LI-: TüMÜKAl D’nSII-.IS
i:il
elle la mère de SaiioCroui, la femme de son |)rédéeesseur immédial Ilouni, ou du prédéeesseur de celiii-ei. Serait-ce la même femme (jui serait meutiounée iciPTje nom est rare el je suis fortemeul leuté de le croire : le prince au tombeau de (jui un des officders de celte reine intervient serait alors probablement le mari, moins |)robab!ement le père, Ilouni, au lieu de ses prédécesseurs immédia's. Je n'insisle pas, n’ayant pas assez de documents sous les v(mix, mais je pense que, môme si l’on écarte ce l'approcbement, rexamen des titres et la paléog’raphie des empreintes nous forcent à descendre vers uiu', épo((ue très voisine de Ilouni. Le roi du tombeau découvert par M. y\mélineaii serait de la lin de la IIL dynastie. Je ne [)uis exprimer (‘ctte o])inion ([u’à litre deconjecture ; pour m’avancer plus loin, il mefaiidrail cdi-e en f’gypte en face des monuments mèrm's, cl je ne puis y cti'e.
« La plupart d(^s autres rois d’Abydos |)araisscnt cire anlenb'urs d’assez peu^ si j’en juge j>ar le style d(‘S objc'ts dessinés j)ar AI. Jé<piier. On a le litre (hl-miri, curateur du vignoble funéraire sous le roi Douni ' (lig. 784, 785, 78()), comme sous le roi Azoïi-ahou (lig. 78^i), puis c(' titre à'âd-iniri avec le grade de Sahon (lig. 78(i), sans parbu' des noms des individus. Je tendrai donc à échelonner ces souverains dans la IIL, puis dans la II® dynastie, mais sous bénélice d’inventaires ; car, ici encore, il faudrait avoir les monuments sous les yeux pour énusttre un jugement ferme, et je ne les ai pas. Le tomlx'au de Nagadah me pai-aît plus ancien epie ceux d’Abydos; AL Jéepiier se deunande' s’il ne doit pas y voir la sépulture d’un roi de la II® dynastie, ( lusaphaïdos® ( p. 25!)-2(i0). La lecture de AL Jécpiier est inexacte : ce n’est pas le signe ]iescp (pie l’on lit, mais le ddinicr, le signe /uni, cpii entre dans b; nom de Alenès. Lst-ce un Alénès (pii était enterré à Xagaibdi ou /ç Alénès ainpiel la tradition attribuait le n" 1 dans la liste des rois d’figvple? Ceux (pii ont bss monuments s(jus les yeu.x pourront seuils deeiib’r la (piestion, s il y a
i l) C’csl le roi que j ai a|)i)elé Ad-ah el le i)i'einiei’ le roi Dm. Je coiislate avec plaisir (pie M Maspoi'O se s(>rl inainlenaiil des noms (!<■ IjamiirMes comme des noms vérilahles, ainsi que je l’avais fait et ilit.
(2) (,)nsapliaïs n’esi pas nn roi de la 11', mais de la I’’’' dynastie.
lieu*. En tout cas, la plaquette d’ivoire représente ^intérieur d’une chambre funéraire avec le mobilier et les cérémonies du sacrifice en plusieurs registres. Au premier registre, la stèle, ou plutôt le [letit obélisque tvpe du carloucbe, avec la légende, le roi du Nord et du Sud, Mani% puis l’image du nom du double Morou-Aiiodi, l’Horus guerrier, l’Horus mâle; derrière, la barque de Sokaris, puis deux sphinx hiéracocépbales. Les //’ow autruches où M.Jéquier pensait trouver peut-être le nom, sont le mot Biou^,les âmes ; Biou-Horou aiioui, les âmes de V Horiis guerrier (fig. 558). Je m’arrête : on voit l’étendue et l’importance du champ d’études que les découvertes de ces dernières années ouvrent devant nous. Je souhaite que le résultat en soit publié promptement, surtout qu’elles soient poursuivies par des hommes capables de lire les inscriptions et de déterminer la nature des objets à mesure qu’ils les tirent de terre L »
Telle est celte longue critique que j’ai tenu à citer tout entière, sauf le commencement. Avant de la discuter point par point pour ce ([ui me regarde, car M. Maspero l’a reproduite à peu près mot par mot dans les observations verbales qu’il a présentées lors de ma communication à Y Académie des luscriptious et Belles-Lettres, je dois faire un certain nombre d’observations préliminaires. J’ai déjà dit que M. Maspero avait été à même de voir les monuments que j’ai apportés d’Egyj)te et qu’il a refusé de venir les voir : il aurait peut-être désiré que je me dérangeasse pour les lui porter; mais le moyen de me charger de mo-
(1) M. M;isj)ero inet, en note : « J’apfirends, après coup, que M. Borcliardt lit aussi le nom lie Mènes. Itsl-ce (l’a[)rès le nionuinenl reproduit dans VEtlinograpliie, ou d’ajirès d anli'cs monuments ((ue je ne connais point et qui se trouvent au Musée de Gizeli ? De toute laçoii l'interpréta tion a laquelle M. Borcliardt est arrivé de son côté, m’encourage à |)crsévérer dans la mienne. » [| est malheureux que celui qui a si bien renseigné M. Maspero ne lui ait pas dit en même temps que c’était bien sur le môme monument. Or, M. Borcliardt avait lait sa découverte dès le l.'i novembi'e au jilus tard, et c’est bien à lui qu’en revient l’honneur, si c est un honneur d’avoir fait une hypothèse i|ue je crois instable.
