‹ Le tombeau d'OsirisChapitre 24 sur 41 · I.K KtMliKAU IMISIlîlN · texte numérisé non relu

I.K KtMliKAU IMISIlîlN

Ce n’élail là ([1111110 |)romi('re [Kirlie de Iduivre lu’d’asle et l’on n’y avail en aucun liesoin d’einiiloyei" rinceiulie pour en venir a liont. La luicessil(‘ (le rinceiulie pour venir à boni des iniiiionses richesses conlciiiies dans les loin beaux ne se fil jour aux yeux des spol ia leurs ([ii’en allcignanl la inonlagne propremenl dite, dans la((uellc on avail fait les excavations nécessaires pour y conslrnire ensuite des tombeaux. Ces tombeaux, on peut le dire avec assurance, étaient intacts au moment de la spoliation, car j’y ai trouvé des preuves c('rlaines (pie les spoliateurs eiix-iiK'mcs n’avaient (|u’imparrailenient accompli leiirieiivre de desi riiel ion , et de plus ((lie tous ces tombeaux avaient encore leur (‘ouverture (mi bois ou en l('rre battue, puis(iue j'ai rencontré des morceaux de terre battue considéraldes lomljés dans l'intérieur de ces tombes. On n’avait mis h* l'eu (|ue dans un certain nomlm'de ces tombeaux, nombre peu considérable si l'on ne regarde (jue le cbill're de ceux (|ui ii’avai('iil pas été incendies, mais nalurellemenl on avait réservé les lioiineurs de l’incendie aux tomlieaux les plus inijiorlanls, par consé(|ueiit les jilus riches et jiar coiise- (jiient encore les plus iiiléressants [lour la scienc(\ J'avais déjà observé C(‘lle particularité dès la [iremière année, (à pendant I hiver dernier je me suis convaincu qiu' l'on avail suivi en toute la spoliation un [ilan bien arrêté. Il est pres(|ue inutile d’ajouter, (jiie dans ce plan, le tombeau d’Osiris était désigné avant tous les autres aux hori'curs de l’incendie, puis({ue c’était pour arriver à détruire le culte rendu a Üsiris (juc toute celle destruction avail lieu, L’incendie (jui lut al I u mk' eut des jiroporl ions considérables, aussi grandes (jiie celui qui dévora b' lomlu'au de Dm et (jui put cuire les bri(|ues de murs é[iais de plus de \ mètres'. Oel in- C(‘ii(lie lut multiple : d’abord on alluma un grand brasi(‘r dans la cour intérieure que bordaient sur trois c(jtés les ehambres du tombeau d'üsiris, puis on en alluma d’autres dans chacune des (|ualor/,e ehambres (|ui composent le tombeau. L incc'iidie de la cour iiilcu ieure lut complet et 1 on n’a rencontré aucun obji'l jirovcnant de celle cour (jui d('vail ce-

hlius par les memhrcs de lii Mission <irrhé<ilogi<ine penuanenic dit Ciitre, p . ,

(1) l>. Amélineau, f.es nouvelles fouilles d'Ahydos, coiii]Ue i'oikIu ni cxletiso, vol. I, 2'' partie, p. 12t.

l.E TUMlJEiU Ü OSIIUS

|)endanl être remplie de tout ce que la piété des contemporains d'Osiris avait accumulé comme nécessaire ou simplement utile à ce grand homme après sa mort, d’après les. idées ayant alors cours. Les incendies des chambres n’avaient pas complètement tout détruit, car on avait été trop pressé de rejeter du sable pour combler les chambres et le sable avait étouffé l’incendie. J’ai rencontré plusieurs chambres oii des restes de bois à moitié calciné proclamaient qu’il en avait été ainsi, et notamment la chambre H, la dernière située au nord près de l’escalier, avait été presque complètement préservée, car le bois était amoncelé pour préparer l’incendie et le feu allumé y avait été étouffé de suite, si bien que j'ai trouvé ce bois j)resque intact. C’est surtout dans ces incendies locaux (pie j’ai rencontré des fragments de meubles en bois carbonisé, il est vrai, mais conservant encore leur forme et où l’on peut toujours voir les ornements dont on les avait décorés. Ces multiples incendies dans un seul tombeau jirésentaient l’avantage de rassurer les spoliateurs que tout ce que contenait le tombeau, môme les matériaux les plus ordinaires, avait été purilié par le feu. Quand l’incendie eut accompli son œuvre, on s’aperçut ipie l’opération ne serait pas aussi profitable qu’elle aurait pu l'étre, malgré qu’on eut fait préalablement main basse sur tous les objets précieux que renfermait la tombe d’Osiris et l’on résolut de faire jiasser au crible toutes les cendres amoncelées, afin de ne rien laisser échapper de ce qui pouvait avoir ipielque prix. Tout d’abord on avait déblayé les cendres qui remplissaient les chambres sans y regarder, ce (pii m’a permis de retrouver certains objets cpii auraient |ui avoir une certaine valeur aux yeux des spoliateurs; mais dans la coiiron ne laissa plus rien jiasser et je n’ai rien trouvé. Si bien (pie les spoliateurs ont démontré (pi’à c(')té du but pu rement religieux ([ii’ils voulaient obtenir, ils en avaient eu un second lieaiicoiip plus terre à terre, celui de s’enrichir de leur pillage. Ils ont pleinement obtenu ce bu t sci’ondaire (|iii ne parle pas en ’huir l’aveur ; (piant au bu' j)rincipal qu’ils visaient, ils ne l’ont pas obtenu entièrement, car le culte d’Osiris était tellement enraciné au cœur delà population aljydénienne que, si l'on n’alla plus porter (b;s offrandes au tombeau d’Osiris, on alla au contraire en chercher pour

