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Les premiers essais dirigés, dans ce sens, se

sont appuyés sur la propriété retardatrice de la glycérine dont je vous ai entretenus. On lui a même donné le nom de 'procédé à la glycérine. Avec lui, nous n’avons déjà plus cette automaticité mécanique si chère aux vulgaires photographes mais si horripilante pour le véritable artiste. Ayant la priorité, nous lui devons l’honneur du premier rang.

Après une insolation de l’image, effectuée comme de coutume, le développement se fait non plus par immersion, mais à l’aide de pinceaux, ou de brosses, trempés dans une solution d’oxalate neutre de potassium. En se contentant d’un simple badigeonnage, nous n’aurions pas, comme je l’ai dit déjà, un effet autre que celui produit par l’immersion totale de l’image dans le développateur.

Donc, au lieu de badigeonner pleinement toute l’épreuve, on ne passe le pinceau que progressivement sur les parties qu’on désire faire apparaître. Etant donné le mécanisme de cette apparition, on aurait tôt fait d’obtenir une image complète à l’intensité voulue sans que notre intervention ait rien modifié, même en ayant agi avec une solution très froide. Il faut donc que la liqueur développatrice soit telle que son action se trouve assez retardée, et, pour fournir à l’opérateur le loisir de conduire son travail à son gré, et, pour empêcher les développements locaux de laisser des lignes de démarcation sur l’image finale.

C’est à la glycérine, aussi pure que possible, que l’on a eu recours pour atteindre à ce but.

373. — Retirée du châssis-presse, l’épreuve est fixée sur une planche à dessin, avec quatre punaises plantées à ses angles, de façon qu’elle présente une surface bien plane. Yersez alors dessus une petite quantité de glycérine et étendez-la sur toute la surface de la feuille, soit avec le doigt ou la paume de la main, soit mieux encore, avec un tampon d’ouate recouvert d’un morceau de toile fine ou de soie. Ce dernier moyen devient même nécessaire par les temps froids, durant lesquels la glycérine se présente particulièrement agglutinante. Au demeurant, on peut la faire légèrement tiédir.

Frottez bien, en tous sens, votre épreuve et n’épargnez pas la glycérine. Si excédent il y a, vous l’enlèverez, après, avec un autre tampon d’ouate bien sec.

LA PLATINOTYPIE ARTISTIQUE.

A portée de votre main, vous avez rangé, en ordre invariable, quatre godets, un peu profonds, contenant une solution développatrice à dose spéciale.

Le n® 1 contiendra de la glycérine pure;

Le n® 2 contiendra 4 parties de glycérine et 1 partie d’une solution d’oxalate neutre de potassium à un titre quelconque. Ce qu’il importe c’est que cette solution soit la même que celle que l’on emploiera dans les autres godets.

Le n® 3 contiendra parties égales de glycérine et de la solution d’oxalate.

Le n® 4 contiendra de la solution d’oxalate pure.

Les quatre godets constitueront, pour nous, une véritable palette. Quant aux pinceaux et aux brosses vous les choisirez de grosseur et de forme propices au travail que vous voulez exécuter ou à la facilité d’emploi que vous leur connaîtrez. Le principal est que les pinceaux et les brosses, affectés à tel ou tel godet, ne soient pas employés, au cours du travail, pour un godet autre.

On commence par tremper un pinceau de dimension moyenne dans le godet n® 2 et on le passe rapidement et également sur toute la surface de l’épreuve. Ou, ce qui est beaucoup mieux, sur la totalité de l’image, moins, les ombres profondes. Gela est facile puisque ce sont justement ces ombres profondes qui sont visibles sur l’épreuve à la sortie du châssis-presse. Donc, en réalité, par ce traitement, les grandes demi-teintes et les hautes lumières viendront seules et elles viendront suffisamment lentement pour qu^on puisse en contrôler la venue. Par conséquent, si Ton sent que quelques parties vont venir trop vite, partant qu’elles vont se montrer trop intenses au moment de la finalité, on trempe vivement un pinceau dans le godet n® 1, celui à la glycérine pure, et on en touche rigoureusement la partie à retarder. Cet attouchement peut être d’autant plus répété qu’on veut retarder plus la montée en intensité de la partie touchée.

Au contraire, se trouve-t-il dans ces grandes demi-teintes et dans ces hautes lumières, des parties qu’on désire accentuer plus que d’autres environnantes? on les touche avec le pinceau chargé de la solution n® 3, celle contenant une proportion plus forte d’oxalate par rapport à la glycérine.

