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C. — CELLULES CAMBIFORMES

Dans l’Aréstolochia Sipho, chaque cellule-mère de tube criblé dérivant du cambium, se divise en deux par une cloison tangenlielle ; l'élément le plus externe devient un tube criblé, l’autre, plus petit, se subdivise transversalement en deux, trois ou quatre cellules.

De Jaxczewsxt établit une distinction entre les éléments ainsi formés et les cellules-compagnes des autres Dicotylédones. Il les compare aux cellules dites cambiformes des Monocotylédones. On sait en effet, que chez ces dernières, les tubes criblés les plus voisins des vaisseaux dans la tige, ne dérivent jamais immédiatement des cellules procambiales. Celles-ci se divisent généralement par une cloison tangentielle ; l’une des deux cellules-filles devient un tube criblé, l’autre subit de nouvelles divisions longitudinales donnant naissance à des cellules appelées cambiformes, lesquelles peuvent encore, plus tard, se partager en quatre, Six ou huit cellules susceptibles de nouvelles divisions longitudinales. Il se forme ainsi un véritable tissu cambiforme.

Lecomre n'admet en aucune façon ces distinctions,pas plus pour les Monocotylédones que pour l'Aréstolochia Sipho; toutes ces cellules sont homologues des cellules-compagnes ; il n'est pas rare, en effet, de trouver les termes intermédiaires entre la cellule

compagne simple, et un ilot de petites cellules issues de recloisonnements successifs. Chez les Tilia, Vitis, les éléments sont fréquemment eloisonnés transversalement.et leur orientation externe où interne par rapport au tube criblé, lui semble un argument insuflisant.

SrrassurGer abandonne aussi complètement cette dénomination. Mais quelques auteurs allemands, Frank, Haberlandt.ete. 1, maintiennent énergiquement l'existence de cellules conductrices, spécialement différenciées dans le tissu libérien et qu'ils nomment cellules cambiformes.

Depuis Nxcrri et pe Bary, pour qui ces cellules cambiformes n'étaient probablement pas autre chose que les cellules-compagnes, la conception de ce tissu est notablement différente.

Voici ce qu'en pense Haberlandi :

« Les cellules-cambiformes sont des cellules allongées à paroi molle avec des extrémités terminées en pointe ou en biseau, et un contenu plasmatique abondant, Elles sont peu différentes, au point de vue de leur développement, des cellules cambiales dont elles dérivent. Leurs parois terminales sont fortement ponctuées : ce qui indique qu'elles président aux échanges entre les cellulescompagnes voisines d’une part, et les cellules du parenchyme hbérien d'autre part.

« Fréquemment ces cellules cambiformes se divisent transversalement et elles sont parfaitement comparables aux cellules du parenchyme libérien.

« On sait encore peu de chose sur leur fonction : il est vraisemblable qu'elles servent à véhiculer à d'assez grandes distances les matières albuminoïdes facilement diffusables (diosmirend); de plus il est possible qu'elles jouent un rôle dans l'échange des matières albuminoïdes des tubes criblés.

€ Quand par suite de divisions transversales, leur structure se rapproche de celle des éléments du parenchyme libérien, il est probable qu'elles servent à la migration des hydrates de carbone. »

Comme on le voit, la notion scientifique, anatomique et physiologique de ces cellules cambiformes, n'est guëre précise: aussi, jusqu'à présent, n'est-elle encore admise par aucun savant fran-

ÇaIs.

(1) Frank. — Lehrb. der Pflanzenphysiologie, 1890, p. 284. Haberlandt. — Physiol. Pflanzenanatomie, 1897, p. 286.

D. — CreriuLes ALBUMINIFÈRES.

STRASBURGER (1) à signalé dans le Hiber des Conifères, des éléments remarquables par leur forme particulière et surtout par leur contenu albuminoïde ; il les considère comme physiologiquement homologues des cellules-compagnes des tubes criblés chez les Angiospermes,et il désigne ces cellules caractéristiques du tissu criblé des Gymnospermes, sous le nom de « eiweisshaltige Zellen»; dans cette étude, nous les appellerons désormais : cellules albuminiféres.

