‹ Le tombeau d'OsirisChapitre 19 sur 41 · I.K TOMHKAU h (tSII!IS · texte numérisé non relu

I.K TOMHKAU h (tSII!IS

certaine (|uelle en était la forme; tout ce (jiie je puis en dire, c’est (pi’on y voyait un éj)ervier gravé sur un fragment el (pie d’autres morceaux portaient une bordure géométrique ressemblant de très près aux dessins [irimitils (pie j’ai rencontrés sur des plaquettes obloiigues d’ivoire, (^e monument devait être magnifique et il est très regrettable (pi’on n’ait |ui le reconstituer sinon complètement, tout au moins en partie : il devait être de grandes proportions, si l’on en juge par le nombre de fragments que j’ai pu lui attribuer (rime manière certaine.

Ce bris des monuments n’est pas la seule dévastation dont j’ai eu à gémir; cinq ou six jours auparavant, vers le 20 décembre, j^aperçus dans les décombres (pi’on enlevait, tout à fait au bas, les commencements d’un lit de cendres (jui alla s’élargissant jusipi’au tombeau principal: comme je n’avais pas trouvé la plus petite trace d’incendie dans les tombeaux (pie j’avais fouillés à l’est et au nord, j’avais caressé l’espoi r (pie le grand tombeau n’aurait pas été incmidié; la constatation (pic je lus oldigé défaire me couvai mpiit aussit()t (pie les sjioliateurs n’avaient pas épargné rincendie au grand tombeau. Du coup je dus dire, adieu a toute espéi’ance de trouver des objets intéressants dans ce tombeau el de fait je n’ai presipie rien rencontré dans une tombe qui devait être el (pii était la plus riche de toute la nécro[)ole, sans excejiter même le tombeau de Set el de Ilorus. .J’eus beau faire passer au crible toiit(' la couche de cendres, on ne trouva que des l'ragmenis d’objets, la plupart du temps noircis par la fumée ou détériorés [>ar la violence de l’incendie. iNIais là ne devaient pas s’arrêter mes tribulations : (piand on descendit dans ^intérieur du tombeau, on retrouva la même couche de cendres ipii descendait aussi, mais là je constatai que les spoliateurs ne s’étaient pas bornés à incendier l’intérieur du tombeau el qu’ils ne s’étaient pas contentés d’allumer des incendies partiels dans jiresipic toutes les chambres de la tombe, mais qu’ils avaient encore passé au crible les cendres produites par rincendie. .Je pus d’autant mieux faire cette constatation que je faisais moi-mcim' faire à mes ouvriers exactement la même chose. Gomme je ne pouvais en ell'et espérer de trouver des choses intactes après le violent incendie dont j’avais les preuves

LK TOMBEAU D'OSlIilS

tlevanl moi ; comme les moindres fragmenls d’ol)jels Irouvés pouvaient être d’un immense intérêt pour la science et l’iiistoire de la civilisation égyptienne, sinon de la civilisation humaine, je faisais ramasser par mes ouvriers les moindres fragmenls, afin que pas un seul ne m’échappât, et en particulier, dans les couches de cendres qui s’oft'raient à moi, au milieu des travaux nécessités par le déblaiement complet d»i tombeau, je lis passer toutes ces cendres au corbâl. c'est-à-dire au crible. Les ouvriers devant cribler les cendres s’accroupissaient, la ligure tournée vers le sud-ouest, puisque le déblaiement s’opérait d’est en ouest; on rem|)lissait leurs cribles et, après avoir secoué le crible pour faire tomber les cendres, ils examinaient le contenu de leur instrument et tl’un mouvement du bras droit ils rejetaient ce contenu sur leur gauche, pendant (|ue la cendre restait devant eux. De sorte que, si des fouilles avaient encore lieu en cet endroit, l’on trouverait d’abord un lit de lésidus de toutes sortes d’un côté, puis un lit de cendres plus à l’ouest. Or, c’est ce que je trouvais en fouillant le tombeau d’Osiris, d’abord un lit de résidus très petits, des restes de bois brûlés, de métal, de pierres ou de poteries, puis un second lit de cendres, les deux très apparents et ne donnant lieu à aucune méprise, à aucun doute. C’est pourquoi je suis autorisé à conclure (jue les spoliateurs du vC siècle avaient fait de même. * Pourquoi avaient-ils agi de cettefaçon et (|uand avaient-ils choisi cette manière d’agir ? C’est ce que je dirai plus loin.

Quels étaient maintenant ces spoliateurs ? .Je le dis tout de suite : il n y a aucun doute pour moi, ce sont les (ioptes seuls (pii doivent être rendus res|)onsables de ces actes de vandalisme. Je l'ai dit dès la première briK-bure (jue j’ai puldiée après ma première campagne de lôuilles : j’avais ciai la chose généralement accîcplée par les savants qui se sont occupés de celle cpiestion et je n’avais donné d’autres preuves de mon ojiinion (pie la trouvaille de noms et de dessins copies au cours des fouilles. Depuis, M. de Morgan, l’ex-directeur des Fouilles

(]) j.o loclcur lrolivcr;i plus luîii la <l('inonslranoii i|lie ceUc Spoliation remonlc Ijien à l’i'p'J'po-' iuilitpu'c.

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