(2) M. Maspero, ipii a bouleversé tonte la jdionétique égyptienne, change ici ses [iropres t l anscriptions en lisant Mani nn nom qu’il avait toujours In Mini et qui se lisait Mina.
(d) .M . Maspero éci'il au commencement de cet ai-ticle A'u/m/ (voir plushaut) et. ici JUun, l'i) Hi'viii; c.filiiiuu, 1 décembre 181(7, p. ^i,'18-^i 'lO.
LK TOMÜKAU D’OSIIUS
•ins
miments ((iii pèsent deux eents ou trois cents kilos? Tl est donc mal venu de se dire dans une position d’infériorilé vis-à-vis de ses adversaires. En second lieu,M. Maspero l'ait (lèche de loul hois pour inonlrei' le bien l'ondè de ses lectures et de ses identifications, jus(pi’à |»arler de dècouveides qui n’avaieni pas encore été publiées; mais il faut iiuïtlre en contrepartie (pi’il négdige de mentionner de i‘èelles découvertes qui étaient déjà pid)liées dès le mois de septembre, qu’il aurait pu entendre au Congrès des Orienlalistes à Paris ou lire dans la Zeitschrift fur aeggptische SpracJie, oi'i l’ailicle de M. Setbe donm; le nom de Merbapen ou Merbapou et les deux autres (|ui sont bien ceiixdii cimpiième, du sixième et du septième roi de la dynastie, car ils sont précédés des litres de roi de la Haute et de la Passe-Egy|)te et l'on ne l'eti'ouve pas d’autres noms que ceux-ci dans les listes égyj)liennes et grecques. Or, pour([uoi n’en pas faire mention ? pourcpioi laisser de coté de propos délibéré des noms qui auraient pu écdairi'r sa ladigion et lui l'aire^ trouver la solution du problème <pi’il essayait de résoudre';’ car entin j’ai trouvé les noms de ces rois dans les tombes (pie j’ai ouvertes à Om el- (la’ab et, bon gré mal gré, ces noms sont l’un des facteurs les plus importants dans la solution du problème' (pii nous oceaipe tous les deux.
Mais il y a encore mieux et c’(*.sl le sujet de ma troisième observation. M. Maspero a pu lire dans le volume de M. de Morgan : Hecherches sur les origines de V Egypte. — Ethnographie préhislnri(pie et tombeau royal de Négadah, à propos du tombeau de Den ipi’il ap|nd!e I )ouni, les phrases suivantes ([ui sont de ]\[. Jéquier : « En dehors, et tout autour du tombeau se trouvait toute une série de jietites chambres (pii ne (igurenl pas sur le plan ; elles en dépendaient C('rtainement et devaient ser\ ii' de magasins ou de chambres d’otfrandes. La jilupart conl('nai('nt encore de nombreux fragments de vases en pierri' dure, semblables à ceux de ÎVégadab, et bi'aucoup de grandes jarres de terre boucbéi'savecdes c(niesd’argile. Sur ces cônes se retrouvent ici aussi des impri'ssions de ('ylindre portant la bannière du roi l>en avec son cartouche’ ou d'autres inscriptions avec
I t ) M. Jt'i|uici’ (l;ins te pariifrf.i jdie (|nc je cile, cl ici nul aiii inciil car it n’y a pas do carloiictie sur le niomiinonl, mais siMitcim'iil un nom (te pi«)pii(‘l ('•, a commis mi assez
LK TOMIiKAU D’OSIRIS
les noms d’autres rois, entre autres celui de que nous retrouverons plus loin. Chose ])lus curieuse encore, quelques-uns de ces cylindres sont les mêmes que ceux de Négadah avec la bannière du vo'i Aha (?) et les représentations d’animaux*. » M. Maspero qui a lu avec tant d’attention le chapitre dû à M. Jéquier et critiqué les pages voisines a certainement lu ce passage : pourquoi n’y fait-il pas allusion dans son article ?
