ÉTUDE DES INTÉRIEURS SANS FENÊTRES APPARENTES
La Salle des Chevaliers ou du Chapitre au Mont Saint-Michel. (Phototype de l’auteur.)
Or Foxalate ferreux réduit les sels d’or, d’argent et de platine. L’image formée par l’oxalate ferreux peut donc être développée par ces sels et transformée en une image métaL lique.
Avec le chlorure d’or on a :
6(C20^Fe) + 2AuG13 = âpC^O^^FeS] 4- Fe2C16 4- 2Au
Avec l’azotate d’argent :
3(G204Fe) 4 AzO^Ag = (G20q3Fe2 4 AzO^Fe H- Ag
28. ■ — Le procédé connu sous le nom de Callitypie est fondé sur cette réaction. Au lieu de développer l’image dans un bain d’azotate d’argent on sensibilise le papier avec de l’oxalate ferrique additionné d’azotate d’argent. L’image est beaucoup plus visible. On la complète par immersion dans une solution de sel de Seignette (tartrate double de potassium et de sodium).
29. — hdi.Platinottjpie est un procédé similaire. Il diffère ^u précédent en ce que l’on substitue un sel de platine à l’azotate d’argent. Ici, comme là, c’est l’oxalate ferreux qui reste l’agent réducteur. Le sel de platine ne joue donc point le rôle de composé sensible, comme d’aucuns le croient. Du reste la démonstration pratique en sera faite au cours de cet ouvrage, lorsque nous verrons un procédé, dans lequel le sel de platine n’est pas mis sur le papier.
Dans la platinotypie courante, la sensibilisation du papier est faite, à la fois, avec de Foxalate ferrique et un chlorure double de platine et de sodium. A l’insolation, l’image apparaît. Cette apparition est faible. L’oxalate ferreux ne pouvant réduire complètement le sel de platine qu’autant qu’il se trouve à l’état de dissolution. Aussi la réduction complète se fait-elle en immergeant l’image dans une solution d’oxalate de potassium.
La réaction peut s’expliquer ainsi :
Dissous, Foxalate ferreux s’oxyde aux dépens de Foxygène de l’eau et passe à l’état d’oxalate ferrique. En même temps l’hydrogène de l’eau enlève le chlore du chlorure de platine précipitant du platine métallique sur l’image et formant de l’acide chlorhydrique. Cet acide chlorhydrique
convertit une partie de l’oxalate ferrique en chlorure ferrique. Ce qui peut s’écrire :
3(2KGLPtC12) + 6(G20^Fe)
= 3Pt -f 2 [(G20U3Fe2] Fe2GF + 6KG1.
MM. Pizzighelli et Hübl ont constaté que l’oxalate ferrique formé doit réduire une nouvelle quantité de chlorure de platine pour fournir du chlorure ferrique et de l’acide carbonique :
(G20q3Fe2 + 3PtG12 = FeSGF -f 6GO2 + 3Pt
et ils expliquent ainsi le dégagement de gaz remarqué au cours du développement des épreuves au platine.
Une fois développées, les images sont fixées par des lavages dans une solution très étendue d’acide chlorhydrique qui dissout les sels de fer et de platine non altérés par la lumière.
On dénomme chloroplatinite de potassium le chlorure double de platine et de potassium employé parce que l’on a reconnu l’existence de l’acide cHloroplatineux (H^PtCl'^), qui s’obtient par réaction de l’acide chlorhydrique sur le <ihlorure platineux (PtCP). Toutefois, dans la pratique, ce n’est point par action de Tacide chloroplatineux sur ce chlorure de potassium qu’on obtient le chloroplatinite de potassium. On préfère réduire le chloroplatinate de potassium par le chlorure cuivreux:
K2P1G16 + Gu2G12 = K2PtGU + 2GuG12
Quelquefois, on ajoute au sel de platine un sel de mercure. Ce sel, réduit par la lumière à l’état de mercure et de chlorure mercureux, contribue à la réduction du sel de platine. L’image prend alors des tons roux très particuliers.
30. — Si les sels d’argent et les sels de fer nous donnent l’ensemble des procédés des trois premières classes, que. nous allons étudier ici, les sels de chrome vont nous fournir les procédés de la quatrième classe.
31. — Ces procédés sont fondés sur la propriété que possède le bichromate de potassium, ou d’ammonium, de se désoxyder, sous l’action de la lumière, dès qu’il se trouve en présence d’une matière organique susceptible de
s’oxyder à ses dépens. 11 y a alors formation de chromate et d’acide chromique :
Cr2Q7K = Cr04K2 + CrQs
L’acide chromique cède à la matière organique une partie de son oxygène pour se transformer en chromate d’oxyde de chrome :
3Cr03 = 30 + Cr203,Cr03
Le chromate d’oxyde de chrome est hrun. Donc, si une feuille de papier est recouverte d’une matière organique : amidon, gélatine, dextrine, etc., et qu’on l’insole sous un phototype négatif, on obtiendra une image brunâtre. On peut lui donner, ultérieurement, une teinte verdâtre par un lavage abondant, qui convertit le chromate d’oxyde de chrome en oxyde chromique :
2(Cr203,Cr0q = 3Cr2Q3 + 30
32. — Dans les deux cas, l’image est falotte et inutilisable. On peut l’accentuer en trempant l’image dans une solution de certains sels métalliques qui possèdent la propriété de former, avec le chromate d’oxyde de chrome, un chromate insoluble et diversement coloré, suivant la nature du sel métallique. Ainsi, par exemple, immerget-on l’image dans une solution d’azotate d’argent? on la voit apparaître en rouge vif par la formation du chromate d’argent. Plus loin, à propos de l’ozotypie, nous examinerons beaucoup plus en détail la constitution d’un sensibilisateur avec le secours d’un sel métallique.
33. — Mais la propriété vraiment intéressante des sels de chrome, au point de vue de l’épreuve photographique, est de rendre, sous l’action de la lumière les corps colloïdes insolubles. Ainsi une solution de bichromate de potassium étendue sur un papier recouvert d’albumine, de gélatine, de gomme arabique, etc., rend la gélatine insoluble après exposition à la lumière, alors, que non bichromatée, elle est soluble dans l’eau chaude et se gonfle dans l’eau froide.
C’est sur cette curieuse propriété qu’est fondé le procédé au charbon et toutes ses variétés. Procédé le plus intéres-
sant que nous ayons, au point de vue artistique, comme nous le verrons dans la suite. Sans attendre ce moment, je vous ferai remarquer que ce procédé, même tel qu’il est employé, permet, en effet, d’utiliser divers pigments des peintres dont nous avons vu une nomenclature su ceinte au début de ce chapitre. En cherchant à élargir ses limites d’emploi, comme il sera dit dans l’épilogue, on augmente encore la diversité des pigments utilisables. De plus, le grand charme du procédé et sa grande valeur artistique se trouvent notablement surexcités par les méthodes de dépouillement de l’image, permettant à l’artiste, dans une mesure déjà large et qui ne pourra tendre encore qu’à s’élargir, de mener à son gré la venue de l’image.
Tel est l’ensemble des divers procédés de photocopie. 11 en est d’autres aux sels d’uranium, de cuivre, de cobalt, de plomb, etc. Ils sont d’un intérêt très secondaire. Quant à la théorie de laformationde l’image avec eux, elle demeure semblable à celles que nous venons de voir. Je crois donc sans objet de m’y attarder. La pratique et la critique des quatre grandes classes à étudier nous appellent.