ÉTUDE DES INTÉRIEURS AVEC FENÊTRES APPARENTES
La SALLE DES AUMONES OU RÉFECTOIRE DES ÉTRANGERS, Aü MONT SAIN T-MlCilEL.
(Phototype de Tauteur).
PAPIERS DIVERS
393. — Néanmoins, pour ceux qui désirent sensibiliser eux-mêmes leur papier, voici une formule :
A. Eau distillée 100 cm^.
Citrate de fer ammoniacal 37g^,5
B. Eau distillée 100 cm^.
Ferrocyanure de potassium (prussiate jaune). 238^,5
Ces deux solutions sont soigneusement filtrées. Pour l’emploi, vous mélangez dans une cuvette bien propre :
Solution A 10 cm^.
Solution B 60 —
Le papier que vous avez choisi, bien encollé, ou réencollé à nouveau, est badigeonné sur l’une de ses faces avec ce mélange, par l’entremise d’un gros pinceau ou d’une touffe d’ouate. Vous passez et repassez à plusieurs reprises et dans tous les sens, puis vous portez à sécher dans l’obscurité complète.
Le papier ainsi préparé se garde bien.
394. — L’insolation s’elîectue au châssis-presse, comme pour le papier au platine. L’image apparaît faiblement, en bleu violacé. Une bonne pratique consiste à border le phototype négatif avec une bande de papier à aiguilles, de façon que la partie du papier au ferro-prussiate, comprise sous cette bande, garde pendant l’insolation sa teinte originelle. Dès que les grands blancs seulement de l’image garderont cette teinte de la partie protégée, l’insolation pourra être considérée comme suffisante.
En prolongeant, outre mesure, l’action de la lumière, le composé bleu-violet, constituant l’image, se désoxyderait. De là, décoloration et disparition de toute trace d’image. En mettant une telle épreuve dans l’obscurité complète, on peut encore en tirer quelque parti. L’oxydation, en effet, se produit de nouveau et l’image réapparaît.
395. — Pour développer et fixer à la fois l’image, il suffît de la laver à grande eau. Ce lavage a pour but de faire dissoudre les sels non réduits par la lumière. On atteint plus vite et mieux à ce but, en aiguisant l’eau de quelques gouttes d’acide chlorhydrique ou d’eau de Javelle. Dans ce cas-là, les blancs sont plus parfaits et la teinte bleue de l’image présente moins de crudité.
396. — Même dans les motifs qui se prêtent à la teinte bleue, comme les marines légères, par exemple, cette crudité de ton reste encore souvent bien désagréable. Aussi at-on songé à la virer.
Etant donné que l’image est composée d’un sel de fer, le virage qui s’offre le plus naturellement à nous est le virage en noir formé par une sorte d’encre.
Pour l’obtenir, vous plongez quelques instants votre photocopie dans de l’eau légèrement acidulée par de l’acide azotique, puis vous l’immergez dans une solution de carbonate de sodium à 4 p. 100. Peu à peu l’image s’affaiblit, disparaît puis réapparaît ensuite faiblement et en teinte orangé pâle. Retirez-là alors du bain, égouttez-la bien et précipitez-la dans une solution d’acide gallique à 4 p. 100. Elle prendra la teinte noire de l’encre d’écolier. Il va de soi que pour bien réussir, l’image en orangé pâle doit être très complète.
On peut virer encore les épreuves au ferro-prussiate en une teinte neutre violacée, d’un joli effet et rappelant assez bien la teinte des images tirées sur papier salé et virées à l’6r.
Pour procéder à ce virage, on commence par préparer les trois solutions suivantes.
A. Eau distillée 1 000 cm^.
Acide chlorhydrique VI à VIII gouttes.
B. Eau distillée 1 000 cm^.
Ammoniaque X à XX gouttes.
G. Eau distillée 1 000 cm^.
Alun pulvérisé 125 gr.
Acide tannique. 8 gr.
Ptetirée du cbâssis-presse et plongée dans la solution A, l’image se développe et se fixe. On rince légèrement, puis on plonge dans la solution B. Les blancs s’avivent encore et l’image vire du bleu au lilas.