En quatrième lieu, je ne comprends ])as très bien comment M. Maspero ose accuser ses adversaires, qui ne le sont que malgré eux, je le sais de manière certaine pour ce qui me regarde, de ne pas être « capables de lire les inscriptions et de déterminer la nature des objets à mesure qu’ils les tireni de terre. » Ces lignes ne visent pas M. .Técpiier qui n’a jamais été chargé de faire des fouilles ; elles ne peuvent non plus viser M. de Morgan qui n’est pas égyptologue et qui a d’ailleurs su déterminer aussi bien que M. Maspero lui-même les objets qu’il tirait de terre : elles ne peuvent donc viser que moi-même. Or, je le demande, est-il bien étonnant que je me sois mépris sur un monument oii INI. Maspero lui-même a commis plusieurs lectures fausses? Si malgré tout il voulait donner son avis, rien ne le forçait à le donner prématurément et il restait dans une bien meilleure position en ne le donnant j^as, en le réservant comme une pensée de derrière sa tête, pour employer l’une de ses expressions. ,J’en arrive maintenant à discuter les assertions de M. Maspero une à une.
L’explication du premier bouchon est au plus haut point fantaisiste et je vais le montrer, en ayant soin de répéter i(d les hiéroglyphes qui
sont les suivants
dfr'i
niés dans un rectangle surmonté d’un
. Ces hiéroglyphes sont renferépervier et d’un animal typbo-
nien. M. Mas[)ero au lieu de ces hiéroglyphes a lu ceux-ci
noiiihrc (rciToii rs (juc jo iiL' saurais prcndi'c à ma cliargc ; il a été trop jjrcssé irrmelti'i' (Ic.s I liéorics i|u’il n'av.iil jias mûrios et <|ii'il ne ])OUvail coiili'ùtor. 'J'oiitelois ce passage exprime iiik' rliose réel le.
fl) .1, de Morgan, oj) , [). 2d'l el
I,K TOMÜEAi; D'OSlIllS
première leeliire élanl eelle qu’il a douiiée à VAcadémie des InscripLious et Belles- Lcltres^ la seconde élanl celle qu’il dit prélércr dans la lievae critiqiieA. Le premier signe dans chaque leclure
étant équivalenl l’un à l’autre : 'Cd- ~ je peux |)ajd'ailemenl radmellre.
Les deux suivants n’üiri-ent d’autre dillerence (pie celle des deux types d’armes et ne sauraient constituer une grosse dil’liculté, qu'il s'agisse d’un casse-tête avec pierre ou <pi’il s’agisse' d’uiu; matraepie, si h' signe
\ représente nue matraepie. Le monument donne; bien '^r' eitiion pas*=|=',
ou'^. Il est évident epie ces signes renlérment un sens : voyons ce sens. D’après M. Maspero, ce serait celui-ci : Le Lever des deux lijj>es divins en Lequel (ou auquel) les deu.x‘- /lorus se sonl. unis : les deux lype's divins sont Set et llorus et les deux llorus sonl égalenu'iil Se;t e;l I lorus, ce qui revie'ut à dire que Set et llorus sont unis à Set e't llorus (|ui se lèvent, les deux dieux réels s’élanl unis à ce;lui epii le;s re[)résentail . Cette idée est déjà d’une philosophie transcendante à laepielle je ne crois pas (jue les Égyjilicns fussent parvenus au temps oii furent laits ce;s monuments, même si l’on devait reculer ce temps jusepi’à la lin de la 111® dynastie. Mais il faut voir grâce à e|uels ai'lilices de pression sur les hiéroglyj)hes cette traduction est obtenue. Dans l’espe-ce, on peut lire les signes verticalement ou horizontalement: M. Maspe'ro divise l’inscription en deux colonnes verticales, pendant epie j’en lais deux lignes horizontales. Si l’on s’en rapporte à la manière dont sonl écrits les noms de doubles seuls dans l’écriture hiérogly[)hiepie, c’est moi epii ai raison, car jamais un nom de double ne se lit dans le sens epi’a préféré M. Maspero, puisque toujours on lit la partie sujiérieure de gauche à droite pour redescendre, et jamais de; haut en bas pour rcmonle'r ensuite.
