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Veut-on des tons sépia

On compose le bain de développement avec 3 360 parties d’eau, 480 parties de borax, 25 parties d’azotate d’argent et quantité d’ammoniaque nécessaire pour clarifier la solutiojji.

403. — A peine immergée dans le développateur, l’image apparaît et monte très vite en intensité. Sous peine de perdre le brillant de l’épreuve, il ne faut pas la laisser trop longtemps dans le bain. Un développement complet ne demande guère plus de deux minutes..

Le lavage-fixage se fait d’abord dans une solution de

PAPIERS DIVERS

10 parties de sulfite de sodium anhydre dissoutes dans 100 parties d'eau rendue franchement alcaline par de l’ammoniaque.

On soumet aussitôt après l’épreuve à un rinçage abondant. Dans le cas où elle conserverait une petite teinte jaune dans les blancs, on devrait la passer dans une solution d’acide oxalique à 5 p. 100.

404. — Souvent on peut augmenter le brillant et la profondeur du ion en ajoutant un oxydant au bain de développement soit 1 à 3 parties de bichromate de potassium pour 3 840 parties de bain employé.

405. — Utilisant pour le développement du papier callitype un développateur à base de tarlrate double de potassium et de sodium, analogue à celui que j’ai formulé pour les papiers au platine, M. R. Defays indique tout un mode opératoire du procédé.

On dissout, à la lumière d’une bougie ou d’une lampe.

Eau distillée 100 cm^.

Oxalate ferrique 17 gr.

Azotate d’argent 7 ^r.

A l’aide d’un pinceau plat, on étend cette solution aussi uniformément que possible sur un papier, au gré de l’amateur, mais choisi bien encollé ou réencollé à nouveau. L’on sèche rapidement à l’obscurité. On peut à la rigueur faire intervenir la chaleur artificielle, comme celle d’un bon feu, par exemple. Il importe, pour des raisons déjà dites, que le sensibilisateur ne pénètre point dans la pâte du papier.

L’insolation se fait de la même façon que pour le papier au platine. On l’arrête dès que les détails de l’image apparaissent très faiblement en brun jaunâtre.

L’épreuve est alors retirée du châssis-presse et immergée dans un développateur composé de la manière suivante :

Eau distillée 100 cra^.

Borax

Tartrate double de potassium et de sodium... 100 gr.

Solution de bichromate de potassium au 2/100®. Q.q. gouttes.

Ce bain qui peut servir à développer plusieurs épreuves successivement, doit être rejeté dès qu’il se colore.

Au contact du développateur, l’image apparaît en un ton noir rappelant celui fourni par les papiers au gélatino-bromure d’argent. En diminuant la quantité de borax introduite dans le développateur, on obtient des tons sépiacés.

On remarquera que Je bichromate de potassium conserve la pureté des blancs. Par cela même, il pousse facilement à la dureté. En conséquence, si l’on a affaire h un phototype négatif présentant de fortes oppositions, on devra en diminuer la quantité jusqu’à n’en conserver que I ou II gouttes. Inversement, dans le cas de phototypes négatifs de valeurs trop uniformes, on augmentera Je nombre de gouttes, qu’on pourra même porter jusqu’à X ou XV si le phototype est par trop faible, ou voilé.

Quand le développement est achevé, vous lavez pendant un quart d’heure dans une cuvette plate et'en renouvelant l’eau trois ou quatre fois pendant cet intervalle de temps.

Vous fixez ensuite par une immersion de dix minutes dans un bain composé de:

Eau 100 cm3.

Ammoniaque 2 —

Un lavage d’une demi-heure en changeant l’eau de la cuvette cinq à six fois, termine l’opération. On n’a plus qu’à sécher et qu’à monter à la manière ordinaire.

Comme pour le papier au platine, toutes ces manipulations s’effectuent à la lumière du jour faible.

406. — Le papier au chromate de cuivre, préconisé par M. Beham fournit encore une méthode de tirage donnant des images assez belles et d’une riche tonalité sépîacée. La méthode est plus simple encore que celle de la callitypie.

Le bain sensibilisateur se compose de :

Eau distillée 170 cm^.

Bichromate de potassium 15 gr.

Sulfate de cuivre 8 gr.

A la dissolution, il se forme un précipité brunâtre dont on se débarrasse aisément par simple filtrage. Mise dans des flacons de verre jaune foncé, et tenue à l’abri de la lumière, cette solution sensibilisatrice se conserve assez bien.

On pourrait étendre au pinceau sur le papier choisi.

