I.1-; lOMiiKAr Ddsiiiis
Mais le lecteur comprendra l'acilemenl (pie je ne puisse suivre ces auteui's et que je me dois limiter aux tombeaux entourant immédiatement celui qui lut dédié à Osiris. Je ne parlerai donc tpie de ces tombeaux et je n’en parlerai qu’autani cpi’ils m’aui’onl Iburni des documents ou des résultats pouvant prouver l’allribution du tombeau central à Osiris ou seulement parler en faveur de cette atl ribution. S'il fallait a<)-ir autrement, ce ne serait pas un opuscule que je devrais écrire, ce serait le compte rendu détaillé de mes trois années de fouilles qu’il me faudrait faire passer aujourd’hui sous les yeux de mes lecteurs, ce que je n’ai |)as le temps de faire et ce (pi'il n’(;st |ias possible de souhaiter. Les tombeaux environnant la tombe d’Osiris ont été (ixplorés partie pendant la première, jmrtie pendant la troisième campagne de mes l’ouilles : qu’ils fussent situés à l’est ou à l’ouest, au nord ou au sud, ils étaient de même nature, de même époque et étaient meublés d’une façon identi- (jue. Tous avaient été creusés dans le sol de la montagne à des jirofondeurs vai'iables et aussi avec des dimensions différentes : la montagne excavée avait reçu un revêtement de brifpies crues recouvertes, elles aussi, d’nn crépissage en terre battue pour masquer les lignes tb's lits de briques et les joints des l)rifpies. Bien mieux même, la |>artie creusée avait de très gi’andes dimensions et on l’avait par la suite divisée en un certain nomljie de tombeaux. Je n’ai pas besoin d’entrer ici en plus de détails sur la disposition des tombes, sur leur espacement et sur bien d’autres questions qui n’ont aucun rapport avec le sujet (pii m’occupe. Il me suffira d(( dire cpie le mode de construction était le même pour toutes les tombes qui environnent celle d’Osiris et aussi, je dois le dire, pour toutes les tombes de la n<'-cro|)ole, sauf pour le grand tombeau de Set et de llorus cpii était bâti de l'ac'on [larticulière. Dans tous les tombeaux on avait employé des briipies de petites dimensions, ne contenant que très |)cu de paille, contenant au contraire un certain nombre de coquilles Iluviatiles (pii s’étai(>nt trouvées dans la boni' (pie l’on avait mise dans la forme dont on se servait pour la fabrication. Il n’v avait d’autre dilférence dans la const riK’tion (pie le jibis ou moins d’éjiaisseur de murs d’enceinte (d (piehpies appendices archili'ctiiraux,
l.E TOMBEAU D'OSiRIS
comme il est facile de le comprendre, puisque le tombeau n’était que la maison du double ou la maison d’éternité, et qudl y a des différences sensibles dans les maisons de la vie ordinaire selon la richesse des propriétaires. Quand on travaillait pour un grand seigneur ou pour le , roi des deux Egyptes, il est facile de comprendre que les maçons apportaient plus de soin à leur travail c{ue s’ils travaillaient pour quelque homme du commun. Aussi le tombeau d’Osiris ne différait-il des autres tombeaux qui l’entouraient ou de ceux de la nécropole entière d’Om el- Ga’ab que par l’épaisseur des murs ; — plus cette épaisseur était grande, plus le personnage propriétaire du tombeau avait d’importance — par le soin apporté dans la construction et par les ornements architecturaux qui commencent de se montrer. Ce sont là toutes les différences qu’on y peut trouver : les uns et les autres étaient couverts d’une toiture; la toiture dilférait encore selon la richesse du propriétaire, mais elle existait pour tous, car j’ai fait des observations qui sont toutes pour le fait ([ue j’énonce. Le plan devait aussi apporter beaucoup de différences dans l’exécution ; mais ces différences sont parfaitement prévues et il n'y a rien là qui puisse faire un seul moment supposer une différence d’époque. Si la manière de construire, si les matériaux employés, si les fautes et les défauts de construction sont les mêmes et si dans l’emploi des' ornements architecturaux on s’en tient à ceux qui sont les plus simples, qui ont dû se présenter les premiers à l’esprit chercheur de riiomine, il me semble ([u’on doit conclure à l’unité d’époque pour les uns et pour les autres, sans (|ue je veuille dire ([ue cette unité d’époque doive être enfermée dans tel ou tel espace de temps, car je sais que l’on ne [)eiit utilement lixer d’épo(pie même approximative pour ces temps i-eculés. Or, c’est ce qui a lieu pour toutes les tombes de la nécropole d’Om el-Oa’ab sans la moindre exception. 11 en faut donc conclure qu'elles ont été construites à une époque sensiblement la môme, (pioique celle d’Osiris ail vraisemblablement dû être construite la première.
