CHAPITRE" Eléments constitutifs du tissu criblé
Le tissu criblé doit son nom à la présence constante d'éléments essentiels appelés tubes criblés. Ceux-ci se composent de cellules allongées disposées en files longitudinales et séparées par des cloisons transversales plus ou moins obliques qui portent des ponctuations spéciales, perméables, ou perforées à la façon d’un crible.
Le tissu qui renferme ces éléments est désigné souvent encore sous le nom de liber: il peut ètre d’origine procambiale (/iber primaire) où cambiale ({iber secondaire). Dans l’un et l’autre cas, on rencontre les mêmes éléments mais avec des dispositions un peu différentes. La dénomination du liber s'emploie surtout en anatomie topographique. Elle désigne plutôt une région; aussi pour les études anatomiques et physiologiques, est-il préférable de se servir de l'expression de tissu criblé (1).
(1) Les auteurs allemands emploient à propos de ce tissu des dénominations très différentes. Il ne nous paraît pas inutile de donner ici les synonymies. Le mot Bast désignait autrefois le liber, tel que le comprenaient les anciens auteurs, c’est-à-dire la région la plus interne de l'écorce, mal délimitée, dans laquelle on rencontre fréquemment des éléments fibreux (Bas! fasern) disposés parfois en strates plus ou moins régulières. Depuis que la région libérienne est mieux connue, l'expression Bast désigne l'ensemble du liber dans le sens de région. C’est NÆGELI qui, en voulant préciser le langage anatomique, a créé le mot Phloem pour remplacer celui de Bast et le mit en opposition à Xylem (bois). Les mêmes régions sont nommées par DE Bar : Siebtheil et Gefüsstheil; par
Qu'il soit d'origine primaire ou secondaire, le Ussu eriblé coniprend :
1° Des tubes criblés qui constituent l'élément essentiellement caractéristique de ce tissu :
2° Des cellules parenchymateuses, accolées aux tubes criblés et procédant de la même cellule mère par un cloisonnement longitudinal. Ces cellules renferment aussi des substances albuminoïdes et on les désigne, à cause de leur communauté d'origine avec les tubes criblés, sous le nom de cellules-compagnes :
3° Des cellules parenchymateuses au milieu desquelles sont répartis les éléments précédents. Elles sont allongées comme eux dans le sens longitudinal et forment la masse fondamentale du Liber ; elles renferment surtout des grains d'amidon et constituent ce qu'on appelle le parenchyme libérien (hber mou) :
4° Des cellules plus où moins fortement sclérifiées : les unes courtes (cellules seléreuses\, les autres allongées longitudinale ment, fusiformes, à lumen étroit (fibres libériennes).Ces dernières sont fréquemment disposées en strates assez régulières et parfois appelées liber dur:
5° Des cellules cristalligènes contenant des cristaux de forme variable d’oxalate de calcium.
Les tubes criblés, les cellules-compagnes et, en général, tous les éléments qui renferment les matières albuminoïdes destinées à la nutrition de la plante, représentent les éléments histologiques essentiels du liber. Le parenchyme libérien avec les éléments séléreux et les cellules à cristaux sont souvent considérés comme les cléments accessotres.
On peut enfin rencontrer dans le tissu eriblé des éléments accidentels qui ne sont autre chose que des réservoirs secréteurs (cellules secrétrices, laticifères, canaux secréteurs, ete.).
STRASBURGER : Gribraltheil et Vasaltheil. Enfin HABERLANDT, qui sépare du tissu eriblé, au point de vue anatomo-physiologique, tous les éléments sclérifiés, emploie avec l'école de SCHWENDEXER les expressions de Leptom et Hadrom qui s'appliquent au tissu conducteur eriblé et vasculaire. La partie du tissu criblé exempte de fibres ou de cellules seléreuses (Bastselerenchym, Steinzellen, etc.) est encore fréquemment appelée Weichbast (liber mou). Les éléments criblés primordiaux, différenciés directement aux dépens des cellules procambiales, et dont la période active est généralement très courte, sont appelées par SrrAsBur- GER, Cribralprimanen; les mêmes éléments vasculaires sont les Vasalprimanen.
CHAPIECRE LI