PAPIERS DIVERS

L’auteur de la méthode préfère que Fétendage soit effeclué d’autre façon. Elle consiste à relever légèrement les quatre bords du papier, de manière à former une sorte de cuvette dans laquelle on verse la liqueur sensibilisatrice. Opération qui peut s’effectuer à la lumière diurne faible. On la remet, après une minute ou deux de séjour, dans son flacon, en la laissant écouler par l’un des angles du papier. La sensibilisation se fait, de la sorte, très uniformément.

Au-dessus d’une flamme, non fumante, vous faites sécher Fangle du papier par lequel s’est écoulée la solution, et vous portez le tout à sécher dans l’obscurité.

Le meilleur négatif à utiliser avec ce papier est un négatif vigoureux et brillant. L’insolation a lieu au jour comme d’ordinaire jusqu’à obtention d’une image brun foncé contenant tous ses détails. Vous la lavez à fond dans de l’eau contenant une pincée de sel de cuisine et vous développez, à la lumière du jour, avec une simple solution aqueuse d’acide pyrogallique au 1/100®. L’image obtenue est d’un beau ton sépia soutenu et d’autant plus chaud que le bain sensibilisateur contient moins de sulfate de cuivre.

Après ce développement, il suffit de laver très abondamment et de mettre à sécher.

407. — J’indique ce procédé comme un simple échantillon de ce que Fon peut faire. Il y aurait tout un gros volume à écrire sur la sensibilisation des papiers par l’alliance d’un bichromate alcalin et d’un oxyde métallique, soit que Fon vise à l’obtention complète d’une image directement visible ; soit que Fon cherche, comme ici, l’image insuffisamment complète et développable. C’est une question qui a été laissée, bien à tort, un peu de côté. Les quelques incursions que j’ai faites personnellement dans son domaine m’ont prouvé qu’elle était remplie de choses intéressantes et très aptes à donner matière à des quantités de tirages nouveaux. Ceux qui aiment, par goût, à chercher autre chose que ce qui existe, ont, dans cet ordre d’idées, une voie qui les conduira à des quantités de résultats.

Je leur ferai remarquer, que pour bien conduire leurs études, il est bon de se pénétrer que le bichromate d’ammonium est plus sensible que le bichromate de potassium, et qu’en mélangeant les deux en parties égales, ces deux bichro-

mates, mais en tenant compte de leurs poids moléculaires, on obtient une solution plus sensible encore que la solution de bichromate d’ammonium et donnant une finesse beaucoup plus grande à l’image. Ainsi, sans l’avoir essayée, je demeure convaincu que la formule que je viens d’indiquer au chromate de cuivre serait plus sensible et donnerait plus de finesse si elle était composée comme suit:

Eau distillée 170 cin3.

Bichromate de potassium

Bichromate d’ammonium 8sr,5

Sulfate de cuivre 8 gr.

Je leur ferai également remarquer qu’avec l’emploi des bichromates alcalins, l’encollage du papier joue un rôle assez prépondérant. C’est une étude complète à faire. D’une façon générale il semble que les encollages à base de résine sont préférables, que la résine soit prise seule ou alliée à une gomme.

408. — - Il va de soi que, dans une certaine mesure, les papiers ci-dessus, autres que le ferro-prussiate, peuvent donner une possibilité plus ou moins grande d’interprétation à l’artiste. Du moment qu’il y a développement, cette possibilité existe toujours. Reste à voir les limites de la latitude que l’on a. Il suffit de prendre comme type le développement artistique du papier au platine tel que je l’ai décrit et d’agir d’une'façon analogue.

409. — Beaucoup d’autres papiers peuvent encore rentrer dans ce cadre. La liste en serait assez longue s’il fallait passer en revue tous ceux déjà connus. Je déborderais faci lement les limites qui me sont imposées par ce volume, et il me reste des matières beaucoup plus intéressantes à traiter.

Je citerai cependant encore, dans la classe du cuivre, un sensibilisateur composé de :

Eau distillée 30 cm^.

Azotate d’uranium 28^,6

Azotate de cuivre

On insole comme avec les autres papiers et l’on développe soit au pinceau, soit par immersion, soit par flottement

avec:

Eau distillée 30 cm3.

Ferrocvanure de potassium (prussiate jaune)....

PAPIERS DIVERS

L’image est d’un beau brun chaud el se fixe par simple lavage.

Si on désire la faire virer au noir, il faut, après le développement, simplement la rincer et la faire flotter sur une solution de :

Eau distillée 30 cm^.

Bichlorure de platine 0®r,25

410. — Comme les bichromates alcalins alliés aux oxydes, les sels d’uranium peuvent fournir une longue liste de papiers, donnant plus particulièrement des images à teinte sanguine. La matière a été plus étudiée que celle des bichromates. Dès le début de la photographie^ Niepce de Saint-Victor a fortement préconisé l’emploi de ces sels. Leur grand défaut est de fournir des surfaces impressionnables d’une sensibilité plutôt lente.

