I.K TOMI’.K.W D’OSir.lS
fêlés pai‘ siiilc de la violence de l’incendie allniné, el iin orand nombre de bouchons élaient cuits, eai', eoinine ceux déjà trouvés la prcinièie année, ils étaient faits de terre inelano-ée avec des libres de palmier pour la rendre consistante el ils avaient été a|)pli(jués sur une i)ctite assiette ronde el creuse qui bouchait l’entrée de la grande jarre, [)endant (pie le bouchon en terre bouchait l’orilic'c tout entier, descendait vers la panse et s’élevait en cône au-dessus de l’assiette. Ils étaient estampillés comme ceux (pie j’avais dé'jà rencontrés, mais tous au nom d’un même
personnage (pii était désigné par une bannière faite ainsi pas rencontré d’aiUre nom royal ou de double royal tombeau d’Osiris.
. Je n’ai dans le
Dans la chambre .1, il y avait Id grandes jarres toujours en place dans la chambre, dont 7 étaient encore coiffées de leurs bouchons, plus trois autres bouchons placés dans le sable : ces jarres avaient été visitées par les voleurs ou les li(pndes qu’elles contenaient s’étaient éva|)orés à travers la terre poreuse. La chambre B était remplie de grandes jarres fêlées, contenant du sal)le, des cendres et du charbon : elles avaient toutes été visitées par les spoliateurs et placées debout; la plupaià se brisèrent dès (pi’on voulut les remuer. La (diambre C contenait un assez grand nombre de grandes assiettes en terre très gi'ossière. Sur le mur nord de cette chambre (pii lui était mitoyen avec la chambre B, il y avait la moitié d’une grande jari’e avec la marque un rat? C’est
dans la chambre D, près de la |)orte, mais à l’intérieur de la chambre, (pie j’ai rencontré le 2 janvier 18!)8 un crâne ipii doit être celui d’Osiris. Avant d'être assuré, autant (pi’il est possible dans une matière aussi délicate, de l’authenticité du crâne, j’attendis d’avoir déblayé le tombeau tout entier, car si j’avais rencontré seulement un ossement, le plus petit ossement, je n’aurais pas cru pouvoir penser un seul momi'ul que le crâne était ce chef d’Osiris que la déesse Isis enterra dans le tombeau d’Abydos. Avant même d’attendre que rien vînt me détourner de la pensée (pie j’avais trouvé le crâne d’Osiris ou l’allirmer, j’en dressai aussiuâl le procès- vi'rbal (pic je publie ici :
LK TOMÜKAi: D'ÜSHÎIS
« Aujoiii’d’liui 2 janvier 1898 (deux janvier) a été trouvé dans la chamljre D du tombeau d’Osiris (la lettre/) désignant la chambre marquée ainsi sur le plan de ce tombeau) un crâne auquel manque la mâchoire inférieure. Cette tiouvaille a été laite à l’entrée de la chambre D, près du mur nord de cette chambre, vers trois heures du soir. En témoignage de quoi j’ai dressé le présent procès-verbal que mon ami et compagnon, M. A. Lemoine, a signé avec moi. Cette tête, si l’on ne rencontre pas d’autre ossement dans le tombeau, est vraisemblablement celle d’Osiris que les spoliateurs auront rejetée avec les autres débris de cettechambre, la quatrième à partir du mur nord dans le côté est.
« En loi de quoi nous avons signé tous les deux.
« Ahydos, 2 janvier 1898.
« E. Amélineau, Achille Lemoine. »
Dans cette même chambre D on a trouvé un morceau de bois de cèdre (?) assez long : il n’y avait rien autre chose. La chambre E ne contenait rien ipie deux fragments de vase, l’un en marbre onyx d’Égypte vulgairement appelé albâtre, l’autre en pierre schisteuse ardoisière. La chambre F contenait six grandes jarres avec des fragments; la chambre G ne contenait qu’une grande jarre; la chambre H contenait cinq grandes jarres dont deux avec bouchons, trois ampoules en terre cuite, plus une quantité très grande de fragments de toute sorte, parce que (îctte chambre, le lecteur se le rajijiellera, l’incendie à peine allumé avait été éteint jiresque sur-le-champ. La chambre /n’a donné (pi’un joli fragment en ivoire sculpté; la chambre / ne contenait absolument rien. La cliambre K contenait seulement des fragments de bois d’ébène travaillé et un l'ragment de vase en poterie line avec des degrés, comme j’en avais trouvé la première année. La chambre L n’a rien fourni. La chambre M contenait un assez grand nombre de petits fragments d’objets en ivoire, en cristal de roche et un talon de hache en pierre polie. C’est dans cette chambre (pi’avait été rejeté et renversé le litd’Osiris dont je parlerai bientôt. La chambre M contenait aussi plusieurs talilettes en pierre schisteuse ardoisière. La chambre N contenait un grand fragnu'ul (l(! bas) d’un vas<> cylindriipu' en albâlri! sui‘ lequel on avait char-
LK TOMIîKAi: irOSIIÜS
bonne une tète de (dii’ist*. Et e'cîst tout, ou à peu de cdiose près, ee (jue contenaient les cliainl)rc latérales.
La grande cour était mieux partagée et l’on a trouvé un assez grand nombre de Iragments (pii témoignenl de ravanciiinenl de la civilisation à cette é[)oque, mais (pti n’onViraienl au lecteur (pi’iin intérêt fort secondaire et que je n’ai pu d’ailleurs sulïisaminent étudiei' alin d’en parler avec fruit. Tous ces objets ont été partagés par égale moitié, — si b; partage n’a pas été égal, l’inégalité a été toute en laveur du Musée de (lizeh; — de la sorte un certain nombre d’objets (|ui auraient pu être conijilétés ne le seront pas, puisqu’une moitié esta (iizchet l’autri' moitié à Paris : il est très regrettable d’avoir à ('onsigner ici ee lait.
