‹ Le tombeau d'OsirisChapitre 15 sur 41 · I.K TOMlUiAl' DOSIlilS · texte numérisé non relu

I.K TOMlUiAl' DOSIlilS

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(jii’en archéolooie il ne l'allail pas eoinparor des moiuiimînls de laires diiïéi-enls, (pioi([iie je ne l’eusse pas iaiL,cai“ mes 1 ravaiix avaient eu lieu à Ahydos eL la statue dont il s’agit avait été trouvée, croit-on, à Memphis*; je dois dire ici (pie les travaux de la seconde camjiagne ont démontré, tort malencontreusement pour iM. Masjiero, (pie si j’avais comparé les noms des rois trouvés à Ahydos avec les noms inscrits sur la statue, j’aurais eu raison de le (aire, car le premier de ces noms s’est rencontré dans le tomheau de Set et de llorus, gravé sur un vase en cristal de roche. Le cristal de roidie joue en etl’et un grand rcile dans les vases ({ue j’ai rencontrés, et c’est sur cepoint (pi’ont jiorté les dénégations les [)lus vives et les jilus scientillipies ; mais ces dénégations sont tombées devant la vue des frai^ments de vases découvei ts à Ahvdos et à Ne»i«’adeh. Cette première catégorie d’objets déposés dans le tombeau s'est rencontrée de même dans celui d’Osiris avec les mêmes contenus.

La seconde categorie eom|)reiid les objets les [)lus divers : sih'x, ivoires, objets en métal, bois travaillé, etc. Les silex étaient en nombri' fort considérable et avaient toutes les formes connues; les ivoires étaient des chefs-d’œuvi'e de seul|)ture (pie ne renieraient pas nos sculpteurs modernes les plus célèbres; les objets en métal annom;aient au contraire le commencement de rindustrie mélallurgi([ue, et les bois travaillés attestaient, comme les ivoires, une gi’ande habileté. Dans certaines des caisses, on avait même réuni les métaux et le bois, cardes chevilles en cuivre rouge avaient (H(' employées pour maintenir ou pouiorner le bois. Et non seulement la matièi-e des objets était la mènu', mais encore ces objets étai(mt do même fonne. Les silex comprenaient

(1) .le mots ce croit-on pacce <[ue l'on n’esl pas sùc an Musée de (dzeli do la jirovonanco do la slalue, ol ([uc, [)Onr inioux dire, on nVn s.iil al)Solnnicnl rien. ColU- statue Int sans doute trouvée à une 6poi|U(' oi'i on la roi;arda comme d’un l'aire dé[>loral)lo, ol on l'avait reléguée dans les schoiuichs du Musée. Il on est mallioun.'usemoni do même pour la très grande majorité des objets i-éunis, non seulement dans ce .Musée, mais dans les musées d’I'iurope f.os monnmonis do colle sorte p<M-ilrnl une granilo pai'tio do b'ur intéi‘('l et parfois tout intérêt de ce fait. I.a science e.xige impérieusement ipio ton soit certain do la provenance des ot)jets. Au moins pour les objets ([ue j’ai recueillis on est cerl.iin do la provenance eide ro[)0([ne, el par rélicpietage on a le numéro du lombean dans lo(|Uel tel objet a été- recueilli.

LE TOMBEAU D'ÜSIRIS

des racloirs, des gratloirs, des couteaux, des pointes de flèches, le tout d’une beauté peu commune, et parfois même très extraordinaire. Les ivoires comprenaient des pieds de meubles d’une facture étonnante de hardiesse, des animaux reproduits par la sculpture, et de petits pots de forme c}dindrique, quelques-uns, portant des inscriptions et ces inscriptions comprenaient des caractères nouveaux, comme celles dont il a été question au paragraphe précédent. Les vases de métal sont tous en cuivre rouge et alfectenl les formes les plus différentes, depuis le grand bassin jusqu’à la petite chaudière votive faite au martelé. Les autres objets votifs ou ayant servi réellement sont des ciseaux, des couteaux, des pincettes, des haches, etc. Les objets en bois travaillé indiquent déjà une très grande habileté : il y en a de toutes les formes, car l’imagination naïve des premiers ouvriers arrivés à posséder la maîtrise nécessaire se dépensait hardiment et sans grand jugement où l’emportait sa fantaisie. Dans le tombeau d’Osiris j’ai retrouvé, autant que me l’a permis l’incendie et par conséquent la destruction par le feu, tous les objets dont je viens de parler. Si je n’ai pas découvert des objets inlacts, les fragments d’objets valent ici autant que les ol^jels eux-mêmes, car il nous suffit de voir, par exemple, un [)ied de meuble en ivoire, même calciné, pour conclure de suite qu’on avait fait le meuble tout entier; de même pour les autres objets. Pour les vases en métal, je dois dire que je n’en ai pas trouvé dans le tombeau d’Osiris ; mais en revanche, j’ai rencontré quantité de fragments prouvant jusqu’à l’évidence que les olqets en métal y avaient été fort nombreux, car le feu en avait formé de véritalùes lingots. Donc de ce côté encore, rien ne prouve que le tombeau d’Osiris soit d’une épocjue autre (jue les tombeaux qui l’entoui-aient, soit sous la gi-ande colline, soit dans la nécropole entière d’Om el-Ga’ab; tout au contraire concourt à montrer la môme époque, lime reste à ajouter (pic le mode de sépulture était à peu près le môme, car tous les squelettes l•encontrés étaient dans la position dite contractée, à rexcc|)tion (le (piebpies particularités que j’examinerai bientôt. De ce c,olc-la encore le tombeau d’Osiris n'ofl'rait aucune dilférence avec la 1res grande, majorité des tombes réunies autour.

