 2 gr.

On constitue le bain de développement, en mélangeant soigneusement, et dans l’ordre ci-dessous indiqué, ces différentes solutions en prenant d’elles les quantités suivantes:

A 170 cm3

Au mélange, il se forme un précipité. Il suffît de chauffer légèrement pour le faire disparaître, mais il n’est nullement nécessaire de chauffer au delà de cette suffisance.

Les résultats sont bien meilleurs en développant à chaud.

J’avoue n’avoir pas encore eu l’occasion d’expérimenter ce procédé. Je vous le donne parce qu’« 'priori il me paraît intéressant.

368. — Il va de soi que l’on ait cherché à employer les virages aux ferrocyanures d’uranium, dont nous avons vu tout le mécanisme au sujet des papiers au gélatino-bromure d’argent. Cela réussit généralement assez bien. A remarquer, toutefois, qu’en présence d’une image au platine, il semble bon que le bain contienne, non seulement toujours de l’acide

acétique, cristallisable, mais encore du sulfate de sodium cristallisé. Suivant le ton que l’on désire, on fera varier les proportions d’azotate d’uranium et de ferricyanure de potassium, suivant les indications fournies pour le papier au gélatino-bromure d’argent.

Comme exemple, vous obtenez un joli ton sépia avec la formule suivante :

Eau distillée 1 000 cm^.

Azotate d’uranium .... 2 gr.

Ferricyanure de potassium 2 gr.

Sulfate de sodium cristallisé 2 gr.

Acide acétique cristallisable 60 cm^.

Comme avec tous les virages à un sel d’uranium, les blancs jaunissent et on doit laver jusqu’à ce qu’ils soient récupérés. On peut encore les aviver en passant dessus un pinceau trempé dans l’ammoniaque à 0,880 que l’on aura diluée dans les proportions de 1 volume d’ammoniaque pour 3 volumes d’eau.

Tous ces virages peuvent amener à des effets charmants. Je n’en disconviens aucunement. Mais ce n’est pas moi qui vous garantirai la stabilité des épreuves ainsi virées.

369. — Je terminerai en disant un mot du développement du papier dit à chaud^ le premier genre de papier au platine que nous ayons eu. Ce développement ne diffère du développement à froid que par deux particularités :

1“ La solution d’oxalate neutre de potassium doit être très concentrée, 33 p. 100, c’est-à-dire la saturation;

2° La température du bain doit être portée, au minimum, à 76®C. Au-dessous de cette température, nous n’aurions que des images tachetées et granuleuses ; au-dessus aucun accident à craindre mais grande difficulté de manipulation. Déjà à 76°C nos doigts trouvent le bain un peu chaud.

Notons que le papier à chaud est beaucoup plus sensible encore à l’humidité que le papier à froid. Il s’altérera donc infailliblement si on le laisse trop en contact avec la vapeur provenant delà solution chaude. Le glissement de l’épreuve insolée dans le bain devra par conséquent se faire avec la plus grande rapidité possible.

L’apparition de l’image est encore plus spontanée que dans le développement à froid.

2b8 LE TIRAGE DES ÉPREUVES EN PHOTOGRAPHIE.

Si Ton avait beaucoup d’épreuves à développer, il faudrait placer la cuvette sur un lit de sable bien chauffé, afin de maintenir ce bain à une température constante.

Ce sont là, vraiment, bien des arias, puisque maintenant nous avons le papier à froid et que nous pouvons obtenir avec lui d’aussi beaux résultats, au moins, qu’avec le papier à chaud. Au reste, il me semble bien, qu’à moins de demande spéciale, les marchands ne vendent plus en France que du papier à froid. En cela ils ont bien raison.

370. — Un mot pour terminer. Les papiers supportant l’image jaunissent généralement à l’air. Toutefois, comme les épreuves au platine offrent une grande solidité, on peut aisément restaurer ces épreuves en redonnant au papier sa blancheur première par une immersion dans un bain d’hypochlorite de sodium. Ce bain se compose de 5 parties d’hypochlorite pour 100 parties d’eau. On laisse agir, renouvelant le bain jusqu’à parfait blanchiment. Vous lavez ensuite avec soin, ajoutant quelques gouttes d’acide chlorhydrique à l’eau de lavage, pour neutraliser l’hypochlorite contenu dans le papier. Aucune demi-teinte, aucun détail ne disparaît. S’il y a des taches d’encre ou de graisse, elles disparaissent également, ces dernières ayant été préalablement tamponnées au papier Joseph imbibé de benzine. C’est simple et d’une réussite absolue.

LA PLATINOTYPIE ARTISTIQUE

371. Possibilité du travail artistique avec la platinotypie. — 372. Travail au pinceau et à la glycérine. — 373. Mode opératoire. — 374. Critique de la méthode. — 375. Glycérine et papier buvard. — 376. Gomment Timage doit être insolée. — 377. La sortie du châssis presse. — 378. Imbibition préalable par la glycérine. — 379. Application de la liqueur développatrice. — 380. Le maniement du buvard. — 381. La solution développatrice. — 382. Variation de coloration dans certaines parties de l’image. — 383. Fixation de l’image. — 384. Particularité du bain de fixage. — 385. Lavage à l’eau acidulée. — 386. Le sel de platine ajouté au bain de développement. — 387. Le choix du papier. — 388. Constitution de la liqueur sensibilisatrice. — ■ 389. Formation du bain de développement. — 390. Deux mots de chimie.

371. — Quand on veut faire deTart^rrr la photographie, il faut que le papier employé au tirage de l’épreuve puisse procurer à l’artiste une assez grande liberté d’action. Celle que fournissent les papiers que nous avons vu dans les deux premiers livres en laissent bien peu. Ce peu étant encore diminué par la gêne du travail. Toute modification possible, par l’emploi des développements locaux au pinceau ne peut être effectuée que sous une lumière inactinique, partant assez impropre à nous permettre de juger toute la valeur de notre action, déjà très limitée d’ailleurs.

Le papier au platine, pouvant être travaillé à la lumière diurne, atténuée il est vrai, mais lumière diurne cependant, nous laisse déjà meilleurs juges des traitements que nous pouvons lui faire subir. C’est donc, en somme, le premier papier que nous rencontrons, susceptible de nous permettre un travail artistique, forçant ici une valeur, la diminuant là, ou nous offrant la possibilité même de la supprimer totalement de ce côté. Yoilà bien, ce me semble, le vrai travail, quand on vise à l’art 'par la photographie, permettant justement d^’atteindre à l’œuvre d’art.

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