‹ Le tombeau d'OsirisChapitre 10 sur 41 · K TOMl’.KAl' D'OSIIUS · texte numérisé non relu

K TOMl’.KAl' D'OSIIUS

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simple lamelle de enivre destinée à être liehée dans nn piédestal, j)iiisqn’il y a encoi-e le pied. Ces divers objets étaient entourés de cendres parmi lesquelles on remarquait des paillettes d’or, ce que j’ai retrouvé dans d’antres pots dn même genre. On peut discuter snr la signification des objets contenus dans ce pot, y voir ce que l’on voudra, la présence dn Dieu Ilorns montre bien (jne l’ofTrande fnt faite à (pielque Dieu appartenant an cycle d’Osiris. J’avais rencontré en outre certains ostraca dont trois on quatre se rapportaient à tonte une série de vases (jne j’ai rencontrés l’hiver dernier et (jni contenaient des textes religieux oii Osiris avait son rôle. Aussi, à la vue de tant de témoignages se rapportant d’nne manière si indnbitable à la légende d’Osiris, il m’était venu à l’idée (|iie peut-être là se trouvait le tombeau célèbre dans l’Egypte entière, dans lequel on conservait le chef dn Dieu grand, comme disaient les Egyptiens. Les personnes (pii m’ont vn à mon l etoiir d’Egypte en 1890 se rappelleront peut-être <[ne je leur ai dit à cette époque la persuasion hypothétique et personnelle oii j’étais que si j’avais continué les travaux de cette année-là, j’aurais rencontré le tombeau d’Osiris. Mais, pressé par le temps, je dns retourner en Europe : je m’étais arrêté dn côté ouest de la orande colline, seulement à trois ou

(piatre mètres dn tombeau central ([ni s’est trouvé de|)uis être celui d’Osiris. Comme je n’avais aucune jireuve péremptoire, je me gardai bien de publier quoi (pie ce soit ([ni [u'it faire croire que j’avais en cette idée, car à rexcc[)tion de ce que j’écrivis dans ma première broebure ; « Je crus nn moment avoir rencontré la sé[)ultnre d’Osiris, mais je fus bientôt détrompé' », [dirase oii je condamnais l’idée, je n’ai [las écrit nn seul mot ([ui [)ut donner à entendre (pie je conservais on même ([ne j’avais entretenu cette persuasion.

Pendant la seconde campagne de fouilles ([ui eut lieu dans Thiver 189G-1897, tout mon tem|)s fut occupé par le déblaiement et l’ex[)loration de la déqiression elli[)Soidale ([ui terminait à l’ouest la nécro[)ole d Om-

(1) E. Amélineau, Les nouvelles fouilles d Ahydos, 21. (^ellc l)rocliiiro na pas cti.' tiiisc dans 1<> roiiiiircrco.

LE ÏOMÜE.U L'OSinib

el-Ga'ab. Bien des fois, en explorant le magnifique tombeau que cachait le sable accumulé dans cette dépression, j’avais caressé l’espoir que ce serait la tombe d’Osiris; mais les fouilles furent terminées avant de m’avoir mis en mains quoi que ce soit qui eût fortifié cet espoir. Au contraire j’avais rencontré certains objets et certaines inscriptions qui m’interdisaient cet espoir, car les inscriptions parlaient de deux dieux alors que mon espérance ne pouvait se porter que sur un seul, et parmi les objets se trouvèrent deux squelettes incomplets, alors que le tombeau d’Osiris ne pouvait, selon la tradition, contenir que la tête. Quoi- ([ue j’eusse en mains des documents probants, je n’eus pas même un seul instant, je l'avoue, l’idée de l’identification vraie de la tombe : effrayé par les tempêtes qu’avaient soulevées mes premières affirmations, obsédé par l’idée et le désir de rechercher des pharaons nouveaux, historiques ou antéhistoriques, afin de pouvoir parvenir à prouver l’hypothèse que j’avais émise, je ne songeai pas un seul moment à rechercher dans les dynasties divines l’attribution du monument que j’avais mis au jour : au fond, je ne croyais guère qu’on pût trouver ces dynasties, et il a fallu la découverte du tombeau d’Osiris afin de m’ouvrir les yeux. Fort heureusement pour moi, personne n’eut l’idée de l’attribution réelle de ce tombeau et j’ai pu cette année l’identifier avec la tombe où Set et Horus, après avoir combattu pendant leur vie, furent réunis dans la mort, ainsi que le disent les nombreux bouchons trouvés dans ce tombeau an cours des travaux. Cette identification n’a pas manqué de soulever une tempête, mais, outre que la tempête n’était pas aussi violente que la première, je pouvais me défendre et je me suis défendu, car j’étais sur un bien meilleur terrain que mon adversaire et le lecteur trouvei a au cours de cet opuscide les principales raisons que j’ai fait valoir, le sort du tombeau d Osiris étant intimement lié au sort de celui de Set et de Horus.