Lb; TOMKKAlI I) OSIIUS

Il me iaiil mainleiianl pousser plus avant et m’occuper sp(jcialement (les tombeaux situés dans le voisinage immédiat de la tombe d’Osiris, sous la (pialricme ou grande bulle. De chacpie catégorie de tombeaux, j’entends par là ceux situés sur le meme [)oint cardinal, sont sortis des documents <pii cadrent compb-temenl avecceipii était nécessaire jiour l’attrilndion à Osiris de la tombe centrale. AyanI déjà traité de l’ensemble de la construction et de l’ameul)lemenl du lombeau, je ne m’occuperai ici (pie (les particularités.

Les tombes de l’est étaient toutes, autant (pie j’ai pu en juger, des lombes de femmes, l’eut-élre dans la plus grande et la jilus soigné(>, car il y en avait une de remaripiable de ce chef au milieu de la vulgarité des autres, se trouvait le coi [)S d’isis; mais rien n’est venu me l’annoncer. Quoi (pi'il en soit, ces tombes offraient une |)articularité remai- (piable : dans [iresipie toutes on a trouvé des cbeviuix de femmes tressés avec un art adrniralile. .l’ai fait ramasser ces cheveux avec gi'and soin et je les considère seulement au point d(‘ vue artisliipie comme l'une des plus belles choses ([u'il m’ait été donné de rencontrer au cours de cette année, (^-es cheveux étaient é[iars dans le sable et n étaient rattachés à aucun crâne ; il était visible (pi’on les avait mis là dans un moment de dévastation, car ils se trouvaient a tous les étages d(' la tombe et je crois pour ma part ipi ils provenaient du tombeau d’Osiris. Les uns étaient nattés, les autres tressés avec le soin le plus minutieux et avec tant d’habileté (pie les artistes capillaires ne feraient pas mieux aujourd’hui, si même ils faisaient si bien. .\ c(àté de mèches et de nattes noires ou brunes, il y avait des chevmix blancs, et tous ces cluiveux avaient a[ipartenu à des femmes. Les spoliateurs, ayant spolié et vidé les tombeaux de l'est autant (pi'ils l’avaient pu, ont projeté les décombres (;l les objets (pi’ils enlevaient du tombeau e(‘ntral dans les tombes, et paiani ces objets étaient les cheveux dont je |)arle. Or ipie [louvaient fairi; dans le tombeau d Osiris ces ouvrages en cIkîvcux :’L’aut(uir du traité De Iside e! Osiridr \n nous r<''poudre, car il nous ap|)rend ipi’Isis, dès (pi’elle ajiprit l(> meurtre de son mari par son frèri;, coupa une tresse des chevi'ux de sa tète l'I prit un babil ib' deuil, consacrant les premiiu's