Comme exemple, je vous indiquerai une méthode.

Le papier une fois choisi, est mis dans l’obscurité complète pendant une huitaine de jours au moins, afin de le débarrasser de toute la lumière blanche qu’il a pu emmagasiner. On le sensibilise, après cette retraite forcée, sur le bain suivant :

Eau distillée 120 cm^

Azotate d’uranium 20 gr.

Gélatine blanche Nelson 10 gr.

Acide acétique cristallisable Q. q- gouttes.

Vous portez le mélange sur un feu doux jusqu’au moment où la gélatine se trouve complètement dissoute. Vous sensibilisez par flottement, par étendage, ou au pinceau. Au cas où vous avez affaire à un papier à très gros grain, genre torchon, il semble préférable d’immerger complètement la feuille dans le bain pendant une durée de deux à trois minutes.

On sèche à l’obscurité complète. On exalte un peu la sensibilité en séchant rapidement à la chaleur.

Au châssis-presse, l’image est à peine visible ou même pas. Il faut alors déterminer la durée d’insolation par expérience. Avec un très bon phototype de force moyenne, il faut de trois à quatre heures à l’ombre.

A sa sortie du châssis, l’épreuve est immergée quelques

minutes dans l’eau tiède, puis développée dans une solution de ferri cyanure de potassium (prussiate rouge) au 1/10®. Elle apparaît avec une tonalité rouge vif très chaude et très artistique. Vous lavez abondamment, et vous immergez dans une eau très légèrement acidulée avec quelques gouttes d’acide azotique, jusqu’à récupération complète des blancs. En plongeant dans une solution d’alun de potasse à 3 p. 100 vous effectuez le fixage. Vous lavez, en renouvelant l’eau d’une cuvette cinq à six fois pendant un quart d’heure.

41 1 . — M. Harry Draper (de Dublin) a indiqué la formule suivante pour modifier la sensibilil é.

Éther sulfurique ' 75 cm^.

Alcool à 90® 25 —

Coton poudre 2 —

Azotate d’uranium 10 —

C’est, en somme, la substitution d’un collodion à la gélatine. Il faut neutraliser la liqueur, en lui ajoutant quelques gouttes d’une solution de bicarbonate de sodium à saturation. Vous laissez ensuite reposer douze heures, à l’abri de la lumière, vous décantez et ajoutez 2 grammes d’azotate d’argent. Par cette addition, la sensibilité est considérablement augmentée. L’insolation, qui avait demandé trois ou quatre heures, n’exige plus que vingt à trente minutes, mais alors l’image devient complètement visible et n’a plus besoin d’un développateur. Ce papier rentre dans la catégorie de ceux compris dans le premier livre de cet ouvrage.

Pour terminer l’épreuve, il suffit de la laver et de la fixer dans une solution d’acide sulfurique à 3 p. 100.

Un lavage abondant doit suivre et l’on fait sécher à la chaleur du feu ou d’un fer à repasser. Notons, en passant, que, d’une façon générale, toutes les fois que l’on emploie un sensibilisateur à base d’un sel d’uranium, on obtient toujours une épreuve plus vigoureuse et plus brillante en faisant intervenir la chaleur pendant le séchage.

J’arrêterai là cette série des papiers divers présentant une certaine analogie de traitement avec le papier au platine. Telle qu’elle est, elle suffit amplement à l’opérateur. Elle suffit également à ceux qui vivent en quête de chemins nouveaux puisqu’elle amorce plusieurs voies de recherches ntéressantes pour eux.

LES PAPIERS AU CHLORURE D’ARGENT

412. Possibilité de traiter par développement les papiers au chlorure d’argent. — 413. Historique du procédé. — 414. Le développement physique constituant la hase du procédé. — 415. Insuccès produit par l’acalinité du bain. — 416. Colorations variées de l’argent réduit. — 417. Inlluence de l’acidité du bain. — 418. Aspect des épreuves fixées et non virées. — 419. Inüuence de l’acidité du papier. — 420. Utilisation de l’acide gallique. — 421. Adjonction d’acétate de sodium. — ■ 422. Adjonction d’un sel de plomb. — 423. Adjonction de sulfite de sodium. — 424. Constitution d’une formule courante. — 425. Utilisation de l’acide pyrogallique. — 426. Addition du sulfite de sodium. — 427. Addition d’acide citrique. — 428. Utilisation de l’iiydroquinone. — 429. L’aristogène. — 430. Un virage à l’or. — 431. Utiiisation du paramidopliénol.