Lorsque l’hiver dernier je commençai dans la nécropole d’Om el- (ia'ab ma troisième campagne de fouilles, je fis d’abord ouvrir dix-huit tombes (pii se trouvaient sur le côté sud du jiremier plateau, tombes négligées la prmnière année et ipie je devais à l’importance de la nécro-

LK iOMIiEAU D’OSIISIS

pôle d’interrog-er afin de ne rien laisser d’inexploré : j’y rencontrai plusieurs bouchons portant le nom de double de celui qu’on a cru être Menés . Ces bouchons étaient dans des tombeaux ({ui n’étaient certes pas les lombes d’un pharaon : comment et [)ourquoi se trouvaienl-ils là? La réponse à cette double question ne peut être donnée par ceux qui n’admettent pas les dynasties des Mânes ou la réalité des dynasties divines ; au contraire elle est tournie admirablement par rhypothcse que j’ai émise dès la première de mes brochures : ce nom, (pi’il s’agisse de Mènes ou d’un autre, se trouvait sur les bouchons d’Om el-Ga’ab, non |>arce (jue Mènes était enterré là, mais |)ai‘ce que ce roi avait rendu à ses ancêtres le culte (pi’il leur devait, que ces ancêtres soient ceux (pi on a appelé les ÏNIânes ou que ce soit Osiris.

Ce tut le 20 novembre 1897 que j’attaquai la grande butte |)ar le c(')té est, ayant grand désir de finir dans cette campagne rexjiloralion entière de la nécropole d’Om el-Ga’ab. Selon les calculs les plus probaliles, il me restait à enlever et à transporter de 60.000 à 70.000 mètres cubes de sable. L’immensité du travail ne m’etïraya pas ; j’avais les ressources nécessaires et je savais cpi’en (àtant du sable assez longtemps j’arriverais à avoir entièrement enlevé celui qui recouvrait les tombeaux situés sous la grande colline. Dès les premiers jours, je rencontrai une ipiantité encore assez grande de fragments d’objets qui n’avaient pu réellement servir à aucun usage (pie ce soit, à cause de leur petitesse : c’étaient donc des objets votifs. Ces fragments je les ai fait ramasser avec le plus grand soin, fidèle à la règle que je m’étais tracée, estimant c{ue puisipie par malheur il n’était pas possible de rencontrer des objets intacts ou même complets, il était de mon devoir de ne négliger aucun des plus minces fragments, pas même ceux (pii me semblêriml le plus inutiles. C’est en agissant ainsi que j’ai pu recueillir à la surfac(' de la collim' comme au fond des tombes un certain nombre d'objets ipii jettent beaucou[) de lumière sur les civilisations différentes de l lygypte aux diverses époques pendant lesquelles on a continué d’houorer Osiris ou de lui rendre le culte funéraire. Il faut établir en elfet une très <>rande dis-

tinction entre les objets trouvés [larmi les décombres et ceux trouvés

l.E TOMREAl' D OSiniS

au fond des tombes ouvertes : les premiers témoignent d’une grande vitalité et d’une non moins grande facilité de civilisation; les seconds au contraire accusent une civilisation où Ton s’essayait encore à faire des objets en nombre très limité, d’une forme plus que naïve, mais qui décèlent cependant un art déjà très habile. 11 n’y a pas grande crainte à entretenir que ces objets aient pu être mélangés entre eux au fond des tombeaux : les nécessités des fouilles s’y opposent, car il fallait déblayer les décombres ou, pour mieux parler, les objets funéraires accumulés au-dessus des tombes par la piété des fidèles avant d’arriver au niveau des tombes inférieures à la butte, et, si certains objets ont dû être mélangés, c’est dans la couche de décombres au-dessus des tombes et non pas dans les tombeaux eux-mêmes. Jamais je n’ai rencontré dans l’intérieur des tombeaux, si grands soient-ils, un seul objet qui accusât une époque différente de celle de la tombe, tandis qu’au contraire j’ai trouvé encore assez souvent dans les décombres des objets que tout indiquait appartenir à une époque des plus reculées. C’est un point dont il faut absolument j)rendre note pour apprécier sainement les résultats des fouilles d’Om el-Ga’ab, résultats historiques ou préhistoriques.

Je n’ai pas ici et ne peux avoir la prétention de dresser un catalogue complet des objets rencontrés au cours du déblaiement de la colline de décombres se trouvant au-dessus des tombes cachées sous cette grande butte : mon travail ju'endrait ainsi une ampleur que je ne veux pas lui donner; il me suffira, et sans doute il suffira aussi au lecteur, de donner queb(ues exj)lications sur les diverses catégories d’olqets rencontrés parmi ces décombres. Et encore dois-je passer sous silence la catégorie des divers objets <|ui ne portent point en eux-mêmes leur intérêt, soit parce qu’ils n’ont point d’inscription, soit parce que leur usage n’est pas connu ou au contraire est tro]> connu. Parmi les monuments de cette catégorie, je dois cependant citer un certain nombre tl’objcts qui se rattachent directement au culte d'Osiris, comme les représentations en terre non cuite ou (ui terre cuite de la personne d’Osiris momifié. J’ai reiK'onlré deux ou trois spécimens brisés des premières et une statue en lerre cuite, biâséc en ciu(| moiamaux (|U(! l’on pourra recoller et <pii

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