‹ Le Tissu CribléChapitre 13 sur 68 · B: — CELLULES-COMPAGNES · texte numérisé non relu

B: — CELLULES-COMPAGNES

Les tubes criblés et les cellules-compagnes (Geleitzellen) ont toujours une origine commune. Une cellule procambiale iber primaire) ou cambiale (liber secondaire) se divise, dans le cas le plus simple, par une cloison longitudinale en deux cellules-sœurs, qui sont : le tube criblé et la cellule-compagne. De nombreuses figures antérieures nous ont montré ce cloisonnement.

Chez les Gymnospermes et les Cryptogames vasculaires, il n'existe pas de cellules-compagnes : tous les tubes criblés se différencient directement aux dépens d'une cellule procambiale ou cambiale. Dans les Conifères, SrrasBurGEr à montré qu'il existait des organes homologues au point de vue du contenu et de la signification physiologique fetveisshaltige Zellen), mais qui n'étaient jamais les cellules-sœurs des tubes criblés.

Chez les Angiospermes, il n'est pas rare, comme l'ont constaté Lécer et Cnauveau»., d'observer la formation directe des tubes

criblés : cependant Papparition de cellules-compagnes, principalement dans le liber secondaire, est le cas le plus général.

Fig. 38. — À, tissu criblé très jeune de Lappa major montrant les recloisonnements qui vont donner naissance aux tubes criblés £ et cellules-compagnes c; B, portion de liber de l’Impatiens japonica. — Tubes criblés £ en files sensiblement radiales, avec leurs cellules-compagnes ec (d’ap. LEGOMTE).

Lorsqu'il y a plusieurs recloisonnements, on ne voit pas, comme on le croyait généralement, une grande et une petite cellule s’isoler pour donner : la première, un tube criblé, la seconde, une ou plusieurs cellules compagnes. Il est de règle, au contraire, s'il doit y avoir plusieurs cellules-compagnes, que l'élément formateur se recloisonne plusieurs fois, et c'est seulement quand ces divisions sont accomplies,que le tube criblé se spécialise. Il'en est encore ainsi, quand la même cellule cambiale doit donner un certain nombre d'éléments ; les tubes nacrés ne se différencient qu'après les recloisonnements terminés. Cependant c’est généralement l'élément le plus grand, qui devient un tube criblé.

Les cellules-compagnes possèdent rarement une longueur égale à celle des éléments des tubes criblés auxquelles elles sont accolées (fig. 39).

On conçoit facilement par l'examen de cette figure qu'il ne faudrait pas conclure à l’absence de cellules-compagnes, par l'étude seule d’une coupe transversale.

Le seul criterium absolu, qui puisse permettre d’aflirmer qu'un élément voisin d'un tube criblé est bien une cellule-compagne, c’est de surprendre le fait du cloisonnement longitudinal de la cellule-mère.

ne —

En dehors de cela. Lecoure résume ainsi les principaux carac-

tères généraux de semblables éléments :

Fig. 39. — Portion de coupe longitudicale de tissu criblé de Vitis vinifera ; t, tubes criblés ; e, cellules-compagnes (d’ap. LEGOMTE)

1° Sauf dans les feuilles, les cellules-compagnes sont presque toujours de section beaucoup plus petite que celle des tubes criblés et des cellules du parenchyme lbérien ;

2% La cloison commune du tube criblé et de sa cellule-compagne, sur la coupe transversale, parait d'ordinaire découper un segment du tube ;

3° Cette même cloison porte généralement des ponctuations criblées ou simples, ou mème de simples dépressions très accusées :

4° Le contenu des cellules-compagnes résiste plus longtemps à l’action de l'hypochlorite de soude.

que celui des cellules du parenchyme libérien, et se colore plus fortement par le bleu d'aniline.

L'observation attentive de ces principaux caractères permet de les reconnaitre avec assez de certitude, pour éviter de recourir à l'étude longue et fort délicate du développement.

En étudiant la genèse des tubes criblés, on a vu de quelles différentes manières pouvaient apparaitre les

cloisons qui donnaient naissance aux cellules-compagnes.

Leconte pense que l'orientation de ce cloisonnement est soumis

à la loi générale suivante :

« Le cloisonnement se produit de telle façon que la cellule-compagne se trouve généralement placée entre le tube criblé, d'une part, le parenchyme libérien ou le plus souvent un rayon médul-

laire d'autre part. »

Cette orientation est surtout manifeste dans le liber secondaire.

ET ee

Chez les plantes à liber mou [Weichbast), les cellules-compagnes sont presque toujours en contact avec les rayons médullaires. Quand le liber est stratifié, les cellules-compagnes sont disposées : 1o du côté des fibres,en séries tangentielles,séparant ces dernières des tubes criblés ; 2 du côté des rayons médullaires, en séries radiales, mettant en relation les tubes criblés avec ces ravons (Vigne, Tilleul). ;

Les Solanacées, les Composées Liguliflores, les Gentianacées, etc., montrent des cloisonnements obliques indifférents donnant naissance à des lots de cellules,dont quelques-unes se différencient en tubes criblés et les autres en cellules-compagnes. Enfin, les cellules-compagnes peuvent se diviser ultérieurement par une ou plusieurs parois transversales.

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