— 432. Utilisation de l’ortho-amidophénol. — 433. Utilisation du mélol.

— 434. Utilisation de la pyrocatéchine. — 435. Agents qu’on ne saurait recommander. — 436. Rôle de la matière colloïde. — 437. Fixage. — 438. Conseils pratiques. — 439. Moyen d’éviter la formation des bulles d’air. — 440. Effet produit par la durée de l’insolation et la dilution du développateur. — 441. Effets dus à la valeur du négatif. — 442. Le procédé Raphaëls. — 443. Application du développement artistique à ce genre de tirage. — 444. Son emploi avec les papiers salés, albuminés et à la celloïdine.

412. — Dans la catégorie des papiers fournissant une image semi-visible développable, nous pouvons encore ranger les papiers au chlorure d’argent, avec excès d’azotate d’argent, passés en revue dans le premier livre de cet ouvrage et constituant, dans l’emploi ordinaire, les papiers dits à image directement visible. Ces papiers, ainsi que nous avons pu nous en convaincre, lorsqu’ils sont traités normalement, ne laissent aucune place à l’intervention personnelle de l’artiste. Il en va tout autrement lorsqu’on les traite d’une façon spéciale, c’est-à-dire lorsqu’on ne les impressionne que partiellement pour les développer ensuite. L’opérateur ne dépend plus alors aussi rigoureusement du caractère du négatif. Il redevient maître de modifier la valeur de sa photocopie au même titre que dans l’emploi des papiers au gélatino-bromure d’argent ou au platine, avec un peu moins

de latitude néanmoins. C’est par cela même une méthode de tirage d’un très vif intérêt. Elle réduit le temps de l’impression, considération des plus précieuses en hiver ; elle supprime le contrôle de la marche progressive de l’impression; elle communique aux images une profondeur beaucoup plus grande dans les ombres ; elle laisse l’opérateur maître des contrastes, lui permettant ainsi de modifier dans une mesure assez large, quoique restreinte encore, le caractère des négatifs ; elle fournit une très ample variation de tons d’une grande richesse, allant du ton photographique au rouge-brun, à l’olive et au vert-noir ; elle supprime le virage dans la plupart des cas; elle augmente très considérablement la durée de stabilité des images.

413. — Ce n’est pas d^hier que le procédé a été expérimenté. Il date des premiers âges de la photographie. En 1839, Read l’employait, en faisant usage de l’acide gallique comme développateur. Blanquart-Evrard, en 1850, indiqua le même mode opératoire pour le papier albuminé. En 1857, Miers se livra à des études très complètes sur la matière, employant aussi l’acide gallique pour le développement, mais en l’additionnant de diverses substances : acétates, benzoates citrates, formiates, oxalates, tartrates, aux fins de faire varier le ton final de l’image, qui, avec l’acide gallique seul, donnait un ton rouge peu agréable. 11 obtint des tons noirs avec une impression légère et des solutions neutres. Ses études portèrent encore sur l’influence pouvant provenir de l’addition d’acides organiques. Il trouva que la proportion employée influait sur le ton final, le trop d’acide le poussant vers le rouge. Malheureusement, ses vues ne se portèrent point sur la nature du véhicule employé dans l’étendage de la solution sensibilisatrice, alors qu elle devait jouer un rôle prépondérant, comme je l’ai fait remarquer au chapitre précédent à propos des bichromates alcalins alliés aux oxydes métalliques. Au demeurant, toutes choses égales d’ailleurs, ce véhicule a toujours une très grande importance dans n’importe quelle préparation photographique. On l’oublie trop.

Le D"* Van Monckhoven s’en inquiéta. En 1865, il dirigea nne série d^’études en ce sens, et constata que les papiers encollés à la résine, à la gélatine où à f albumine jaunissaient

LES PAPIERS AU CHLORURE D’ARGENT

dans les blancs. Il préconisa alors la nitro-glycose comme véhicule.

A la même époque, Carey Lea travaillait le procédé, lui reconnaissait tous les avantages que j’ai signalés, mais concluait qu’il fallait encore trouver une substance, dont l’addition au bain de développement, permît à celui-ci de fournir directement à l’image des tons résistant à l’action de rhyposulfite de sodium, et suffisamment nets pour être conservés sans avoir besoin de faire usage ultérieurement d’un virage à l’or.

Puis vint le papier au gélatino-bromure, et le procédé tomba dans l’oubli. En 1892, Liesegang l’en retira, Valenta se mit de la partie et publia à ce sujet une étude d’un grand intérêt. De ces études combinées et poursuivies, avec une ténacité digne d’éloges, il en résulta que la méthode atteignit à une pratique complète.