âÔ2 LE TIRAGE DES ÉPREUVES EN PHOTOGRAPHIE.

Quand l’épreuve se dessinera bien ainsi dans les rapports de valeurs qu’on veut lui donner, on touchera vivement les grandes ombres, laissées volontairement de côté, avec un pinceau, trempé, suivant le cas, dans le godet n® 2 ou le godet n° 3. A ce moment, mais à ce moment seulement, on donnera les traits de force là où l’on juge qu’ils doivent être, en touchant les parties où ces traits de force doivent se montrer, avec la solution du godet n° 4.

Dès que l’effet désiré est atteint, on arrête toute action développatrice en plongeant rapidement l’image dans la solution d’acide chlorhydrique.

374. — Evidemment, la méthode semble assez simple et éminemment propice à se prêter à tous les desiderata de l’artiste. Je dis semble^ alors que je pourrais dire est^ car elle est réellement. Ce qui motive cette restriction, c’est la trop grande rapidité d’action que Eartiste est obligé d’apporter à tous ses coups de pinceau. On comprend, de reste, n’est-ce pas, que pour bien juger de l’harmonie générale et atteindre à la perfection de l’effet voulu, il faut que tous les badigeonnages se fassent pendant que toutes les parties montent toujours, permettant ainsi l’arrêt brusque au moment voulu. Or, si nette que soit l’action retardatrice de la glycérine, elle a des limites qui exigent de la part de l’opérateur une grande sûreté de décision et une grande rapidité de travail. De plus, les attouchements doivent être exécutés de telle sorte, que les bords des touches ne produisent pas de cernes. Tout cela peut encore être acquis à la rigueur. Ce qui l’est moins, c’est la certitude d’obtenir une harmonie complète de ton dans les parties ainsi développées. Difficulté analogue à celle que présentent les développements locaux des papiers au gélatino-bromure d’argent par l’emploi de la solution de bromure combinée avec la solution développatrice. Je sais bien qu’on peut se tirer d’affaire en virant ultérieurement l’épreuve. Mais je l’ai dit et je le répète, je crois que tout virage fait perdre à l’épreuve peu ou prou de sa stabilité.

375. — Ce qu’il faut, c’est travailler le procédé, dont les résultats artistiques sont en somme très réels, pour l’amener à une pratique sûre. Cette étude a déjà été tenté epar MM, A. S teiglitz et Joseph T. lieiley. Le principe de la

LA PLATINOTŸPIË ARTISTIQUE.

modification qu’ils ont apportée au développement artistique de l’image platinotype est l’emploi de papier buvard. Ces messieurs furent amenés à cet emploi en reconnaissant qu’il était indispensable d!enlever l’excès de la glycérine étendue uniformément sur l’image, celle-ci laissant encore trop pénétrer la liqueur développatrice, et, lorsqu’elle est en excès, enlevant infailliblement les très légères demi-teintes, lorsqu’on a affaire à une image dont la dominante reste la légèreté de teinte. Du reste, voici les principes qui résultent de l’étude de MM. Steiglitz et Keiley sur la platinotypie artistique.

376. — I. Limage doit être insolée comme d'habitude^ mais en poussant P impression un peu joins loin.

Il faut entendre par là que tous les détails des lumières doivent être visibles, sans se préoccuper de savoir si les ombres ne seront pas trop fortes. Ce dont, au contraire, on doit fort s’inquiéter, comme nous l’avons vu, dans le procédé ordinaire. Le négatif qui présentera la meilleure graduation de ton sera donc le meilleur. Quant au papier, on le prendra à son goût, mais on tiendra compte que les papiers épais sont beaucoup plus faciles à travailler que les papiers minces.

377. — II. Retirée du châssis-joresse^ P épreuve est mise sur une feuille de verre, face en dessus.

Cette plaque devra être plus grande que l’épreuve et assez lourde pour être moins fragile. On devra la nettoyer à fond, surtout lorsqu’elle aura déjà servi. Il ne faudrait pas qu’elle gardât à sa surface des traces de développateur.

Tout naturellement, la planéité du papier s’impose. On facilite la tenue de cette planéité, en même temps que l’adhérence au verre, en frottant préalablement la surface de celui-ci avec un peu de glycérine.

378. — III. A P aide dun large pinceau, on recouvre entièrement , régulièrement , P épreuve dune couche de glycérine.

