‹ Le Tissu CribléChapitre 50 sur 68 · EN) 1) LEE · texte numérisé non relu

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cellules de même forme. Les autres faisceaux plus petits n'ont qu'un seul tube eriblé.

Les Zannichellia, Halodule, Posidonia, Althenia, Lemna, Vallisneria, ont des structures parfaitement comparables.

$ 8. — Dicotylédones.

Racine. — Dans les racines des Dicotylédones palustres ou aquatiques, l'adaptation se manifeste, comme chez les Monocotylédones, par une réduction du faisceau; mais cette réduction intéresse surtout la partie vasculaire (1).

Chez le Myriophyllum spicatum, le cylindre central est penarche, mais souvent les vaisseaux peu nombreux sont répartis irrégulièrement et la symétrie de structure est difficile à retrouver A, fig.105). Dans les plantes aquatiques très réduites, comme les

Fig, 105.— A, Myriophyllum spicatum ; B, Callitriche stagnalis ; C, Call. vernalis : coupes transversales de racines adventives (d’après SCHENCK).

Callitriche, il n'existe que deux faisceaux libériens, représentés chacun par un tube criblé (Call. stagnalis) ; où bien le cylindre central peut être triarche (C;fig.105} et chaque groupe de hiber ne renferme aussi qu'un seul tube eriblé (Call. vernalis). En somme,

(1) Voir Scuencx [181].

comme chez les Monocotylédones, le faisceau subit une réduction plus où moins grande, qui influe sur la quantité du liber, mais les tubes criblés existent toujours, attestant l'utilité de la fonction de

ce tissu.

Tige. — Les variations anatomiques de la tige des végétaux amphibies, palustres où submergés, ont été étudiées en particulier par Cosranrix (1), dontles recherches ont aussi porté sur la racine. Mais les modifications de structure sont plus sensibles sur les autres tissus que le liber. En général, les plantes amphibies ont une structure tout à fait comparable dans leur portion submergée à celle de la partie aérienne. CosraxTix a reinarqué seulement pour le faisceau libérien la disparition ou la diminution considérable dans le nombree des fibres.

En faisant végéter entièrement sous l'eau, un Polygonum amphibium pendant deux mois, les fibres diparaissent, les faisceaux libéroligneux se réduisent, les vaisseaux diminuent de nombre, mais les tubes criblés sont toujours bien développés.

Fig.106.— Peplis Portula ; Coupe transversale du cylindre central d'une tige submergée ; end, endoderme ; £, tissu criblé ; p, péricycle (d'après SCHEXGK).

Dans les familles où l'on rencontre généralement du tissu criblé médullaire, 1l semble que cette formation surnuméraire disparait. lel est le cas des Menyanthées, chez les Gentianacées. VEsquE

(1) Costantin Structure de la tige des plantes aquatiques. Ann.se.nat. Bot.G ie EL AIX, 188%. — Id. Influence du milieu sur La structure des racines. Ann. se. nat, Bot. 7es,, t. [., 1885.

avait déjà indiqué cette particularité dans le Henyanthes et nous avons étendu cette remarque à toutes les espèces de cette sousfamille [162]. Il ne subsiste,dans ce eas,qu'un amas de parenchyme qui ne se sclérifie jamais, et silué à la pointe interne de la partie vasculaire du faisceau. Le liber normal, au contraire, estbien plus abondant et les tubes criblés, non plus en paquets épars, comme dans les espèces terrestres, sont répartis çà et là ; leur diamètre s'est, de plus, considérablement agrandi.

Il n'en est pas toujours de mème, et dans les plantes amphibies telles que les Ludwigia, Peplis, ete., le tissu criblé périmédullaire persiste avec (ous ses caractères.

Chezle Peplis Portula, par exemple, le bois est parenchymateux avec des vaisseaux bien développés dans les tiges submergées : le liber montre d'assez nombreux tubes criblés, et les petits amas criblés médullaires se distinguent avec facilité (fig. 106).

Nous pouvons retrouver la même particularité chez quelques espèces palustres appartenant aux familles des Œnothéracées et

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Fig. 107. — Schéma d’une coupe transversale de tige de Isnardia (Ludwigia) palustris : fem, fascicules criblés périmédullaires ; £, liber ; b, bois (d'après PARMENTIER).

Haloragacées, où PArMENTIER à constaté la présence d'énormes amas eriblés à la périphérie de la moelle (/snardia palustris).

L'Utricularia vulgaris possède un seul cordon libéroligneux extrèmement développé du côté externe à cause de la structure dorsiventale de cette tige aquatique. Les tubes criblés sont répartis par petits îlots et la masse libérienne externe se sclérifiant, les quelques trachées centrales paraissent former,avec le parenchyme libérien, une seule masse ligneuse renfermant des ilots criblés inclus. Le liber interne reste parenchymateux et les tubes eriblés sont d'assez gros diamètre.

Malgré l'extrême réduction de ces plantes. elles conservent dans

leur structure tous les caractères des espèces terrestres, comme l'Utricularia montana, par exemple. Ces plantes ont été étudiées par Hovecacque [46]. dans le mémoire duquel on trouvera toute la bibliographie se rapportant à cette intéressante question.

Chez les espèces très adaptées à la vie aquatique, comme les Myriophyllum, Trapa, Hippuris, la moelle est plus lacuneuse et le tissu criblé surnuméraire disparait: mais le liber normal'est toujours caractérisé par des tubes criblés bien développés. à lumen large.

Le Ceratophyllum demersum est un exemple excellent de Ja modification extrème que peut subir le cylindre central, Les vais-

l'ig. 108.— Ceratophyllum demersum.— Coupe du cylindre central de la tige : l, lacune vasculaire; #, tubes criblés (d'après SGHENGK).

seaux sont disparus, l'axe est occupé par une lacune vasculaire entourée de parenchyme ligneux un peu épaisst. La zone libérienne est considérable et renferme des tubes criblés remarquables par leur diamètre; ils rappellent ceux que nous avons signalés chez la plupart des Monocotylédones aquatiques.