414. — La base véritable de cette méthode consiste en ceci : que le développement exigé est un développement 'physique et non plus un développement chimique comme celui employé pour les plaques au gélatino-hromure, les papiers au gélatino-bromure ou ceux au gélatino-chlorure sans excès d’azotate d’argent. Le développement physique est en somme ce que nous nommons, dans le traitement du négatif, le renforcement physique (1). Au lieu de précipitation de l’argent du papier, il y a formation d’argent naissant, qui se dépose au sein de la couche gélatineuse sur les particules d’argent constituant l’image. Dans le cas du renforcement du négatif, on ajoute un sel d’argent au bain. Dans le cas du développement du papier, cette addition devient inutile. Le papier, contenant, en principe, un excès d’azotate d’argent, fournit suffisamment de sel d’argent à la solution développatrice. Le développateur complet ne se trouve donc constitué qu’au moment où il reçoit l’immersion de l’épreuve.

415. — Donc, remarquez-le bien et notez-le bien, le développement n’est nullement dû au révélateur employé dans le développateur, mais uniquement à l’argent naissant. Vous ne devez, nar conséquent, en aucun cas, faire usage d’un

(1) Voir mon ouvrage : Le Développement en Photographie.

des développateurs employés pour les plaques ou pour le papier au gélatino-bromure. La grande alcalinité de ces bains amènerait le noircissement immédiat et total du papier.

416. — Remarquez encore que l’argent naissant ne se précipite plus dans sa modification noire, comme dans le développement ordinaire, mais bien dans une série de modifications de colorations variées. Ces colorations varient encore, suivant le révélateur employé, et suivant aussi la proportion d’acide ou d’alcali qui lui a été ajoutée

La durée de l’insolation primitive joue également son rôle dans la couleur du ton final. Aussi, la durée du développement. Vous voyez, sans plus insister, qu’en réalité vous possédez un très grand nombre de facteurs vous permettant de faire varier la coloration de votre image. C’est précieux.

417. — Donc, on obtient des tons, des ombres et des gradations difièrentes, suivant que l’on emploie tel ou tel révélateur, ou que vous combinez ensemble deux révélateurs. Tous les révélateurs n’agissent cependant pas de la même façon. Ainsi, par exemple, l’acide gallique et l’hydroquinone exigent des solutions aqueuses concentrées ; le pyrogallol, l’iconogène et le glycin des solutions très diluées et même additionnées d’un acide. Toutefois, on remarquera qu’une trop forte addition d'acide, peut amener ultérieurement une précipitation de soufre si l’on doit, après définition complète de l’image, faire usage d’un bain de viragefixage. En outre, moins le bain de développement est acide, plus les ombres acquièrent de profondeur; plus il est acide plus l’image sera rouge et plus elle sera rouge, plus elle baissera d’intensité au fixage.

418. — Fixées, mais non virées à l’or, les épreuves seront ou vert-noir ou vert-olive, ou brun ou rouge foncé ou même jaune, suivant le révélateur employé. Le ton sera d’autant plus rouge que la durée du développement sera plus courte, donc, conséquemment, que la pose a été plus longue.

419. — Il va de soi, en outre, que plus le papier employé contiendra d’acide, moins le développateur aura besoin d’en contenir lui-même et plus sera grande la proportion d’azotate d’argent libre de la couche sensible, plus les ombres auront de profondeur.

LES PAPIERS AU CHLORURE D’ARGENT

420. — Acide gallique. — On l’emploie en soluliori aqueuse saturée à froid. Il a des tendances à donner de beaux tons verdâtres à la photocopie pourvu que celle-ci puisse séjourner assez longtemps dans le développateur. Afm de mieux atteindre à ce but, il faut pouvoir insoler très faiblement et, par conséquent, employer, autant que possible, de phototypes riches en contrastes. Les phototypes trop uniformes ou voilés ne fournissent jamais des photocopies à tons verdâtres. Elles ne dépassent guère les tons rougeâtres ou bruns. Si donc on désire avoir ces tons-là avec un phototype heurté, il faut prolonger la durée de l’insolation, â peu près, par exemple la moitié du temps nécessaire et suffisant pour obtenir directement une image complète.

421. — L’acétate de sodium bifondu ou cristallisé accélère l’action du développateur. Par contre, il détériore facilement le bain en donnant naissance à un précipité floconneux d’argent métallique noir. Cette précipitation peut être retardée par l’addition d’une matière colloïde : gomme arabique ou colle de poisson. Ces additions ne modifient pas sensiblement le ton de l’image. A moins que la solution d’acide gallique soit extrêmement diluée.