Ne pas perdre de vue que ce bain est un rongeur. Il a vite fait de détruire les légères demi-teintes. Yous devrez donc surveiller attentivement sa concentration suivant la densité de l’ammoniaque employée, et ne pas prolonger outre mesure l’immersion de l’image. Autrement vous la verriez tout d’un coup se mettre à disparaître rapidement. Mieux vaut attendre seulement que les bleus soient très légè-
PATlERS DIVERS.
rement violâtres et alors vous immergez l’image, face en l’air et au soleil si possible^ dans la solution C. Vous l’y laissez séjourner cinq à six minutes. Après quoi vous la remettez à nouveau dans la solution B, où elle vire à la teinte neutre.
Une bonne pratique consiste à faire deux solutions B. L'*une au minimum pour la première immersion; la seconde au maximum pour le virage. En effet, plus ce virage se fait rapidement, mieux les blancs sont conservés. J’ai voulu faire l’expérience avec un bain faible. Après un séjour de douze heures dans ce bain, l’épreuve a parfaitement viré avec une très belle teinte neutre, mais les blancs avaient pris une tonalité jaunâtre assez accentuée.
397. — Comme on a combiné un sel de fer avec un sel de platine, on a, dans la méthode dite callitijpie^ combiné un sel de fer avec un sel d’argent. Je l’écris avec un c le •/, grec correspondant à un c en français et non à un ^ comme en anglais. Le sel de fer employé est un sel ferrique organique précipitable par l’ammoniaque. Suivant que l’on emploie, seuls ou combinés, l’oxalate ferrique, le citrate ferrique de sodium, le citrate ferrique de potassium et les tartrates correspondants, les tons et les caractères de l’épreuve peuvent être modifiés. La gamme varie, ensomme, du brun-sépia au noir-bleu.
398. — La solution impressionnante, comme toujours d’ailleurs, ne doit point pénétrer dans le papier, mais rester à sa surface. Mieux vaut donc réencoller le papier et appliquer cette solution à la brosse ou au pinceau, plutôt que par flottement, surtout s’il n’y a pas eu réencollage préalable.
Le séchage s’effectue à l’obscurité complète. Il est bon de le mener très rapidement, sans avoir recours cependant à un chauffage artificiel. Je ne l’ai pas essayé, mais il me semble bien qu’on pourrait opérer comme il est dit au n® 388. La face sensibilisée du papier présente une teinte jaune clair, semblable à celle du papier au platine préparé par la méthode du platine drns le bain de développement. Comme ce dernier il se conserve très bien.
399. — L’insolation se fait comme celle du papier au platine, l’image se montrant dans les mêmes conditions avec une tonalité gris liliacé. Le ton final dépend absolument dè la solution de fer et de la nature du développateur.
400. — Lorsque la solution impressionnante est formée avec de l’oxalate ferrique, on devra précipiter le chlorure ferrique par l’ammoniaque, laver continuellement l’hydrate de fer résultant afin d’enlever toute trace de chlorure adhérente. On le dissout après parl’acide oxalique, laissant une partie d’hydrate non dissoute pour être certain de sa neutralité. La solution est alors réduite à une concentration indiquant 75“ à l’hygromètre ordinaire et elle est alors filtrée.
Ajoute-t-on 3 à 4 p. 100 d’oxalate de potassium à la solution ci-dessus? L’épreuve, avec n’importe quel développateur, prendra la couleur sépia ou rouge-brun.
Pour obtenir des noirs-bleus le bain de développement devra être combiné comme suit :
Solution de citrate de sodium 720 cm®.
Solution d’azotate d’argent 25 —
La solution de citrate de sodium sera faite dans 3360 parties d’eau ; celle d’azotate d’argent dans 480 parties d’eau.
Au moment où l’on ajoute le sel d’argent au citrate, il se forme un précipité qui est dissout dans l’ammoniaque, après quoi la solution redevient claire.
401. — L’addition de l’ammoniaque demande beaucoup de soin. Il faut que la solution demeure strictement neutre. La pureté des blancs est à ce prix. Si l’ammoniaque est en excès, les épreuves deviennent jaunes. On peut neutraliser cet excès avec de l’acid ‘ azotique en évitant de donner une réaction acide à la solution, ce qui conduirait à l’obtention d’épreuves grises.
Moins de citrate et 3 à 4 p. 100 d’oxalate de potassium donnent des tons noirs.