Un objet qui est resté tout entier au iNIusée de Gizeh, c’est le lil d'Osiris dont il me laut parler maintenant. Le 2 janvier, vers 4 heures de l'après-midi, comme j’étais occujié à considérer le déblaiement de la chambre //, après avoir pris les mesures d’une autre chambn' <pii venait d’étre déblayée, un de mes ouvriers vint m’avertir <puî ma [irésem'c était nécessaire à quelques mètres de là. Je m’y rendis aussitiM, et je vis (pi’on venait de découvrir une grandie pierre de granit avec des inscriptions : je la fis déblayer au plus vite, et c(( soir-là même l’ouvrage était assez avancé pour me permettre de reconnaître la nature du monument (pii venaitd'être mis au jour. Le lendemain je fis achever le déblaiement ; je fis remettre en place le monument (pii avait été renversé sur le eidi'; et je pus alors l'examiner sous tout(^s ses faces. C’était un gros monolitlu; en granit gris, ayant 1"',77 de long du C(dé droit, P", 78 du c(dé gauche, ü''q8G à la tête et 0'”,8!) aux [lieds. Il avait la forme d’un lit placé sur un socle ayant ()'",14 de hauteur. Le lit était à têtes et à pieds (b> lions, comme les lits si connus dont l’Egypte semble avoir eu le moiiojiole. L('s pieds de lion à l’arrière et à l’avant étaient simplement annoncés par les grilfesqui avaient été peintes en blanc. Si les pieds n’offraient aucun caractère particulier d’art, les tètes au contraire étaient de la [iliis grande beauté et offraient une preuve remarcpiable du réalisme artislicpie diMadui
(I) C’esl par errcMir (|iu' l’on a ('(jllô sur lo vaso iiiio ri i(|iicU(' avor la nic'iilioii f; c’rsl jV qii il (aiil lirr, roinint' mon journal <!(' ronillrs en léinoii>'ne.
l.K TOMlü'.Ar It'OSMîlS
f|ui avait sculpté ce monument Sur le lit était étendue une momie à l'aspect assez ieune, à tète petite^ aux tempes rentrées, coitlée de la couronne blanche, tenant entre les mains sorties delà gaine un sceptre pastoral et un fouet. Au-dessus de sa tète étaient deux éperviers brisés et dont j’avais trouvé l’un une vingtaine de jours auparavant au milieu des décombres qui surmontaient le tombeau ; lorsque j(î l’appliquai à l’endroit voulu, il se tint si bien en place qu’il est impossible de ne pas voir qu’il faisait partie du monument : deux autres éperviers étaient aux pieds, brisés également. De plus, au milieu du corps, on voyait les pattes d’un cinquième oiseau qui avait été brisé. Au premier aspect je me rendis parfaitement compte que j’avais sous les yeux le modèle ou la copie d’un bas-relief qui se trouve dans la première chambre annexe de Sokaris, mur ouest, dans le temple de Séti P‘ bà Al>ydos,que la momie devait être Osiris, que les éperviers symbolisaient Horus et que l’oiseau au milieu du corps devait représenter Isis s’étant placée sur le membre viril d’Osiris pour en concevoir. Je n’avais pas encore remarqué, sous l’épaisse couche de poussière qui recouvrait le monument, les inscriptions qui accompagnaient chacun des personnages. Sous chacun des éperviers placés aux pieds et à la tête du lit, il y avait une bannière ainsi faite ; l’épervier surmontant ce qu’on appelait jadis la bannière et ce que l’on regarde aujourd’hui avec raison comme le rectangle symbolisant la maison du double après la mort, et dans l’intérieur du rectangle était l’expression si connue de vengeur de son père, le tout donnant : Ilorus, vengeur de son père. Vis-à-vis l’épaule droite d’Osiris se trouvait un rectangle contenant en son intérieur les sig-nes suivants : , c’est-à-dire : Osiris, l'Etre bon, juste
voix servant à indiquer que ce n’était dieu, mais Osiris en tant que décédé que celte épithète ne se donne à-vis l’endroit où se trouvait le cinsur le membre viril d’Osiris, du
de voix, l’épithète //y,5/c de |)as Osiris en tant que (pu était représenté, puis- (pi’aux défunts. Enfin, visquième oiseau , accroupi
cûlé droil élail l’insci'ip
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iwwv-
tion suivaiiU'
•’esl-à-dire le nom
U<: TOMllE.Vll D’OSHilS
ni
d’Isis (létenniiié parla déesse, lacpielle inaïupie sur le has-reliel de la première chambre annexe de Sokaris. ()uand même j’aurais voulu douter des j)ersonnages représentés sur le lil, je n'aurais pu raisonnablement le faire, |)uisque les Egypiieiis eux-mêmes avaient pris à tâche de prévenir le doute en insci-ivant les noms près de chacun des personnages représentés.
Outre ces inscriptions (pii sont gravées assez grossièremenl et (pii forment un contraste frappani avec celles dont il me reste à parler, il y en avait (piatre autres gravées sur le pourlour du litel dont les caraclères (]ui en restaient étaient, eux aussi, rehaussés de blanc. A une époipie dont je ne [leux préciser la date, ces inscriptions avaient été si soigneus('menl martelées dans la partie jiriiu ipale, celle (pii contenait les cartouches du roi (pii avait fait gi-aver les inscriptions, (pie je n’ai pu en reconnaitre (pie (piehpies signes non martelés avec autant de soin (pie
les autres. A la tète du lit