422. — L’adjonclion de sels de plomb, préconisée par quelques auteurs, ne me paraît cependant pas très recommandable. L’énergie du bain est diminuée par la formation d’un abondant précipité de gallate de plomb. De plus, les images baissent beaucoup au fixage.

Les mêmes phénomènes ont lieu avec l’addition d’acide tartrique ou citrique.

423. — Le sulfite de sodium agit comme retardeur. Il donne de la douceur â l’image ; douceur d’autant plus grande que la proportion de sulfite a été plus considérable. L’acétate de sodium possède la même qualité. Toutefois, avec ces additions, on n’obtient jamais les tons verts qui peuvent être fournis par l’acide gallique seul.

424. — La formule la plus courante à cmployer, du moment qu’on ne 'vise pas spécialement aux tons verts, est la suivante :

Eau distillée 20 cm^.

Solution saturée d’acide gallique 20 —

Solution d’acétate de sodium bifondu au S/IO^^... 2 —

Colle de poisson liquide 3 —

Si Ton n’a sous la main que de l’acétate de sodium cristallisé, il faudrait remplacer chaque gramme d’acétate de sodium bifondu par 1^%22 d’acétate de sodium cristallisé.

On peut également remplacer la colle de poisson par la gomme arabique. J’emploie couramment 3 centimètres cubes d’une solution de gomme arabique au 6/10®.

425. — Acide 'pyrogallique, — Comme l’acide gallique, il s’emploie en solution aqueuse très concentrée. Les tons bruns qu’il fournit, avec belles ombres noir chaud, ne nécessitent pas un virage ultérieur. En employant une solution très diluée, on peut également obtenir des tons verts, comme dans le cas du développement lent à l’acide gallique. Un bain très concentré y amène aussi, mais alors son action se montre beaucoup trop énergique. Quoi qu’il en soit, clans les deux cas, le but est plus difficile à atteindre qu'avec l’acide gallique seul.

426. — En principe, toute addition de sulfite de sodium ou d’alcali, tend à un noircissement immédiat de la couche. Malgré cela, M. Valenta a cependant préconisé la formule suivante :

Eau distillée 1 000 cm^.

Sulfite de sodium anhydre 50 gr.

Acide pyrogallique ; 10 gr.

Acide citrique 11 gr.

Il estime que ce bain travaille énergiquement et donne, avec les différents papiers, des épreuves brillantes et sans voile. Sa coloration reste faible, même après un usage prolongé.

Il se conserve, en outre, assez longtemps après avoir servi. C’est vraisemblablement à la grande quantité d’acide citrique qu’on doit de ne pas avoir de voile. Cet acide agit comme éclaircisseur, mais peu comme retardateur, car le développement ne dure que quelques minutes.

Je crois utile, dans l’espèce, de faire remarquer que M. Valenta vire toujours les épreuves après un tel développement. Or, c’est une manipulation que nous devons plutôt chercher h éviter dans le cas qui nous occupe.

427. — Le virage ultérieur est généralement toujours évitable en n’employant que l’acide pyrogallique seul comme le recommande Liesegang. Cet auteur ne veut même pas

LES PAPIERS AU CHLORURE D^ARGENT

faire usage de la formule recommandée par Moncklioven pour son papier à la nitro-glycose et qui est :

Eau distillée 2 000 cm^.

Acide pyrogallique 1 gr.

Acide citrique 2 gr.

C’est qu’en effet, les acides citrique ou tartrique, bien qu’agissant comme retardateurs, favorisent la sulfuration de l’épreuve, rendent ainsi plus difficile le contrôle de la fin du développement et donnent naissance à des images qui faiblissent au fixage.

428. — Hydroquinone. — Le ton obtenu avec ce révélateur est si peu harmonieux qu’il faut toujours, bon gré, mal gré, traiter les épreuves par un bain de virage-fixage.

L’bydroquinone peut être employée soit seule, en solulion aqueuse ; soit avec addition d’acide citrique ou d’acétate de sodium ou encore de phosphate de sodium. Ces deux derniers produits agissent comme accélérateurs. Ils font tendre le ton vers le brun. Le phosphate, plus énergique que l’acétate, amène un voile noir général sur l’épreuve, dès qu’il est en excès.

429. — En 1892, Liesegang lança, sous le nom à'aristogène, un développateur à l’hydroquinone, spécialement propre à son papier aristotypique. Son emploi peut s’étendre à d’autres papiers du commerce. L’aristogène, en solution concentrée, se prépare comme suit :

A. Eau chaude ayant bouilli 750 cm^.

Acétate de sodium cristallisé 200 gr.

Tartrate sodico-potassique 30 gr.