Pour les papiers lisses, un large blaireau plat suffira. Pour les papiers rugueux, mieux vaut faire usage d’une brosse ronde en soies de porcs, ou mieux en poils de veau, car s’il faut pénétrer dans les creux de la surface du papier, on doit aussi avoir cependant soin de ne pas griffer la couche sensible.

379. — IV. On enlève l'excès de glycérine, en appliquant et en pressant sur V épreuve une feuille de papier buvard de sa dimension. On recouvrira ensuite V épreuve, à l'aide de divers pinceaux, d'une légère couche de la solution développatrice.Deux solutions suffisent : é une d' oxalate pure ;V autre formée de parties égales de la solution d' oxalate et de glycérine.

Le papier buvard joue un très grand rôle dans cette méthode. On devra donc avoir un certain stock de feuilles à portée de la main et toutes coupées au format de l’épreuve. Il s’agit d’opérer vite et de n’amener aucun retard dans les opérations.

Quatre pinceaux au minimum sont nécessaires :

1® Pinceau large pour étendre la solution développatrice , sur les grandes parties;

2® Pinceau rond pour la faire pénétrer dans les creux du papier s’il est rugueux ;

3° Pinceau à fine pointe, comme en ont les retoucheurs, pour travailler les petits détails.

4® Pinceau large, spécial au fixage.

Je le répète, c’est un minimum. Libre à vous, suivant la convenance de votre travail, de multiplier les formes et les grosseurs.

L’unique recommandation à faire est de choisir ces pinceaux parfaitement montés, c’est-à-dire tels qu’il n’y ait pas de poils susceptibles de se détacher de la masse. La présence de ces poils, sur l’épreuve, causerait une ligne noire indélébile.

380. — L’épreuve étant glycérinée, et pressée au buvard, on peut recommencer une seconde et une troisième fois l’opération, de façon que la glycérine pénètre complètement dans la texture du papier. Il est d’une bonne pratique d’insister plus encore sur les parties qui doivent rester immuablement blanches.

Après chaque étendage, ne l’oubliez pas, nouvel emploi de papier buvard. Chaque morceau utilisé sera jeté au rebut aussitôt. Le buvard doit être un peu épais, parfaitement blanc et ne peluchant pas.

381. — La meilleure solution développatrice à employer est une solution à 10 p. 100 d’oxalate neutre de potassium tenue à la température de 17® G

LA PLATINOTYPIE ARTISTIQUE.

C’est cette solution, diluée en parties égales avec de la glycérine, qu’on étend tout d’abord sur les parties de l’image que l’on veut faire apparaître en premier. On voit alors ces parties monter doucement et graduellement. La solution d’oxalate pure s’emploie là ou l’on veut mettre des vigueurs. Observation importante : Le pinceau chargé de solution d’oxalate pure devra être pressé entre les doigts, assez fortement, avant l’usage, pour empêcher l’excès de liquide de s’étendre trop et de se diffuser sur les bords de la partie touchée.

Dès qu’une portion de l’épreuve a atteint l’intensité qu’on désire lui voir garder, momentanément ou finalement, on l’éponge vigoureusement au buvard et on la recouvre abondamment de glycérine avec le pinceau.

Je n’indique ici que deux solutions. Elles sont généralement suffisantes. Il va de soi néanmoins qu’il vous reste parfaitement loisible de faire usage de quatre godets avec quatre solutions comme dans le cas de la première méthode artistique que j’ai donnée.

382. — V. Veut-on, pour un portrait ou un groupe, introduire un ton chaud et spécial aux chairs? Vous constituez trois nouvelles solutions : une de bichlorure de mercure pure, assez concentrée ; une d'oxalate, à laquelle on ajoute un peu de la solution de bichlorure de mercure ; enfin une solution d’oxalate et de glycérine, additionnée aussi de bichlorure de mercure.

Cette manipulation demande beaucoup de discernement et de tact. Toutes les chairs, traitées ainsi, acquièrent une tonalité très nettement différente des autres parties de l’épreuve traitées à la manière ordinaire. Les effets sont souvent pittoresques et d’un grand charme.

Tout pinceau, ayant servi à une solution contenant du bichlorure de mercure, ne devra jamais être employé pour une autre solution, sous peine de courir les risques de taches indélébiles.

Comme précédemment, toute partie achevée devra être bien séchée au buvard et recouverte abondamment de glycérine.

383. — VL Le développement de toutes les parties étant achevé, et r ensemble jugé bon^ on immerge l’épreuve

rapidement dans le bain ordinaire d'acide chlorhydrique dilué ( 1^5 p. iOO)^ puis on la retire et l'on passe rapidement et en tous sens un larye pinceau sur sa surface.