Donc une iiremière faute de; ce; chef. De; plus rieb'ogramme; \ n’a jamais signilié type divin, ou du moins c’est la première fois (|u’on lui attribue ce sens et il faudrail le justilier, ce que l’on n’a pas fait. Le mol
(1) Voir iilus IciUl.
LE TOMBEAU D’OSIBIS
sehhem signitie Inen image, statue, mais c'est un sens dérivé qui n’est employé ([u’à des époqiies toutes diflerentes, même de la IIP dynastie.
De plus encore les signes '| , affrontés ou non, ne signifient pas les deux Horus, mais les deux dieux, l’oiseau sur la hache, seul, à deux ou à trois, a toujours été traduit par M. Maspero lui-même, le dieu, les deux dieux ou les dieux : pourquoi dès lors changer une traduction que tout
le monde admet puisque le signe échange avec la hache 1. Enfin jamais je n’ai rencontré l’abréviation deux Horus pour signifier Tlorus et Set : M. Maspero qui a une collection si riche d’exemples à citer aurait bien l’ait de citer ici quelques phrases où cette abréviation est reçue par les Egyptiens, car il y a tout lieu de croire qu'ils ne songèrent jamais à identitier l’un avec l'autre, ni môme à confondre les deux implacables adversaires. Et puis, qu’est-ce que deux dieux, car M. IMaspero emploie lui-même cette traduction, <{ui s’unissent à un lever de deux types qui ne sont ([ualifiés de divins que par M. Maspero et non par le texte. Il est bien plus simple, plus naturel, par conséquent plus vrai, de traduire comme il suit : « Ont paru, coinhattanl avec leurs deux casse-tête, les deux dieux; ils se sont couchés ici (mot à mot : coucher en elle, dans la maison du tombeau). Il y a en elfet une opposition évidente entre le mot khd et le mot hôtep qui s’emploient tous deux en parlant du soleil, le premier pour signifier son lever, le second [)our signifier son coucher. Ma traduction respecte cette opposition qui est toute naturelle en cette occasion, car ces deux avaient
été des adversaires acharnés pendant quarante ans. Au fond cetle inscription est la contre-partie du mot si connu : Après avoir été unis pendant la vie, ils ne furent pas désunis dans la mort.
( )uels sont maintenant ces deux dieux ? Ouand les textes égyptiens emploient cette expi-essiou les deux dieux, ils parlent de Set et de llorus,M. Maspero le sait comme moi'. Ici, il ne [)eul y avoirle moindre doute, puisque llorus et Sel sont représentés coilfés de la
(I) Masjier-o, Jli.sluire des pciijilcs d' Orient, 'O ('■ilil. jj. 'il.
I,K Tn.MÜLiAlI D’OSIlüS
double couronne au-dessus du reclangle de la maison. C’esl ici (|u’itilervieiil une autre argumentation de M. Maspero, et elle lui semble être coutumière, car il m’a déjà reproché d’avoir ignoré les idées de Mariette sur les stèles à [)ropos de la stèle du roi Serpent, .ladis E. de llougé a expliqiié fort atlroitement un texte enil)ari*assant qu’il avait rencontré dans un tombeau datantdela V“dynastieet ot'i il est (|ucstiond’une l'emme appelée : « Sa mère (|ui l’a enfanté, (xdle qui voit llorus-Set », et d’une autre : « Sa mère, celle ejui voit son llorus ‘.» lÀ. de Rongé en a tiré la conclusion que le pharaon était désigné de la sorte, car il réunissait en sa personne la souveraineté delà Haute et de la Rasse-Égy[)te. Cette explication est sans doute très acce])table % mais je ne crois pas ([u’elle ait lieu de s’appliquer dans le cas présent. En effet, on ne peut nier que cette expression, surtout sous les |)rcmièresdynasties,nesoit une exception et, évidemment, à la prendre comme dans les deux textes expli((ués par E. de Rongé, elle a un air parfaitement mctaphori(jue^ ; mais vouloir du premier coup, ([uand on rencontre une expression, l’explitpier dans son sens métaphoricpie, c’estee qui me semble ne [)as [)rocéder avec méthode : il faut d’abord prouver (|u’on doit la i)rendre dans un sens métaphorique. C’est ce ([lie M. Maspero n’a pas fait et ce (|u’on ne pourra pas faire. Si je voulais me servir des moindres [lartiimlarités, comme base d’un raisonnement important, je dirais (pie, dans les exenqiies cités par E. de Rongé, les éperviers, symboles de llorus, et l’animal typhonicn, symbole de Set, ne portent pas les atti'ibutsde la l•oyauté, tandis (pie dans le document en discussion les deux sont coillés de la double couronne rouge et blanche ([ue l’on apjielle pschenl et ipii sym-
(1) .te prie M. Mas{)Cro de croire i]ue je connaissais |)aidailemeut les idées de Marielle sur les stèles el sa classillcalicjii : je les avais assez éludiées pour mon Histoire generale de la sépulture et des puiéruilles en Egypte] mais je n’ai jias cru cpic Marielle pouvail avoir une opinion sur des otijels (|u’il n’avail jamais vus. (Cil. 7i’er«e e///(Yue, 189/, p. Il'i.)