LK TOMIîEAl' D'OSll'.IS

les emporter dans les maisons. Chaque année, on eü’et, jusqu'au jour ou mes fouilles me conduisireni en oet endroit, les fellahs d’Ahydos avaient coutume de se rendre le vendredi saint à Om el-Ca'ah et d'emporter des milliers de ces petiis vases (pii ont fourni le nom de la nécropole, car ces petiis vases, les plus anciens, ceux (pii remontent historiquement tout au moins a la IIC dynastie, s’appellent gaah en arabe. La Passion du Christ avait remplacé la Passion d’Osiris dans la nouvelle religion, et au joui- anniversaire de cette Passion, les lellahs allèrent chercher les reliques des objets portés au tomb('au saint de rEgyjite par leurs ancêtres au jour anniversaire de la Passion d’Osiris. Mes ouvriers, voyant que, mes fouilles tcrmin('‘es, ils n’auraient plus les mêmes facilités pour venir chereber ces vases sur l’emplacement du tombeau d’üsiris, emportaient chaque soir les plus beaux spécimens qu’ils trouvaient et cela pour les donner comme jouets à leurs enfants.

Pour en linir avec cette (piestion de l’incendie qui fut bien allumé par les Copt('s et (pii ne peut aucunement être attribué à des coutumes de la période néolilhiipie, comme le voudrait M. de Morgan, voici un fait qui le démontre avc(' uni! exactitude ne laissant rien à désirer : dans la (diambre I) du tombeau, le mur mitoyen entre cetti; chambre et la chambre voisine C avait été détruit en partie par la violence de l’incendie. D’aliord il avait été détaché du orand mur est du tombeau sur

ciii(| centimètres environ par suite de ce (pie les briques avaient été cuites [lar la chaleur ; de plus, sur toute salongueur, les bri(pies du haut avaient été ébranlées et elles étaii'nt tombées toutes du même c(')té, à savoir dans la chambre/ oii je les t rou vées. Si cet elfet e.ût été|)ro(luit lorsque les S|)oliateurs ouvrirent cette chambia', ils eussent enlevé les dites bri(pies en enlevant les décombiays et j(' ne les aurais pas trouvées dans la chambre, ce qui [irouve (pie c’est bien sur eux seuls (pi’on doit faire retomber la rcsjionsabilité de l ieuvre de destruction et non jias sur les contemporains, obéissant à je ne sais (pudles habitudes (pi’on ne connaît pas et (pi’on leur siqipose gratuitement, paia'c (pu; certains auteurs racont('ut (pie Sardanapale se lit brûler ainsi 11 n'y a donc aucun lieu de douter

(1) Ces récits ne presentent la ’mori do Sardaiiajuile que coniuio un lait parliculic r

Tombeau rf'C.çin'.s.

LE TOMBEAU IVÜSIRIS

que ce sont bien les chrétiens du vi'^ siècle de notre ère qui ont incendié le tombeau d’Osiris d'après un plan de conduite bien arrêté dont ils n’ont jamais dévié de propos délibéré et qu’ils ont au contraire fidèlement suivi.

Et maintenant que cette importante question de la spoliation du tombeau d’Osiris me semble définitivement vidée, je passe à l’examen détaillé du tombeau lui-même.

de mœurs, et non comme un trait général, ce qu’il faudrait ici pour justifier la théorie mise en avant. Je ferai observer à propos des chambres dont il vient d’être question que les spolialeurs les trouvèrent intactes, remplies de grandes jarres qu’ils y ont laissées : les chambres ne contenaient de sable que ce qui était nécessaire pour fixer ces énormes vases sans assiette et elles étaient sans doute couvertes en bois, comme je le dirai plus loin.

