LETTRE DE M. A.-F. HEROLD
Alonsieur,
Votre demande me surprend au cours d'un voyage, et je ne puis vous répondre que très brièvement ; mais je suis heureux d'apporter mon hommage, si peu qu'il vaille, à la mémoire de Louis Ménard.
Louis Ménard était un parfait écrivain, et peu d'hommes de nos jours, ont su, comme lui, exprimer des pensées altières en une langue noble et pure. Il avait l'amour des temps helléniques et il les avait étudiés avec un scrupule singulier : il fut le seul, peut-être, à connaître, ou, du moins, à comprendre certains hommes, certains faits, certains livres. D'ailleurs, il avait l'imagination vive et, parfois, hasardeuse, et il lui arriva d'interpréter les choses, que lui enseignait son érudition avec une hardiesse héroïque : et son œuvre y gagne de la force et de la majesté.
J'ai eu l'honneur de rencontrer souvent Louis Ménard. Sa conversation, nette et ra-
pide, était toujours curieuse, et, souvent, l'on en gardait de précieuses leçons. Ceux qui ont connu Louis Ménard n'en perdront jamais le souvenir, et certains de ses écrits, vers ou prose, seront un jour, estimés des plus beaux parmi ceux de ce temps.
Je vous remercie. Monsieur, de votre aimable demande, et vous prie de croire à mes sentiments dévoués.