Le passage du pinceau, également chargé de la solution diluée d’acide chlorhydrique a pour effet de permettre à l’acide chlorhydrique d’agir sur toutes les portions de l’épreuve également. On arrête beaucoup mieux ainsi l’action du développateur restant dans le papier.

384. — Prenez bonne note qu’une épreuve traitée avec une solution d’oxalate, additionnée d’une solution de bichlorure de mercure, descend de valeur, jusqu’au point de disparaître, si elle reste trop longtemps en contact avec le bain acide. Il devient donc nécessaire, dans ce cas, de faire agir rapidement le pinceau. Il est même d’une très bonne pratique d’employer une solution d’acide chlorhydrique beaucoup plus diluée que celle ci-dessus indiquée. Donc, bain de fixage forcément très faible, pour toute épreuve traitée comme il a été dit au paragraphe V.

Cette particularité du bain de fixage d’affaiblir, au point de la détruire, l’image mercurielle, si l’on prolonge l’action du bain de fixage, permet d’améliorer très sensiblement une image sans effet. Il suffira, dans un développement en tonalité ordinaire, de traiter, par le bain d’oxalate et de bichlorure, les parties que l’on désire plus faibles sur l’image finale. Ces parties, au fixage, s’affaibliront d’ellesmêmes pendant que les autres garderont leurs valeurs.

385. — VIL On lavera finalement l'épreuve en la passant successivement dans trois bains faiblement acidulés, et fraîchement préparés. Le troisième bain ne doit montrer aucune trace de coloration pendant le séjour de l'épreuve. Lorsqu'il en est ainsi il n'y a plus qu'à laver celle-ci pendant cinq minutes.

Le lavage peut être fait à l’eau courante, ou dans une cuvette plate dont on changera l’eau deux ou trois fois. En principe, dès qu’on ne peut plus percevoir, sur l’épreuve, l’odeur d’acide chlorhydrique, elle est suffisamment lavée.

Ce lavage devra être effectué avec précaution. On comprend de reste, qu’après avoir subi toutes ces manipulations, la pâte du papier soit assez fortement détendue. En agissant avec brusquerie, on arriverait très facilement à déchirer l’image

LA . PLATINOTYPIE ARTISTIQUE^

L’épreuve est alors mise à sécher, soit par suspension à l’air libre, soit par pression entre deux feuilles de papier buvard blanc.

Il est indéniable que de telles méthodes de développement permettent d’utiliser le papier au platine pour l’œuvre d’art 'par la photographie. Je suis même convaincu que ce n’est pas là son dernier mot. D’autant plus que la méthode pratique de platinotypie n’a pas dit, elle non plus, son dernier mot.

386. — Ainsi, par exemple, voici une méthode nouvelle qui réduit complètement à néant les haros lancés contre le papier au platine, c’est-à-dire : conservation difficile et détérioration exagérée sous l’action de l’humidité de l’air. Elle permet, en effet, d’employer tel papier que l’on daigne choisir, puisque l’amateur peut préparer lui-même son papier, sans le moindre effort. Elle fournit une surface sensible, facilement conservable et ne redoutant plus l’humidité d’aucune façon que ce soit, puisque la couche sensible ne contient plus le sel de platine, cause de tout le mal. Enfin, elle laisse au travail, même lorsqu’il reste purement mécanique, une très grande latitude, puisque l’image apparaît par un développement relativement lent, donc permettant d’arrêter la tonalité au degré que l’on veut. J’ajoute encore que, pendant l’insolation, l’image peut être poussée et suivie jusqu’à sa complète obtention dans tous ses détails, alors que dans le procédé ordinaire il faut l’arrêter, comme nous l’avons vu, à un certain degré de sa visibilité dont la valeur n’est donnée que par l’habitude.

J’ai dit que, dans le procédé au platine, l’image est fournie par la réaction d’un sel ferreux formé par l’action de la lumière sur un sel ferrique qu’elle décompose. En vertu de sa grande énergie réductrice, ce sel ferreux agit sur le chlorure de platine pour fournir un platine métallique noir. Cette réaction a lieu proportionnellement à l’action de la lumière et partout où elle a agi. Point important : Inutile que l’action lumineuse soit subie par ce sel de platine lui-même, car elle ne saurait déterminer sur ce sel aucune transformation. Donc, le sel de fer peut seul servir à la sensibilisation et le sel de platine être ajouté au développateur. De là, cette fabrication d’un papier peu coûteux et facilement conservable.