(2) E. de lîougé, Itecherehes sur les inoniiinents //u'on peut atlrihuer aux sir premières dynasties, p. 45.
(8) On pourrail cependant peul-élre, avec lonl aiilanl de raison, comprendre la melapljore dans le sens indicpié par le rôle des deux personnages, à savoir (|u’nne mèi'e avail vu la tulle fratricide de deux de scs lits, ou ipi elle avail vu sou fils venger son père.
Tomheau tJ'Osiris. IH
LE TOJllîEAü D’OSIHIS
bolise la royauté à la lois sur la Haute et la Basse-Égypte. Pour ces raisons, je ne puis accepter rinterprétation métaphoricpie et je in’en tiens à l’interprétation littérale pure et simple, sans pour cela méconnaître les grands services que E. de Pvougé a rendus à notre science et même en me souhaitant, sans espérance d’ailleurs de Fobteniiy autant de valeur ({u’à cet homme éminent. Gomme conclusion finale, l’interprétation de M. iMaspero ne saurait en rien nuire à celle que je propose. Que M. Quibell ait trouvé le même nom de double à El-Kâb, cela ne saurait en rien non plus être contraire à mon interprétation : d’après une conversation que j’ai eue avec M. Max Müller, professeur à Philadelphie, je sais qu’il a retrouvé au moins un autre des noms que j’ai mis au jour la première année de mes fouilles, et cela prouve uniquement qu’à El-Kâb on a rendu hommage à Set et à Horiis, comme le fit le roi que M. Quibell a rencontré à El-Kâb et que j’avais déjà rencontré à Abydos.
Le second bouchon où M. Maspero a cru lire le nom de Pa kir ouotbüii, ce qu’il explique par la maison du mailre d’hôlel, a été mal repro-
duit par M. Jéquier qui donne d’ailleurs les signes , et non pas
comme il le faudrait pour justifier la traduction de M. Maspero, tandis
que le monument contient r-^-i . .Je laisse de côté les bouchons 3 et 4, car M. Maspero n’en a pres([ue rien dit, quoi(|u’il ait trouvé le moyen d’avancer une chose ipi’il lui serait difficile de prouver, à savoir qu’il y avait le mot Djefaou, ce qu’il lit Zooiifou, pour le lire quatre lignes pins loin Zoufaou. Dans le rimpiième, s’il est question d’un eiwegisfreur de tous les biens du roi, le nom n’y est pas, ce qui suffit à faire rejeter l’interprétation de jM. Maspero, car le sceau contenait toujours le nom de la personne qui le possédait et c’était même la raison suffisante du sceau (pi’ona])j)osaitsurles objets. Maisefest principalement dans l’inter[)rétalioii du sixième sceau piihlié par M. .Jé(|uicr (pie l’interjirélation de M. Maspero pnMe à la critique et (fesl surtout sur ce document cpi’il s’est appuyé pour rejeter jiisipi’à la il b' dynastie l’âge du monument de Set et de llurus. 11 le traduit ainsi : Celui tjiii nienuisc (ouïes les choses (ju'on fait
LK TOMlilvU' D'OSIIIIS
à cette femme, V a t taché à V atelier de charpente de l'enfant roijal, on ajoulanlque co qui l'ail rinlévcl du doruinent, c’csl le nom de la rcniiue lla- ])ounimaïl, nom (|uiselrouvc dans le tomheau d’Ainten, avee les mûmes litres et les mêmes particularités orlliooraplii(|ues, d’après ce (pi’il a expliqué à V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Je m’inscris en faux contre ces allirmalions, le nom de la reine qui est bien Ilapenmât ne s’écrit j)as avec les mêmes signes, (xir il y a une variante très signilicalive, et elle n’a j)as les mêmes titres. T^e nom de la reine d’ajirès le
n ^AAAA»^
tomheau d’Amten (pii estau Musée de Berlin, s’écrit “ ; d’aiu-es
A/VWVA