Les exemples fournis par les plantes aquatiques, appartenant à diverses autres familles des Dicotylédones, sont parfaitement comparables. Cependant des faits intéressants méritent d'être signalés chez certains Limnanthemum exotiques (D. 1 n'existe plus dans la tige de ces plantes de véritable eylindre central: les faisceaux paraissent isolés sur la coupe transversale, comme chez

(1) E° Perrot [162], pl. VIE, VID IX.

tou les Monocotylédones (A, fig. 109). mais leur structure est collatérale.

Dans cette longue tige, qui porte généralement l'inflorescence à son extrémité, les faisceaux se ramilient à la facon des nervures d'une feuille, et la structure fasciculaire est entièrement disjointe. La coupe du pétiole ne diffère que par la dimension relative et l'arrangement des faisceaux qui permet de retrouver le plan de

Fig. 109. — Zimnanthemum Humboldtianum. — Schémas de coupes transversales : A, tige; B, pétiole; C, pédoncule floral. Les faisceaux libéroligneux sont séparés sans ordre dans le parenchyme conjonctif extrèment lacuneux (fig. originale).

symétrie, Le pédoncule floral, généralement court, présente de nouveau un cylindre central, produit par la réunion de quelques faisceaux, mais il n’en persiste pas moins, dans le parenchyme conjonctif extérieur, quelques très petits faisceaux analogues à ceux du pétiole et de la tige (C, fig. 109).

En résumé, chez les plantes aquatiques, le hber suit dans son ensemble la simplification du faisceau, mais le tube criblé n’est jamais suppléé par un autre organe, comme le sont les vaisseaux par les lacunes vasculaires. Le tissu conducteur de la racine des plantes submergées est parfois réduit à une lacune vasculaire et deux ou trois tubes criblés ; mais ces derniers organes sont abso-

lument analogues au point de vue de leur structure intime, à ceux des plantes terrestres.

Dans la tige, la partie criblée reste toujours bien développée. tandis que la partie ligneuse n'est souvent plus représentée que par une lacune vasculaire. Les tubes criblés sont remarquables par leur volume et se distinguent avec la plus grande facilité dans les coupes transversales.

Les espèces aquatiques des familles dont le liber est composé de fins tubes criblés, réunis en amas isolés dans le parenchyme. montrent une complète disparition de cette structure. Les éléments grandissent et se répartissent sans ordre dans la zone libérienne et leurs cellules-compagnes coexistent toujours.

Les cellules du parenchyme libérien different peu où pas des cellules du parenchyme ligneux, et, dans la plupart des cas, il est impossible de séparer le bois, du liber. Souvent il existe chez les plantes aquatiques des faisceaux conducteurs concentriques dans l'écorce ; il n’est pas rare que ces faisceaux soient constitués simplement par du tissu criblé.

On avait cru jadis que dans les faisceaux de dimension réduite (Naias, Callitriche, ete.), il n'existait que de longues cellules conductrices (Leitzellen, de CasPary) (1) que l'on avait plus tard assimilées au « Cambiforme » de Nxcerr. Mais, dans ces cordons de cambilorme, d'après ScHexer [180], il Y à toujours des tubes criblés ; c'est donc bien un véritable liber.

Dans la feuille, comme la transpiration n'existe plus, les vaisseaux disparaissent ; les organes conducteurs de l'eau sont devenus à peu près inutiles. Les tubes criblés exceptés, tous les autres éléments ont une tendance marquée à s'égaliser dans leur forme et à rester parenchymateux. Plus les plantes vivent sous l'eau, plus la structure devient uniforme.

Il est évident que la biologie particulière de ces plantes ne rend pas du tout superflue la fonction physiologique de répartition des matériaux nutritifs; €’est ainsi que s'explique la persistance et mème parfois le développement exagéré des tubes criblés.

B. — PLANTES KXÉROPHILES.

On sait combien sont nombreuses dans la forme et la structure. les modifications que peuvent subir les plantes soumises à la vie

() Gaspary. — Die Hydrilleen. Pringsheims Jahrb. f. wiss. bot., 1858.

or —

désertique; mais, comme chez les précédentes, la fonction de nutrition étant toujours nécessaire aux organes, le Lissu criblé ne parait influencé en aucune façon. Il est juste de dire qu'à notre connaissance il n'existe aucun travail d'ensemble, dans lequel l’on puisse rencontrer des matériaux nécessaires pour élucider un semblable problème. Les recherches ont surtout porté sur les modifications extérieures et les moyens de défense des plantes xérophiles contre une dessication possible où une transpiration trop abondante.

Dans presque tous les cas, le faisceau ne parait subir aucune modification essentielle dans sa structure intime.

Récemment, Gaucner (1), dans ses recherches sur le genre Eupnorgia, dit cependant que chez certaines Æuphorbes cactiformes « le liber paraît frappé de dégénéreseence, à une certaine époque du développement tout au moins; les cellules anciennes se résorbent et l'on ne trouve plus que leurs membranes serrées les unes contre les autres et formant de larges taches brillantes. Le fait est manifeste dans l'£uph. cerulæscens. »

L'anatomie des espèces xérophiles des Saxifragacées, EÉricacées, Liliacées, ete., ne nous offre actuellement aucune indication générale précise, sur le sujet qui nous occupe plus spécialement. Chez les Stapelia, les lubes criblés sont de dimension relativement grande ; la plupart des Saxifrages ont un liber normal, parfaitement protégé par son sclérenchyme.

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