PREFACE XXI
dépôt sacré des traditions religieuses, l'héritage du passé qui doit être transmis à Tavenir.
Ce théologien grec, « né deux mille ans trop tard », comme l'a constaté Théophile Gautier, ne pouvait plaire aux esprits modernes^ amateurs et partisans de celte civilisation qu'il déclarait barbare. Il en coûte d'écrire l'apologie du polythéisme à l'aurore du xx*" siècle.
Louis Ménard, qui voulait bien admettre toutes les divinités dans son Panthéon, et qui s'inclinait pieusement, avec des prières mêlées d'offrandes, devant « ces linceuls de pourpre où dorment les dieux morts «, refusa cependant de sacrifier à la seule déesse honorée de nos contemporains :
la Mode.
Car il pensait d'elle avec raison, comme La Bruyère, « que c'est une chose folle et qui découvre notre petitesse ».
Il savait bien que l'antiquité' qui plaît à Ténervement, à la licence de notre époque irrespectueuse, c'est la peinture bien fardée et très fausse des mœurs des courtisanes, l'amour surnaturel de juives violentes ou de jeunes éphèbes. Mais il s'arrêtait à l'histoire touchante de Pénélope, à la chaste aventure de Nausikaa, cà l'amour désolé d'Ariane voyant au loin la trirème de Thésée enfler ses voiles « sur la mer violette ».
L'auteur du Polythéisme hellénique préférait l'étude des symboles aux déshabillages nocturnes et minutieux des courtisanes. A son Banquet d' Alexandrie il n'y a que des philosophes qui dissertent avec d'autres sages.
Historien des Grecs de l'antiquité, commentateur enthousiaste de leur héroïsme contemporain, Louis Ménard était incapable aussi d'écrire l'histoire à la manière innommable de ^L Edmond About. Ce