CHAPITRE VII
Sur certains éléments du tissu criblé de Mimosa pudica considérés comme système de transmission des excitations (1).
On Irouve dans In liber (Leplom) do la lige et du pétiole du Mimosa pudica des cellules allongées, tubuleuses, disposées en séries longitudinales. Ces cellules ont de 0,6 à l»'™2 de longueur sur 0,018'"“' de diamètre environ. Leurs parois sont minces, molles, incolores et sc colorent en violet foncé par le chloroiodure de zinc. Sur les parois longitudinales on voit des ponctuations simples, tandis que les parois transversales disposées plus ou moins obliquement, présentent une seule ponctuation très large, à contour arrondi, dont la membrane est percée d’un très grand nombre do lins pores.
Le contenu de ces cellules est formé d’une mince couche de protoplasma pariétal, qui renferme un gros noyau arrondi ou bien allongé. Ce protoplasme entoure un suc cellulaire composé d’une substance gommo-mucilagincuse et d’un glucoside qui se colore en rouge-violet par le chlorure ferrique et en rouge-rosé par le sulfate ferreux ; on y rencontre de plus, à l’état de suspension, des granules d’une matière résineuse.
Ces liles de cellules sont localisées exclusivement dans le tissu criblé de la tige, des pétioles, ainsi que des nervures des folioles.
IlABEitLANDT les considère comme des éléments chargés de conduire les excitations, et par conséquent comme les organes spéciaux du mouvement, chez le Mimosa jondic».Quelles que soient les analogies morphologiques de ces éléments avec ceux des tubes criblés, cet auteur pense qu’il n’y a rien de commun entre ces
(L llabcrlandt, t'iiÿs. imd Plluiizeiiaiiatümio, p. i8î-i87, 1897.
organes. Ceux qui nous occupent spécialement ici, sont plutôt liomologues aux tubes excréteurs à tannin,que l’on rencontre dans le liber de Phaseolus mulliflorus^ Rohiniapseudoacacia, etc.
On sait que Dutiiochet, Sachs, I’i'efeeii soutiennent, an contraire, que le rôle principal de la propagation dos mouvements des leuilles de Mimosa est dévolu aux vaisseaux. Los mouvements seraient produits par le transport do l’eau par les vaisseaux, en dehors du renflement basilaire du pétiole, et par la rentrée de l’eau dans ce renflement.
Haiieiilandt, répétant les expériences connues des auteurs précédents, a constaté que le liquide qui s’échappe de la tige coupée, n’est pas de l’eau, mais un sue qui présente les réactions microchimiques mentionnées plus haut et, en particulier, la coloration violette par le chlorure ferrique. Il conclut donc que ce sont les cellules particulières que nous avons décrites, qui jouent le principal rôle dans la transmission des excitations. Grâce à l’élasticité des parois longitudinales, la transmission se ferait, toujours d’après IIabeulandt, sous la forme d’ondulations analogues aux ondulations artérielles.
Un certain nombre d’objections sont à faire à cette théorie ; en particulier, la consistance mucilagineuse du contenu de ces tubes paraît en opposition avec la rapidité de transmission des excitations, tandis que cette rapidité s’explique facilement par le dé|)lacement d(! l’eau dans les vaisseaux.
Il semble donc, avant d’admettre comme définitive l’hypothèse d'llAiiEiiLAN»T, (pie de nouvelles expériences sont nécessaires.
CIlAPlTliK VIN.
Généralités sur la constitution et les rapports anatomo-physiologiques des divers éléments du tissu criblé.
f.o tissu criblé ne renferme qu’un élément absolument caractéristique : le tube criblé ; mais au point de vue anatomo-physiologique, on doit y distinguer un certain nombre d’autres éléments essentiels.
La division en éléments essentiels ei éléments accessoires,nào'^tée par un certain nombre d’auteurs, depuis Vksque, parait devoir être abandonnée. Nous préférons de beaucoup répartir les éléments constitutifs du tissu criblé en quatre systèmes, comme nous l’avons fait à la fin du chapitre précédent, dette méthode n’accorde ainsi aucune prépondérance spéciale à l’un des organes, et les range simplement d’après leur fonction. D’ailleurs, si le tube criblé caractérise en effet le tissu criblé, et par conséquent en est l’un des éléments absolument nécessaire, les autres éléments sont aussi de toute utilité, et tous se retrouvent dans l’organisation des plantes vasculaires.
Les quatre systèmes dans lesquels sc répartissent les éléments du liber sont les suivants :
1“ Système de transport : comprenant les lubcs criblés.
2" Système d'absorption et répartition: comprenant les Celluleseompagnes et leurs homologues (cellules albuminiferes).
'.i° Système de réserve : comprenant le Parenchyme libérien uvec les cellules cristalligène^ et les cellules sclereuses.
4» Système de protection : comprenant les Fibres libériennes.
Les fibres et les autres é'iérrtenls scléreux peuvent parfois manquer et aussi,plus rarement, les cellules à cristaux ; cette absencè
(lu système mécanique dans le liber, n’infirme pas notre division, elle montre simplement (pie, dans cerf ains cas, la protection et le soutien du tissu conducteur sont assurés on dehors de la région libérienne.
La structure et les rapports des éléments du tissu criblé sont nu peu variables, et nous en allons exposer brièvement la constitution dans les grands embranchements du règne végétal.