D. — PLANTES PARASITES
Le tissu criblé des plantes parasites. épiphytes ou saprophytes, ne paraît subir de réduction qu'autant que les organes de la plante eux-mêmes ne prennent qu'un développement peu considérable.
Chez les Orobanchées, Lathrées, Rhinanthacées, le liber est bien développé; dans les Gentianées saprophytes (Obalaria virginica, Voyria, Leiphaimos), les vaisseaux et les tubes criblés sont en petit nombre. En particulier chez quelques-unes de ces
ABexee ) [} FREE CES e
c “ee À © de SA \ À À QN GER N 7 Fig.110. — Tige de Leiphaimos aphylla ; fem, fascicule criblé médullaire
(fig. originale).
dernières espèces, que nous avons étudiées, le liber normal paraît entièrement disparu, pour ne laisser subsister au centre que quelques trachées entourées d’un petit nombre de tubes criblés. Ces faisceaux sont parfois protégés par du sclérenchyme ponctué
sel(fig.110), ou simplement plongés dans une masse de tissu con- Jonctif (divers Leiphaimos, ete.).
Récemment, les Cuscutes ont fait l’objet de recherches Spé-
Fig. 111. — Cuscuta japonica. — Faisceau libéroligneux au début de la formation secondaire; «a, anneau scléreux; fe, tubes criblés avec leurs cellulescompagnes; f, fibres péricycliques (d’après MIRANDE).
ciales. Kocx (1) n'avait pas trouvé de tubes criblés dans les Cus-
cutes inférieures; ceux-ci seraient remplacés par des cellules allon-
(1) L. Koch. — ÆEntwickelung der C'uscuteen. Hansteins Bot. Abhandl., t. I, Bonn. 1874, p. 73.
gées qui en remplissent le rôle. Max. Conxu (1) a montré, au contraire, que ces organes atteignent un degré supérieur de perfection dans le C. Lehmanniana. Marcez MiranoE [65]a repris cette intéressante étude sur de nombreuses espèces et confirme entièrement les observations de Cornu.
Fig. 112. — Cuscuta japonica. — «, tube criblé avec plaque criblée transversale simple et cribles latéraux anastomotiques; b, coupe longitudinale d'une paroi de tube criblé pourvue de ponctuations simples: €, plage criblée d'une cloison oblique; «, tube eriblé avec crible simple un peu oblique, des petits cribles latéraux et des ponctuations simples; e,tube criblé et cellules-compagnes ; /, plage criblée très oblique avec grosses ponctuations; g, À, portion de tube, l’un avec sa cellule-compagne (d’après M1- RANDE).
Le système libérien acquiert un important développement chez les Cuscutes supérieures, où il est constitué par des éléments
(1) M. Cornu. — Note sur une Guscute du Turkestan, Bull. Soc. bot. Fr., ge s., t. III, 1896.
remarquables comme taille et comme structure. Non seulement l'on trouve un faisceau de tubes criblés en face de chaque faisdeau vasculaire, mais encore très fréquemment, il existe des amas de tissu criblé entre les faisceaux libéroligneux complets.
Les tubes criblés se rapportent à deux types principaux : les uns sont à crible simple (type Courge): les autres, à cloison plus ou moins oblique, présentent de grandes plages criblées (type Vigne). Les deux types peuvent coexister dans le même faisceau.
Les structures et les apparences diverses de ces tubes criblés sont réunies dans la fig. 112. Miraxpe a rencontré des éléments semblables, même dans le €. monogyna, que Kocu en croyait dépourvus. Le contenu des tubes criblés des Cuscutes est riche en granules colorés en rouge vineux par l'iode, dont il a été question précédemment.
L'influence de la vie parasitaire ne paraît donc pas se faire senür sur les tubes criblés, et même on pourrait dire, en se basant sur les Cuscutes, que ces éléments offrent un développement remarquable.
Un point qui nous semble important n'a pas été étudié dans ces plantes; c’estle sens du transport des matériaux dans leurs tubes criblés. Comme il n'existe pas de feuilles assimilatrices, on est tenté de croire que la direction du courant est ascendante. Aueune expérience n'a jusqu'alors été tentée dans le but d’élucider cette question, qui, cependant, serait une confirmation ou une infirmation des idées admises sur le sens du transport, dans les végétaux munis de feuillage vert assumilateur.