Acide citrique 8 à 10 gr.

B. Alcool 200 ciii'^

Hydroquinone 45 gr.

Glycérine 80 cm3.

On mélange les deux solutions et l’on conserve dans de petits flacons bien bouchés au liège paraffiné. On peut ajouter, si bon semble, une matière colloïde. C’est moins nécessaire qu’avec l’acide gallique.

Pour l’emploi, on étend cette solution de dix fois son volume d’eau. Du leste, plus la solution sera étendue, et plus aussi sera courte la durée d’insolation, plus harmonieuse sera l’épreuve finale.

292 LE TIHAGE DES ÉPREUVES EN PHOTOG UAPHIE.

430. — Je le répète, les tons obtenus sont tellement désagréables qu’il faut virer. Pour cela, on lavera abondamment les épreuves, à leur sortie du développateur, et on les immergera dans une solution composée de :

Eau 900 cm3,

Hyposulfite de sodium 175 gr.

Alun de potasse 20 gr.

Sulfocyanate d’ammonium 10 gr.

Chlorure de sodium 40 gr.

On laisse reposer huit jours, on filtre soigneusement le dépôt de soufre formé et l’on ajoute la solution suivante ;

Eau distillée 100 cm^.

Chlorure d’or brun 1 gr.

Le virage s’effectue très lentement. On peut donc contrôler facilement son action.

431. — Paramidophénol. — On doit faire usage de la base libre et non du chlorhydrate. Comme l’acide pyrogallique, ce révélateur demande à être employé en solution diluée, et comme lui encore il fournit des tons bruns.

MM. Valenta et Hannecke se servent du chlorhydrate addi- I ionné de sulfite de sodium et d’acide citrique. Mais on n’a plus alors les beaux tons bruns de racide pyrogallique. L’image devient roussâtre et exige un virage ultérieur. La formule de M. Hannecke est la suivante :

Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm^.

Sulfite de sodium anhydre 50 gr.

Chlorhydrate de paramidophénol 7 gr.

Acide citrique 8 gr,

432. — Or tho-amido phénol. — Ce révélateur fournit les mêmes effets que le paramidophénol. Toutefois, de bain développateur acquiert très rapidement une teinte jaune qui colore le papier. Cette coloration s’accentue si l’on fait usage d’acétate de sodium. En outre, il y a formation d’un abondant précipité d’argent métallique.

433. — Métol. — Avec lui, on peut obtenir également les tons noirs et lestons bruns. Il est donc fort recomman ilable. Sa solution doit être extrêmement diluée. Le précipité formé, d’une coloration lilas, ne s’agglomère pas aussi facilement que celui qui prend naissance dans les bains à l’acide pyrogallique ou à l’acide gallique.

LES PAPIERS AU CHLORURE D’ARGENT

Avec addition de sulfite de sodium, noircissement immédiat du papier. Si cette addition est faite conjointement avec une forte addition d’acide tartrique, l’image prend une teinte jaune-rouge.

A signaler que malgré la présence du sulfite, l’image se sulfure notablement dans le bain fixateur.

434. — Pyrocatéchine, — Ses effets ressemblent à ceux produits par l’hydroquinone. Donc, il faut virer les épreuves. On remarque souvent la formation d’un précipité jaunâtre susceptible de colorer les deux côtés de l’épreuve.

435. — Amidol ou diamidophénol^ glyciriy phénilhydrazine, amidocoll ou paramidophénilglycin. — Ces révélateurs, en solution aqueuse, agissent beaucoup trop énergiquement. Même additionnés d’acide tartrique on ne saurait les recommander.

Tannin — Agit comme l’hydroquinone, mais teinte facilement la couche.

Sulfate ferreux. — Très employé dans le procédé au collodion humide, il semblait tout indiqué dans l’espèce. Erreur. On doit le considérer comme inutilisable. Dans tous les cas d’emploi il colore l’épreuve.

Donc, en réalité, il n’y a de pratiquement utilisable que l’acide gallique et l’acide pyrogallique, du moment que l’on veut chercher à obtenir de beaux tons n’exigeant pas un virage ultérieur. On peut leur ajouter l’hydroquinone, le paramidophénol et le métol, dès qu’on ne répugne pas à faire emploi d’un virage.

436. — Encore vous recommanderai-je, quel que soit le révélateur choisi, de toujours introduire dans la solution développatrice de la gomme arabique ou de la colle de poisson. Ces matières colloïdes retardent très sensiblement la formation du précipité noir dans le développateur, et permettent de développer successivement plusieurs épreuves (j’ai été jusqu’à 15 et 20) dans le même bain. Celui-ci, bien entendu, devant toujours être rejeté dès que le trouble noir se produit. Non pas parce qu’il est sans action mais simplement parce que le dépôt noir s’attache à Tépreuve.