CIIAPITIIE V

LE TOMBEAU ffOSIRlS, DESCRIPTION ET INVENTAIRE

Le tombeau d’Osiris remontant, selon mon intime conviction, à l’époque même oii régna celui qu’on désigna par la suite sous le nom o-lorieux à' Etre bon, comme nous disons rainilièremenl le bon Dieu. personne ne sera étonné, je pense, si je dis. que la construction de la tombe était en tout semblable à celles des autres tombeaux (pie l'enrermait la nécropole d'Om el-Ga’ab. Les bricpies crues étaient de mêmes dimensions que celles (pii avaient servi à édifier les autres tombes et toutes étaient recouvertes d'une même eouebe de terre servant à voiler les interstices des briques et adonner à la conslriu'tion une sorte de beauté toute jirimitive. (iette sorte de pisé est encore visible sur tous les murs; mais à la chaleur de l’incendie il a été cuit ou est tombé. Il \ en avait une eouebe épaisse de un à deux eenlimètres, car la couelu' avait une épaisseur trè s variable ; dans les endroits ou il ('st tombé, (piebpiel'ois sur une assez grande étendue relaliveineni aux dimensions des murs, j’ai pu éludiei' la manière dont les nuu’ons d(' celte* époipie reculée avaient disposé les bricpies. Los lits n’élaieni [>as régulièi'einent disposés les uns au-dessus des autres : la j)liij)art des briques étaient disposées horizontalement, c’est-à dire placées cà |>lat, soit dans le sens de la longueur, soit dans le sens de la larg(*ur ; mais il y avait aussi des lits de liriques disposées verticalement, c’est-a-dire dans le sens de la hauteur en mettant la bricpie sur le grand ecMé dans le sens de l’i'-paisseur. Cette disposition inégale et irrégulière se retrouvait assez f’ré(piemment dans les murs que j’ai pu examiner ; elle est preuve, je ci'ois, que l’ait

LE TOMBEAU D'ÜSIRIS

de la maçonnerie n’était pas encore bien perlectionné et (jne les maçons du temps agissaient un peu comme des enfants qui construisent pour s’amuser de petits édifices dans ce même genre. Plus lard, lorsque les hommes furenf plus avancés dans l’art arcliitectural et qu’ils s’ingénièrent à trouver les moyens de rendre à la Ibis leurs constructions plus régulièrement solides et durables, ils n’usèrent plus de ces moyens primitifs de rendre leur œuvre plus agréable soi-disant, en la diversifiant à l’œil, et cela parce que la raison leur avait lait comprendre que la solidité devait être recherchée avant tout. Ainsi le tombeau d’Osiris n’est pas comparable comme construction semblable au tombeau du roi Den, car celui-ci accuse de grands progrès dans l'art de bâtir. Malgré cette inégalité dans l’art de construire avec des briques, l'esprit de l’homme cherchait déjà à orner les édifices par l’emploi de particularités architecturales, ainsi que je le dirai Ijientôt.

Le tombeau d’Osiris, comme tous ceux de la nécropole d’Om el-Ga’ab, à l’exception du tombeau de Set et de Ilorus qui était en terre battue, était donc bâti en briques'. Les murs de ce tombeau n’avaient pas une

(1) La conteclioa de bi'iques mu parait pouvoir avoir été inventée sur jvlusieurs points du globe à la fois et ne saurai! aucunomcnl servir do preuve pour attribuer les origines de la civilisation égyptienne à la Chaldée. Dans le second volume de M. de Morgan sur les Origines de V Egypte, cetle invenlion de la bricpie est déniée jnir M. Jéquier aux Egyptiens ; voici ses paroles ; « Tout d'abord un des faits les plus frappants est la construction en briques des grands monuments. L’invention de la brique n’est certainement pas égyptienne ; elle no peut provenir d'un pays où la pierre abonde et doit nécessairement servir de base à toute construction piûmitive. En ell’et, les autochtbones de la vallée du Nil n’avaient j>as la brique, et nous ne la voyons ajjparaître qu’avec les conquérants qui remployaient pour construire leurs maisons (kjœkkeumœddings de Toukb), que pour garnir l’intérieur de leurs tombeaux. Nous admettons l’origine clialdéenno des Egyptiens ; ce fait de l’introduction sur les bords du Nil de la brique s’explique de lui-même, car eu Mésopotamie, la jneri’e l'ait absolument défaut et depuis les temps les plus reculés de la civilisation chabléennc jusqu’à nos jours, la brique est le seul matériel de construction qui y soit employé. Tl est l'ort naturel de voir les en vabi.sseurs apporter avec eu.x des usages auxquels ils étaient habitués depuis longtemps et pour lesquels le sol de l’Egypte et le limon du Nil leur fournissaient d’excellents matériaux « [op. cil., p. 2,54). Cos quelques lignes contiennent une jolie somme d’erreurs. Tout d'abord l’Txgypte était aussi jjrojjre (jue la Cbaldée à l’invention de la brique, car si la pierre y abonde ce n'est que dans certaines parties de la montagne qu elle est propre à la construction ; danstoule la vallée du Nil, les babitations sont encoi-e aujourd'hui en bricjues crues ou cuites pour

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