387. — Le choix du papier est laissé au goût de l’opérateur. Toutefois, il devra rejeter les papiers encollés à la gélatine et ne prendre que ceux encollés à la résine. C’est une reconnaissance facile à faire. Pour cela, frottez avec une bonne gomme un morceau du papier choisi et écrivez, à l’encre, sur la place frottée. Si le papier boit l’encre, c’est qu’il est encollé avec une colle animale. Si le contraire se produit, la colle de résine a été employée.

388. — On réencolle de nouveau^ la face à sensibiliser, en la badigeonnant avec un empois d’arrow-root peu épais. Une fois sec, vous étendez dessus, à la lumière de la lampe, avec un large blaireau plat et sans monture métallique, la mixture suivante :

Eau distillée 100 cm^

Oxalate f citrique en paillettes 25 gr.

Acide oxalique 2 gr.

Oxalate de plomb 1 gr.

Celte solution de fer n’est pas celle du procédé ordinaire au platine, attendu qu’on ne pourrait empêcher la diffusion de l’image dans la couche. Il faut que la solution de fer contienne une substance susceptible d’accélérer la réduction et de la rendre en même temps plus complète. Cette substance est l’oxalate de plomb. Celui-ci, très peu soluble, ne se dissout généralement pas complètement. Si cependant, la solution montrait un précipité très abondant c’est que l’oxalate ferrique employé renfermerait du sulfate. Dans ce cas, on devra renouveler la dose d’oxalate de plomb.

Pour éviter le défaut d’adhérence du platine au développement, ce qui pourrait avoir lieu, il est bon d’ajouter un peu de bichlorure de mercure au sensibilisateur.

Comme l’oxalate ferrique en paillettes est à peu près un mythe, on fera usage d’une solution commerciale d’oxalate ferrique au 1/5 ou à son défaut d’une solution d’oxalate de sodium et de fer au 1/2.

A 100 centimètres cubes, de l’une de ces solutions, on ajoutera 1 gramme d’oxalate de plomb et l’on constituera ainsi une solution normale de sel de plomb et de fer. Le bain sensibilisateur se formule alors comme suit :

Solution normale de fer et de plomb 5 cm3.

— de bichlorure de mercure à 1 p. 100 0cm3^2

LA PLATÏNOTYPIE ARTISTIQUE.

Pour sensibiliser une feuille 40x50, on ajoute 5 centimètres cubes d’eau distillée à la quantité ci-dessus indiquée.

Cette solution se conserve quelque temps. L’étendage est fait en tous sens, comme s’il s’agissait d’effectuer, au lavis, une belle teinte plate. Pour les papiers à très gros grains on diluera un peu la liqueur sensibilisatrice (3 à 6 centimètres cubes d’eau pour 5 centimètres cubes de liqueur). Sans cette précaution, ils pourraient absorber trop de sensibilisateur. La lumière réduirait alors plus de sel de fer que le platine n’en pourrait remplacer pendant qu’il agit sur les demiteintes. Cette trop grande différence dans le travail de réduction ferait que le platine, diffusé dans le développateur, risquerait de se déposer sur les blancs pour en compromettre la pureté.

D’autre part, si la nature du papier exige une dilution plus ou moins grande du sensibilisateur, il ne faut pas perdre de vue qu’une couche sensible, obtenue par trop grande dilution, se solarise facilement, donne au tirage une image peu visible qui, au développement, ne présente plus de détails dans les ombres. Il y a donc là un petit apprentissage à faire, par expériences répétées.

Laissez sécher dans l’obscurité et sans le secours d’aucune chaleur artificielle, au début, au moins. Toutefois, plus la préparation sèche vite, meilleure est la couche sensible.

Un séchage trop lent laisse pénétrer la solution de fer dans l’épaisseur du papier, et le sel de fer perd de sa sensibilité. Un séchage trop rapide laisse le sensibilisateur à la surface et, au développement, l’image abandonne la couche, comme si l’encollage avait été imperméable.

Donc le mieux est de laisser sécher à l’air libre pendant vingt à trente minutes et d’activer ensuite le séchage en chauffant le papier modérément.

On insole, comme d’ordinaire, au châssis-presse, sans se préoccuper de l’humidité de Tatmosphère. L’image se montre beaucoup plus visible que sur le papier au platine ordinaire. Onia voiteton la tire jusque dans ses moindres détails.

