I.K TOMI’.lvU' D’OSIIÜS
(les décombres de toutes sortes ([iie les spoliateurs avaient accumules; mais ils n’étaient pas les seuls. 11 y avait aussi de très grandes poteries, les plus grandes même ([ue l’on connaisse acluellemenl, de toutes formes, de toute terre, les unes intactes, les autres brisées, avec ou sans inscription hiéroglyphique, hiératique ou démotique. Certains de ces vases, notamment de grands zirs qui dataient prohablemeni de la XXIb dynastie, avaient j)lus d’un mètre de haut avec une très large panse. Je ne crois pas ([ue l’appellation d’C/;/ cl-(UCah puisse les viser; car, ils étaient assez pi-ofondément dans le sable, quehpies-uns même tout au bas de la couche de décombres cl l’on n’en soupçonnait |>as l’existence, tandis (pie les petits vases dont j ai jiarlé tout <à l'Iteure attiraient la vue et se trouvaient à la surface. Il y a encore une autiaî raison, c’est que, malgré la s|)oliation (9 la destruction du culte qui avait fait j)orter en ce lieu les vases de cotte forme et de cette petitesse, le sentiment populaire avait modifié son cours pour détourner l’obstacle qu’on mettait à son expansion ; au lieu d’aller porter en cette antiipie nécropole les vases qui témoignaient de leur piété, les habitants d’Abydos, devenus chrétiens, chacpie année, le jour du vendredi saint, allaient y chercher ces mêmes vases qu’ils donnaient comme jouets à leu is enfants, ayant transporté <à l’anniversaire de la |)assion du Christ le culte (pi’ils rendaient autrefois à Osirisen rannivei’saire de sa passion, le traduisant pai‘ un acte semhlable et démonti-ant loiijoui’s la vitalité des idées reçues de leurs |)ères. Aujourd’liui la coutume existe encore; mais, comme les travaux (pie je faisais exécuter rendaient fort improbable la continuation de ce culte implicite, mes ouvriers choisissaient les plus beaux spécimens de ces petits vases et les emportaient chacpuï soir pour les donner à leurs enfants, ainsi (pi’ils me le disaient. Jamais ils n’ont emporté de vases plus grands, ([uoiipi’ils eussent pu le faii'c sans inconvénient, puis(pie je leur en avais laissé la faciliti' en leur accordant la permission de les emportei'. Ainsi , c’est bien celte poterie petite et grossière ({ui a fait désigner cette partie de la nécropole sous le nom d’Om el-Ga’ab el (jliarby (de l'ouest), pour la dilférencier de celle qui |>orte le nom d’Om el-Ga’ab el Sehargv (de l’est), m'i il n’v a
LE TOMBEAU D’OSIBIS
que des vases semblaldes qui soient apparents, à l’ouest du temple de Séti 1".
Cette quatrième ou grande butte était suivie d’un second plateau long d’environ GU et large environ de 100 mètres. A l’extrémité de ce plateau, distante de 80 mètres, était une grande dépression ellipsoïdale longue de 80 mètres et large de 30 mètres du faîte d’un grand côté au faîte du côté opposé : c’est dans cette dépression que j'ai rencontré le tombeau de Set et de Horus. Plus à l’ouest, il n’y avait aucune tombe et aucun vestige que ce soit qu’il pût y en avoir. Du côté sud, il n’en était pas ainsi: le liane méridional de la grande colline descendait d’une pente insensible vers un troisième plateau entièrement recouvert en certaines parties d’une couche légère de ces petits pots appelés gaab\ cette couche atteignait même le pied d’une cinquième colline d’apparence plus haute que la quatrième, mais moins considérable en longueur et en largeur : elle était située à 400 mètres environ de la dernière tombe creusée au sud du second plateau. Ni cette colline, ni le plateau entre elle et la quatrième colline ne contenaient la moindre tombe, malgré les couches de ga ah ((ui existaient à la surface : j’ai fait exécuter des sondages très rapprochés, de manière à ne rien laisser passer, et les sondages ne m’ont absolument rien révélé, de sorte que la nécropole que j’ai exploitée ne s’étend ni au sud, ni à l’ouest, plus loin que le tombeau de Set et de Iloi'iis et que la dernière tombe méridionale du second plateau ou de la grande colline.
La tombe d’Osiris était située sous la grande colline, à peu près au milieu. Au bord de ce centre, un peu en tirant du côté sud, il y avait comme un cratère de sable qui témoignait qu’à une époque indéterminée et indéterminable on avait pratiqué un sondage assez grand afin de pouvoir [larvenir jusqu’à la tombe située en dessous; mais pour une cause ignorée on l’avait abandonné sans l’avoir poussé jus(|u’à l’endroit voulu pour trouver le tombeau. J’avais cru d’abord ({ue le site était resté tel depuis la spoliation des Coptes au xv° siècle et ([ue le sable non mélangé à des débris de |)olerie indiipiail le centre même du tombeau ou tout au moins le tombeau central; mais de fait ce cratère était situé au-