LE TüiMBEAli l> OSllilS

comme un souvenir pieux delà perle regrellable (ju’elle venait de subir *. Je laisse de coté maintenant ce <jui a trait aux babils que je retrouverai plus loin, et je ne retiens que ce qui regarde les cheveux. Je crois que l’exemple d’isis fut suivi par les dames égyptiennes du temps et que ces dames consacrèrent leurs chevelures en signe de deuil pour Osiris. Jamais jusqu’ici on n’avait trouvé de semblables ouvrages dans les tombeaux; et, si l’on me disait que vraisemblablement on en a trouvé de seml)lables, mais qu’on ne les a pas recueillis par dédain ou simplement par négligence, je répondrais (jue, si dépareilles nattes et tresses étaient tombées entre les mains des fouilleurs, on les eût certainement recueillies à cause de la beauté et de la finesse du travail, que des louilleurs émérites tels que MM. Petrie et de Morgan ne les eussent certainement pas négligées, car ces cheveux nous en apprennent long sur la civilisation de cette époque : ils n’en ont pas trouvé parce que, sauf pour Osiris, ce n’avait pas été l’habitude que les dames égyptiennes se coupassent les cheveux en signe de deuil. On ne peut pas dire davantage que ces cheveux étaient tressés au moment de la mort, qu’on a enterré la femme avec, <}ue ces cheveux se sont détachés du crâne dans la suite des siècles et que je les ai retrouvés dans les tombes : il n’en a pas été ainsi, parce que pour faire de semblable ouvrages, il fallait avoir les cheveux à sa libre disposition; des cheveux encore adhérents à la tête n’auraient jamais pu recevoir la forme (ju’on leur a donnée et représenter les dessins primitifs qu’on leur a fait représenter. Certains de ces ouvrages ont dû demander plusieurs jours de travail délicat et attentif, sinon plusieurs semaines. Jamais on n’aurait pu leur donner ces formes s’ils eussent adhéré au crâne d’une personne morte. Quant a la question du tressage de ces cheveux, tous ceux qui ont lu le conte lies Deux frères que nous a conservé le papyrus d’Orbiney savent que

( I ) fie |)MSSage est lellemeiil, iiiiporlMiil i|iie je veici cii citei' le lexLc. Le pseiido-Pluliir(|ue (lil donc ex[)ressémeiil : xY|V 5’ 'Iciv atf70o|j.évr)v v.ôtpciTÜai asv ÈvTaOOa Tô)V 7i/oxà|Xü)v eva, y.ctt 7i£VTi[j-ov fyxo'/.Ti'j otvaXct^etv . Isit/c (U Ostvidc^ éd . ILirlliey, |> . 2d, lignes 9-11. Nous relmiivcrous plus loin oc qui l’egni'de les linidts, qnimd je pnrler.ii des l.onibennx du

,LE TOMIiEAU IfOSIlilS

la femme (la grand frèi'e élail occupée à Iresser ses cheveux lorsque le plus jeune frère vint à la maison chercher les semences nécessaires, et ([uiconque a pu voirencore denos jours les femmes coptes s’appliquer à l’art difficile de tresser leur chevelure, ou les femmes du |)euple à Naples se livrer au même exercice, comprendra facilement qu’il faille avoir des loisirs assurés poui- arrivera parfaire ce lissage. La chose enelle-même n’a donc rien d’impossible, puisque la coutume a survécu juscpi’à nos jours: je dis seulement (ju’elle devient im|)ossible, lorsqu’on fait des œuvres véritables d’un art aussi fin, aussi délicat et qui demande autant d’attention et de soins de la part de l’opérateur. Par consécpient, ces tresses n’ont pu être faites que de propos délibéré avec des cheveux détachés de la tête^ et non encore attachés à la tête (ju’ils recouvraient. Par conséquent encore si on les a |u)rtées au tombeau d’Osiris ou dans les environs, ce n’a pu être que pour imiter l’action d’isis et honorer la mémoire d’Osiris. Par conséquent enfin, si on les a portées à Om el- Ga’ab où je les ai trouvées, c'est que là était le tombeau d’Osiris, alors qu’il eût été si facile de les porter au temple d’Osiris, à Ivom es-Soultan, c’est-à-dire tout à C()té du village actuel d’El-Klierbeh ; si on ne les a pas portées à Kom es-Soultan, (^’est qu’on a [(référé les consacrer au lieu même ou était le tombeau d’Ctsiris.

Les tombeaux du nord n’ont pas fourni de documents aussi importants ; cependant ils ont donné deux sortes d’objets sur lesquels je demande à attii-er l’attention du lecteur. La première sorte consiste en de nombreux fragments de toisons trouvés dans les tombeaux ; la laine adhérait encore à la peau de l’animal, (piel qu’il puisse être. On a même trouvé dans ces tombeaux des griffes d’animal, peut-être de celui au- (|uel appartenait la laine : l'examen scientifique fait par un s])écialiste déterminera d’ailleurs ce point [)articulier Ces fragments de toisons étaient en si grande abondance dans le même tombeau (pie je suis |)crsuadé m’être trouvé là en présence d’un fait déjà signalé par Marii'tte, di-

(r).Ie ne (lis [loint que ce soit de la laine de inouton ; mais il y a assez d’autres animaux (jui sont lanigères et quel(jues-uns comme le mouflon à manclicties sont connus df’s les toml)eaux à has-reliefs c(ui les re]>r(''sentenl avec le plus grand soin.

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