I/ameiiblemenl de ces lombes n’olTi'e rien cpii puisse nous écarter de celle conclusion. Dans Imites les tombes, c’est le môme ameublement ; l(! sipielelU; esl eid'ermé dans une c.aisse en bois; aniour de la caisse, et
LE TOMIiE.UI IVOSlIilS
qiielf(iiefois dedans, on a rangé les divers ai’ticles du mol)ilier funéraire ([ui est toujours le même partout où il s'est rencontré. Il se divise en deux grandes parties : les vases en pierres et les poteries composent la première, la seconde comprend les ustensiles et les objets d’agrément autres ({ue les vases et les pots. Tout est marqué au môme coin et pas un seul objet ne détonne. Comme ces objets ne se sont retrouvés à aucune des époques histori(pies représentées dans les musées, il faut bien avouer qu'ils appartiennent au moins aux pi emières dynasties ou à des dynasties antéhistoriques (pie nous appelons d’api'cs Manétbon, dynasties des mânes et dynasties divines. Les poteries sont d’une forme particulière ((lie l’on n’avait pas rencontrée avant les fouilles de M. Flinders l’etrie à Neggadeh' et de M. de Morgan sur le même site : nulle part elles n’ont été rencontrées en aussi grand nombre qu’en Abydos, dans la nécropole d’Om el-Ga’al). M. Petrie n’a pas même rencontré ces grandes jarres d’un mètre de haut environ, coiffées d’un grand bouchon conique en terre battue estampillé du nom d'un grand personnage, (pie j’ai été le [iremier à trouver à Abydos et (pie M. de Morgan a trouvées aussi de son c(')té dans rex[doration du monument de Neggadeh. Pour les vases en pierre dure, en nul autre endroit on n’en a rencontré en aussi grand nombre, puis(pie dans le seul tomlieau de Set et de llorus,j’en ai trouvé environ trois milIeL Ces vases, parleurs tonnes et par leur travail, accusent une éjiofpie non encore reconniu; : a la vérité, on en a trouvé, certaines de ces formes, à des épo(pies historiques ne descendant pas plus bas que la VL dynastie; mais autant (pi on en peut juger par les vases datés, jiar exemjde ceux qui portent les cartouches de Pépi L'' et de Pépi II, il y a une très grande ditlérence entre les u ns et les autres, soit par la cpialitè de la matière employée, soit par la tonne du
(1) .remploie ici le nom de ce vill.ififo parce (|iie .M. tl. l’etric a intiliilé le volume on il rend compte de scs travaux N(tiiti<hi (Xee;gadeli), mais rtmllernenl il a fouillé an nord de ce village sur le site deToukli.
(2l .le dois dire que mallicurenscmenl Ions ces vases étaient hrisés et que ce cliiffre n’est qu’approximatif; mais de ces vases brisés, j’ai pu reconstituer nue collection de 500 vases complets ou à peu [irès, (pii sont comme intacts et ([ui laqjarent autant que possible les effets de la spoliation des Coptes.
LE TOMÜEAU D'OSIÜIS
vase, soit par la manière dont s’est effectué le travail. La matière est à la fois plus belle et moins bien travaillée aux époques suivantes, on n’avait pas le libre choix entre des matériaux qui ne laissent pas que d’étre magnifiques, mais on savait mieux les tailler et leur donner de l’apparence; quant à la forme, on avait fait un choix parmi le très grand nombre de formes que l'on avait d’abord employées et que l’on avait trouvées ensuite peu utilisables et môme peu faites pour la pratique générale cà cause de leur incommodité. Ce sont là sans doute de bien minutieuses observations que l'on ne peut pas faire dans son cabinet, qui nécessitent l'étude des objets, étude que rien ne saurait remplacer, pas môme la philologie la plus éclairée. En outre, sur certains de ces vases, comme sur les bouchons coniques ou sphériques des grands pots dont il a été question plus haut, il y a des inscriptions dédicatoires, et ces inscriptions comprennent des signes dont la forme est entièrement nouvelle, (pii par conséquent appartiennent à une époque plus ancienne que les monuments les plus anciens possédés par le ÎMusée de Gizeh ou par certains autres musées des plus riches en Europe, plus ancienne même que les panneaux de Hosi qui sont considérés comme très anciens, datant environ de la IP dynastie, sinon d’avant. Un seul monument existe ([ui puisse réclamer une aussi haute antiquité que ceux que j’ai rencontrés au cours de mes fouilles, c’est la statue en granit n" 1 du Musée de Gizeh, laquelle porte sur l’une de ses épaules trois noms de douhles, comme ceux que j’ai trouvés à Abydos. L'honorable INI. Maspero, ([ui s’est déclaré le plus acharné de mes adversaires pour ce qu’il appelle mes théories, m’avait fait le 29 mai 1896, dans la séance de V Académie des litscriplions et Belles-Lettres' , une belle leçon pour m’enseigner
(1) Cf. E. Aiiiéliiican, Las nouvelles fouilles d’Ahydos Angers, Biirdiii, p. 23 et 2(i elle Compte rendu des sidinccs de V Academie des Inscriptions et Bclles-Lcttrt s à celle dale. •le niainlicns aljsolninenl le résumé que j’ai donné dans ma hrocliure des paroles prononcées par M. Maspei'O ; il se pont (pie mon slyle ne vaille |>as le sien, mais je n’ai pas l’iiahiindo de Ironqner les texles on les paroles île mes adversaires, el en celle occasion l’ai reprodnil aussi oxaclcmenl ([ne possdde les l’éllcxions siij^s’érées par ma leclnre, landis que M. Maspero a soiLÇnensemen l ('dal)oré chez lui le lexle dos réllcxions qn'il a mivoyé après coup pour le Compte rendu, ayanl soin d’élasini'r loni ce qn’il aurait élé Irop facile de l'eloni-ner conlre lui.