I.K TOMIîKAI DdSIHIS
dessus (le la partie sud du tombeau, pres(|ue (ui dehors du mur ui('*ridioiial. De celle observation on peut tirer la conclusion que ce ne sont [las les Coptes ([ui ont laissé ce cratère au milieu de la colline, car si ce cratère eût été leur œuvre, on ne comprendrait pascommentil s’est fait ipie tout autour de ce cratère il y eût des vases en quantité considérable, ([ue la colline fût d’une hauteur presque uniforme et que tout indicpiàt un travail assez récent, caria couche de sable était loin d'avoir la densité des autres parties de la colline. Je suis donc persuadé qu’entre la spoliation exercée par les Copies, il y a eu plus près de nous, et vraisemblablement dans ce siècle, des tentatives de fouilles f|ui ne réussirent pas |)arce (pi’elles s’arrêtèrent trop t(it. Je ne peux préciser davantage, car j’entrerais alors dans le domaine de la conjecture; mais le fait (jiieje viens de signaler est réel, car en dessous de ce sondage recomblé par les sables il y avait le mélange ordinaire de pots et de sable, et, sur différents points, en haut de lacolline,il était visible (pie l’on availsondé à une é|)0(pie non assez éloignée pour jiermetlre au sable de combler le trou de manière àcecpi’il fût iinjiossible d’observer le ti-ou circulaire lait par les sondeurs. J’étais bien loin de penser, lorsqu’au mois de janvier l<S‘Jb je commençai d’explorer la nécropoled’Om el-( la’ab, que j’allais y trouver les monuments les plus anciens de l’Egypte et du monde entier connus jus(pi’à jirésent. L’examen de la première colline en ne me fournissant que des objets votifs me montra ce|)endanl (pi'en ces lieux un culte s’était perjiétué depuis la XI P dynastie jus([u’à la XIX” et peut-être jus(prà la XXV”. C’est là (pie je trouvai en (dfet la talde d’olfrandes en granit rose au nom d’Ousortesen C, deuxième roi de la XII” dvnastie la(pi(dle apportait la solution d’un problème histori(pie, à savoir le passage pacifique de la XI” à la Xll” dynastie, sans doute [)ar suite d’une alliance entre une lille du derniei'des Monlouhote|) dont on ne connaissait jusqu’alors ([lie le prénom Sôiiekhkarà, avec le fondateur de la XII” dynastie, le premier des Amenemhàl'. Les autres objets, stèles elfacées et
( I ) Celle laljle <roll raiide.s ain.si i|iic Ions tes inoiuimeiils ou objets ilonl il sei'a (|ueslion dans la suite de ce cliapili’O couiiuo ayaiil été découverls la première aunée seroul publiés dans le compte rendu auqiud j'ai déjà lail deu\ lois allusion.
LE TOMBEAU Ü’OSIUIS
petits ex volo s’étageaient jusqu’à la X1X« dynastie et peut-être plus loin ; ils étaient tels qu’on ne pouvait songer un seul instant à les prendre pour des objets ayant réellement servi à des usages déterminés. Je ne trouvai sur le plateau qui séparait cette première butte des suivantes aucun objet qui attirât particulièrement mon attention en la première année, quoique depuis j"aie été frappé de l’existence de certains objets et monuments dans les tombes creusées dans ce plateau. Ainsi dans Tune des tombes situées à l’extrémité occidentale de ce plateau, je trouvai un petit objet en ivoire portant un épervier au-dessus d’un rectangle : les pattes de l’épervier pénétraient dans le rectangle et tenaient deux objets représentés d’une manière très succincte par une seule ligne. Je trouvai aussi cette représentation imprimée sur un bouchon en terre que je rencontrai dans ces tombeaux et cette année même, je veux dire pendant l’hiver 1897-1898, j’ai mis la main sur de nouveaux exemplaires de ce même bouchon. Au cours des fouilles que M. de Morgan fît à Neggadeh au courant de l’hiver 1896-1897, il rencontra un tombeau dans lequel tous les objets estampillés l’étaient de ce même nom de double, car c’était bien ce qu'on aj)pelait jadis une bannière royale et ce qu’on nomme actuellement maison du double avec le nom de ce double luimême. N’ayant aucune donnée sur ce nom que je rencontrais pour la première fois et (jue personne ne connaissait, je ne lui accordai pas l’attention (ju’il méritait; je la lui ai accordée dej)uis, avant même les identilications (pi’on a jjroposées depuis, car MM. Borchardt ‘ et Maspero^ y ont reconnu le nomde Ménès, nom (j ue le ])remier a cru pouvoir identifier avec le premiei- pliaraon de la première dynastie manéthonienne, tandis (|ue le second croyait simplement (|ue c’était un Alénès quelconque, lecture et identiiication que je ne puis encore adoj)ter pour ma part, cpioi(pie je m’en serve contre les adversaires de mon hypoihèsc devenue pres(pie une théorie prouvée.
(1) Ludwig ttorctiiii’dl dans le Silziuigcii de P Am dfinic dc.s .'icicilccs de JJcrIiii, décemlji-c I 8‘.)7 oii janvier 1898.