437. — Quel que soit le révélateur employé, le fixage s’opère toujours dans une solution d’hyposulfite de sodium, aveclavage avant et après, comme d’ordinaire. Une solution

au titre de 1/10® est suffisante. Plus que dans tout autre procédé peut-être vous devez vous garantir du bain de fixage. La moindre trace dans une cuvette de développement vous occasionnerait des taches jaunes indélébiles.

438. — Je vous recommanderai aussi de ne faire usage que de cuvettes de verre ou de porcelaine à fond plan. Ceci à cause de la formation de l’argent métallique noir qui vient adhérer à la cuvette et peut, pour le nettoyage, nécessiter l’emploi de l’acide azotique, si l’on a laissé le bain séjourner longtemps dans la cuvette. Une extrême propreté dans l’espèce est de toute rigueur.

Toutes les manipulations se font à la lumière du jour. L’action de celle-ci est nulle quand l’épreuve est immergée dans le bain, et l’on suit beaucoup mieux le développement qu’à une lumière artificielle.

439. — A noter que si l’on emploie une matière colloïae dans le bain: colle de poisson ou gomme arabique, on n’a pas à redouter la souvent abondante production d’infimes petites bulles d’air à la surface du papier. Bulles qui donnent naissance à autant de petites taches blanches. Donc, la matière colloïde a le double avantage de retarder la détérioration du bain et d’éviter ces taches. Conséquemment, il est bon de toujours l’employer. Toutefois, si, pour une raison quelconque, on se trouvait dans l’obligation absolue de ne pas en faire usage, il serait d’une bonne pratique d’ajouter un peu d’alcool au développateur (10 p. 100). Cette addition empêche la formation des bulles.

440. — Je répète que si la durée de l’insolation joue un rôle dans l’obtention du ton final de l’image, elle a aussi une grande influence sur son contraste. Le papier est-il impressionné le quart ou la moitié du temps qu’il faudrait normalement pour avoir une image complète? les photocopies obtenues par développement, à l’acide gallique ou au pyrogallol, garderont les contrastes que fournit le procédé de tirage habituel. Avec une exposition plus courte, les images manqueront de plus en plus de contrastes. Un bain très dilué, aussi bien qu’une grande quantité de bain mis dans la cuvette, agit dans le même sens.

441. — Malheureusement la réciproque n’est pas aussi absolue. Il est beaucoup plus difficile d’obtenir des photo-

LES PAPIERS AU CHLORURE D’ARGENT

copies vigoureuses d’après un phototype faible. On y arrive pourtant un peu en élevant la température du bain de développement. Encore ne dépassera-t-on jamais le ton brun. Les phototypes riches en contrastes sont les seuls susceptibles de fournir des tons verts. Ce serait donc d’abord, dans le cas qui nous occupe, à renforcer à fond le négatif jusque même à lui donner, si possible, de la brutalité.

En résumé, le procédé n’acquiert toute sa beauté et toute sa Souplesse qu’autant que le négatif est, non pas heurté, mais d’une belle intensité.

Le moyen le plus simple quand on veut faire acquérir cette intensité à un négatif faible, est de renforcer celui-ci par virage aux sels d’uranium. C’est un renforcement par inactinisme plus ou moins grand de l’image. J’ai indiqué ailleurs cette méthode (1).

442. — Sur cette remarque, M. J. Raphaëls a fondé tout un procédé de développement des négatifs destinés à ce genre de tirage. Il consiste à employer, comme développateur de la plaque devant constituer le phototype négatif, l’acide pyrogallique et le carbonate de sodium, sans addition de sulfite de sodium^ ce dernier produit ayant pour but de retarder l’oxydation de l’acide pyrogallique et par conséquent de donner naissance à une image formée par un argent réduit dont la tonalité va d’autant plus vers le noir-bleu que la quantité de sulfite est plus abondante.

Le développateur se fait alors avec:

Eau 1 000 cm3.

Carbonate de sodium cristallisé 50 gr.

Acide pyrogallique 2g*’, 5

Avec un tel bain, l’oxydation de l’acide pyrogallique est assez rapide. L’argent réduit prend les tons jaunes et bruns spéciaux à sa réduction par l’acide pyrogallique. Les négatifs, ainsi obtenus, permettent à l’image positive d’atteindre assez facilement, avec un développement à l’acide gallique, le ton vert foncé et toujours, dans tous les cas, des tons bistre et sépia suffisamment francs pour qu’il ne soit pas utile de recourir à un virage-fixage ultérieur.

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