‹ Le Tissu CribléChapitre 51 sur 68 · C. — PLANTES GRIMPANTES · texte numérisé non relu

C. — PLANTES GRIMPANTES

Nous avons décrit, d'après Scnencxk [181, 182], les principales modifications introduites dans la structure des plantes grimpantes par leur mode de vie particulier. Il reste encore à chercher la part qui revient à l'adaptation, dans les particularités si nombreuses que l’on rencontre dans l'anatomie de ces végétaux.

Le crevassement et le morcellement du corps ligneux en cordons plus où moins volumineux est évidemment le phénomène le plus approprié à la biologie des Lianes. On sait, en effet, qu'un câble formé de plusieurs fils offre une résistance beaucoup plus considérable à la traction, que ne saurait le faire un même câble composé d’un seul cordon.

(1) Gaucher. — Etude anatomique du genre Euphorbia, Paris 1898 (Klincksieck, éditeur).

L'accroissement anornal qui donne naissance à ce partage du eylindre ligneux a pour HaserLanpr [35] une autre conséquence. Le liber périphérique du tronc dans les Lianes, se trouve pour la plus grande part renfermé dans les parties profondes, et par cela mème.il occupe une situation plus avantageuse au point de vue de sa protection. I peut ainsi résister beaucoup mieux au danger des flexions probables et aussi à la pression radiale, résultant de lacroissement en épaisseur du tronc.

WesrermalEr et AmBroxx [99] sont d'un avis analogue et rapportent à l'obligation pour les tubes criblés de résister à de fortes pressions, la tendance que l'on rencontre chez toutes les plantes orimpantes.à former du tissu mécanique protecteur de ces éléments.

SCHENCK pense que ces considérations sont de pures hypothèses. Le tissu criblé situé à l'intérieur des Lianes. dont les troncs sont morcelés, paraît bien plus exposé à l’écrasement que celui de la périphérie. Les amas criblés se trouvent, en effet, intercalés entre des corps ligneux très durs séparés par du parenchyme;et jusqu'à un certain point déplaçables dans les grandes flexions (Sapindacées, Malpighiacées, etc.).

Les Strychnos sont le plus mauvais exemple à choisir, pour appuyer les hypothèses d'HaserLanpr, car le tissu criblé interligneux se rencontre dans les espèces arborescentes, et les autres espèces rampantes de ce genre sont situées au dernier échelon adaptationnel des plantes volubiles ; d’ailleurs leur structure ne saurait èlre comparée à celles des Lianes.

SCHENCK pense que si Faserzaxpr, puis \VEsrERMAIER et Amsronx ont dépassé le but dans leurs explications ; Vax Tiecneu et Héraiz sont tombés dans lexagération contraire. Ces auteurs, en effet, repoussent toute influence adaptationnelle dans la struc- Lure anormale des plantes grimpantes.

Héraiz, en parüculier, insiste sur la présence des types normaux dans les troncs de certaines plantes volubiles appartenant à diverses familles dans lesquelles les anomalies de structure se rencontrent fréquemment (Ménispermacées, Polygonées, ete.)

Pour Scnexck, l'erreur de démonstration de ces deux derniers savants provient de ce qu'ils n'ont envisagé que le point de vue purement descripuf, sans s'occuper des relations phylogénétiques.

Il parait en effet évident que toutes les plantes soumises dans la nature au même genre de vie spéciale, n’ont pas subi les mêmes

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modifications. Le cycle des adaptations est plus où moins limité, et les divers échelons de ce cycle seront d'autant plus nombreux pour un groupe biologique, que ce groupe comprend une plus grande quantité de représentants. Dans les derniers échelons adaptationnels, les mêmes particularités anatomiques pourront s'aflirmer, même dans des phylums tout à fait distincts: c'est d'ailleurs le cas général chez les plantes aquatiques ou simplement hydrophiles.

Au lieu de s'adresser aux groupes de plantes dans lesquels les phénomènes adaptationnels sont peu marqués, comme l'a fait Hérair, il est de toute nécessité, au contraire, de chercher l'explication des faits dans les termes ultimes.

La comparaison avec les plantes hydrophiles est toujours exacte; mais chez celles-ci, dans les termes adaptationnels ultimes, la structure est le plus simple, tandis le contraire se présente chez les Lianes.

Dans un mème cycle de parenté, présentant des espèces à tronc compliqué, il est à remarquer que la majorité des anomalies ne se rencontrera que chez les formes grimpantes, et que la structure normale chez ces dernières est excessivement rare; le rôle de l'adaptation paraït alors indubitable.

L'anomalie spéciale du Tecoma radicans n'est, pour SCHEXCK, qu'une simple particularité de structure.

La répartition intérieure du tissu criblé paraît subordonnée à la nécessité du transport des matériaux nécessaires au fonctionnement des cambiums actifs, et aussi, à celle de concourir à l’accumulation des produits de réserve dans le parenchyme ambiant.

La présence de ce parenchyme augmente, en outre, la faculté de torsion et de flexion du tronc de la plante; enfin, en cas de blessure, les éléments criblés alimentent rapidement les tissus de cicatrisation, et leur activité se manifeste souvent par la production de racines aériennes aux endroits accidentellement lésés.

Chacun des amas criblés n’est pas d'ailleurs entièrement isolé, et il existe, la plupart du temps, des anastomoses qui relient entre eux les différents cordons libériens et forment un tout pour ainsi dire homogène.

La signification biologique du tissu criblé interligneux {type Strychnos) ne doit pas être cherchée dans l'adaptation au mode de vie grimpant.

Certaines anomalies de structure se rencontrent en dehors des

Lianes:; par exemple, dans les racines tuberculeuses et les rhizômes. L'explication paraît facile, si l'on veut considérer ces organes comme des magasins de réserves alimentaires (Œnothera, Sweertia,Gentiana, etc.).Le mode d’apparition et la nature de ces particularités anatomiques pourront évidemment se manifester sous des formes variables.

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