le monument que j’ai découvert, il s’écrit ^ ^ . En second lieu,
M. ^laspero, après avoir d’abord jiris une clioiu'tte |)our un vautour,
pour a appelé l’attention de V Académie i\uw\ il l'ait partie' sur la concordance existant entre le dernier signe cbîce monunu'iit et un signe du tombeau d’Amten qu'il affirmait être fait exactement de même. Le signe
du tombeau d’Amten est ainsi fait et M. Masjiero l’a reproduit luimême dans son Histoire des peuples (le l'Orient classi(/ne tandis que
le siu'ne contenu sur le bouchon dont il s’agit est “
.le suisibien loin de
nier que le signe sur lequel j’ai appelé l’attention dans le nom do la reine Ilapenmât et celui c[ue je signale ici ne soient pas les mêmes quant à la valeur; mais je dis et je pense <[ue la diÜereiu'e dans la forme des signes, différence qui ne peut être nié(g est une preuve do la diversité des époques. Par consé([uent le nom de Ilapenmât ne saurait en aucune façon prouver que l’on doive faire descendit' la date du monument oii l'onatrouvéce document jus([u’â la IIP dynastie. Le nom de Ilapenmât ne s’était jusqu’ic'i rencontré (pi’une seule fois, car ou ne le retrouve ])lus dans la suite de l’histoire d’Egypt(' : (pii assui-e à M. Maspero (pie
(1) Le])sius, Dcntm.rtcr, vr)l. lit, pt. (i.
(2) Masporo, Histoire des peuples de t' Orient classujuc , vot. T, p. 291.
LK TOMHK.U’ D’OSIRIS
ce nom n’avait pas été porté auparavant? Mais ce n’est pas tout : ^I. -Maspero, ayant eu à traiter cette ([uestion dans un de ses ouvrages sur La carrière adiuinistrotive de deux hauts fonctionnaires égyptiens
vers la fin de la IIL dynastie, a trouvé Là le signe dont il établit la valeur; cette valeur est d’après lui \ Moutioii risou, qu’il traduit pa.rconseil- 1er d' État pour le Midàd . Or, rencontrant exactement le même signe dans
l'expression composée ;
, il pré-
fère l’expliquer de la sorte : « C’est peut-être une erreur du graveur qui avait employé dans un titre expliqué plus haut. C’est peut-être
aussi un calembour graphique, fi a la valeur moût comme est
donc souTOx moût, et l'oi’thograpbe ^ une oi’thographe avec redoublement de signe pour rendre le mot mout, maout, la inère^. » On voit qu’entre cette lecture et la lecture récente m souton MOSOU,f/e l'enfant royal, pour un signe qu’il a affirmé être le même, il y a tout un monde. De quel côté est la vérité pour M. Maspero? C’est ce qu’il serait assez difficile de déterminer : si c’est dans l’article de la Revue critique, la dissertation de la Carrière administrative ne signifie donc rien ; si c’est dans cette Carrière administrative, à quoi bon avoir écrit l’article de la Revue critique avec cet air d’assurance ([ui ne doute de rien? Par conséquent, je ])eux conclure que rien ne prouve fpi’il faille faire descendre jusqu’à la III® dynastie la date de ce monument, et qu’au contraire tout concourt à en faire le tombeau de Set et de Horus, car on n’a pas de raisons valables à donner contre cette attrilnUion. Dès lors, comme j’ai rouvé deux S(|ueleltes en ce tombeau, comme le voulait l’inscription que je viens de discuter, comment ne pas être amené à conclure que ce sont ceux de Set et de Ilorus. .le suppose que, dans dix mille ans, le
(1) Maspci-o, Éludes éf,'yptieniies, I,. Il, fasu. 2 : Lu carrière adniinislra livc. de deux
hauts foucliouuaires égyptiens, rrrs la fin de tu ftl'^ dyuuslie, |). I‘.t7-20'i, ot s])0-
cialciiienl p. 20a ot 20'i.
(2) Ihid., 22'1, nolo 2.