{2) Jievue ciiliijiie d’Iiistoiro (T de liltcialuie, 18 déceiiilu’e 1897, j). 'l'iU. C’esl dans ceL aiTicle f|uc M . Masj>ero a l eiutu rotnplc de ma seconde hrocliut c sur tes luuille.s 189(3-
LE TOJir.EAl DOSIIÜS
Après que j’eus dépassé le premier plateau, l'ouillé la seconde et la troisième colline, il me fallut attaquer la (juatrième, c’est-à-dire la plus grande; je fus obligé, afin de la touiller méthodiquement, de ralla(|uer de trois côtés à la fois, au nord, à l’ouest et à l’est, afin de pouvoir rejeter les tlécombres sur ces trois côtés ensemble et de laisser libre l’espace central oit je m’attendais à trouver un monument important. Ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans le détail des opérations à ce sujet : il me suffira de dire (piels monuments je trouvai [)ouvant se rapporter à la légende et au culte d’Osiris. En fouillant le plateau situé derrière la grande colline, c’est-à-dire à l’ouest', je ne remarquai rien qui sortît du cadre ordinaire des objets que l’on mettait d’habitude dans les tombeaux, à l’exception d’un seul (|ui, par son étra)igeté, attira du premier coup mon attention. C’était une sorte de galet assez informe dont on s’était servi pour y graver la représentation de la déesse Isis coiffée de son hiéroglyphe, ce (|ui ne laissait aucun doute sur l’identité du personnage; ce galet fut trouvé dans la tombe du roi Serpent, la plus rapprochée à l’ouest de cette colline. La représentation de la déesse était quelque peu informe, à cause de la dureté de la matière sur la([uelle on avait dû graver, mais, malgré cette difficulté de l’exécution, on ne pouvait s’empêcher de reconnaître le même type de personnage féminin que celui dont on s’est servi pour cette même déesse dans les textes sculptés du temple de Séti hg (‘’est-à-dire le type nubien ou un tyjie analogue. Ctn [)eut en elïet observer sur les murs de ce temple les Isis qui sont représentées sur les bas-reliefs et celles (pii servent de caractères dans les textes ; pendant que les premières ont le beau type égyptien, sont grandes, élancées, de jolis traits, les secondes appartiennent à un autre type, sont petites en com|)araison, vieilles, ramassées sur elles-mêmes, et présentent tous les traits du type barbarin. Je n’accordai d’autre valeur tout d’abord à ce galet que sa valeur intrinsècpie et ce n’est (jue plus tard ({ue sa présence m’étoiina dans cette tombe, cai- il
( 1) .le dois dire au leci eur que ces termes : nord, siid-csl cl ouesi , ue rcpoiidciil (|u’imparfaitement à la jtosilion géograpliique : je les em|)loie couiuie ou les eiuplovail autour de moi et ils répotideul assez bien, malgi-é t(jut, à ce (|u'ils signilieul.
To)nhc(Ui <rOsh'i<:,
l.K lUMliKAU D'OSIl'.IS
ne faut pas l’oublier, dans ces lonilles si nouvelles il me lallut me l’aire à moi-môme mon éducation. Lorsque j'altacjuai définitivement la grande butte, je ne tardai pas à découvrir en fort grand nombre des monuments, la plupart écrits, qui témoignaient de la piété des rois d’Egypte envers un Dieu ou un ancêtre que j’ignorais. Le premier roi dont je trouvai le nom appartient à la XIL dynastie et j’y rencontrai des témoignages de la durée de ce culte jusqu’à la XXVL dynastie, car les monuments d’Amasis y étaient en triple ou cpiadruple exemplaire. Ce n’étaient pas seulement les Pharaons qui avaient laissé des témoignages de leur piété en ces lieux, mais aussi de simples particuliers, revêtus ou non de charges im[)orlantes : c’est ainsi que je trouvai une statuette en granit au nom du grand prêtre louiou, lequel avait un nom déjà connu, car Mariette avait trouvé un tombeau à ce nom dans la nécropole d’AbydosL De même je rencontrai un grand et admirable épervier sculpté en calcaire, ayant toute la poitrine dorée, brisé malheureusement, car je le trouvai en trois lois, à une assez grande distance de jours et de lieux : quoicjue le bec et une partie de la gorge soient absents, l’oiseau sur son piédestal a très grande allure, et il faut bien croire qu’en Égypte on le regardait de même, puisque ce beau morceau de sculpture qui date de la XVI IP dynastie — on y trouve les cartouches d’Aménopbis II — avait été usurpé j)ar le successeur de Ramsès II, Ménéj)tah Pb Ce monument avait été dédié en l’honneur de son père louiou [>ar l’un de ses fils. Je trouvai de môme des ex vota d’un autre genre, renfermés dans des pots de terre cuite, contenant des objets inconnus jusqu’alors dans l’archéologie égyptienne et qui me donnèrent à penser dès lors qu’ils avaient été déposés on ce lieu en reconnaissance de quelque grâce insigne obtenue par celui <pii les avait fait exécuter; dans l’un de ces pots notamment, je trouvai deux mastpies de la figure en plâtre, deux moulages également en plâtre des côtes, deux cornes remplies de sable, deux boules de terre représentant peut-être les intestins et la matière cérébrale, (Mifin la représentation du Dieu llorus hiéi’atocéphale en une
(1) MaricUc : Catalogue des iiionamcnts découverts i>endaut les fouilles d’Ahydos, J). 380.