389. — Le développement peut être effectué immédiatement après, ou retardé de quelques jours si l’on veut. On y procède, à froid, au moyen d’une solution ordinaire d’oxalate neutre de potassium à oO p. 100 additionnée d’une soin-

tion de sel de platine. Mieux vaut remplacer la solution ordinaire d’oxalate par une solution d’oxalate-phosphate.

Cette solution d’oxalate-phosphate se prépare comme suit :

Oxalate neutre de potassium 100 gr.

Phosphate neutre de potassium 50 gr.

On constitue le bain développateur avec :

Solution d’oxalate-phosphate 10 parties.

— de chloroplatinite de potassium au 1/6®. 1 partie.

Contrairement à ce qui a lieu pour la solution de fer, on remarquera que la solution de chloropatinite de potassium au 1/6® est en réalité celle que l’on emploie dans le procédé ordinaire au platine pour la sensibilisation du papier.

Le développement peut avoir lieu par immersion totale de l’épreuve dans le bain, ce qui est assez dispendieux, vu le prix du chloroplatinite de potassium, ou en badigeonnant celle-ci avec un large pinceau doux en poils de chameau ou de veau chargé du développateur.

Le développement peut durer jusqu’à deux minutes. On a donc le temps de le contrôler.

C’est là le développement automatique. On comprend, du reste, d’après tout ce que je viens de dire sur le procédé de développement artistique au pinceau, que ce procédé, où l’individualité de l’artiste prend une si grande latitude, peut s’appliquer pleinement, dans le cas présent, soit en faisant usage de la solution telle que, soit en l’additionnant de quantités variables d’eau et de glycérine et en prenant du papier buvard.

Quelle que soit la méthode employée, il suffît, pour arrêter le développement, de plonger l’épreuve dans une solution d’acide chlorhydrique à 15 p. 1000 pendant cinq minutes. On répète ce fixage dans deux bains d’acide chlorhydrique plus faibles, ou au même taux que le premier, on lave quelques instants et l’on met à sécher.

390. — En terminant, que votre attention soit appelée sur ce fait : c’est de l’oxalate ferrique qu’il faut employer dans le sensibilisateur et non de l’oxalate ferreux que l’on

LA PLATINOTYPIE ARTISTIQUE.

trouve beaucoup plus couramment dans Je commerce. Cet oxalate ferrique est un liquide sirupeux verdâtre, qu’il faut conserver très à l’abri de la lumière.

Pour les amateurs de province qui ne trouveraient pas sous leur main de l’oxalate de plomb, voici un moyen simple de le préparer.

Dissoudre 10 grammes d’acétate de plomb dans 100 centimètres cubes d’eau distillée et, après dissolution complète, y ajouter une solution de 4 grammes d’acide oxalique dans de l’eau distillée. Il se forme aussitôt un précipité lourd d’oxalate de plomb. On le jette sur un filtre pour le laver à l’eau et on le laisse sécher.

- Vous avez là un moyen certain d’obtenir sur n’importe quel papier de très belles épreuves noires, brillantes dans les lumières, transparentes et remarquablement détaillées dans les ombres, avec une large intervention de votre individualité.

PAPIERS DIVERS

391. Leur peu de maniabilité. — 392. Papier au ferro-prussiate. — 393. Sa préparation. — 394. Son insolation. — 395. Son développement et son fixage. — 396. La façon de le virer. — 397. Papier callitype ou callitypie. — 398. Sa sensibilisation. — 399. Son insolation. — 400. Emploi du citrate de sodium pour les tons noir-bleu. — 401. Addition d’ammoniaque. — 402. Emploi du borax pour les tons sépia. — 403. Développement et lavage. — 404. Augmentation du brillant et de la profondeur ■ de ton. — 405. Autre mode opératoire pour le papier callitype. — ] 406. Papier au chromate de cuivre. — 407. Considérations sur l’emploi î d’un bichromate alcalin. — 408. Développement artistique de ces divers I papiers. — 409. Papiers aux sels d’uranium et d’argent.^ 410. Papiers ■ aux sels d’uranium seuls. — 411. Exaltation de la sensibilité de ces papiers.

391. — Au groupe des papiers à image semi-visible développable, se rattachent divers papiers autres que celui au platine. Nous allons passer seulement les principaux en revue. Tous étant en somme peu maniables, et ne fournis- ^ sant à Tartiste que leur aspect plus ou moins artistique sans lui donner la liberté de contrôle de la venue de Timage. <j Ils se laissent traiter avec une automacité quasi semblable i à celle des papiers à image directement visible.

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