Ainsi donc, d'après SrrasBurGEr, les fonctions des cellules

Fig. 40. — Pinus sylvestris. — Coupe longitudinale radiale de la tige à la limite du bois et du liber; #6, tubes criblés ; /, fibres ligneuses aréolées ; rn, rayons médullaires; ca, cellules albuminifères. G — 220 (d’après STRASBURGER).

compagnes sont remplies : 1° chez les Abiétinées, par des rangées

spéciales de cellules appartenant aux rayons médullaires ; 2 chez

(1) Leitungsbahnen, p. 3%.

note

une partie des Cupressinées et Taxodinées,par les mèmes éléments auxquels s'ajoutent quelques rangées de cellules spécialisées du parenchyme libérien; 3° chez les autres Cupressinées et l'axodinées ainsi que les Taxinées et Araucariées, uniquement par les cellules albuminifères du parenchyme libérien.

Ces éléments, quelle que soit leur origine, ont des caractères communs et des fonctions comparables à celles des tubes criblés. C'est ainsi qu'ils sont riches en matières albuminoïdes et ne renferment pas d’amidon pendant leur période d'activité maximum ;

ner

Fig. 41, — B. Larir europæa. — Coupe longitudinale radiale dans la région du cambium d'un tronc âgé. Rayon médullaire albuminifère dont une ou deux cellules s'infiltrent entre les éléments ligneux récemment formés. — A. Tarodium distichum. Même phénomène (d’après STRASBURGER).

cette dernière correspond précisément avec la même phase des tubes criblés voisins. La disparition du contenu se fait également d'une manière synchronique dans ces deux éléments, qui sont en

communication directe par des ponctuations spéciales particulièrement développées.

Ces cellules albuminifères appartiennent souvent aux rayons médullaires, et, dans ce cas, elles sont disposées presque tou- Jours sur les bords de ces rayons (ca, fig. 40).

À leur entrée dans le liber, les rayons médullaires perdent leur aspect; ceux d’entre eux qui n’ont qu'une seule épaisseur de cellules, ne forment jamais de cellules albuminifères et on n'y rencontre que de l’amidon. Si, au contraire, les rayons médullaires venant du bois sont composés de rangées doubles de cellules dans la région ligneuse, quand ils pénètrent dans le liber, une seule rangée de bordure devient albuminifère, l’autre est amylifère.

Ceux des rayons médullaires qui prennent naissance directement dans le liber, qu’ils possèdent une ou deux assises de cellules, présentent toujours des cellules albuminifères sur leurs bords. Ces rayons peuvent pénétrer dans le bois, mais ils s’atrophient rapidement.

Les cellules-mères de ces rayons albuminifères proviennent du cloisonnement d'une cellule cambiale qui ne fonctionne qu’en direction centripète, en donnant rarement quelques éléments centrifuges. Quand ils existent, ceux-ci s’infiltrent entre les trachéides récents et présentent l'aspect fourni par la figure 41. De nouvelles cellules albuminifères peuvent prendre naissance vers la région cambiale par des cloisonnements postérieurs, pour suivre les progrès de l'accroissement en épaisseur du liber.

Outre ces cellules spéciales à contenu albuminoïde situées sur les bords des rayons médullaires libériens, on rencontre des éléments semblables dans le parenchyme libérien. Parfois même ces derniers existent seuls.

Leur répartition est très variable ; tantôt elles sont disposées en bandes tangentielles, ou disposées sans ordre au milieu du parenchyme libérien amylifère, tantôt elles présentent une alternance assez régulière avec les cellules amylifères.

Leur noyau volumineux permet toujours de les reconnaitre facilement, et quelle que soit leur disposition relative, elles sont toujours en contact avec les rayons médullaires.

Chez les Abiétinées (fig. 40), pendant la phase active, les cellules albuminifères présentent une hauteur plus grande et un diamètre tout différent de celui des cellules ordinaires du parenchyme libérien. Elles sont de plus en contact intime avec le côté large des tubes criblés ; leur diamètre grandit avec la croissance du tube,

Les différents éléments parenchymateux du liber et ceux des rayons médullaires à contenu amylacé, communiquent entre eux par des ponctuations simples: il n'existe aucune ponctuation entre les cellules amylifères et les cellules albuminifères. Les tubes criblés ne sont jamais non plus en relation avec le parenchyme

a — TRY sv

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