ÉTUDE DU SUJET DE GENRE
Un lavoir a San Remo (Phototype de l'auteur).
LA GOMMÉ BlCHKOMATÉÉ.
miel. Les quantités de ces agglutinants ne sont pas telles qu’elles puissent gêner beaucoup les résultats. Dans la pratique courante on peut donc fort bien les employer. L’important est de ne pas faire usage de certaines couleurs dans lesquelles l’alumine domine, comme dans les laques.
La présence de l’alumine tend, en effet, à insolubiliser la matière colloïde. On aura une palette des plus étendues en employant les couleurs suivantes :
Noirs : Noir cTivoire, noir de bougie, noir de vigne.
Bruns : Terre d’ombre naturelle, terre de Gassel, brun Van Dyck.
Rouges : Terre rouge, rouge indien, brun-rouge, terre de Sienne brûlt^ Jaunes : Ocre jaune, jaune de cadmium, terre de Sienne naturelle.
Bleus : Bleu de Prusse, outremer, à la rigueur l’indigo.
En mélangeant ces couleurs, dans diverses proportions, suivant le résultat à atteindre, on se trouve en possession d^une gamme illimitée. Exemples : 12 parties de noir d’ivoire et 4 parties de brun de Gassel ; 10 parties de noir d’ivoire et 3 parties de noir de bougie; 10 parties de brun-rouge, 1 partie de noir de bougie, etc., etc
561. — La gomme arabique employée peut être de qualité quelconque. Mieux vaut cependant, pour la facilité de bien apurer la solution, de la qualité dite, dans le commerce, gomme blanche du Sénégal.
Cette gomme nous est vendue en gros morceaux. On peut la concasser et la pulvériser au mortier avant l’emploi. Cette manipulation n’a d’autre but que d’activer la dissolution de la gomme. On peut donc généralement s’en passer toujours. INéanmoins, on devra l’exécuter dans les cas pressés plutôt que d’aclieter la gomme pulvérisée du commerce, ^ trop souvent impure.
Il La gomme doit être dissoute à froid et filtrée soigneusement à ti*avers de la mousseline ordinaire, mais non de la mousseline à cataplasme. La concentration de la solution est généralement de 35 à 40 p. 100. Il est loisible d’en préparer à l’avance une certaine quantité. En vieillissant elle s’acidifie, et l’acidité de la solution semble plutôt favorable à un bon travail. M. R. Demachy qui a été le premier qui ait réglementé le procédé à la I gomme, préconise de mélanger par parties égales une solu-
tion d’acide citrique à 10 p. 100 et d’une solution de gomme arabique ordinaire à saturation.
562. — Le bichromate alcalin s’emploie à saturation. Naturellement on indique toujours le bichromate de potassium. Pour obtenir dans de bonnes conditions une solution saturée, on verse 100 centimètres cubes d’eau chaude, ayant bouilli, sur 10 grammes de bichromate de potassium, préalablement pulvérisé dans le mortier. La dissolution est presque instantanée. On laisse refroidir et on filtre, ce qui débarrasse la liqueur de l’excès de bichromate recristallisé.
563. — Le mélange sensible à étendre sur le papier se compose : de la solution de gomme, de la solution de bichromate et de la couleur ou pigment. La délicatesse du procédé gît dans le choix des proportions de ces trois éléments. On peut dire que pour 10 centimètres cubes ou 12 centimètres cubes de la solution de gomme on peut prendre 4 centimètres cubes de la solution de bichromate alcalin. Là s’arrêtent les indications. MM. Demachy et Puyo avouent même l’impossibilité d’indiquer la proportion nécessaire du pigment, cette proportion changeant suivant la nature de la couleur que l’on emploie.
Ce à quoi on doit viser, c’est à l’obtention d’un mélange d’une épaisseur type, permettant un engommage égal et rapide. C’est à la constance de cette épaisseur que le débutant surtout doit viser. Or, s’il faut 0^*’,01 de noir de fumée pour donner un beau ton, il en faudra 0®'’,05 de brun Van Dyck pour obtenir, avec cette couleur, un ton de même valeur que celui obtenu avec le noir. Une aussi forte addition de pigment change notablement les proportions des trois composants. Il y a donc lieu d’augmenter les proportions des solutions de bichromate et de gomme. De combien?... Par tâtonnement. Question d’œil et de toucher. Arrivez à l’épaisseur type nécessaire et suffisante. A quoi la reconnaître? A l’engommage. Prenez un morceau de papier, étendez-y votre mélange au pinceau. Si le papier s’engomme avec trop de facilité, augmentez la quantité dégommé; s’il s’engomme avec peine laissant des stries ineffaçables, augmentez la quantité de bichromate ou ajoutez quelques gouttes d’eau.